Le programme économique du Premier ministre








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I - LA CSW61 : L’AUTONOMISATION ÉCONOMIQUE DES FEMMES DANS LE MONDE

En 2017, le thème prioritaire retenu par la CSW61 était « L’autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine évolution »[3]. On ne peut que se réjouir du choix de ce sujet fondamental pour la liberté et l’autonomie des femmes, l’autonomie économique constituant la clef de voûte à partir de laquelle se décline l’ensemble de leurs possibilités d’être et de faire. Pourtant, dans le domaine de l’emploi comme dans les autres, l’égalité est loin d’être atteinte entre les femmes et les hommes dans le monde.

Quelques chiffres de l’Organisation internationale du travail

Le rapport « Les femmes au travail. Tendances 2016 », publié en 2016 par l’OIT, note que la situation des femmes dans l’emploi au niveau mondial ne progresse pas vraiment. Entre 1995 (l’année de la conférence de Pékin) et 2015, « le taux mondial de participation des femmes à la population active est passé de 52,4 % à 49,6 % », constate l’OIT. Si en matière de santé et d’éducation, des progrès ont été enregistrés, ils ne trouvent pas leur prolongement sur le terrain de l’emploi. À l’échelle mondiale, les chances pour les femmes de participer au marché du travail demeurent de 27 % inférieures à celles des hommes. Ce n’est qu’en Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest, précise encore le rapport, que les écarts de taux d’emploi se sont légèrement réduits avec l’arrivée constante de nombreuses femmes sur le marché du travail dans cette région, mais aussi du fait de la réduction du taux d’emploi des hommes liée au ralentissement économique.

Chômage et ségrégation professionnelle

Les femmes sont plus exposées au risque du chômage que les hommes, avec des taux de chômage mondiaux s’élevant à 5,5 % pour les hommes et à 6,2 % pour les femmes. À l’exception de l’Asie de l’Est, de l’Europe de l’Est et de l’Amérique du Nord, les taux de chômage masculins sont inférieurs à ceux des femmes dans toutes les régions du monde, avec les plus forts écarts entre les sexes enregistrés en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

La ségrégation professionnelle et sectorielle contribue grandement à creuser les écarts entre les sexes, à la fois en termes de nombre et de qualité des emplois. Les femmes qui travaillent sont surreprésentées dans un éventail restreint de secteurs et de professions. Dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, plus d’un tiers des femmes est employé dans les services de commerce de détail ou de vente en gros (33,9 %) et dans le secteur manufacturé (12,4 %). Dans les pays à haut revenu, la principale source d’emploi pour les femmes se trouve dans le secteur de la santé et de l’éducation qui emploie près d’un tiers des femmes sur le marché du travail (30,6 %). L’agriculture demeure le plus gros pourvoyeur d’emplois pour les femmes dans les pays à bas revenu ou à revenu intermédiaire inférieur. En Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, plus de 60 % des travailleuses sont toujours employées dans l’agriculture, souvent concentrées dans des activités à forte densité de temps et de main-d’œuvre, qui ne sont pas ou peu rémunérées.      

Entre 1995 et 2015, l’emploi a progressé plus rapidement dans les économies émergentes; l’évolution nette des niveaux d’emploi était deux fois plus importante pour les hommes que pour les femmes (respectivement 382 millions et 191 millions), quel que soit le niveau de qualification exigé, indiquant que l’accès des femmes à plus d’emplois de meilleure qualité a cessé de progresser.  

Une inégalité salariale persistante

En termes de salaire, les résultats du rapport confirment les précédentes estimations de l’OIT selon lesquelles, globalement, les femmes ne gagnent toujours que 77 % de ce que gagnent les hommes. Le rapport précise que ces disparités salariales ne peuvent s’expliquer par les seules différences d’âge ou d’éducation. Cet écart peut être imputé à une sous-évaluation du travail accompli par les femmes et des compétences requises dans les secteurs ou professions dominés par les femmes, aux discriminations, et à la nécessité pour les femmes de faire des pauses dans leur carrière ou de réduire leur durée du travail rémunéré pour assumer des responsabilités familiales supplémentaires telles que la garde d’enfant. On observe certes de petits progrès dans la réduction des écarts salariaux entre les sexes, mais si les tendances actuelles se poursuivent, le rapport confirme qu’il faudra plus de soixante-dix ans pour résorber complètement ces écarts.

