Ne pas confondre avec «islamique» : qui se rapporte à l’islam








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LE POINT SUR… l’islamisme


  • Définition d’un islamiste : homme ou mouvement qui voit dans l’islam une idéologie politique et qui considère que l’islamisation de la société passe par l’instauration d’un Etat islamique, et pas seulement par la mise en œuvre de la charia ou Loi islamique. L’islam doit être à la base non seulement du fonctionnement de la société et de l’économie mais aussi des institutions.



Ne pas confondre avec « islamique » : qui se rapporte à l’islam


Charia : loi islamique qui s’applique au droit des personnes (mariage, héritage, statut de la femme) comme au droit pénal et public


  1. Les années 1970 : établir un Etat islamique

  • 1er mouvement islamiste : Les Frères musulmans , né en Egypte en 1928 avec. Ce mouvement contestait le pouvoir de Nasser en ayant recours au terrorisme. Son coup d’éclat : assassinat du président Sadate en 1981

  • L’essor de l’islamisme politique à partir des années 1970 est lié à l’échec des politiques de développement des Etats récemment décolonisés. S’appuyant sur la laïcité, ils entreprennent une vaste modernisation s’inspirant des modèles occidentaux, socialistes (Algérie, Egypte), ou capitalistes (Iran) qui déstabilise les sociétés.

  • Acte fondateur de l’islamisme politique : révolution iranienne du 1er février 1979 qui renverse le shah, grand partisan de l’occidentalisation de son pays

  • L’ayatollah, ‘titre honorifique donné aux principaux chefs religieux de l’islam chiite au pouvoir en Iran ) , le « guide de la Révolution » donne les orientations de l’Etat et une Assemblée et un président élus se chargent de les appliquer. Refus du multipartisme.

  • Emergence de mouvements politiques islamistes luttant pour la création d’un Etat islamique : Parmi les autres mouvements islamiques, on peut citer
  • le Refah turc

  • la Jamaat-e-Islami pakistanais

  • le FIS (Front Islamique du Salut) algérien créé en 1989

  • Le Hezbollah libanais créé en 1983 avec comme objectif de créer un Etat islamique sur le modèle iranien Le Hezbollah s'attache particulièrement à se constituer une base populaire dans le Sud-Liban à travers des activités d'aide sociale, dont son Djihad al-Bina (Effort Sacré pour la Reconstruction), qui finance la reconstruction des habitations détruites par l'armée israélienne. Il paie jusqu'à 250 000 dollars les familles des " martyrs " morts au cours d'opérations.

  • Le Djihad islamique : Mouvement fondamentaliste palestinien issu des Frères Musulmans et créé dans la bande de Gaza durant les années 70. Il se présente comme un ensemble de groupuscules plus ou moins liés entre eux et est divisé en un courant pro-iranien et un courant pro-irakien. Ses objectifs sont la création d’un état islamique palestinien, dont la capitale serait Jérusalem, et la destruction de l’état d’Israël. Il est également opposé aux pays arabes modérés, considérés comme occidentalisés. Son quartier général est situé à Amman (Jordanie). Il est dirigé par son fondateur, le Cheikh Asaad Bayoud al-Tamimi, emprisonné à vie en Israël. Il entretient des contacts étroits avec le Hamas. En dépit du fait qu’il est composé à la fois d’extrémistes sunnites et chiites, il est largement soutenu par l’Iran. Il est instruit par des membres des Pasdarans (partisans de l’ayatollah Khomeyni) dans les camps d’entraînement du Hezbollah dans la plaine de la Beka’a et, depuis 1996, en Iran.

  • Le Hamas (acronyme de Mouvement de résistance islamique) palestinien créé en 1987 animateur de l’Intifada, principal adversaire de l’OLP


  • Tous ces mouvements ont voulu islamiser une société concrète (et non la umma en général) à partir de la prise du pouvoir politique.

  • Les spécialistes de l’islam politique considèrent que l’islamisme a été un échec.
  • très peu de mouvements islamistes sont parvenus à prendre le pouvoir.

