Rapport sur la situation de discrimination du peuple autochtone kanak








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Emploi

126. De la discrimination du peuple autochtone kanak dans le système scolaire et dans la formation découle la discrimination du peuple autochtone kanak dans l’emploi. En effet, le système scolaire exclut, marginalise et provoque des échecs chez les jeunes Kanak. Et lorsqu’ils cherchent du travail, souvent sans diplôme ou avec peu de diplômes, c’est l’argument de manque de compétences qu’on leur donne pour justifier qu’ils ne soient pas embauchés.
127. Au dernier recensement de 2004, il y avait 16,3% de chômeurs. On ne sait pas quelle est la part de Kanak dans ces 16,3% puisque le recensement de 2004 n’inclut plus de répartition ethnique. Derrière cette moyenne territoriale ressort néanmoins de fortes disparités provinciales : 38,9% aux Îles Loyauté, 28,4% dans le Nord et 11,4% dans le Sud32.
128. Selon un document d’information d’une ONG autochtone, il y aurait deux fois plus de chômeurs chez les Kanak. Et il y a 30% de saisonniers occasionnels chez les kanak contre 5% chez les européens.

Le chômage touche les jeunes et les non diplômés. En effet, plus de la moitié des chômeurs (55%) ont moins de 30 ans et la moitié ne possède pas de diplôme.
129. Toujours selon une ONG autochtone, le nombre de cadres kanak est passé de 143 à 344 entre 89 et 96, c’est-à-dire plus de 13% par an. Or, sur la même période, les cadres européens sont passés de 2078 à 4548 personnes. Ainsi, si on compare la situation professionnelle des Métropolitains à celle des Kanak, on découvre que 85% des chefs d’entreprises, 75% des cadres supérieurs européens sont des Métropolitains, par contre 60% des employés, 75% des ouvriers sont Kanak.
130. Rappelons qu’il n’y a aujourd’hui que deux médecins kanak, aucun avocat kanak, aucun commissaire de police kanak, aucun magistrat kanak
131. De la même manière, dans la fonction publique, un document transmis par le Cabinet du Groupe FLNKS au Congrès indiquait que la communauté kanak était seulement représentée à 18,35%.
132. Les Kanak quittent leurs tribus ou leurs îles pour la capitale principalement pour trouver un emploi, ou pour scolariser les enfants. Ainsi selon les estimations d’une ONG autochtone, la Province des Îles est très fortement atteinte par l’ "exode tribal". « Les commerces kanak disparaissent un à un. Aussi, alors que plus de 150 milliards de francs sont passés par la Province des Îles depuis le début de la provincialisation, il y a toujours moins de 8% de salariés, quelques commerces et très peu d’entreprises loyaltiennes, d’un côté ; et de l’autre, 54,2% des Surfaces Agricoles Entretenues (SAE) ont disparu à Lifou, 21% à Ouvéa, et 10% à Maré, et pendant la même période, 45% des habitants de Lifou ont quitté l’île, 40% des habitants pour Ouvéa et 31% pour Maré ».
Logement

