Le programme économique du Premier ministre








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En France, nous pouvons regretter que le nouveau gouvernement français, bien que paritaire, n’accorde aux droits des femmes qu’un secrétariat d’État et non plus un ministère à part entière.

Quoi qu’il en soit, la Fondation Jean-Jaurès et ses partenaires de longue date entendent poursuivre le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes en s’appuyant sur les valeurs de laïcité[22], d’universalisme des droits des femmes et de liberté de choix de leur vie et d’aller et venir en toute sécurité. Après l’affaire récente du quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, où les femmes sont victimes d’agressions sexistes régulières, la Fondation va poursuivre la réflexion qu’elle a engagée notamment avec la CLEF sur la question émergente et urgente de la place des femmes dans l’espace public urbain. Après Lisbonne, c’est à Naples que se tiendra en septembre 2017 la prochaine étape du tour d’Europe des bonnes pratiques et d’échanges d’expériences pour rendre la ville plus sûre, plus familière et plus amicale aux femmes.

La Fondation Jean-Jaurès poursuit ainsi sa vocation, depuis sa création, à défendre sans relâche l’égalité entre les femmes et les hommes, gage d’une société démocratique.
Attentats : prévenir les traumatismes

Claudie Bert

Publié le 05/06/2017

Réagir contre le terrorisme consiste aussi à se protéger de ses effets psychologiques, et il existe des méthodes pour y parvenir. Développées en Israël, elles s’exportent aujourd’hui dans de nombreux pays.

L’attentat qui a détruit les Twin Towers de New York en 2001 a été suivi de beaucoup d’autres, spectaculaires et faisant de nombreuses victimes, commis dans des pays et des lieux divers, et selon des méthodes imprévues. De sorte qu’aujourd’hui, nous devons nous rendre à l’évidence : presque tous les pays du monde sont concernés par une menace constante d’actes terroristes.

Effondrement du sentiment de sécurité

Comment les sociétés et les États visés peuvent-ils envisager d’en limiter les dégâts autrement que par des moyens policiers, militaires ou de surveillance ? Il existe des dispositifs qui s’adressent aux émotions et aux conduites des personnes exposées à ces risques de violence. Ces moyens visent l’avant, le pendant et l’après des attentats. Avant, il s’agit de faire prendre conscience aux gens de leur capacité à résister aux chocs, de les aider à se renforcer moralement et de donner aux collectivités les moyens de s’organiser. Pendant, il s’agit de porter secours aux victimes le plus vite possible, et de repérer et assister ceux qui auront besoin d’aide. Après, il sera question de traiter ceux qui sont encore sous le choc, et de faire le maximum pour éviter la conséquence psychologique la plus redoutable du terrorisme : la névrose posttraumatique. Israël, du fait de l’ancienneté et de la fréquence de son exposition aux attentats, est le pays qui a, le plus tôt, développé et appliqué bon nombre des méthodes qui sont actuellement en vigueur dans le monde, c’est pourquoi nous prendrons nos exemples dans ce pays.

Toute catastrophe, qu’elle soit naturelle ou d’origine humaine accidentelle, peut faire des victimes et engendrer des chocs psychologiques. Mais le terrorisme a une particularité : c’est une attaque délibérée contre des personnes prises au hasard, qui sape la confiance que chacun de nous fait inconsciemment à son environnement habituel. Quand je marche dans la rue, je fais implicitement confiance aux passants et j’attends que les voitures roulent sur la chaussée. Si n’importe quel passant peut se jeter sur moi avec un poignard, n’importe quelle voiture foncer sur moi, je me sens vulnérable partout. Cet effondrement du sentiment de sécurité est la cause d’un élargissement du cercle des victimes potentielles. Aux victimes directes (présentes au moment de l’attentat), il faut ajouter les indirectes : les parents et amis des blessés, les aidants (pompiers, personnel médical…) et les personnes qui assistent à la scène à la télévision. Une étude américaine (1) menée deux semaines, puis un an après l’attentat du 11 septembre auprès de 1 906 personnes a montré que la réaction immédiate sévère au choc, ou « état de détresse aiguë », a été plus fréquente chez les téléspectateurs (12,8 %) que chez des personnes directement témoins des faits (9,3 %). Cela, même si la proportion de gens souffrant de névrose posttraumatique un an après l’attentat est plus élevée chez les victimes directes (11,2 %) que chez les téléspectateurs (4,7 %),