  • Ex : le FIS algérien a été interdit après son succès électoral en 1991

  • l’Iran n’est pas parvenue à exporter sa révolution

  • Un grand nombre de mouvements islamistes sont devenus des partis politiques traditionnels (islamisme refuse le pluralisme politique au départ)


Ex : en Jordanie, les Frères musulmans sont un parti légal représenté au Parlement, de même que le Parti de la Justice et du Développement au Maroc

Ex : en Turquie, l’AKP, parti islamiste modéré, gagne les élections législatives en 2002, et dirige le pays sans remettre en cause la laïcité.


  1. Les années 1980 : islamiser la société

  • L’échec de l’islamisme politique ne veut pas dire échec de la réislamisation de la société. Se développe un mouvement qui ne veut pas établir un Etat islamique mais qui veut un retour des musulmans à la stricte pratique de l’islam.

    => Le meilleur exemple : le wahhabisme saoudien, mouvement qui prône un retour aux textes fondateurs qui repose sur le conservatisme mais qui ne vise pas la conquête du pouvoir.

  • Cet islam intégriste est en progression constante depuis les années 1970 (avec l’aide des pétro-dollars).

  • C’est un moyen pour la monarchie saoudienne de lutter contre l’islamisme politique, le nationalisme arabe (laïc) et, à partir de 1979, la révolution islamique d’Iran (opposition entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite)

  • Depuis les années 1970, plusieurs Etats musulmans ont lancé une réislamisation de la société en instituant la charia comme base juridique. La charia excelle à bafouer les valeurs occidentales en proclamant la soumission des femmes, en montrant la mutilation des délinquants, en rappelant l’obligation du jihad.

    Ex : Algérie en 1984, la constitution égyptienne de 1972 précise que la charia est la source principale du droit au Pakistan, en 1985, on décide de faire de la charia la seule source du droit et on remplace les tribunaux à l’anglo-saxonne par des tribunaux chariatiques.

  • Les sociétés musulmanes se sont largement réislamisées dans les années 1980. Cette réislamisation se voit à l’œil nu : diffusion du voile, des symboles religieux, du port de la barbe. Création d’écoles par les confréries en Egypte, d’institutions financières, d’associations caritatives et sportives par le Hamas en Palestine Considérant que la voie politique avait été un échec, beaucoup de Frères musulmans et d’anciens islamistes se sont alors lancés dans la prédication directe. Conséquence : le développement d’écoles religieuses jette sur le marché du travail un nombre important de diplômés en « religion » pour qui l’islamisation du droit et des institutions est le seul moyen de valoriser leur formation.

    Ex : les talibans afghans ou pakistanais sont le fruit de cette évolution

  • Cette islamisation a eu :
  • des prolongements économiques. Les islamistes d’aujourd’hui sont favorables au libéralisme et à l’anti-étatisme.

  • des prolongements juridiques : Réislamisation du droit favorisée par les Etats pour contrer l’influence radicale, iranienne notamment. La conséquence est que les conservateurs en viennent à contester une prérogative essentielle de l’Etat, celle de dire le droit, et qu’elle échappe aux gouvernements (égyptien, pakistanais, saoudien) qui l’ont favorisée.


  • Autre courant qui se développe en parallèle : mouvement qui ne veut pas établir un Etat islamique mais qui veut un retour des musulmans à la stricte pratique de l’islam.

    Ex : le wahhabisme saoudien. Un moyen pour la monarchie saoudienne de lutter contre l’islamisme politique, le nationalisme arabe et, à partir de 1979, la révolution islamique d’Iran.




  1. Les années 1990 : l’apparition de l’islamisme terroriste

  • Sur le terreau de cette réislamisation se développe depuis le début des années 1990 un radicalisme islamique qui s’adresse aux déracinés de l’islam. Une même vision de l’islam circule alors : celle exportée par l’Arabie Saoudite dès les années 1970 : le wahhabisme, tendance de l’islam qui donne la primauté à une lecture littéraliste et puritaine du Coran. Ce néofondamentalisme veut imposer la seule charia comme norme de tous les comportements humains et sociaux. Cette version de l’islam est très violemment opposée au christianisme et au judaïsme.