Travail domestique et activités de soins non rémunérés

Dans les pays à haut revenu comme dans les pays à bas revenu, les femmes continuent de travailler moins d’heures à titre rémunéré tout en effectuant l’immense majorité du travail domestique et des activités de soins non rémunérés. En moyenne, les femmes assurent au moins deux fois et demie plus de tâches domestiques et d’activités de soins non rémunérées que les hommes dans les pays pour lesquels ces données sont disponibles. Bien que l’écart entre les sexes demeure substantiel, il a diminué au fil du temps, essentiellement du fait d’une diminution du temps consacré par les femmes aux tâches ménagères tandis que le temps voué à la garde d’enfants ne diminuait pas véritablement. Toutefois, quand on prend en compte la totalité du travail effectué, qu’il soit rémunéré ou pas, les femmes continuent de travailler un plus grand nombre d’heures au quotidien que les hommes.

De faibles retraites

Les handicaps accumulés par les femmes sur le marché du travail ont un impact considérable des années plus tard. En termes de pension de retraite, la couverture (à la fois juridique et réelle) est inférieure pour les femmes, ce qui se traduit par un écart global entre les sexes en matière de protection sociale. À l’échelle mondiale, la proportion de femmes ayant dépassé l’âge de la retraite qui perçoivent une pension est en moyenne de 10,6 % inférieure à celle des hommes. Globalement, les femmes représentent près de 65 % des personnes ayant dépassé l’âge de la retraite (60 à 65 ans ou plus selon la législation nationale dans la majorité des pays) et qui ne touchent pas de pension fixe. Ce qui signifie que 200 millions de femmes âgées vivent sans revenu régulier assuré par une pension de retraite ou de réversion, contre 115 millions d’hommes.                                    

La CSW61 et son déroulement

Comme l’an dernier, la Commission de la condition de la femme de l’ONU a été ouverte par Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d’ONU Femmes. Dans son intervention, elle devait confirmer la situation inégale des femmes dans l’emploi dans le monde décrite par l’OIT, insistant particulièrement sur la trop grande importance du travail domestique des filles et des femmes au détriment de leur éducation, du travail salarié et du développement économique mondial. « Nous voulons bâtir un monde du travail différent pour les femmes »a-t-elle affirméprécisant que les filles doivent être encouragées à choisir des emplois dans les secteurs industriels, et particulièrement à participer à la révolution numérique, alors que seuls 18 % des diplômés en sciences informatiques sont des femmes. « Il ne reste que treize ans pour que le Programme des Nations unies pour le développement durable à l’horizon 2030,  qui définit un monde équitable, se mette en place », a-t-elle conclu.

Phumzile Mlambo-Ngcuka devait aussi noter qu’il y avait dix-sept femmes chefs d’État ou de gouvernement en 2016, contre dix-neuf en 2015. Les femmes ont remporté 22,3 % des sièges lors des élections l’année dernière, en baisse par rapport aux 25 % de 2015. « Ces résultats sont un signal d’alarme », a-t-elle souligné. « La voix des femmes continue à manquer là où ça compte le plus », a-t-elle ajouté.

De son côté, le nouveau secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans la séance plénière introductive, a déclaré soutenir l’action pour les droits des femmes défendus par les milliers de féministes réunies à New York. Conscient des obstacles actuels à leur plein développement, il a assuré les participantes de sa volonté de se battre pour renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes partout dans le monde et leur assurer une représentation paritaire dans tous les secteurs de la vie sociale, y compris au sein même de l’organisation des Nations unies. Par ailleurs, pour la première fois, un secrétaire général des Nations unies a participé à une réunion matinale de debriefing des ONG, au cours de laquelle il a réaffirmé que l’objectif central de la bataille à conduire était la réalisation de la parité à tous les niveaux.

