Examen des rapports présentés par les états parties








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Articles 5, 9 et 18: Milieu familial et protection de remplacement

129. Dans le domaine de la protection et du renforcement des capacités des familles par l’État, afin de permettre aux parents de faire face à leurs responsabilités vis à vis de leurs enfants, le Gouvernement est conscient que beaucoup d’efforts restent encore à fournir pour améliorer les conditions de vie des familles fragilisées par la longue crise multiforme des années 70 qui s’est aggravée vers les années 90.

130. Les programmes visant à réduire la pauvreté par la stabilisation et la relance économique entamés depuis 2001 pourront permettre d’augmenter tant soit peu le revenu des ménages. Pour atteindre ce but, un salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), équivalent à l’époque à un dollar É.-U. par jour, a été fixé par le décret no 080/2002 du 3 juillet 2002, pour les travailleurs du secteur privé. Ce SMIG est réajusté suivant dans les conditions prévues par le décret n° 079/2002 du 3 juillet 2002 déterminant les modalités de fixation et d’ajustement du salaire minimum interprofessionnel garanti, des allocations familiales minima et de la contre valeur du logement.

131. En outre, le Programme multisectoriel d’urgence, de reconstruction et de réhabilitation 2002-2005 (PMURR) démontre l’engagement du Gouvernement à satisfaire aux recommandations du Comité des droits de l’enfant et constitue un des éléments prometteurs pour la réalisation des droits des enfants au Congo. Il y a lieu de noter aussi la réforme de l’Administration publique avec l’appui de la Banque mondiale laquelle aura des répercussions sur les conditions de travail des agents de carrière des services publics de l’État et tendra à alléger la charge des parents pour les soins et l’éducation à donner à leurs enfants. Dans ce cadre, le Gouvernement a signé en 2004 un accord avec les syndicats du secteur public, tendant à améliorer le traitement des fonctionnaires en trois paliers.

132. Dans un cadre plus global, le Gouvernement a élaboré le Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP), dont le pilier majeur est l’implication des ménages et de la communauté afin d’induire un développement autoentretenu.

133. Plus concrètement, au cours de la période couverte par le présent rapport, des actions de sensibilisation pour la promotion de la famille comme cadre idéal pour la protection de l’enfant ont été menées à travers l’ensemble du pays. Il en est ainsi de la Campagne nationale sur la famille qui avait pour but de lutter contre la séparation des enfants avec leurs parents. Celle-ci a eu lieu en 2002 dans les grandes villes et centres urbains du pays. Elle a favorisé la réinsertion de plusieurs enfants de la rue.

134. En effet, le phénomène le plus inquiétant par rapport au droit des enfants à vivre dans la famille et à bénéficier de la protection de celle-ci concerne les enfants en rupture familiale, qui vivent et travaillent dans la rue. Estimés actuellement à plus de 40 000 dans les grandes agglomérations du pays, dont 13 643 à Kinshasa, ces enfants vivent en marge de la société (source: REEJER, Synthèse des résultats de recensement des EDR dans la ville province de Kinshasa, octobre 2006 et mars 2007). À l’origine de ce fléau, on peut épingler les causes ci après:

a) Les facteurs politiques (instabilité politique, persistance des conflits armés);

b) Les facteurs économiques (chômage de plus en plus grandissant dans les milieux urbains, exode rural, effondrement du secteur agricole);

c) Les facteurs sociaux (violences intrafamiliales, recompositions matrimoniales dues au décès d’un des parents ou au divorce, mauvaises relations entre parents et enfants);

d) Les facteurs culturels (influence des médias, en particulier les médias audiovisuels, héritage des traditions africaines, influence de certaines églises de réveil qui mettent souvent à l’index «les enfants dits sorciers»).

135. À la suite d’incidents répétés, dont certains ont entraîné la mort des enfants de la rue, une Commission mixte d’encadrement des enfants de la rue et ceux dits «sorciers» nécessitant des mesures spéciales de protection a été créée par l’arrêté no 002/04 du 27 avril 2004 du Ministre des affaires sociales. Présidée par ce dernier, cette commission est composée des délégués dudit Ministère, des ONG nationales et internationales œuvrant dans le domaine de protection des enfants ainsi que des confessions religieuses et des institutions du système des Nations Unies.

