Le mur idéologique Par Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh1








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Le mur idéologique

Par Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh1



www.sami-aldeeb.com

saldeeb@bluewin.ch
2004
Sharon est en train de construire un nouveau mur de Berlin à coût de millions de dollars, alors qu’il aurait été moins coûteux et plus efficace de construire quatre murs autour de lui. Sharon espère, mais en vain, protéger le « Peuple élu » et empêcher le retour des réfugiés Palestiniens qu’Israël a expulsés et dont les villages ont été détruits par centaines. Bien plus ignoble et plus pernicieux que ce mur, il y a un mur idéologique qui sépare et discrimine les humains de la naissance jusqu’à la mort. Je me limite ici à quatre étapes: la circoncision, le mariage, la nourriture et le cimetière.

Toutes les communautés religieuses, sans exception, ont un cadavre dans le placard. Mais j’ai choisi les deux communautés juives et musulmanes parce qu’elles se présentent toujours comme des victimes de la discrimination. J’espère que ces quelques lignes leur apprendront aussi à faire leur mea culpa et à demander pardon pour leurs forfaits comme le fait le Pape Jean-Paul II. Ceci ne peut qu’être bénéfique pour elles et pour l’humanité.

1) La circoncision2


Aujourd’hui, les individus sont identifiés grâce à une carte d’identité. Mais dans le passé, comme dans le présent, le marquage physique sert comme moyen d’identification. Les propriétaires des animaux les marquent au feu ou par le tatouage sur leurs oreilles. Mais dans leur sagesse infinie, Yahvé, et ultérieurement son cousin Allah, si l’on croit leurs adeptes respectifs, n’ont pas trouvé mieux que de les marquer dans leur sexe, à travers la circoncision.

A) La circoncision chez les juifs


La circoncision chez les juifs est basée notamment sur le chapitre 17 du Livre de la Genèse. Ce chapitre raconte que Yahvé est apparu à Abraham (alors âgé de 99 ans!!), lui a promis une «progéniture nombreuse» et lui a donné «tout le pays de Canaan en possession à perpétuité». En contrepartie, Dieu exige d'Abraham de se circoncire et de circoncire tous ses descendants et esclaves. Cette demande est doublée d’une menace: «L'incirconcis, le mâle dont on n'aura pas coupé la chair du prépuce, cette vie-là sera retranchée de sa parenté: il a violé mon alliance ». Avec un peu de récul, on doit reconnaître qu’il s’agit d’un cas d’automutilation pathologique pour la psychiatrie. Le comble est que les fils d’Abraham tant juifs que musulmans continuent depuis 40 siècles à mutiler leurs enfants en suivant l’example d’Abraham … ce personnage qui aurait vécu 19 siècles avant Jésus-Christ mais qui probablement relève de la mythologie.

Les rabbins tiennent à ce marquage physique pour reconnaître leurs ouailles, et réagissent violemment à toute tentative de l’abolir. Ils spéculent qu'Ésaü, fils aîné d'Isaac et frère jumeau de Jacob, a été le 1er à se défaire de la circoncision en tirant sa peau sur son gland. Ce serait la raison pour laquelle Ésaü est considéré par la Bible et par les légendes juives comme l'homme maudit de Dieu. Le livre des Maccabées nous rapporte que, du temps du roi grec de Syrie Antiochus Épiphane (décédé en 164 av. J.-C.), des juifs désireux de fusionner avec les autres nations «se refirent des prépuces et renièrent l'alliance sainte» (1 Maccabées 1:15). Ceci a provoqué la colère des prêtres juifs. Ainsi, le prêtre Mattathias et ses amis les Assi­déens «firent une tournée pour détruire les autels et circoncire de force tous les enfants incirconcis qu'ils trouvèrent sur le territoire d'Israël» (I Maccabées 2:45-46). Dans les deux siècles suivants, des juifs ont aussi tenté de se refaire des prépuces. Le médecin romain Celsus (décédé vers 50) décrit deux opérations de restauration du prépuce decoris causa, pour la décoration, dont une destinée aux juifs. Cette restauration a mené les rabbins vers l’an 140 après J.-C. à rendre la circoncision encore plus sévère. Au lieu de se satisfaire de couper la peau qui dépasse le gland, ils ont décidé d'arracher aussi la doublure du prépuce.

Le débat pour l’abolition du marquage par la circoncision fut ouvert en 1842 à Francfort par un groupe de laïcs juifs nommé Amis de la réforme. A ce moment là, le Département de la santé de Francfort a établi un règlement visant à rendre le maximum de sécurité médicale dans la pratique de la circoncision. Ce règlement disait: «Les citoyens et habitants israélites, s'ils souhaitent circoncire leurs enfants, doivent recourir à des personnes nommées spécialement pour pratiquer le rite de la circoncision». La phrase en italique a fait bondir les rabbins parce qu'elle signifiait que les parents étaient libres de circoncire ou de ne pas circoncire leurs enfants. Ils ont estimé que cela mettait en danger la communauté juive, la cir­concision étant une condition indispensable pour en faire partie. Le rabbin Solomon Abraham Trier a demandé au Sénat en 1843 de supprimer cette phrase ou de réduire sa portée. Mais le sénat a refusé sa demande. Trier a essayé alors d'ameuter 80 autres rabbins européens, dont la grande majorité a affirmé que les juifs refusant la circoncision seront exclus de la communauté comme apostats, ne pourront pas se marier et ne seront pas enterrés dans les cimetières juifs.

