Rapport de recherche








titreRapport de recherche
page6/18
date de publication02.12.2016
taille0.6 Mb.
typeRapport
l.21-bal.com > loi > Rapport
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   18

1.5Données concernant les services d’accompagnement de la région de Montréal

1.5.1À qui revient actuellement la responsabilité de fournir des services d’accompagnement dans la région de Montréal et quel est l’état de ces services?


Selon le rapport synthèse de Proulx et Dumais (2006a) traitant des besoins et dynamiques de l’offre de services aux personnes avec incapacité dans dix-sept régions du Québec, les services aux personnes ayant une déficience physique reposent surtout sur le secteur public notamment en ce qui concerne : les services de prévention/promotion, de diagnostic, de traitement et de réadaptation, l’offre de ressources résidentielles, l’offre de services éducatifs et de formation continue ainsi que l’offre de services en transport. En ce qui a trait à l’offre de services destinée aux personnes ayant une déficience intellectuelle, il semble que le secteur public soit présent dans tous ces champs d’activités en plus de jouer un rôle important dans les services socioprofessionnels, dans les services de soutien aux familles ainsi qu’en matière d’intégration sociale.

Qu’en est-il des services d’accompagnement pour accomplir ses activités de la vie courante hors de son domicile (soutien civique inclus)? Il semble que ces services reposent avant tout sur les organismes communautaires. En effet, dans la politique du gouvernement québécois intitulée Chez soi : le premier choix (MSSS, 2003), il est établi que les « organismes communautaires et les groupes bénévoles “peuvent” offrir le soutien civique, la livraison de repas à domicile, l’accompagnement, le transport, les visites d’amitié et toutes autres activités qui contribuent au soutien à domicile »30. Il y est indiqué que même si le prestataire de services est le réseau communautaire, la couverture de ces services reste publique. Cependant, selon les auteurs du rapport traitant des besoins et dynamiques de l’offre de services aux personnes avec incapacité dans dix-sept régions du Québec (Proulx et autres, 2006b), « il apparaît assez évident que la majorité des organismes communautaires rattachés au réseau de la santé et des services sociaux s’inscrivent […] dans un rapport de “supplémentarité”. En effet, bien qu’ils participent pleinement à l’offre de services, les activités des organismes communautaires demeurent globalement à la marge de l’organisation formelle des services et sont peu soutenues financièrement par les instances régionales (moyenne de 54 000 $ par organisme en déficience physique et de 63 000 en déficience intellectuelle au Québec en 2004-2005). Il s’agit en somme d’un rapport dans lequel les organismes communautaires répondent à des besoins pour lesquels l’État n’a pas fait le choix d’investir, et offrent donc en ce sens un service “supplémentaire”, que l’État accepte de soutenir en partie, mais ne régule pas ou très peu, et qui repose également sur des contributions, financières et autres, provenant de la communauté»31. Les services fournis par l’État « sont centrés sur la survie […], les besoins de base se limitent souvent aux services comblés pour le milieu résidentiel. Le paiement de frais liés aux besoins de base associés au soutien à domicile fait en sorte qu’il ne reste plus rien à la personne pour une réelle participation sociale […] ce qui contribue à l’isolement des personnes avec incapacité»32.

Outre les organismes communautaires, la famille et les proches jouent aussi un rôle important dans l’offre de services dans le secteur domestique. « Une étude de l’association des CLSC de Montréal a mesuré que 80 % du soutien à domicile était donné par des organismes d’économies sociales et les familles ». 33 Dans sa politique de soutien à domicile datant de 200334, le gouvernement du Québec reconnaît les proches aidants comme des clients des services, des partenaires et des citoyens qui remplissent leurs obligations usuelles. Proulx et Dumais (2006b) se demandent, cependant, « dans quelle mesure la contribution attendue des familles et des proches s’inscrit dans une responsabilité normale de parent envers son enfant, son conjoint, son frère ou sa sœur, ou bien s’il s’agit d’une attente qui déborde ce cadre normal de responsabilité »35. Certains chercheurs et représentants d’organismes y voient une déresponsabilisation de l’État envers les personnes avec incapacité (Guberman et autres, 2008). Dans son avis régional produit dans le cadre de la démarche d’actualisation de sa politique d’ensemble À part…égale (De Courcy et autres, 2007), l’OPHQ affirme que les attentes à l’égard des familles et des proches sont disproportionnées et que ces personnes risquent de s’épuiser ou de voir des répercussions sur leurs autres activités. Il est aussi mentionné que les services de soutien aux familles sont très loin de répondre à ce qui est demandé et que les fonds alloués pour ces services sont nettement insuffisants (De Courcy et autres, 2007).