133. L’immigration massive de personnes venant de l’extérieur du territoire, l’exode rural et l’urbanisation, entraînent une demande accrue en logement dans la capitale et alentours.
134. Le secteur de la construction et du bâtiment explose, et l’encours des crédits à l’habitat a augmenté de manière spectaculaire. Des quartiers entiers de logements sociaux ont été construits ces dernières années à Nouméa. Le Grand Nouméa s’étend de plus en plus. La capitale commence, depuis deux-trois ans, à subir les problèmes d’une grande ville de métropole : embouteillages, etc.
135. Mais c’est surtout dans le domaine du logement que l’urbanisation se fait sentir. Et la population kanak, ayant un niveau de vie bien plus modeste que la population européenne, est encore une fois en proie au système discriminant.
136. À Nouméa, les quartiers dits populaires concentrent les populations kanak, mais aussi wallisiennes, futuniennes, tahitiennes. La population autochtone est très largement majoritaire dans ces quartiers. Et il y a des quartiers aisés de Nouméa où ne vivent quasiment pas un seul Kanak, seulement des Européens. La plupart des familles kanak vivent dans des maisons ou des immeubles de l’habitat social. Les familles n’ayant pas les moyens de vivre dans un logement de l’habitat social vivent dans des squats. Ces squats sont des cabanes, en tôles ou en bois, construites dans Nouméa ou dans le Grand Nouméa. À Nouméa certaines zones de squats ont été démolies par les forces de l’ordre. Parfois des logements sociaux ont été construits à la place.
137. Dans le recensement de 2004, l’ISEE enregistre que 4% des résidences sur l’ensemble du territoire sont des squats. 63% d’entre eux sont concentrés sur le Grand Nouméa. À Dumbéa, commune du Grand Nouméa, 15% de la population vit en squat. La très grande majorité de la population de ces squats est autochtone. Certains squats n’ont ni l’eau, ni l’électricité, ni sanitaire. Et l’on compte la présence de nombreux enfants et nourrissons vivant avec leurs familles.
138. Beaucoup de personnes vivant dans les squats témoignent qu’ils ont fait la demande à la commune d’être reliés à l’électricité et à l’eau, ou bien d’avoir un point d’eau collectif. Mais souvent il n’y a pas de réponse à leurs demandes.
139. Les squats se multiplient de plus en plus ces dernières années. Une enquête de la Province Sud a déterminé que pour la province sud, il y a 9 000 personnes qui vivent dans les squats. Sur ces 9 000 personnes, 50% sont des personnes originaires de la Province Nord et 30% sont des personnes en provenance de la Province des Îles Loyauté.
140. Néanmoins beaucoup de Kanak vivant dans les squats témoignent qu’ils préfèreraient rester dans les squats, plutôt que d’être installés dans des immeubles où la densité de population est telle que la promiscuité leur est difficile à vivre. « Au moins dans les squats, on est dans la nature. »33
Urbanisation et accès à la mer

141. À partir des années 70, l’urbanisation a augmenté sensiblement en Nouvelle-Calédonie. Ainsi, aujourd’hui le Grand Nouméa concentre 63% de la population totale du pays. Ce phénomène d’urbanisation concerne en grande partie le peuple kanak.
142. Comme pour les autres thématiques, il n’y a pas de chiffres officiels concernant l’exode rural des Kanak. Néanmoins, le recensement de la population de 1996 dénombrait 341 tribus (un peu moins des trois-quarts sur la Grande-Terre et le reste aux Îles Loyauté) regroupées en 160 réserves autochtones. Et sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, seulement 28,7% de la population autochtone résidait encore en tribu. Lors du recensement de 2004, aucune question relative aux tribus n’a été posée, ce qui fait qu’à l’heure actuelle, il n’y a plus d’informations précises sur les tribus.
143. Les Kanak quittent leurs tribus ou leurs îles pour la capitale principalement pour trouver un emploi, ou pour scolariser les enfants. Ainsi selon les estimations d’une ONG autochtone, la Province des Îles est très fortement atteinte par l’exode rural. « Les commerces kanak disparaissent un à un. Aussi, alors que plus de 150 milliards de francs sont passés par la Province des Îles depuis le début de la provincialisation, il y a toujours moins de 8% de salariés, quelques commerces et très peu d’entreprises loyaltiennes, d’un côté ; et de l’autre, 54,2% des Surfaces Agricoles Entretenues (SAE) ont disparu à Lifou, 21% à Ouvéa, et 10% à Maré, et pendant la même période, 45% des habitants de Lifou ont quitté l’île, 40% des habitants pour Ouvéa et 31% pour Maré ».
144. Ce phénomène d’urbanisation est dû à un manque d’infrastructures et d’emplois dans les zones habitées par les autochtones.
145. Mais le phénomène d’urbanisation crée d’autres problèmes. D’une part, en plus de vider les tribus de leurs habitants, les conséquences sont de forts changements dans les habitudes et le mode de vie qui se répercutent sur les coutumes autochtones, mais parfois aussi des problèmes au sein des familles autochtones qui vivent séparés les uns des autres, l’un étant dans un endroit pour travailler, l’autre resté à la tribu, et les enfants dispersés dans tout le pays pour leur scolarisation.
146. Par ailleurs, il faut rappeler que ce qui donne sens à l’identité et à l’être kanak est en relation directe avec le foncier et les droits fonciers, donc en relation directe à l’occupation et la possession d’une terre d’origine. Ainsi que peut-il advenir si le peuple autochtone se voit forcé de se déraciner ?
147. D’autre part la surpopulation des villes crée des problèmes de pollution, de précarité et de promiscuité qui touche le plus fortement le peuple kanak. Pour illustrer ces dires, citons ici le cas du quartier de Tindu à Nouméa.