Avant l’attentat, travailler la résilience

L’idée de base, en prévention, est d’aider les gens à affronter des situations stressantes. On peut distinguer deux modalités : l’aide au coping, c’est-à-dire à la capacité d’affronter un stress violent, et l’aide à la résilience, c’est-à-dire à la capacité de récupérer après un choc (2). La résilience existe à l’état naturel. Le professeur Mooli Lahad, qui dirige le Centre communautaire de prévention du stress (CSPC) de Tel Hai College, au nord d’Israël, rapporte que, lorsqu’il s’est installé là vers la fin des années 1970, sachant que la région était soumise en continu à des tirs de fusées, il s’attendait à trouver une population très traumatisée. À sa grande surprise, il n’en était rien : lui et ses collègues psychologues recevaient une clientèle semblable à celle des régions calmes du pays. En enquêtant, il s’aperçoit que la capacité de résistance varie d’une personne à l’autre. Il met alors au point un modèle de coping, le BASIC Ph, qui recense six manières différentes de faire face à un stress majeur : 1) s’appuyer sur des croyances et des valeurs ; 2) exprimer ses sentiments et émotions ; 3) s’appuyer sur ses parents et amis ; 4) imaginer que les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent ; 5) rechercher des informations ; 6) avoir des activités physiques, et aussi manger. En 1980, après dix jours de bombardements intensifs ayant amené les habitants de la ville de Kiryat Schmona, proche du Liban, à vivre constamment dans des abris, le ministère de l’Éducation israélien a créé pour la région un centre de stress, dont M. Lahad a pris la direction ; il a alors mis au point et diffusé un entraînement au coping sur cette base.

Le BASIC Ph est très utilisé, mais d’autres méthodes existent, en Israël et dans d’autres pays. L’école est le lieu idéal pour leur diffusion (3) : le cadre est familier à tous les enfants, et les activités de soutien sont dispensées par leur maître. Prenons un exemple, le protocole OTT (overshadowing the threat of terrorism, « surmonter la menace du terrorisme »), qui a fait l’objet d’une évaluation (4). Il a été introduit, en mai 2003, dans une école élémentaire de Hadera, une ville israélienne ayant subi cinq attaques terroristes en trente mois. Cinq classes, comprenant des élèves âgés de 7 à 12 ans, ont été choisies, tandis que cinq autres, comprenant des enfants du même âge, ont servi de groupe témoin. Tous les maîtres ont reçu vingt heures de formation. Une semaine avant l’intervention, tous les enfants ont eu à remplir un questionnaire recensant leur niveau d’exposition (« a été blessé »« a un proche qui a été tué »« était près du lieu de l’attentat »), les symptômes de choc traumatique, les autres problèmes (insomnie, troubles scolaires ou sociaux, anxiété).

L’intervention comprend huit sessions de 90 minutes et chacune commence par la présentation du thème (« Identifiez votre style de coping et découvrez-en d’autres », « Habitez votre corps », « Identifiez vos émotions et sachez les utiliser »). Les explications sont suivies d’exercices (physiques, artistiques, production de récits) et complétées par du travail à la maison. La dernière session, intitulée « De l’obscurité à la lumière », invite les enfants à se construire une vision positive de l’avenir. Le programme comprend également deux sessions destinées aux parents. Deux mois après l’intervention, les enfants ont été invités à remplir le même questionnaire que précédemment. Le résultat s’est montré positif : sur tous les symptômes recensés, on a constaté une amélioration significative chez les enfants ayant suivi l’OTT, mais non chez ceux du groupe témoin. Les plus jeunes ont mieux profité du programme que leurs aînés, et les garçons que les filles.