Le débat sur la circoncision est passé de l'Allemagne à Vienne où pas moins de 66 médecins juifs ont envoyé un mémorandum au conseil de leur communauté contre la poursuite de la pratique de la circoncision. Et ensuite il a suivi les immigrés juifs partis en Amérique au 19ème siècle. La circoncision a été à l'agenda de la 1ère réunion des rabbins réformés tenue à Philadelphie en 1869. La résolution suivante a été adoptée:

L'enfant mâle né d'une mère juive, tout comme l'enfant femelle, doit être considéré comme membre de la communauté juive par descendance, même s'il est incirconcis, conformément aux principes fondamentaux du judaïsme qui n'ont jamais été mis en doute.

Progressivement cependant la circoncision a été introduite aux États-Unis parmi les non-juifs et a fini par être acceptée par la majorité et pratiquée de manière routi­nière sur les enfants avant leur sortie de la maternité. Le problème rencontré par les juifs en Allemagne où ils étaient presque les seuls à se faire circoncire a cessé d'exister. Par conséquent, le débat autour de la circoncision n'avait plus sa raison d'être. Les rabbins en ont profité pour affirmer leur pouvoir sur le corps de leurs ouailles. Ainsi, la Conférence centrale des rabbins américains en 1979 a pris une décision qui dit que «c'est un commandement d'amener un enfant dans l'alliance à travers le rituel de la circoncision». Elle a ajouté que «la circoncision en soi ne suffit pas pour entrer dans l'alliance, mais qu'il fallait l'accompagner par les prières appropriées». Mais avec la résurgence de l’opposition contre la circoncision parmi les chrétiens des Etats-Unis, de plus en plus de juifs américains s’engagent contre cette pratique. Dans ce pays, la restauration du prépuce est à la mode, et des juifs s’y adonnent, ce qui provoque la colète des rabbins.

Le débat a fait surface en Israël où, en plus des juifs soviétiques incirconcis, plusieurs familles juives vivant en Israël refusent de circoncire leurs enfants. Ils estiment qu'il n'est pas nécessaire de couper le prépuce de l'enfant pour qu'il devienne juif puisque le juif est celui qui naît d'une mère juive. Une association a présenté en janvier 1998 une demande à la cour suprême israélienne pour qu'elle déclare la circoncision comme contraire à la loi relative à la dignité de l'homme et de sa liberté. Cette demande, déclarée recevable par la cour, a fait grincer les dents du procureur général: «Il est inconcevable que le seul pays au monde qui interdit la circoncision soit Israël». La cour a cependant fini par rejeter la demande en mai 1999 sans donner de justification à sa décision, se satisfaisant d'une réponse évasive du gouvernement.

L'opposition à la circoncision en Israël n'est pas une affaire simple. Comme on le verra, les incirconcis ne peuvent pas être enterrés dans les cimetières juifs. Les conjoints qui refusent de circoncire leurs enfants rencontrent d'énormes problèmes avec leurs parents et leurs amis qui rompent toute relation avec eux. Un article paru dans la presse israélienne rapporte qu'une mère a refusé de circoncire son fils. Son père l'a alors menacée de la priver de l'héritage. Une autre a perdu tout contact avec ses parents. Une autre a dit que le grand-père a refusé de toucher son petit-fils ou de le voir. Un ami de deux conjoints les a qualifiés de Hitler en les accusant de vouloir détruire le judaïsme. Le grand rabbin séfarade Bakshi-Doron a déclaré à propos de ce mouvement: «A mon grand chagrin, je savais que cela finira par arriver. La haine de soi-même a pris le peuple. L'idée que tout ce qui est juif est abominable s'est étendue au berit milah (circoncision), le signe juif le plus important, une procédure simple contre laquelle rien ne peut être dit». Il a ajouté que les prétendus dommages causés par la circoncision ne justifient pas de douter de cette coutume ancienne. «Qui peut décider que nous avons affaire avec quelque chose de primitive, antique et pénible? Dieu soit loué, le peuple juif a vécu de la sorte pour de nombreuses générations. Et même si la circoncision lèse le plaisir sexuel, cela n'est pas une tragédie». Et comme dans le passé, les rabbins tiennent à ce que la circoncision entame tout le prépuce. Le 14 avril 1997, la Tribune de Genève a publié l'information suivante:

Un jeune Hongrois, qui s'est converti au judaïsme avant d'émigrer en Israël, a été circoncis par deux fois avant d'être déclaré juif. Le jeune homme avait été circoncis à Budapest par un médecin. Les rabbins voulaient un vrai circonciseur qui a estimé: «On n'a pas assez coupé. C'est à refaire».