148. Située au cœur de la capitale et plus particulièrement dans sa zone industrielle, la cité Tindu construite dans les années 1970 sous l’égide de la Société Immobilière Calédonienne (SIC) accueille des habitants aux revenus modestes logés dans des immeubles et maisons individuelles.
149. 80% des habitants de la cité Tindu représentent une population kanak venue de la province Nord et de la province des Îles Loyauté, poussés par le développement économique et l’éducation de leurs enfants. Le reste des résidents étant une population plutôt océanienne.
150. Une station d’épuration (STEP) d’une capacité de 300 equiv/habitants liée à cette cité est alors construite.
151. Mais en dépit de la réglementation environnementale en vigueur en matière d’assainissement et des obligations imposées par les différents contrats d’affermage d’adduction en eau potable et d’assainissement mis en place, la cité Tindu comme l’ensemble de la Ville de Nouméa continue de crouler sous le poids d’une urbanisation à outrance sans contrôle technique rigoureux effectué sur les 7 STEP de la ville ou sur le réseau.
152. En 1992, il a été constaté qu’une pollution bactérienne s’est développée dans la Baie de Tindu qui borde la cité, la Commune décide par un arrêté municipal numéro 92/1835 et selon ses articles :

- Art. 1 : « Les baignades et toutes activités de pêche sont temporairement interdites dans la portion de lagon situé dans la baie de Tindu en regard du lotissement Ducos-Tindu. »

- Art. 2 : « Le présent arrêté sera abrogé dès que les résultats des analyses seront redevenus satisfaisants ».