136. La Commission a pour mission, notamment de:

a) Servir d’organe conseil pour le Gouvernement;

b) Veiller à la mise en œuvre de la politique nationale en matière de protection des enfants de rue et ceux dits «sorciers»;

c) Proposer des actions à entreprendre dans le domaine de la protection desdits enfants, conformément à la Convention relative aux droits de l’enfant;

d) Mobiliser toutes les forces vives du pays œuvrant pour la protection de cette catégorie d’enfants.

137. Sur cette base, les lignes directrices pour la protection des enfants en rupture familiale sont élaborées afin de donner aux acteurs de terrain un outil opérationnel. Huit axes sont ainsi dégagés, à savoir:

  • La prévention de la séparation et le travail avec les parents et les familles;

  • Le travail de protection et d’assistance sur terrain (travail de rue, assistance médico sociale, centres ouverts, système d’alerte précoce);

  • La réunification et la réinsertion des enfants;

  • La sécurité urbaine et la protection des enfants;

  • Les enfants en conflit avec la loi et le travail social;

  • La garde des enfants (familles d’accueil, centres de transit);

  • La coordination des interventions et des actions;

  • La dénonciation des cas d’abus contre les enfants.

138. Au Ministère de la jeunesse et des sports, un programme de développement de la formation professionnelle et de l’emploi des jeunes est en préparation pour aider ceux-ci à renoncer à vivre dans la rue. Il s’agit entre autres:

a) De réhabiliter les centres de formation professionnelle des jeunes en décrochage scolaire grâce à la coopération des partenaires internationaux;

b) D’encourager la création et l’agrément des mouvements associatifs des jeunes dans différents secteurs;

c) D’octroyer des microcrédits aux jeunes et aux associations pour la mise sur pied des microentreprises;

d) De sensibiliser les jeunes aux idéaux de la paix, de la tolérance et de la solidarité.

139. Dans sept provinces du pays enquêtées (Bas-Congo, Kinshasa, Équateur, Kasai Oriental, Katanga et Bandundu, 36 410 enfants en rupture familiale avaient été identifiés en 2003, dont 27 307, soit 75 %, âgés de moins de 15 ans. Les filles étaient 17 112, soit 47 % et les orphelins 13 107, soit 36 %. Un nombre impressionnant de ces enfants (à peu près 90 %) est généralement taxé de sorciers.

140. Grâce au programme de rattrapage scolaire des enfants de la rue mis en place par le Ministère des affaires sociales, seuls 5 334 enfants (2 296 à Kinshasa et 3 038 dans d’autres provinces), soit 14,6 % ont été réunifiés avec leurs familles. Les autres sont encadrés dans des centres d’hébergement ouverts ou fermés, en attendant que le processus de réunification familiale aboutisse ou qu’il soit trouvé des familles d’accueil. Mais déjà, 22 300 parmi eux bénéficient d’une intégration scolaire. Le défi reste ainsi énorme el il y a lieu de mobiliser des ressources conséquentes pour éradiquer le phénomène «enfants de la rue».

141. Les difficultés relatives à la réinsertion sociale des enfants de la rue tiennent à certains faits notamment: la rupture des liens affectifs avec leurs familles, l’éloignement de certains d’avec leur milieu d’origine, l’effritement de la solidarité clanique susceptible de prendre en charge les orphelins, le refus catégorique de certaines familles de reprendre les enfants taxés de sorciers à qui sont imputés tous les malheurs de la famille. C’est ainsi que le Gouvernement a été amené parfois à ordonner la récupération de ceux de ces enfants dangereusement exposés à la délinquance et au trafic de tout genre dans la rue, et à les confier d’office aux organisations non gouvernementales ou à les remettre aux parents qui viennent après les réclamer coup.

Articles 12, 13, 14, 15: Droit à la participation

142. La République démocratique du Congo a mis en œuvre depuis 2001 le programme de participation de l’enfant à la prise des décisions sur toutes les questions qui le concernent. Ce programme qui est en cours dans toutes les provinces du pays, à travers les écoles (comités d’élèves) et les ONG d’encadrement des enfants, doit aboutir à l’institution d’un parlement des enfants. Ces comités d’enfants sont représentés au niveau communal, provincial et national. Ils constituent des mécanismes chargés de la défense et de la promotion des droits des enfants au niveau de la base, par les enfants eux-mêmes.