Signalons pour finir que les juifs, selon Strabon, ont pratiqué dans le passé aussi la circoncision féminine, même si elle n’est pas prescrite par la Bible ou le Talmud. Elle continue à l’être parmi les Falachas d’Ethiopie qui prétendent qu’ils suivent une coutume qui avait cours du Temps de Salomon avant leur départ pour l’Ethiopie.

B) La circoncision chez les musulmans


Les musulmans, comme les juifs, pratiquent la circoncision sur tous leurs garçons, et étendent cette pratique aussi aux filles (97% des femmes égyptiennes sont circoncises). Les autorités religieuses musulmanes ne diffèrent pas des rabbins dans ce domaine. S’appuyant sur un juriste classique du 10ème siècle, Jad-al-Haq, grand cheikh de l’Azhar (décédé en 1996), dit dans une fatwa de 1981, réédité en 1994, écrit: «La circoncision est une sunnah pour les hommes et un acte méritoire pour les femmes. Si les habitants d'une contrée décident unanimement de délaisser la circoncision, l'imam leur déclare la guerre parce qu'elle fait partie des rituels de l'islam et de ses spécificités». Un autre cheikh, Al-Qaradawi, appuie cette opinion mais seulement en ce qui concerne ceux qui refusent la circoncision masculine.

Le comble est que le Coran insiste sur la perfection des créature de Dieu et ne mentionne nulle part la circoncision masculine ou féminine. Mahomet n’a pas circoncis ses filles et lui-même, selon toute probabilité, n’a jamais été circoncis (il existe à cet égard quatre opinions contradictoires). On sait aussi de façon certaine que la circoncision n’a pas été généralisée parmi les musulmans des premiers siècles de l’islam. Très probablement la circoncision (notamment masculine) a été introduite parmi les musulmans grâce aux juifs convertis à l’Islam et qui formaient l’élite intellectuelle de cette nouvelle communauté. C’est par référence à Abraham que les musulmans circoncisent leurs garçons. Ils citent à cet égard des récits contradictoires de Mahoment selon lesquels Abraham se serait circoncis à l’âge de 80 ou 120 ans. Et pour justifier la circoncision féminine, ils citent un récit selon lequel Sarah a circoncis Hagar, ainsi que des récits contradictoires de Mahomet qui aurait considéré cette pratique comme méritoire. Ces récits sont rapportés par des juifs convertis.

C) Connivence internationale avec les juifs


Toute personne raisonnable muni d’un minimum de sens critique reconnaôt que la circoncision (masculine et féminine) relève de normes primitives que la société doit rejeter et sanctionner. Mais que constate-t-on?

1) Les législateurs occidentaux et les organisations internationales gardent entièrement le silence face à la circoncision masculine tout en condamnent la circoncision féminine alors qu’il n’existe aucune différence entre les deux pratiques (toutes deux étant une amputation d’un organe sain d’une personne rarement consentante, sans raison médicale). On relèvera à cet égard qu’il existe quatre formes de circoncision masculine et quatre formes de circoncision féminine. Pourquoi cette attitude partiale? C’est la question que j’ai posée à Mme le Dr Leila Mehra de l’Organisation mondiale de la santé lors d'une rencontre du 12 janvier 1992 dans son bureau à Genève. Elle m'a répondu: «La circoncision masculine est mentionnée dans la Bible. Est-ce que vous cherchez à nous créer des problèmes avec les juifs?»

2) La Déclaration universelle des droits de l'homme, la Convention des droits de l'enfant, le Pacte civil de 1966 et la Convention européenne des droits de l'homme n'ont pas d'article qui garantit l'intégrité physique. Comment expliquer ce silence du législateur international et européen? Est-ce par pure coïncidence ou par peur des juifs?

3) Les organisations féministes sont contre la circoncision féminine mais se taisent généralement face à la circoncision masculine. Est-ce parce que les féministes ont perdu leur instinct maternel et par conséquent ne protègent plus leur progéniture, ou est-ce par peur des juifs?

- Si on prescrirait la circoncision pour les chats, les chiens et les chevaux, les sociétés de protection des animaux et le législateur réagiraient violemment. Pourquoi ils ne réagissent pas concernant la circoncision des garçons? Est-ce parce que les animaux ont plus de droit que les garçons? Ou est-ce parce qu’ils ont peur de se faire traiter d'antisémites?

Je voudrais ici insister sur le fait que je ne suis pas opposé à la circoncision masculine ou féminine si elles sont pratiquées sur des adultes consentants qui les demandent. J’estime en effet que la folie est un des droits de l’homme. Plus il y a des fous, plus on rit. Je suis par contre totalement opposé à la circoncision des mineurs. Cela relève de l’abus sexuel et de la pédophilie. Signalons que selon les normes juives, les rabbins doivent sucer le penis de l’enfant après l’avoir circoncis. Cette opération est appelée mezzizah. Voir photo dans : http://www.sexuallymutilatedchild.org/mohel.htm.
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