Les thèmes abordés : travail et droits sexuels et reproductifs 

Sans prendre en compte les side events qui se tiennent à l’intérieur du  bâtiment onusien, pas moins de 385 ateliers ont été organisés à l’initiative des ONG hors de cette enceinte, malgré la tempête de neige du 14 mars 2017 qui a conduit l’ONU à fermer ses portes. En cohérence avec les thèmes principal et secondaire retenus cette année, la majorité des ateliers a porté sur les questions liées à l’autonomie des femmes par le travail, l’égalité salariale, les conditions de travail et l’analyse des emplois occupés par les femmes face aux changements du monde du travail, dans l’agriculture, les emplois domestiques ou encore les perspectives de carrière dans les grandes entreprises mais aussi dans les autres.

D’autres thèmes ont aussi été abordés[4], notamment celui des violences de tous ordres (sexuelles, conjugales, au travail, prostitution) à l’encontre des femmes, de façon cependant moins importante que l’an dernier, dont le thème secondaire portait sur « L’élimination et la prévention de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles ». Le sort des femmes migrantes, réfugiées et déplacées reste une préoccupation très présente parmi les ONG, de même que la justice, l’éducation des jeunes filles et, de plus en plus, les questions liées à la santé. Les ateliers consacrés à la recherche et aux études de genre demeurent très peu nombreux.

Enfin, la préoccupation des droits sexuels et reproductifs reste importante en raison des résistances – plus fortes encore que l’an dernier – que ce thème continue de susciter, en lien avec la poursuite de la montée en puissance des conservatismes, des populismes et des extrémismes religieux qui entendent remettre en cause la reconnaissance des droits des femmes comme des droits universels.

Des conclusions agréées élaborées avec la société civile mais contestées

Les conclusions agréées ont été élaborées de façon plus étroite que l’an dernier avec la société civile. Toutefois, comme devait le souligner Laurence Rossignol lors d’un petit-déjeuner de travail, le 4 avril dernier à Paris (cf. infra), les négociations ont été difficiles. C’est la première fois, d’ailleurs, qu’il n’a pas été possible de réunir l’accord de tous les États sur un tiers des paragraphes du texte final, certains invoquant des clauses de souveraineté et de spécificité nationale. Plus encore que lors de la CSW60, les divergences sur le rôle des droits sexuels et reproductifs et sur l’impact de la liberté de l’avortement sur l’autonomisation économique des femmes ont témoigné de la régression de leurs droits à l’œuvre au niveau mondial, y compris au sein de l’Union européenne.

II - L’ACTION DE LA FRANCE AU NIVEAU DU GOUVERNEMENT

En effet, comme chaque année, la France a participé activement aux travaux de la CSW61 à plusieurs niveaux, la délégation d’ONG françaises étant étroitement associée aux travaux des représentant.e.s officiels, ce qui n’est pas le cas pour tous les pays. La ministre Laurence Rossignol est intervenue à l’Assemblée générale et a notamment participé à quatre side events.

Le travail préparatoire de la délégation française 

Comme l’an dernier, en prélude à la CSW, la ministre a réuni à la mission permanente de la France à l’ONU, autour d’une réunion de travail en présence de l’ambassadeur de France François Delattre, l’ensemble des ONG françaises composant la délégation française – dont la Fondation Jean-Jaurès faisait partie – présentes à New York. L’ambassadeur devait confirmer « la tentation de recul » sur les droits des femmes au niveau mondial et précisé le rôle de la France pour les droits des femmes au premier rang à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité de l’ONU. Il a précisé aussi que la France est membre du Conseil d’administration d’ONU-Femmes depuis 2016 (jusqu’en 2019)[5].