143. À ce jour la répartition géographique et sectorielle des comités d’enfants se présente comme suit:

  • 1 Comité national;

  • 11 comités provinciaux (soit un par province);

  • 2 307 comités scolaires, dont 1 800 à Kinshasa et 507 dans les provinces;

  • 133 comités encadrés par les ONG, dont 80 à Kinshasa et 53 dans les provinces;

  • 51 comités communaux, dont 24 à Kinshasa et 27 dans les provinces. (Source: Conseil national de l’enfant, Rapport d’activité, 2006).

144. Les enfants membres des comités sont aussi représentés aux conseils nationaux et provinciaux de l’enfant et également au niveau de la base dans les conseils locaux de protection et de promotion des droits de l’enfant où ils donnent leurs points de vue sur toutes les questions. Il y a lieu de noter que 15 enfants desdits comités avaient pris part aux travaux de la vingt septième session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée au suivi du Sommet mondial pour les enfants, tenue en 2002, à New York.

145. Par ailleurs, le Conseil national de l’enfant a mis en place un programme d’information, de sensibilisation et de formation sur la Convention comprenant un module destiné à la formation des enfants en tant qu’acteurs pour la promotion et la défense de leurs droits.

146. Au niveau des familles, la promotion des droits des enfants à la participation est tributaire du degré de vulgarisation de la Convention, laquelle va en s’amplifiant. Il est significatif que déjà le débat est engagé dans la société sur l’opportunité de donner aux enfants voix au chapitre, et de militer pour la reconnaissance de leurs droits, eu égard aux traditions qui veulent que les enfants se bornent à acquiescer aux décisions des adultes.

Articles 19, 28, paragraphe 2, 37 et 39: Protection contre la torture,
les violences, l’abandon ou la négligence


147. Les actes de violence à l’endroit des enfants préoccupent au plus au point le Gouvernement et les autres instances publiques du pays. Pour y mettre un terme, des mesures législatives, réglementaires et autres ont été prises tant au niveau central que local.

148. La Constitution de la République démocratique du Congo en son article 41 alinéas 4, 5 et 6 vise spécifiquement la protection des enfants contre les violences et la négligence, en énonçant que:

«[l]’abandon et la maltraitance des enfants, notamment la pédophilie, les abus sexuels ainsi que l’accusation de sorcellerie sont prohibés et punis par la loi.

Les parents ont le devoir de prendre soin de leurs enfants et d’assurer leur protection contre tout acte de violence tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du foyer.

Les pouvoirs publics ont l’obligation d’assurer une protection aux enfants en situation difficile et de déférer devant la justice les auteurs et les complices des actes de violence à l’égard des enfants.».

149. À la suite de la demande faite par le Comité au Secrétaire général de l’ONU, de mener une étude globale et approfondie sur les violences contre les enfants et à l’issue des Concertations de Bamako, convoquées en mai 2005, qui ont été précédés par les premier et deuxième Congrès mondiaux contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (Stockholm, 1996 et Yokohama Japon, 2001), le Gouvernement de la République démocratique du Congo a élaboré un Plan d’action national pour la prévention et la lutte contre les violences faites aux enfants. C’est sur la base de ce Plan que des actions de sensibilisation sont désormais menées:

a) Dans les écoles, pour éradiquer les pratiques souvent tolérées de châtiments corporels, en violation du règlement scolaire (arrêté no MINEPSP/CABMIN/00100940/90 du 1er septembre 1990 portant règlement intérieur des élèves, qui ne prévoit au titre des sanctions que l’exclusion immédiate sans convocation du conseil de discipline, l’exclusion temporaire, la perte des points et la gratification de cinq points);

b) Dans les familles et la communauté (églises, chefs coutumiers et leaders d’opinion), pour combattre notamment les mariages précoces et pour rompre le silence et dénoncer les violences dont sont victimes les enfants dits sorciers et ceux abusés sexuellement;

c) À l’endroit des magistrats, policiers et autres agents publics chargés de l’application des lois, afin qu’ils répriment ces actes de violence.

