Rapport de recherche








titreRapport de recherche
page4/18
date de publication02.12.2016
taille0.6 Mb.
typeRapport
l.21-bal.com > loi > Rapport
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   18

1.3Évaluation de l’ampleur potentielle des besoins en accompagnement

1.3.1Évaluation du nombre de personnes avec incapacité susceptibles d’avoir des besoins en accompagnement


L’évaluation du nombre de personnes avec incapacité susceptibles d’avoir des besoins en accompagnement, âgées de 15 à 64 ans, résidant en ménage sur le territoire de Montréal, s’avère essentielle pour avoir une idée de l’ampleur des besoins en accompagnement de cette population. Dans le cadre de cette étude, nous avons tenté d’effectuer cet exercice à partir des données statistiques disponibles pour la population montréalaise. Nous sommes conscients que l’évaluation du nombre de personnes avec incapacité n’est pas suffisante pour établir avec précision l’ampleur des besoins en accompagnement d’une population et l’ampleur des ressources qui devraient être déployées pour y répondre. En effet, les besoins en accompagnement d’une personne et la nécessité pour celle-ci de recourir à des services d’accompagnement peuvent être influencés par une multitude de variables telles : son degré de dépendance face à autrui, l’étendue et la disponibilité de son réseau social, le fait de vivre seul ou non, la personnalité même de la personne; certains individus sont plus casaniers, d’autres ressentent davantage le besoin de rencontrer des gens et de sortir de leur domicile. Notre intention n’est pas de tenter d’estimer le budget qui devrait être alloué par le gouvernement pour répondre aux besoins en accompagnement de la population montréalaise avec incapacité. Plusieurs recherches américaines ont tenté de le faire en se basant sur la prévalence des besoins non comblés des personnes ayant des besoins en matière d’assistance personnelle de leur communauté et ont créé la fausse impression que l’étendue du problème était insurmontable et qu’il en coûterait trop cher au gouvernement américain pour tenter de régler cette situation.17 Par l’évaluation du nombre de personnes avec incapacité, âgées de 15 à 64 ans, résidant en ménage sur le territoire de Montréal, notre intention est d’établir si les besoins en accompagnement dans la région de Montréal sont susceptibles d’être de l’ordre de la marginalité ou au contraire, s’ils sont susceptibles d’être considérables. Il s’agit d’un premier pas vers une meilleure compréhension des besoins en accompagnement des personnes avec incapacité de la région de Montréal.

Selon les dernières estimations présentées par l’OPHQ18, en 2006, la population avec incapacité âgée de 15 ans et plus, habitant en ménage sur le territoire de Montréal-Centre, était de 200 500 personnes (voir tableau 3). En ce qui a trait à la population visée par notre étude, c’est-à-dire les 15-64 ans, ils étaient au nombre de 99 220.

Tableau 3 : Personnes de 15 ans et plus avec incapacité selon la gravité de l'incapacité et l'âge, région socio-sanitaire de Montréal, 2006

Gravité de l’incapacité

15 à 64 ans

65 ans et plus

Total

Légère

32 645

32 915

65 560

Modérée

26 590

24 305

50 895

Grave

28 475

25 825

54 300

Très grave

11 510

18 235

29 745

Total

99 220

101 280

200 500





















































































Sources :

Compendium sur l'Enquête sur la participation et les limitations d'activités 2006, Institut de la statistique du Québec
Enquête sur la participation et les limitations d'activités 2006, Statistique Canada































Recensement de la population de 2006, Statistique Canada et Institut de la statistique du Québec

























Traitement : Office des personnes handicapées du Québec 2009


































Toujours selon les données présentées par l’OPHQ, en 2006, 19 445 personnes avaient un problème de santé mentale. Celles-ci ne sont pas visées par notre étude. Si l’on soustrait cette population de la population des 15 à 64 ans avec incapacité de la région de Montréal, le nombre de personnes susceptibles d’avoir eu des besoins en accompagnement en 2006 était de 79 775.

