Adresse : 4, rue Abou Dhabi








télécharger 447.63 Kb.
titreAdresse : 4, rue Abou Dhabi
page12/20
date de publication05.02.2018
taille447.63 Kb.
typeAdresse
l.21-bal.com > droit > Adresse
1   ...   8   9   10   11   12   13   14   15   ...   20

III- Discrimination sexiste à la prison des femmes de la Manouba



La prison civile de la Manouba (banlieue Ouest de Tunis) est l'unique prison exclusivement féminine de la Tunisie. Dans les villes de l'intérieur, les prisons sont mixtes et abritent un pavillon " femmes ".

Conditions matérielles :

Une fois par semaine, les prisonnières sont conduites aux douches durant 20 minutes en principe. Ce délai peut être réduit à 5 minutes selon l’humeur des gardiennes. Elles doivent se laver à 3 sous la même douche.

Les cellules contiennent entre 30 et 60 lits doubles disposés de part et d'autre d'un couloir de 80 cm. Face à la double porte métallique, un espace de 4 m2 abrite les toilettes (3 pour 30) et un long évier avec 4 robinets.

Aucun mobilier n'est autorisé, aucun objet métallique ou en bois n'est admis dans la cellule. Les miroirs sont interdits.

Aucun contact téléphonique n'est autorisé avec la famille, même pas à l'arrivée à la prison.

Légalement, les détenues ont droit à 1 heure de promenade par jour dans le patio du pavillon. En fait ce temps est raccourci à 10 minutes selon le bon vouloir des gardiennes.

Les prisonnières en détention provisoire n'ont pas le droit de travailler dans les ateliers. Elles passent leur séjour qui peut durer parfois jusqu'à 3 ans sur leur lit.

Chaque prisonnière a droit à une visite de sa famille une fois par semaine durant 15 minutes dans un parloir doublement vitré. La communication se fait par téléphone sous la surveillance d'une gardienne qui peut interrompre la conversation si elle le juge nécessaire.

En principe, la correspondance avec la famille est autorisée. Mais ce droit est à la discrétion de “l’animatrice”qui se charge de recueillir et de délivrer les lettres. Les prisonnières ne reçoivent du papier pour écrire qu’une fois par mois, leur courrier est expédié le mois suivant, s’il n’est pas censuré. Les lettres sont délivrées aux détenues une fois par mois, quand elles ne sont pas confisquées.

Chaque détenue a droit à un couffin de sa famille 3 fois par semaine. Les aliments contenus dans le couffin sont inspectés et retournés sens dessus-dessous par les gardiennes qui vérifient l'entrée de produits interdits dont la liste s'allonge à l'infini (pain, citron, raisins, pastèques, pruneaux, menthe, sel, sucre, toutes les préparations avec farces, les tajins, …)

Discrimination :

Formellement les femmes ont les mêmes droits que les hommes. Mais elles subissent en fait une discrimination culturelle. Contrairement aux hommes, elles n'ont pas droit aux journaux, et même les pages qui servent à emballer les aliments sont éliminées à l'entrée du couffin. Il a fallu que Sihem Bensedrine menace de faire une grève de la faim pour obtenir que les journaux officiels fassent leur entrée dans la cantine de la prison. Les détenues ont manifesté leur crainte que cette « faveur » soit retirée après sa sortie.

Contrairement aux autres prisons, la Manouba ne dispose pas de bibliothèque. Les journaux et les livres envoyés par les familles ne parviennent qu'avec parcimonie à leurs destinataires. Les dictionnaires et les livres de langue sont interdits.
Soins et santé :

Un médecin généraliste a la charge de toute la prison. Elle est secondée par deux infirmières. Il faut être très malade pour avoir accès au médecin. Le traitement prescrit n'est délivré qu'après 24 heures! Ce sont des gardiennes non spécialisées qui fournissent chaque jour aux malades des médicaments extraits de leurs boites. Ce sont elles qui assurent la garde médicale de nuit. Il arrive que, ne sachant pas quels médicaments administrer, elles interrogent les détenues sur la couleur des cachets qu'elles ont l'habitude de prendre et leur font avaler n'importe quoi. Des accidents allergiques ont déjà eu lieu. Les neuroleptiques étant largement administrés, ils font l'objet d'un trafic auprès de celles qui en usent comme d'une drogue. Les médicaments sont administrés comme chez les malades mentaux: les détenues malades font la queue derrière la porte avec un gobelet d'eau, la gardienne tend le cachet à travers le grillage dans la bouche de la malade qui doit avaler en sa présence le médicament.
Humiliations et mauvais traitements :

Chaque fois que les détenues quittent la prison pour aller chez le juge d'instruction ou au procès, on les oblige à se couvrir d'un Sefsari (voile traditionnel) pour " être décente ".

Chaque fois qu'elles quittent leur cellule soit pour sortir de la prison soit pour rencontrer un avocat, elles sont soumises à une fouille corporelle humiliante. Elles sont dévêtues complètement, fouillées dans leurs parties intimes et doivent se baisser et tousser " Tabess Koh ".

Un cas d'humiliation gratuite :

En août 2001, une des détenues, insuffisante rénale a eu une crise aiguë, le médecin de la prison a banalisé son cas et refusé de lui fournir son traitement habituel. Au bout de cinq jours de rétention urinaire, elle était en détresse. Toute la cellule s'est mise à tambouriner sur la porte pour alerter la direction sur la gravité de son état. Finalement la direction autorise son transfert à l'hôpital. Alors qu'elle pleurait de douleur, la gardienne de service l'a soumise à la fouille intime en l'insultant. Arrivés au service d'urologie, la même gardienne a voulu assister à l'auscultation, prétendant que c'est le règlement. Mais le chef de service d'urologie l'a évacuée d'autorité. Après les soins d'urgence, il a prescrit une ordonnance et délivré des échantillons de médicaments à prendre immédiatement en attendant d'acheter le reste. Au retour, la malade qui venait d'être sondée, a été soumise à la fouille intime par la gardienne qui l'a délibérément blessée, elle lui a confisqué ses médicaments et elle n'a eu droit à son ordonnance que trois jours plus tard, parce que, semble-t-il, le règlement exige que cette ordonnance soit visée par le médecin de la prison !

1   ...   8   9   10   11   12   13   14   15   ...   20

similaire:

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconAdresse : Rue

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconMission d’affaires aux emirats arabes unis dubaï – abu dhabi

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconAdresse (rue et numéro) *

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconAdresse actuelle : N° Rue

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconAdresse : Rue de Bougainville

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconAdresse Rue Philippot 33

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconAdresse : 13, Rue des Marguerites

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconAdresse n° Voie, rue, boulevard  

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconAdresse: Rue, numéro, localité

Adresse : 4, rue Abou Dhabi iconAdresse : 3 rue Jean Jaurès








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com