La ministre Laurence Rossignol a réaffirmé que l’égalité entre les femmes et les hommes était la priorité de la France sur le plan intérieur comme au niveau diplomatique. Relevant l’intérêt du thème prioritaire pour l’autonomie des femmes, la ministre a expliqué qu’elle souhaitait aussi que les droits sexuels et reproductifs soient mieux pris en compte que l’an dernier dans la Déclaration finale.

La Fondation Jean-Jaurès, qui n’est pas une organisation féministe mais une fondation politique progressiste, était ainsi présente pour poursuivre son engagement en matière de défense des droits des femmes à la CSW pour la troisième année consécutive, aux côtés de la société civile et du gouvernement français.

La voix de la France à l’Assemblée générale des Nations unies...

Les droits sexuels et reproductifs ont été au cœur de l’intervention de la ministre Laurence Rossignol à l’Assemblée plénière de la Commission de la condition de la femme, affirmant la reconnaissance universelle des droits sexuels et reproductifs comme un préalable essentiel de l’autonomisation des femmes, conformément aux engagements pris dans le cadre du « serment de Paris », le 8 mars dernier. Le serment de Paris[6] s’est achevé par la volonté exprimée des participants de rester unis et de s’opposer notamment à la remise en cause des droits sexuels et reproductifs. La ministre a encouragé les États membres de l’ONU à s’engager dans cette voie. Elle a également précisé que la France allait prendre sa part dans le mouvement « She Decides »[7] qui a déjà réuni 181 millions d’euros en faveur des ONG internationales qui soutiennent l’avortement pour compenser la perte de fonds décrétée en janvier dernier par le président américain dans son décret anti-avortement. Le niveau d’attente et d’inquiétude était donc très élevé lors de cette CSW61.

... et dans les side events

La ministre Laurence Rossignol a porté la voix de la France au sein de quatre side events.

Le premier, organisé par CARE France[8], a porté sur le thème central de la CSW. L’association a rappelé qu’elle travaille depuis vingt ans sur l’amélioration de l’autonomisation économique des femmes à travers la promotion des Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC). Ces associations permettent aux femmes d’épargner en commun et de disposer de ressources suffisantes pour développer des activités génératrices de revenus ou subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Cette autonomisation économique leur ouvre ensuite la voie vers une émancipation plus complète. Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), a présenté le programme de promotion de l’emploi féminin par l’entrepreneuriat mis en place par l’OIF dans douze pays francophones d’Afrique subsaharienne. Laurence Rossignol a rappelé l’importance de l’éducation pour lutter contre les stéréotypes et les violences et permettre un meilleur accès des femmes à l’autonomisation. Elle a notamment déclaré : « il importe que l’ensemble des actions de développement prenne en compte la dimension « genre » et soit pensé en fonction de leur impact en faveur de l’autonomisation des femmes ».

Le deuxième side event a été organisé par la France, la Suède et CAP international[9]. Il a porté sur les questions de prostitution et de trafics sexuels. Son objectif : partager des informations sur la réalité de la prostitution et de l’exploitation d’êtres humains au niveau mondial et rappeler que la prostitution est une forme de violence à l’égard des femmes et un obstacle à l’égalité entre les femmes et les hommes. La ministre suédoise des Droits des femmes Asa Regnér a précisé que la Suède avait été le premier pays au monde à avoir adopté, en 1999, une loi pénalisant l’achat d’acte sexuel. Depuis, l’Islande, la Norvège, le Canada notamment ont fait de même. La loi française du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées prévoit également la pénalisation du client.

Laurence Rossignol a également participé à un side event consacré à l’endométriose, une maladie chronique peu connue, généralement récidivante et douloureuse qui touche une femme sur dix en âge de procréer et qui peut rendre infertile. C’est la première fois qu’un atelier sur ce thème se tenait dans le cadre de l’ONU. Dès sa nomination comme ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol avait agi « pour rendre visible ce qui est invisible pour les femmes ».
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