Nous avons tenté de préciser encore davantage l’ampleur « potentielle » des besoins en accompagnement des personnes avec incapacité à l’aide des seules autres données statistiques actuellement disponibles traitant spécifiquement de la région de Montréal. Ces données sont tirées du portrait statistique de la population avec incapacité de la région de Montréal (Dugas et Sarrazin, 2003). Ce portrait est issu d’une série de portraits régionaux de la population québécoise avec incapacité réalisée par l’OPHQ en 2003.

Il est important de mentionner que l’OPHQ a utilisé les données provenant de l’Enquête québécoise sur les limitations d’activités de 1998 (EQLA) (Camirand et autres 2001) pour réaliser, en 2003, la série de portraits régionaux de la population québécoise avec incapacité. Depuis, une autre enquête produite par Statistique Canada a vu le jour et a produit des résultats différents quant à la prévalence de l’incapacité au Québec. Il s’agit de l’Enquête sur la participation et les limitations d’activités 2001 (EPLA) (Berthelot, Camirand et Tremblay, 2006). Dans cette dernière étude, on constate une baisse significative du taux d’incapacité parmi la population québécoise. Selon le service de l’évaluation de l’intégration sociale et de la recherche de l’OPHQ, la baisse du taux d’incapacité observée dans l’EPLA 2001 serait attribuable à la perte d’une proportion de la population avec incapacité légère dans son échantillon final dû à une méthodologie d’échantillonnage différente. Selon l’OPHQ, « l’EPLA 2001 peut être considérée comme la principale référence statistique en ce qui concerne la population handicapée au Québec; sa méthodologie permet d’identifier les personnes qui correspondent le plus à la définition légale de personne handicapée selon la Loi assurant l'exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale »19. Les données tirées du portrait statistique de la population avec incapacité de la région de Montréal-Centre (Dugas et Sarrazin, 2003) sont donc moins précises étant donné la surreprésentation des personnes ayant une incapacité légère.

Il est aussi important de préciser que L’EQLA 1998, lors de la compilation de ses données, a mis dans la même catégorie les personnes ayant une déficience intellectuelle et les personnes ayant un problème de santé mentale. Ces dernières ne sont pas visées par notre étude, mais se retrouvent tout de même comptabilisées dans les statistiques du portrait régional de Montréal-Centre présenté par Dugas et Sarrazin (2003). Cette situation pourrait avoir pour effet de gonfler le nombre de personnes avec incapacité visées par notre étude faussant ainsi l’évaluation de l’ampleur « potentielle » des besoins en accompagnement pour cette population.

Par conséquent, notre évaluation des besoins « potentiels » en accompagnement des personnes avec incapacité pour la région de Montréal doit être interprétée avec prudence étant donné qu’elle pourrait contenir une surreprésentation des personnes ayant une incapacité légère et un certain pourcentage de personnes pouvant présenter un problème de santé mentale. Il est préférable de concevoir cet exercice comme une approximation de ce que pourrait être l’ampleur des besoins en accompagnement. Notre évaluation permet cependant de rendre compte de la difficulté d’évaluer de manière précise l’ampleur des besoins en accompagnement à l’aide des outils statistiques actuellement disponibles.