Empêchés par cette interdiction municipale de baignade et au vue d’installations effrénées de nouvelles constructions et de nouveaux quartiers autour de la cité, les résidents de Tindu s’unissent en association afin d’attirer l’attention de la Commune sur leurs préoccupations environnementales et réclamer d’engager les travaux de dépollution de la baie pour permettre à leurs enfants d’en profiter pour la baignade.
153. En 1998, l’association « Super Femmes Tindu » interpelle une première fois la Ville de Nouméa quant aux problèmes d’assainissement que les habitants du quartier subissent ainsi que des soucis rencontrés au quotidien.
154. En 2000 et 2003 les associations Réveil Quotidien et Super Femmes Tindu demandent expressément à la Mairie de cesser les constructions qui ne font qu’aggraver la pollution de la baie, évoquant également les problèmes sociaux rencontrés chez les jeunes de la cité.
155. Fin 2009, inquiète au vue de l’apparition croissante de furonculose chez ses résidents et riverains de Tindu, en désespoir de cause, l’association « Réveil Quotidien » engage des échanges sur le sujet avec l’association « Corail Vivant ».
156. Dans un premier temps, l’association « Corail Vivant » saisit séparément la Direction de l’Environnement de la Province Sud et la Commune de Nouméa afin de leur soumettre les préoccupations environnementales de ces résidents et obtenir de ces deux collectivités une réelle prise de conscience et d’engagement en vue de satisfaire ce droit d’accès a la mer réclame par « Réveil Quotidien ». Elle évoque par ailleurs, l’état d’insalubrité dans lequel cette cite est laisse.
157. En mars 2010, non sans difficultés, une « table ronde » est réalisée avec la participation de la Direction de l’Environnement de la Province Sud, de la Ville de Nouméa, des associations « Corail Vivant » et « Réveil Quotidien », de la participation d’associations de protection de l’environnement et représentants des locataires de la SIC. Un élu et quelques collaborateurs du FLNKS y étaient également présents. Aucun représentant de la SIC, ni de la Calédonienne des Eaux n’a fait le déplacement.
158. Déclarant le fait qu’il est inconcevable d’interdire un accès a la mer aux océaniens sans autre forme d’intervention dès lors que la réglementation environnementale ainsi que les obligations du « fermier » imposent un pouvoir de police et de contrôle dans ce sens, les associations mettent également l’accent sur les questions que pose cette interdiction notamment en matière de santé publique.
159. La Ville de Nouméa estime pour sa part ne pas négliger les problèmes d’assainissement de ce quartier puisque ceux-ci avait déjà fait l’objet d’une inscription au contrat d’agglomération de la Ville de Nouméa en 1987. Elle souligne que le projet n’a pas pu aboutir en raison d’un manque de cohérence entre les services de la Province Sud dans la réciprocité des compétences de chacun, mais également faute de moyens pour atteindre l’objectif.
160. 23 ans après, elle décide à nouveau d’inscrire la problématique de Tindu « comme une priorité » dans le contrat d’agglomération de la Ville pour la période 2010. L’adjointe au Maire de la Commune, précisant cependant qu’une période d’au minimum de 5 ans sera nécessaire pour la concrétisation des travaux de dépollution de cette baie (dont 2 ans d’études sur le réseau d’assainissement + 3 ans pour la réalisation des travaux). Un calendrier de réalisation de ces travaux d’assainissement est actuellement à l’étude.
161. De son cote, la Direction de l’Environnement de la Province Sud qui a compétence en matière de logement social, par la voix de son directeur, indique préférer adopter une démarche partenariale avec la Ville de Nouméa sur le sujet plutôt qu’avoir recours au pouvoir de police et de contrôle qu’exige par la réglementation provinciale en matière d’assainissement au titre des ICPE.
162. Le 6 Avril 2010, « Réveil Quotidien » et « Corail Vivant » accompagnées d’associations de protection de l’environnement ainsi que d’un collaborateur du FLNKS rencontrent le Service d’Inspection de Prévention des Risques Environnementaux et Sanitaires (SIPRES) de la Ville de Nouméa.
163. Étonné par les exigences de la Mairie en matière de diffusion d’informations de documents publics, ce groupe remet tout de même au SIPRES une copie du courrier adresse au Maire de Nouméa réclamant un historique des analyses effectuées dans la baie de Tindu depuis de 1990.
164. Aucun résultat d’analyse n’a ce jour été transmis alors que le règlement « qualité » des services municipaux exige une réponse « sous quinzaine ».
165. Le 20 Avril 2010, un « appel au secours » est lance, cette fois-ci, à l’ intention du Sénat Coutumier qui accepte d’entendre ces associations en audience le 20 avril 2010.
166. Le Sénat Coutumier indique que la Ville de Nouméa n’ignore pas les problèmes sanitaires lies à l’assainissement car déjà dans les années 1980 celle-ci a dû faire face à une épidémie d’irruptions cutanées apparues sur plusieurs baigneurs des plages du Sud. Elle souligne en même temps, qu’outre les problèmes d’assainissements dont souffre le Territoire, il important de ne pas perdre de vue les risques de pollution émanant du projet minier de VALE-INCO qui pèsent directement sur la province Sud. Cette institution propose d’interpeller les responsables sur la question.
167. Les divers échanges de courriels adresses aux services municipaux n’ont donne que partiellement satisfaction aux questions posées. Les actions de terrains menées par les résidents de Tindu afin de sensibiliser les enfants de la cité de même que les pêcheurs sur la dangerosité que représente l’usage de cette baie se sont également avérés sans grand succès.
168. Depuis 1986, vu le manque d’équipements collectifs d’assainissement, vu le développement économique et la multiplication de sa population, la question que nous nous posons aujourd’hui est la suivante : où la ville de Nouméa rejette-elle ses déchets ? Dans le lagon ?

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