En ce qui a trait à l’accompagnement pour profiter d’une activité de loisir organisée, celui-ci est « généralement pourvu par des organismes à but non lucratif (OBNL) et des associations locales. La plupart d’entre eux sont subventionnés par des fonds publics par l’entremise notamment, des programmes du Secrétariat aux loisirs et aux sports »36. Il semble, cependant, que les budgets alloués sont insuffisants pour répondre à la demande. En effet, AlterGo, l’association régionale pour le loisir des personnes handicapées de l’île de Montréal, indique que pour l’année 2008-2009, près de 114 organisations de loisir – villes, arrondissements et organisations à but non lucratif (OBNL) – on fait une demande d’aide financière dans le cadre du programme d’accompagnement en loisir. Les demandes ont totalisé près de 2,1 millions. Pour répondre à ces demandes, AlterGo disposait de 340 339 $ provenant du programme du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et de 260 000 $ du programme montréalais. « Ces deux programmes récurrents ne sont donc pas suffisants pour répondre aux besoins exprimés par les citoyens handicapés »37. De fait, le taux de réponse aux besoins en accompagnement n’était que de 41 % sur l’île de Montréal en 2009.

Qu’en est-il de l’accompagnement pour s’assurer de sa participation à la vie communautaire ou aux loisirs tels qu’aller au cinéma, aller au restaurant ou dans un café? Il n’existe pas de programme de l’État pour ce genre de sortie. Il semble encore une fois que ce soit le milieu communautaire qui assume ce type de services. Il est important de souligner que, selon la plus récente étude sur les services d’accompagnement pour les personnes handicapées physiques de la région de Montréal (Deit et Lemire, 1997), les ressources en accompagnement provenant des organismes communautaires et des organisations de personnes handicapées avaient considérablement diminué entre 1986 et 1997. Parallèlement à cette situation, il y aurait eu un accroissement du nombre de personnes lourdement handicapées dans la région de Montréal. En conséquence, les auteurs faisaient état d’un accroissement des besoins en matière d’accompagnement et d’une impossibilité pour les ressources existantes de répondre à la demande. De plus, selon les auteurs, les organismes donnant des services d’accompagnement avaient régulièrement des problèmes de liquidité et ces problèmes avaient un impact direct sur l’offre de services. Face à ces faits, les auteurs affirmaient que l’écart entre l’offre et la demande était « catastrophique » et que cette situation empêchait un nombre important de personnes avec incapacité d’évoluer normalement.

En somme, les données présentées montrent que l’accompagnement pour assurer les activités de la vie courante, les activités de loisir ou pour assurer la participation à la vie communautaire, repose essentiellement sur les organismes communautaires, la famille et les proches. Il a aussi été démontré que le financement accordé aux organismes communautaires pour assurer ces services n’est pas suffisant et que cela engendre un écart entre les besoins en accompagnement des personnes avec incapacité et les services qui leur sont offerts.


1.5.2Les principaux dispensateurs de services d’accompagnement desservant la population ciblée par notre recherche


Selon les membres de la Table accompagnement (PIMO, ROPMM, CRADI, AlterGo), les principaux organismes offrant des services d’accompagnement dans la région de Montréal sont :

Promotion intervention en milieu ouvert (PIMO) : Il s’agit du seul organisme spécifiquement dédié à l’accompagnement au Québec. Ses services sont destinés aux adultes ayant une incapacité motrice et sont gratuits. Les accompagnateurs sont toutefois rémunérés par l’organisme.

Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain (RAAMM). Cet organisme offre aux personnes aveugles et amblyopes les services d’accompagnateurs bénévoles.

L’Institut Raymond-Dewar (IRD). Cet établissement du réseau de la santé et des services sociaux gère un programme d’accompagnement destiné aux personnes ayant une surdicécité. Suite à une évaluation des besoins de la personne, un budget est alloué à cette dernière pour qu’elle puisse engager un accompagnateur.

Solidarité de parents de personnes handicapées (SPPH) : L’organisme offre un soutien personnalisé de recrutement d’accompagnateurs aux familles qui vivent avec un ou plusieurs enfants handicapés. Le service de recrutement est gratuit, mais l’accompagnateur choisi est rémunéré par la famille (11 $/heure et plus).

Autisme et troubles envahissants du développement Montréal (ATEDM) : Cet organisme offre aussi un soutien personnalisé de recrutement d’accompagnateurs. Le service est destiné aux familles qui vivent avec un ou plusieurs enfants autistes ou présentant des troubles envahissants du développement (TED). Le service de recrutement est également gratuit et la rémunération de l’accompagnateur est à la charge de la famille (9 $ à 12 $/heure).

Corporation l’Espoir du déficient : L’organisme offre un service personnalisé de référence d’accompagnateurs aux familles dont un des membres présente une déficience intellectuelle. Le service de référence est gratuit, mais les familles doivent assumer le salaire de l’accompagnateur (7 $ à 9 $/heure).

Association de Montréal pour la déficience intellectuelle (AMDI) : L’association produit un bottin d’accompagnateurs qu’elle recrute, sélectionne et forme. Le bottin est gratuit pour les membres. Les familles doivent assumer le salaire de l’accompagnateur (minimum de 10 $/heure).

Il est important de mentionner que les informations présentées ci-dessus concernent les services d’accompagnement qui permettent à une personne d’assurer sa participation à la vie communautaire, d’accomplir ses activités de la vie courante hors de son domicile et de profiter d’activités de loisir non organisées. Certains des organismes proposent également des services d’accompagnement en loisirs organisés ou de répit-dépannage. Ces services ne sont pas visés par la présente étude. Par conséquent, nous n’avons pas présenté les informations concernant l’organisation de ces services.

À titre indicatif, nous avons mis en annexe C quelques statistiques concernant les différents organismes présentés ci-dessus. Ces statistiques ne peuvent être interprétées étant donné que nous ne connaissons pas avec exactitude le nombre de personnes avec incapacité et susceptibles d’avoir des besoins en accompagnement qui résident dans la région de Montréal.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   18

similaire:

Rapport de recherche iconRapport de Recherche

Rapport de recherche iconRapport de recherche

Rapport de recherche iconRecherche scientifique qui m’ont envoyé leur rapport. Aéroports

Rapport de recherche iconRapport de stage effectué au lasaare (Laboratoire d’Analyse et de...

Rapport de recherche iconRapport de recherche final préparé pour l'ophq
«Projet d'expérimentation» de l'Office des personnes handicapées du Québec (ophq)

Rapport de recherche iconRecherche L’alphabet français semble mieux convenir à la fonction...

Rapport de recherche iconLa Recherche Scientifique
...

Rapport de recherche iconRecherche en santé mentale
«corps et psyche» est une association de recherche «Loi 1901»; déclarée au Journal Officiel de la République en décembre 2007

Rapport de recherche icon3-Objet de recherche : 2 grandes orientations 4-1er axe : concerne...

Rapport de recherche iconRecherche juridique htm >recherche juridique
«ne fait pas obstacle à ce que celui-ci puisse être saisi en vue d'assortir d'une astreinte la décision qu'il a rendue» (Cass civ.,...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com