L’outil statistique tiré du portrait statistique de la population avec incapacité de la région de Montréal datant de 2003, qui permet selon nous de préciser davantage l’ampleur des besoins en accompagnement, est l’indice de désavantage lié à l’incapacité. Cet indice « permet d’évaluer l’impact de l’incapacité sur la réalisation des activités quotidiennes et sur l’exercice des rôles sociaux »20. Le désavantage représente le degré de dépendance d’une personne face à autrui dans l’exécution de ses activités quotidiennes et domestiques, dans ses déplacements ou des limitations dans ses occupations (pour une définition des différentes catégories de l’indice de désavantage lié à l’incapacité, voir annexe B). En définitive, cet indice permet d’évaluer le nombre de personnes qui présentent une forme de dépendance face à autrui donc, ceux qui sont susceptibles d’avoir des besoins en accompagnement. En 1998 (Dugas et Sarrazin, 2003), 78 % des personnes avec incapacité âgées de 15 à 64 ans présentaient une dépendance forte ou modérée, légère ou encore étaient sans dépendance, mais limitées dans leurs activités. En 2006, si la proportion de ces personnes était restée la même, sur une population comptant 99 220 individus, le nombre de personnes qui présentaient une dépendance modérée ou forte, légère ou qui étaient limitées dans leurs activités était de 77 391. Parmi cette population, certaines personnes pouvaient présenter un problème de santé mentale. Toutefois, même si les 19 445 personnes pouvant présenter un problème de santé mentale se trouvaient dans les 78 % de la population présentant une dépendance forte ou modérée, légère ou étaient sans dépendance, mais limitées dans leurs activités, nous serions en présence d’une population susceptible d’avoir eu des besoins en accompagnement de l’ordre de 57 946 personnes. Ce nombre ne représente en rien le nombre de personnes qui avaient réellement besoin de services d’accompagnement en 2006. Il est plutôt un indicateur du nombre maximum de personnes qui pouvaient en avoir eu besoin sans que l'on puisse chiffrer cette donnée avec précision. Le nombre obtenu nous permet simplement d’émettre l’hypothèse que les besoins en accompagnement des personnes avec incapacité de la région de Montréal ne sont pas de l’ordre de la marginalité.

Les outils statistiques nous permettant d’évaluer avec précision l’ampleur potentielle des besoins en accompagnement ne sont pas adéquats pour l’instant. Cependant, plusieurs données statistiques nous permettent de resserrer le nombre de personnes ayant potentiellement besoin de certains services d’accompagnement et d’indiquer la présence d’un écart entre l’offre et la demande de services.

1.3.2Données statistiques disponibles traitant des besoins en accompagnement des personnes avec incapacité


Il existe peu de données statistiques sur les besoins en accompagnement des personnes avec incapacité. Parmi celles-ci, nous avons retenu les plus pertinentes pour notre étude soit, celles qui concernent les activités de la vie courante, les déplacements et les activités de loisir. Il est important de souligner que nous ne disposons pas de données spécifiques concernant les activités de la vie courante et les activités de loisir pour la région de Montréal-Centre. Pour ces secteurs d’activités, nous avons utilisé les statistiques de l’Enquête sur la participation et les limitations d’activité (EPLA 2001) qui concernent l’ensemble de la population québécoise. Par conséquent, dans cette section, nous tenterons d’identifier s’il existe des besoins non comblés en matière d’accompagnement dans la population en général et si oui dans quelle mesure on les retrouve. Nous partons du principe que s’il existe des besoins non comblés en général dans la population québécoise il doit y avoir des personnes dans la région de Montréal qui ont elles aussi des besoins non comblés. Nous ne pourrons dire cependant dans quelle proportion la population montréalaise est affectée par le manque de services en accompagnement si tel est le cas. Les données nous permettront toutefois de faire un survol de la situation et d’évaluer si les services actuels répondent aux besoins de la population québécoise.

1.3.2.1Les activités de la vie courante


Parmi les statistiques présentées dans l’EPLA (2001), nous avons sélectionné celles qui concernent l’accompagnement pour sortir de chez soi afin de faire une activité de la vie courante telle que nous l’avons défini précédemment. Les activités liées à la vie courante concernent les achats, l’épicerie, la banque, les rendez-vous médicaux, etc. Comme nous l’avons déjà mentionné, bien que l’approvisionnement et autres courses fassent traditionnellement partie des services donnés dans le cadre du programme de maintien à domicile, il semble qu’avec l’érosion des programmes et les compressions budgétaires, ces activités aient été en partie abandonnées par les CSSS. Il semble aussi que les services de soutien civique qui concernent l’administration d’un budget, la rédaction de documents et de formulaires ainsi que l’accomplissement de diverses démarches, aient subi le même sort. C’est pourquoi ces activités ont été incluses dans ce que nous appelons les activités de la vie courante.