150. À l’occasion des travaux en cours de révision du Code de la famille, un débat est également engagé sur l’interprétation du terme «corrections» figurant à l’article 326, alinéa 4 du Code de la famille. En effet celui-ci porte en substance que celui qui exerce l’autorité parentale peut infliger à l’enfant réprimandes et corrections dans la mesure compatible avec son âge et l’amendement de sa conduite.». Cette disposition ne doit pas être interprétée comme permettant aux parents d’infliger des châtiments corporels à leurs enfants.

151. Parmi toutes ces violences, celles infligées aux enfants dits sorciers ont pris des proportions inquiétantes. Nourries à la fois par la pauvreté, les croyances mystiques et la prolifération des sectes religieuses, elles n’épargnent plus aucun centre urbain tant soit peu important et laissent souvent les enfants sans aucune protection.

152. Il en a été ainsi dans la ville de Kindu, province du Maniema, à l’est du pays qui compte moins de 250 000 habitants, mais où, en 2006, l’ONG Association pour la sauvegarde des enfants et femmes abandonnée (ASEFA) a dénombré 539 enfants dits sorciers, dont 146 filles, retenus dans les églises ou chez des pasteurs où ils sont soumis au jeûne forcé et à toutes sortes de maltraitances, sous prétexte de les exorciser (désenvoûter). 537 parmi eux (99,6 %) proviennent des familles à très faible revenu.

153. À l’issue de la sensibilisation menée par les structures publiques en coopération avec les ONG locales, 120 enfants ont été réunifiés avec leur famille, tandis que les responsables d’églises auprès de qui les enfants sont abandonnés se sont engagés à mener eux-mêmes la médiation auprès des familles pour que celles-ci acceptent le retour des enfants au foyer.

154. Dans le même ordre d’idée, 448 enfants dits sorciers dénombrés à Kinshasa, Kananga et Mbujimayi ont bénéficié des actions ci-après:

  • Protection physique et réhabilitation psychosociale;

  • Prise en charge médicale;

  • Assistance juridique;

  • Réinsertion socio éducative et professionnelle;

  • Appui alimentaire et vestimentaire (source: Rapport annuel 2006, p. 12 et 13).

155. Ailleurs ce sont des pasteurs, auteurs de séquestrations et de tortures à l’endroit des enfants dits sorciers, qui ont été interpellés par la justice, tel le parquet de grande instance de Ndjili à Kinshasa, saisi sur dénonciation des services des affaires sociales (lettre no 1190/MAS/SG.AS/DISPE/015/2004 du 6 septembre 2004) qui avait dénombré, en août 2004, 49 cas de séquestration d’enfants dans l’une des 24 communes seulement de la ville de Kinshasa; ou du parquet de grande instance de Mbandaka, dans la province de l’Équateur auprès duquel les faits similaires ont été rapportés par les associations caritatives locales. Dans cette dernière ville, la Congrégation des filles de Notre-Dame du Sacré-Cœur a accueilli plus de 150 enfants au cours de l’année 2006.

156. Au titre des initiatives locales, le Gouverneur de la province de l’Équateur, à l’occasion de la Journée de l’enfant africain de juin 2006, a pris la circulaire no 001/CAB/PROGOU/EQ/2006 du 4 septembre 2006 portant interdiction de:

  • Projeter des films pornographiques et des scènes de violence à l’endroit des enfants;

  • Châtiments corporels et des pires formes de travail des enfants;

  • Toutes les formes d’exploitation des enfants.

157. Les violences sexuelles constituent aussi un phénomène très préoccupant qui touche particulièrement les femmes et les filles. En effet, si elles avaient pris pendant la guerre des formes barbares en ce qu’elles impliquaient surtout des membres des forces et groupes armés, elles sont actuellement de plus en plus commises par les civils. Depuis le milieu de l’année 2005, plus de 30 000 victimes de sévices sexuels ont été recensées sur l’ensemble du territoire national. Un centre de santé du Nord-Kivu a répertorié, entre début 2005 et janvier 2006, 174 cas de viols, dont 80 % de cas sont des filles. En juin 2006, 14 cas de violences sexuelles commises dans le territoire de Mueneditu ont été dénoncés par le chef de Division du Ministère de la condition féminine et famille.