Des programmes spécifiques pour les enfants

Autre exemple : le programme bear (building emotion and affect regulation, apprendre à réguler émotions et sentiments). Lui aussi s’adresse à des groupes d’enfants âgés de 7 à 12 ans, mais met davantage l’accent sur la prise de conscience et le contrôle des émotions, en faisant appel au jeu et à la créativité. Il a été testé en 2012-2013 dans dix homes d’enfants de Singapour, avec des résultats positifs, puis mis en application en Israël, aux États-Unis et en Italie.

Les programmes destinés aux enfants s’efforcent d’impliquer les parents – mais ceux-ci n’aiment pas beaucoup venir à l’école. Dommage, car les spécialistes s’accordent sur l’importance de leur rôle. Il existe cependant des programmes parents-enfants qui fonctionnent : ceux qui s’adressent aux enfants de maternelle, voire plus petits encore. Ils sont relativement récents. Pendant longtemps, selon Ruth Pat-Horenczyk, directrice de recherche au Metiv (5), on a ignoré les tout-petits, comme si, ne parlant pas, ils ne souffraient pas. Pourtant, des recherches ont montré que les moins de 5 ans sont non seulement plus vulnérables, mais sont susceptibles d’être entravés dans leur développement par des traumatismes précoces. D’où l’intérêt d’un programme tel que le Namal (6). Ce programme a été proposé à Sderot, ville proche de Gaza, dans laquelle, depuis 2005, 8 000 fusées Qassam ont explosé, faisant dix morts et 15 000 blessés. Les mères se voient proposer, dans les centres de soins maternels et infantiles, un programme en dix sessions qui s’attache à consolider le lien mère-enfant, la confiance de la mère en son rôle et la confiance en soi de l’enfant. Le dispositif fait appel à des jeux et des activités telles que : des « rencontres privées » sous une écharpe, au cours desquelles la mère décrit tout ce qu’elle aime chez son enfant ; tous deux se réfugient dans un espace protecteur imaginaire…

L’importance des collectivités

Très important aussi : l’organisation des collectivités. Les Israéliens sont de plus en plus convaincus que le meilleur cadre de lutte contre les méfaits du terrorisme est la collectivité locale, parce que se sentir entouré par des gens de son propre groupe est ce qu’il y a de plus rassurant, de plus apaisant. Une collectivité, c’est une ville ou un village, mais cela peut être aussi une école, une maison de retraite, une entreprise. Comment y organiser la prévention ? En coordonnant et en formant. Plusieurs programmes existent, notamment l’Israël Trauma Coalition (ITC), dirigé par Taly Levanon, qui a créé cinq centres de résilience regroupant les organisations présentes dans leur secteur (médicales, sociales, éducatives) susceptibles d’aider les habitants en suscitant leur résilience, en formant les intervenants, en soignant les traumatisés. Le « modèle de Tel Aviv », créé par Nathaniel Laor, s’appuie sur l’autorité locale, laquelle est chargée de recenser les organismes, publics ou privés, médicaux, sociaux, de santé mentale, qui peuvent jouer un rôle en cas de crise, et de coordonner leur action. Tout modèle doit inclure la formation de l’ensemble des intervenants éventuels, car même un psy n’est pas forcément apte à l’accueil en urgence d’une victime choquée. En cas d’attaque terroriste, les gens de bonne volonté affluent, certes, mais dans un désordre qui risque d’aggraver la confusion des victimes. Après l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, la télévision a diffusé l’image d’un père allant d’hôpital en hôpital à la recherche de nouvelles de son fils, pour apprendre seulement au matin que l’enfant était mort.

De nouveaux métiers

La coordination concerne aussi les médias locaux, car, comme la langue d’Ésope, Internet, les journaux, la télévision, les réseaux sociaux peuvent, en cas de crise, se révéler la meilleure ou la pire des choses. Le pire, c’est quand les médias diffusent les rumeurs les plus folles : à la Nouvelle-Orléans, après l’ouragan Katrina qui, en août 2005, a dévasté la ville, les médias locaux ont multiplié les récits dramatiques de pillages, de viols, de fusillades, ce qui a poussé la police à se précipiter sur les lieux de ces violences imaginaires et à délaisser les victimes, qui attendaient d’être évacuées. Mais le rôle des médias bien coordonnés peut à l’inverse être très positif, car les autorités locales peuvent les utiliser pour transmettre au plus vite des informations fiables sur les événements et les consignes à suivre.