La population québécoise comptait en 2001, 324 710 personnes avec incapacité âgées de 15 à 64 ans. Parmi ces personnes, 41 % avaient besoin d’aide pour aller à des rendez-vous ou faire des commissions, ce qui représente 110 401 personnes pour l’ensemble du Québec; 89 % de celles-ci ont reçu de l’aide, mais 25 % des personnes ayant mentionné avoir besoin d’aide soit, 27 600 personnes, jugeaient l’aide insuffisante puisqu’elles avaient toujours des besoins non comblés en accompagnement. Il est aussi important de mentionner que 11 % des personnes qui ont indiqué avoir besoin d’aide pour aller à leur rendez-vous ou faire des commissions n’ont reçu aucun soutien, ce qui représente 12 144 personnes.

Tableau 4 : Population québécoise avec incapacité âgée de 15 à 64 ans ayant besoin d’aide pour leurs rendez-vous médicaux ou leurs commissions (2001)

  1. Nombre de personnes ayant besoin d’aide pour aller à leurs rendez-vous médicaux ou faire leurs commissions




110 401 personnes
(41 % de la population)

  1. Nombre de personnes ayant reçu de l’aide




98 256 personnes
(89 % de la population)

  1. Nombre de personnes ayant reçu de l’aide, mais qui jugeaient l’aide insuffisante




24 564 personnes
(25 % de la population ayant reçu de l’aide)

  1. Nombre de personnes ayant mentionné avoir besoin d’aide, mais qui n’ont reçu aucun soutien




12 144 personnes
(11 % de la population)

  1. Nombre total de personnes ayant des besoins non comblés




36 708 personnes

Outre les commissions et les rendez-vous, 16 % des personnes avec incapacité ont mentionné avoir besoin d’aide pour s’occuper de leurs finances personnelles, ce qui représente 51 954 personnes. De ce nombre, 15 % ont indiqué avoir des besoins non comblés pour ce besoin, ce qui représente 7793 personnes.

Selon les personnes avec incapacité qui ont été interrogées, les principales raisons expliquant leurs besoins non comblés sont :

« les coûts trop élevés de l’aide […] En effet, plus de la moitié (54 %) des personnes de 15 ans et plus avec incapacité ayant des besoins non comblés, jugent l’aide aux activités quotidiennes trop coûteuse.

Ensuite, plus du tiers (32 %) de ces personnes estiment que l’aide informelle, dispensée par la famille ou des amis, n’est pas disponible.

Finalement, 25 % des personnes avec incapacité ne savent pas où, ni comment obtenir de l’aide » 21.

1.3.2.2Les déplacements


Les statistiques présentées par Dugas et Sarrazin (2003) font état de la difficulté des personnes avec incapacité âgées de 15 ans et plus à quitter leur demeure pour effectuer de courts ou de longs trajets. En 1998, 4,2 % des personnes âgées de 15 et plus ayant des incapacités et résidant dans la région de Montréal-Centre étaient confinées à leur demeure. Si cette proportion était restée la même pour l’année 2006, cela représenterait 8421 personnes qui étaient incapables de sortir de chez elles en raison de leur état de santé22. La proportion de personnes qui en 1998 n’étaient pas confinées à leur demeure, mais qui disaient avoir de la difficulté à sortir de chez elles pour effectuer de courts trajets (moins de 80 km) était de 11 %. Si cette proportion était restée la même pour l’année 2006, le nombre de personnes avec incapacité résidant dans la région de Montréal-Centre qui avaient de la difficulté à sortir de chez elles était de 22 05523. Donc, selon nos estimations, en 2006, 30 476 personnes avec incapacité, âgées de 15 ans et plus, résidant en ménage dans la région de Montréal-Centre, avaient de la difficulté à sortir de chez elles pour effectuer de courts trajets.

Toujours selon les données de Dugas et Sarrazin, en 1998, 13 % des personnes avec incapacité qui n’étaient pas confinées à leur demeure avaient de la difficulté à quitter celle-ci pour effectuer de longs trajets (plus de 80 km). Si cette proportion était restée la même pour l’année 2006, le nombre de personnes qui avaient de la difficulté à quitter leur demeure pour effectuer de longs trajets était de 38 776 24.