158. En vue de prévenir et de réprimer sévèrement les infractions se rapportant à ce type de violences et en même temps assurer une prise en charge systématique des victimes, les lois no 06/018 et no 06/019 du 20 juillet 2006 renforçant la répression des violences sexuelles ont été adoptées. Elles modifient respectivement certaines dispositions du Code pénal et du Code de procédure pénale.

159. La loi no 06/018 renforce la répression du viol et pénalise d’autres comportements antisociaux qui jusque là échappaient à la répression. Certaines infractions ont été tirées du Statut de la Cour pénale internationale, d’autres du Protocole facultatif à la Convention concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants.

160. Ainsi, la définition du viol englobe désormais plusieurs situations qualifiées jusque-là simplement d’attentats à la pudeur. Au titre de nouvelles infractions, il y a lieu de citer: l’excitation des mineurs à la débauche, la prostitution forcée, le harcèlement sexuel, l’esclavage sexuel, le mariage forcé, la mutilation sexuelle, la zoophilie, la transmission délibérée des infections sexuellement transmissibles incurables, le trafic et l’exploitation d’enfants à des fins sexuelles, la grossesse forcée, la stérilisation forcée, la pornographie mettant en scène des enfants, la prostitution d’enfants.

161. La loi no 06/19 quant à elle prévoit une procédure accélérée pour l’instruction et le jugement des affaires de violences sexuelles. Il en est ainsi des dispositions suivantes:

Article 7 bis:

«Sans préjudice des dispositions légales relatives à la procédure de flagrance, l’enquête préliminaire en matière de violence sexuelle se fait dans un délai d’un mois maximum à partir de la saisine de l’autorité judiciaire. L’instruction et le prononcé du jugement se font dans un délai de trois mois maximum à partir de la saisine de l’autorité judiciaire.

L’enquête de l’officier de police judiciaire est de portée immédiate. Elle est menée sans désemparer de manière à fournir à l’officier du ministère public les principaux éléments d’appréciation.

Durant toutes les phases de la procédure, la victime est assistée d’un conseil.».

Article 9 bis:

«L’amende transactionnelle prévue à l’article 9 ci-dessus ne s’applique pas aux infractions liées aux violences sexuelles.».

Article 14 bis:

«[…] l’officier du ministère public ou le juge requiert d’office un médecin et un psychologue, afin d’apprécier l’état de la victime des violences sexuelles et de déterminer les soins appropriés ainsi que d’évaluer l’importance du préjudice subi par celle-ci et son aggravation ultérieure.».

Article 74 bis:

«L’officier du ministère public ou le juge saisi en matière de violences sexuelles prend les mesures nécessaires pour sauvegarder la sécurité, le bien-être physique et psychologique, la dignité et le respect de la vie privée des victimes ou de toute personne impliquée.

À ce titre, le huis clos est prononcé à la requête de la victime ou du ministère public.».

162. L’adoption de ces lois a été précédée et suivie par de larges campagnes de sensibilisation de la population, de plaidoyers auprès des décideurs politiques et judiciaires ainsi que des sessions de formation de milliers d’agents chargés de l’application des lois, en vue de mettre fin à l’impunité. Ces actions sont menées dans le cadre de ce qu’on appelle «Initiative conjointe de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes, aux jeunes et aux enfants en République démocratique du Congo» («Initiative conjointe»), lancée en mars 2004.

163. L’Initiative conjointe est un cadre multisectoriel de concertation et d’action pour la prévention et la réponse aux violences faites aux femmes, aux jeunes et aux enfants. Participent à ce cadre: le gouvernement (Ministères des droits humains, de la condition féminine et famille, des affaires sociales, etc.); les organismes du système des Nations Unies (FNUAP, UNICEF, PNUD, HCDH, Fonds de développement des Nations Unies pour la femme [UNIFEM], Programme alimentaire mondial [PAM], Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [FAO], Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo [MONUC]); les organisations non gouvernementales.

164. Les actions de l’Initiative conjointe sont regroupées en cinq volets:

a) Le plaidoyer qui a notamment permis l’adoption des lois sur les violences sexuelles;

b) La sensibilisation, pour amener lies victimes à dénoncer leurs bourreaux de manière à briser le silence qui domine dans cette matière considérée comme un tabou dans le milieu social;

c) La prise en charge psychosociale, pour la détraumatisation des victimes, y compris l’appui aux victimes à l’exercice des activités génératrices de revenus;

d) La prise en charge médicale, par la création ou le renforcement des capacités des centres de santé pour administrer des soins appropriés aux personnes violées;

e) La prise en charge judiciaire, par l’implantation des cliniques juridiques (orientation des victimes vers les instances judiciaires et assistance judiciaire). Fait partie de ce volet la réforme du système judiciaire (lutte contre l’impunité, renforcement des capacités des magistrats).