Ces programmes qui se développent en Israël et ailleurs peuvent être difficiles à mettre en pratique. Il n’est pas aisé de maintenir en bon état de fonctionnement ces organisations complexes, alors qu’il peut s’écouler des mois sans catastrophe. Ce rôle est dévolu aux EBO (emergency behavior officers), une nouvelle profession, apparue dans les années 1980. Ce sont des consultants spécialisés dans la connaissance des comportements humains, y compris en situation de stress majeur. Ils en informent tous les intervenants éventuels, les conseillent quant aux moyens de s’appuyer sur la résilience naturelle de la population, et assurent la continuité dans le fonctionnement des systèmes mis en place pour faire face à l’urgence. Leur utilité s’est imposée, si bien qu’il en existe maintenant des centaines, en Israël et ailleurs.

Sur l’attentat, intervenir rapidement

Juste après un attentat, l’arrivée des secours médicaux est en général très rapide, car il s’agit de sauver des vies. Mais que fait-on pour les personnes indemnes, mais en état de choc ? Depuis quelques années, on a pris conscience de la nécessité de les prendre en charge. En France, il existe un dispositif adapté : les cellules d’urgence médico-psychologiques (CUMP), créées en 1997. « Nous sommes parfois là avant les ambulances », souligne Nathalie Prieto, psychiatre à la tête du CUMP de Lyon. En première intention, ces intervenants proposent aux victimes un defusing (désamorçage). L’irruption brutale de la mort engendre généralement chez les témoins une impression de chaos, une perte de maîtrise de ses émotions et de ses actes, qui est très destructrice, car source de sentiments de honte, de culpabilité. Le defusing, procède en mettant des mots sur ce qui s’est produit, et vise à réhumaniser la scène tout en plaçant les victimes dans un cadre rassurant.

Les organisations préventives évoquées plus haut jouent un rôle important à ce moment-là. Ainsi, Taly Levanon raconte l’histoire de Sasha, un petit garçon de 6 ans durement touché par un attentat à Netanya, en 2001. Son père est mort, sa mère, gravement blessée, lui-même a été hospitalisé et il se fait beaucoup de souci pour son couple de perruches : qui va s’en occuper ? Une volontaire court chez lui, emporte la cage chez elle, puis vient rassurer l’enfant sur le sort de ses oiseaux. Cela paraît trivial – mais le message subliminal qu’elle a ainsi transmis à Sasha, c’est : « Ta vie continue. »

Une crise des centres

Le defusing est souvent suivi d’un débriefing. Cette pratique a été inaugurée pendant la Seconde Guerre mondiale à l’intention des soldats américains traumatisés par les combats. Elle a été codifiée en 1983 par Jeffrey Mitchell et s’adresse en principe à un groupe, juste après l’événement, sous la direction d’animateurs formés, et selon un plan fixe : d’abord les faits, puis les pensées, les émotions et les symptômes. Les Français et les Belges préfèrent un autre dispositif, l’intervention psychothérapeutique postimmédiate (ippi), qui diffère du débriefing sur plusieurs points : il s’adresse de préférence à des groupes déjà constitués (équipe de pompiers, élèves d’une même classe), se déroule au moins 48 à 72 heures après l’événement, et surtout, au lieu d’insister sur la reconstitution des faits, il se focalise sur le vécu de l’événement avec toute sa charge d’émotions. Les deux protocoles ont fait l’objet d’évaluations, et celles-ci sont plutôt favorables à l’ippi et défavorables au débriefing de J. Mitchell, faisant apparaître, à treize mois, une stagnation, voire une aggravation des symptômes de la névrose posttraumatique. Il est possible que ce protocole basé sur le rappel des faits brutalise les victimes fragiles, en détruisant des défenses telles que trous de mémoire et sentiment de culpabilité qui étaient utiles dans un premier temps.
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