Tableau 5 : Estimations pour l’année 2006 de la population avec incapacité, âgée de 15 ans et plus résidant dans la région de Montréal, ayant besoin d’aide pour effectuer des déplacements à l’extérieur du domicile

  1. Nombre de personnes qui étaient confinées à leur demeure




8 421 personnes
(4,2 % de la population)

  1. Nombre de personnes qui n’étaient pas confinées à leur demeure, mais qui avaient de la difficulté à sortir de chez elles pour effectuer de courts trajets (moins de 80 km)




22 055 personnes
(11 % de la population)

  1. Nombre total de personnes qui avaient de la difficulté à sortir de chez elles pour effectuer de courts trajets (moins de 80 km)




30 476 personnes
(15,2 % de la population)

  1. Nombre de personnes qui n’étaient pas confinées à leur demeure, mais qui avaient de la difficulté à faire de longs trajets (plus de 80 km)




26 065 personnes
(13 % de la population)

Les raisons pour lesquelles les personnes avaient de la difficulté à sortir de leur demeure ne sont pas mentionnées dans l’étude de Dugas et Sarrazin (2003). Les personnes pourraient aussi bien avoir eu de la difficulté à sortir de leur demeure parce que cela pouvait aggraver leurs problèmes de santé ou parce qu’il n’y avait personne pour les accompagner. Il est donc impossible de déterminer dans quelle proportion les difficultés à sortir de leur demeure sont liées au fait de devoir être accompagnées ou non. On ne peut donc que supposer qu’une bonne partie d’entre elles avaient de la difficulté à sortir de leur demeure parce qu’elles avaient besoin d’être accompagnées.

Comme dans le cas des données présentées dans le cadre de l’évaluation du nombre de personnes avec incapacité susceptibles d’avoir des besoins en accompagnement, les données doivent être interprétées avec prudence étant donné que certaines personnes incluses dans le pourcentage peuvent présenter un problème de santé mentale et ne pas être visées par notre étude.

1.3.2.3Les activités de loisir


Selon les données de l’EPLA (2001), au Québec, « environ 33 % des personnes âgées de 15 ans et plus souhaiteraient avoir plus d’activités pour occuper leurs loisirs. Ces loisirs peuvent être de l’ordre de l’activité physique, du magasinage, des cours d’intérêt personnel, de visites de la famille ou d’amis, de passe-temps à l’extérieur de la maison, de voyages d’affaires ou privés ou encore, d’événements sportifs ou culturels et de visites de musées, de bibliothèques ou de parcs nationaux ou provinciaux. Le désir d’avoir plus d’activités pour occuper ses loisirs s’exprime davantage chez les personnes âgées entre 15 à 64 ans que chez les 65 ans et plus (42 % contre 21 %) »25.

Parmi les 187 710 personnes avec incapacité ayant exprimé ce souhait :

45 % de celles-ci soit, 84 470 personnes, invoquent les coûts trop élevés des activités de loisir pour expliquer le fait qu’elles sont limitées dans leurs activités.

27 % des personnes avec incapacité soit, 50 682 personnes, affirment qu’elles auraient besoin d’équipements spécialisés ou de l’aide de quelqu’un pour pouvoir s’adonner à plus d’activités de loisir.


1.3.3Résumé de l’ampleur potentielle des besoins en accompagnement des personnes avec incapacité


En résumé, l’évaluation de l’ampleur potentielle des besoins en accompagnement nous a permis d’établir certaines hypothèses : l’ampleur des besoins ne serait pas marginale et il y aurait un écart entre l’offre et la demande de services en accompagnement. Bien que nos estimations ne revêtent pas un caractère scientifique, elles donnent tout de même une idée de ce que pourrait être l’ampleur de la situation.


