Mémoires de la Seconde Guerre mondiale








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Mémoires de la Seconde Guerre mondiale
La mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France est marquée par la profondeur des traumatismes qui ont affecté la population. Face à ce passé douloureux, le travail de l’historien repose sur la mise à distance et l’analyse des mémoires et des débats publics liés à cette période particulièrement tourmentée de l’histoire de France.
Pourquoi l’existence du régime de Vichy a-t-elle été longtemps occultée et refoulée derrière le mythe d’une France unanimement résistante ?
Comment l’opinion a-t-elle été amenée à reconsidérer les responsables de Vichy sous l’occupation ?
I ) Les troubles de la mémoire collective (1945-1970).
A ) « Vichy nul et non avenu » Général de Gaulle.
Pour l’ensemble des forces issues de la Résistance, la priorité, au lendemain de la guerre, est de reconstruire le consensus républicain et la puissance française. Il convient de faire oublier la défaite de 1940 et l’existence du régime de Vichy, une fois ses principaux responsables condamnés. Dès le 9 août 1944, une ordonnance établit que « la forme du gouvernement de la France est et demeure la République. En droit, celle-ci n’a pas cessé d’exister ». Au soir de la libération de Paris, le général de Gaulle refuse symboliquement de proclamer le rétablissement de la République au balcon de l’Hôtel de ville.

Déclarer que Vichy est nul et non avenu revient à éluder les responsabilités de l’administration française dans la déportation des juifs de France. Les personnes poursuivies après la guerre sont condamnées en vertu du code pénal français, pour assassinat ou « intelligence avec l’ennemi », et non pour crimes contre l’humanité. En dépit de l’émotion suscitée par le retour en France des survivants des camps nazis, l’antisémitisme de Vichy est rarement évoqué lors des procès. Si les rescapés de la Shoah sont plus nombreux à vouloir témoigner qu’on ne l’a dit, ils se heurtent à une société peu réceptive à l’évocation de leur souffrance.
B ) De l’amnistie à l’amnésie.
Le déclenchement de la guerre froide brise l’union des forces politiques qui s’étaient engagées dans la Résistance. Les premières manifestations d’un syndrome de « Vichy » (expression qui permet de caractériser selon l’historien Henri Rousso, l’ensemble des symptômes et des manifestations qui dans la vie politique sociale et culturelle révèlent les conflits internes provoqués par le souvenir du régime de Vichy), se cristallisent sur la question de l’amnistie des condamnations prononcées après la guerre. En 1950, de Gaulle considère que le maintien1 en détention du Maréchal Pétain, alors âgé de 95 ans, est inutile. Vincent Auriol alors président de la république, commue sa peine et fait sortir le maréchal de prison. Quelques mois après sa mort en 1951, l’un de ses avocats fonde l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain. Elle réclame la révision du procès de 1945 et le transfert des cendres du maréchal à l’ossuaire de Douaumont (il fut élevé sur le site de la bataille de Verdun 1916, et le maréchal en avait posé la première pierre le 22 août 1920. Le transfert de ses cendres à Douaumont vise à effacer le souvenir du chef de l’Etat français derrière la figure héroïque de Verdun).

La droite vote contre la gauche deux lois d’amnistie qui, en 1951 et en 1953, qui libèrent la plupart des personnes encore détenues depuis la guerre. Mais des incidents récurrents rouvrent les plaies de la mémoire collective. Ainsi, lorsqu’en 1953, 21 membres de la division « SS Das Reich » sont jugés en France pour le massacre des 642 habitants d’Oradour-sur-Glane : parmi eux figuraient 14 « malgré-nous » (nom donné aux 130 000 Alsaciens-Lorrains incorporés de force dans la Wehrmacht et dans les unités d’élite de la Waffen SS à partir de 1942. Les déserteurs furent fusillés, les insoumis internés dans les camps de concentration et les biens de leurs familles confisqués.) alsaciens, qui furent condamnés, mais rapidement amnistiés.
C ) La glorification de la France résistante.
Dans les années 1960, le général de Gaulle contribue à enraciner une mémoire sélective de la guerre qui refoule le souvenir de Vichy et de la collaboration, réduite à l’initiative d’une poignée de traîtres. La glorification de la France résistante culmine lors de la cérémonie organisée pour le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon en 1964. Honorer Jean Moulin revient aussi à exalter le rôle unificateur du général de Gaulle, seul à pouvoir incarner la Résistance par-delà la diversité de ses composantes.