165. Sur 30 000 victimes recensées depuis le milieu de 2005, 70 % d’entre elles ont reçu de l’aide sous l’une ou l’autre forme indiquée ci-dessus. Dans les deux provinces du Kivu, depuis le lancement de l’initiative d’aide aux victimes de sévices sexuelles en 2003, 27 460 personnes ont bénéficié d’un accompagnement psychosocial, 17 089 de soins médicaux spécialisés, 6 134 d’activités de réinsertion économique et 34 d’une assistance juridique et judiciaire. Il y a lieu d’indiquer que les 14 victimes évoquées au paragraphe 157 ci-dessus ont aussi bénéficié d’une prise en charge psychologique et clinique.

166. À la suite de la sensibilisation sur la lutte contre les violences sexuelles, de l’adoption de ces lois et de la vulgarisation qui en est faite, des auteurs de viol et autres crimes à caractère sexuel sont poursuivis et condamnés notamment par les juridictions militaires. Au nombre de ces décisions de justice, il y a lieu de citer les jugements sous:

  • RP 086/005 − RP101/006, du 20 juin 2006, rendu par le tribunal de garnison de Mbandaka (province de l’Équateur), contre neuf militaires reconnus coupables notamment de viol, à Bokala, sur 46 personnes, et qui ont été condamnés, pour crimes contre l’humanité, à la servitude pénale à perpétuité, sur base des articles 7, 9, 21, 25, 31, 32, 33 et 37 du Statut de la Cour pénale internationale;

  • RP 084/2005 du 12 avril 2006, rendu par le tribunal de garnison de Mbandaka, contre 12 militaires, poursuivis pour viol de 31 personnes, à Songo Mboyo, et condamnés à la servitude pénale à perpétuité, sur base du Statut de la Cour pénale internationale;

  • RP 011/05 du 26 octobre 2005, du tribunal de garnison de Kindu, dans la province du Maniema, contre deux éléments maï-maï qui ont commis des actes de viol et d’esclavage sexuel sur la personne de quatre femmes, dans la localité de Kimanda, et qui ont été condamnés à la peine de mort, sur base des articles 5, 6, 165, 169, alinéa 7 et 172 du Code pénal militaire.

167. On peut encore signaler la condamnation de deux militaires, à 10 ans de servitude pénale pour viol respectivement sur une fillette de 5 ans et une fille de 13 ans, par le tribunal militaire de garnison de Kalemie (Province du Katanga) en mai 2006. Cependant, force est de constater que les décisions judiciaires sont peu nombreuses, au regard de l’ampleur des crimes commis. En effet, des difficultés notamment logistiques empêchent de mener à bien les enquêtes. Mais la détermination du Gouvernement à lutter contre l’impunité est réelle et se concrétisera davantage avec la réforme de la justice en cours, et qui est appuyée par la communauté internationale.

168. En rapport avec la campagne de sensibilisation, le thème retenu pour la journée mondiale de la femme 2007 est: «Mettre fin aux violences faites aux femmes, exiger l’application de la loi».

169. Les efforts fournis doivent être intensifiés et s’inscrire dans la durée. C’est dans cette perspective, dans le cadre de l’Initiative conjointe, qu’un plan annuel d’activités a été élaboré pour 2007, avec l’appui du Haut Commissariat aux droits de l’homme, duquel on peut retenir:

a) La mise en place des cliniques juridiques afin de renforcer la prise en charge judiciaire des victimes des violences sexuelles;

b) Les campagnes de sensibilisation sur l’application des nouvelles lois auprès des praticiens du droit et de la population;

c) Les sessions de formation à l’intention des leaders coutumiers sur la lutte contre les différentes formes des violences sexuelles et la prise en charge des victimes, eu égard à leur rôle dans la persistance des pratiques séculaires néfastes tels que les mariages précoces, l’excision ou l’initiation à la vie sexuelle.
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