  1. Dans la région de Montréal-Centre, nous évaluons à plusieurs milliers le nombre de personnes avec incapacité, âgées de 15 à 64 ans, susceptibles d’avoir eu des besoins en accompagnement pour l’année 2006. Il est donc légitime de penser que les besoins en accompagnement de la population montréalaise avec incapacité ne sont pas de l’ordre de la marginalité. Il est important de rappeler que nos estimations doivent tout de même être interprétées avec prudence étant donné que les personnes ayant une incapacité légère pourraient y être surreprésentées. Il est impossible d’estimer avec précision dans quelle mesure chacune de ces personnes aurait eu besoin de faire appel à des services d’accompagnement pour répondre à ses besoins en cette matière; une multitude de facteurs peuvent influencer l’ampleur des besoins individuels et la nécessité de recourir à des services d’accompagnement. En dernier lieu, il est important de souligner que notre évaluation de l’ampleur « potentielle » des besoins en accompagnement pour la région de Montréal rend compte de la situation des personnes qui habitent en ménage et ne tient pas compte des personnes résidant en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ou en centre hospitalier (CH) qui, elles aussi, peuvent avoir des besoins en accompagnement.

  1. Les données obtenues dans le cadre de l’EPLA (2001) et du portrait statistique de la population avec incapacité de la région de Montréal-Centre (2003) montrent l’existence d’un écart entre les besoins en accompagnement de la population québécoise et les services qui leur sont offerts pour combler ces besoins, et ce, dans les secteurs d’activités de la vie courante, de l’accompagnement pour sortir de son domicile et des loisirs.

  • Les coûts trop élevés de l’aide aux activités quotidiennes, le manque d’aide de la part de la famille et des amis ainsi que le manque d’informations sont les principales raisons invoquées par les personnes avec incapacité pour expliquer leurs besoins d’aide non comblés dans le secteur des activités de la vie courante.

  • Les personnes avec incapacité n’ont pas mentionné les raisons pour lesquelles elles avaient de la difficulté à sortir de chez elles et l’on ne peut que supposer qu’une bonne partie d’entre elles aient de la difficulté à quitter leur demeure parce qu’elles ont besoin d’être accompagnées.

  • Les principales raisons invoquées par les personnes avec incapacités pour expliquer leurs besoins non comblés en matière de loisir sont le coût trop élevé de ces activités, le besoin d’équipement spécialisé ou encore l’aide d’une personne qui leur fait défaut.

Ces données montrent également que le nombre de personnes susceptibles d’avoir eu des besoins en accompagnement pour effectuer les différentes activités mentionnées ci-dessus serait bien en deçà de 57 946 personnes. Nous estimons cependant, à la lumière des données présentées, que ce nombre demeure important et qu’il ne devrait pas être considéré comme étant marginal.


Les données présentées dans cette section nous ont permis d’avoir une meilleure compréhension de l’ampleur et de l’état des besoins en accompagnement de la population montréalaise avec incapacité. Dans le cadre de cette étude, il est aussi primordial d’établir quelles sont les ressources sur lesquelles les personnes avec incapacité peuvent compter pour satisfaire leurs besoins en accompagnement. Le profil socio-économique des personnes avec incapacité de la région de Montréal est un indicateur qui permet d’évaluer ces ressources.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   18

similaire:

Rapport de recherche iconRapport de Recherche

Rapport de recherche iconRapport de recherche

Rapport de recherche iconRecherche scientifique qui m’ont envoyé leur rapport. Aéroports

Rapport de recherche iconRapport de stage effectué au lasaare (Laboratoire d’Analyse et de...

Rapport de recherche iconRapport de recherche final préparé pour l'ophq
«Projet d'expérimentation» de l'Office des personnes handicapées du Québec (ophq)

Rapport de recherche iconRecherche L’alphabet français semble mieux convenir à la fonction...

Rapport de recherche iconLa Recherche Scientifique
...

Rapport de recherche iconRecherche en santé mentale
«corps et psyche» est une association de recherche «Loi 1901»; déclarée au Journal Officiel de la République en décembre 2007

Rapport de recherche icon3-Objet de recherche : 2 grandes orientations 4-1er axe : concerne...

Rapport de recherche iconRecherche juridique htm >recherche juridique
«ne fait pas obstacle à ce que celui-ci puisse être saisi en vue d'assortir d'une astreinte la décision qu'il a rendue» (Cass civ.,...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com