De La bataille du rail de René Clément en 1946 à l’Armée des ombres de Jean-Pierre Melville en 1969, le cinéma concourt à la glorification de la Résistance. En 1956, la commission de censure impose en revanche à Alain Resnais de retirer de Nuit et Brouillard l’image d’un policier français devant le camp de Pithiviers (camp d’internement ou de transit français).

L’apparition des premières comédies légères se déroulant dans le décor de la France occupée, comme La Grande vadrouille de Gérard Oury en 1966, témoigne enfin de la banalisation du souvenir de la guerre.


II ) Le réveil de la mémoire depuis 1970.
A ) Un autre regard sur Vichy.
Depuis les années 1970, les tabous entretenus jusque-là sur Vichy sautent les uns après les autres. Dans la presse, au cinéma ou dans les livres d’histoire, l’image héroïque d’une France massivement résistante s’efface derrière une représentation plus nuancée et moins glorieuse de la France occupée.

En 1973, le livre de l’historien américain Robert Paxton, La France de Vichy, montre clairement que la révolution nationale et la collaboration ont été des initiatives françaises. Ce livre suscite un large débat qui entraîne la réécriture des manuels d’histoire sur la période de l’occupation.

Cette réévaluation prend souvent la forme de révélations scandaleuses qui témoignent de la difficulté de la société française à exorciser le passé. En 1972, la presse révèle ainsi la grâce partielle accordée au milicien Paul Touvier (ancien chef de la milice lyonnaise) par le président Pompidou. « Le moment n’est-il pas venu, déclare-t-il à cette occasion, de jeter le voile, d’oublier ces temps où les français ne s’aimaient pas ? » En 1983, l’arrestation en Bolivie de l’ancien chef de la Gestapo de Lyon, Klaus Barbie (le boucher de Lyon), relance les interrogations sur les circonstances de la capture de Jean Moulin. Les révélations sur la jeunesse de François Mitterrand ou sur sa décision de fleurir la tombe du maréchal Pétain le 11 novembre (de 1987 à 1992) déclenche à leur tour de vives polémiques.


B ) La mémoire de la Shoah. (Page 280)
Depuis le procès Eichmann (1961) (grand ordonnateur des déportations juives pendant la guerre, Adolf Eichmann, réfugié en Argentine, est enlevé clandestinement par les services secrets israéliens en 1960, jugé en Israël au terme d’un procès historique, condamné à mort et pendu en 1962.), au cours duquel de nombreux survivants vinrent témoigner pour l’histoire, la mémoire du génocide est devenue constitutive d’une identité juive qui revendique la singularité absolue de la Shoah. En France, le réveil de cette mémoire juive rompt le silence entretenu sur l’antisémitisme de Vichy et en appelle à la vigilance contre la diffusion des thèses négationnistes.

Les crimes contre l’humanité étant imprescriptibles depuis 1964, les associations juives, comme celle des Fils et Filles des Déportés juifs de France, fondée par Serge et Beate Klarsfeld, se sont mobilisées pour que soient jugés en France les responsables français et allemands de la déportation juive, y compris d’anciens hauts fonctionnaires comme Maurice Papon (secrétaire général de la préfecture de Gironde pendant la guerre).


C ) La reconnaissance officielle des crimes de l’Etat français.
Considérant que la République ne pouvait être tenue pour responsable des actes perpétrés par le régime de Vichy, les gouvernants français se sont longtemps refusés à reconnaître officiellement la responsabilité de l’Etat Français dans les déportations juives.

François Mitterrand est le premier chef d’Etat à assister, le 16 juillet 1992, à la cérémonie commémorant la grande rafle du Vel’d’Hiv (les 16 et 17 Juillet 1942, 13 152 juifs d’origine étrangère vivant en région parisienne sont arrêtés par la police française et regroupés au vélodrome d’hiver et à Drancy, d’où ils seront déportés vers Auschwitz.). Il inaugure en 1994 le Musée mémorial d’Izieu dédié au souvenir des enfants juifs déportés. Un décret de 1993 fait de la date du 16 juillet une « journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l’autorité de fait dite «  gouvernement de l’Etat français (1940-1944) ».

Mais il faut attendre 1995 pour que son successeur, Jacques Chirac, lève l’ambiguïté du discours officiel. Tout en continuant de récuser l’amalgame entre la France et Vichy, il déclare néanmoins : « Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. » En 2000, une loi rectifie l’objet de la journée du 16 juillet qui vise à commémorer «  les crimes racistes et antisémites de l’Etat français », sans plus de précisions.


1Le général De Gaulle déclare devant les journalistes français et étrangers: " C'est un opprobre de laisser en prison un homme qui va avoir quatre-vingt-quinze ans ; c'est une responsabilité qu'on devrait faire en sorte de n'avoir pas sur les épaules "

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