  • La radicalisation s’effectue au contact de l’Occident. Ils ont mené des études modernes, et une bonne partie d’entre eux vit en Occident.

  • Ils sont internationalistes. L’internationalisation est en grande partie l’œuvre d’Al-Qaida. La première génération des militants d’al-Qaida, dont Ben Laden lui-même, était composée de gens originaires du Moyen-Orient, partis en Afghanistan pour combattre l’URSS, et souvent revenus dans leur pays pour y fonder un mouvement radical (comme le GIA en Algérie). A partir de 1992, on voit apparaître une nouvelle génération de militants d’Al-Qaida, souvent très occidentalisée. Ils prennent pour terrain de combat l’Occident ou la périphérie du Moyen-Orient (Bosnie, Tchtchénie, Afghanistan). Il n’y a aucun projet politique précis.

  • L’islamisme radical occupe de nos jours le créneau de l’anti-impérialisme militant et « tiers-mondiste » naguère tenu par l’extrême-gauche. L’islamisme radical n’est pas une importation du Moyen-Orient mais un produit de l’occidentalisation, de l’immigration et de la globalisation.

  • Ces mouvements islamistes se distinguent des mouvements islamistes précédents par leur conservatisme idéologique qui contraste avec le khomeynisme (en Iran, la femme ne retourne pas au foyer). Le message social disparaît (la charia, rien que la charia). Les militants vont de jihad en jihad (Bosnie, Afghanistan, Cachemire). Ils ne défendent aucune cause nationale particulière. Partisans d’un retour à l’unité du monde musulman avec référence au califat. Le mouvement n’a pas de projet politique. Il ne fait qu’appeler à la lutte contre le « Grand Satan » américain.

  • L’islamisme, ce n’est pas le conservatisme musulman, c’est le jihad contre l’Occident, dont l’islamisme turc est exempt. L’islamisme tient à un ensemble de principes qu’il considère comme caractéristiques de l’identité musulmane : on peut citer l’umma, la communauté-Etat des croyants, le califat, qui s’oppose aux Etats-nations occidentaux, la stricte soumission des dhimmis (Juifs et chrétiens « protégés »), qui s’oppose à l’égalité des citoyens en Occident, l’obligation du jihad qui s’oppose à la paix comme principe des relations internationales. Le conflit se trouve au cœur de l’islamisme.

  • On a assisté à une montée en puissance des réseaux terroristes après la guerre du Golfe. Ces derniers sont en quelque sorte des produits de la mondialisation.

    Ex : si la base de repli de Ben Laden était chez les talibans afghans, les militants vivent dans les pays occidentaux, utilisent Internet et le téléphone satellite.

  • La création de ces réseaux doit beaucoup aux Etats-Unis, au Pakistan et à l’Arabie Saoudite qui voulaient l’existence de mouvements combattants islamistes sunnites hostiles à l’URSS et à l’Iran shiite (rôle de Ben Laden chargé du recrutement). Ces réseaux sont devenus anti-occidentaux à la suite de trois évènements : la chute de l’URSS, la guerre du Golfe et le processus de paix israëlo-palestinien. Les mouvements fondamentalistes ont considéré que les Etats-Unis s’attaquaient désormais au monde musulman (guerre du Golfe)

  • Création en 1998 d’un Front islamique mondial de lutte contre les juifs et les Croisés par Ben Laden et Zawahiri

  • Les talibans : L’émergence des talibans est la conséquence de l’islamisation des sociétés qui a progressé dans les années 1980. Avec les financements saoudiens, le nombre d’écoles religieuses privées a augmenté sensiblement. Se retrouvent sur le marché de l’emploi des milliers d’imams qui ont tout intérêt à ce que l’on aille vers une islamisation des sociétés. Les talibans sont des étudiants (de la tribu pachtoune) en droit d’Afghanistan formés dans les écoles coraniques pakistanaises soutenus par le Pakistan qui prennent le pouvoir en 1994. Les Américains prennent leur distance vis-à-vis de ce mouvement en 1997 quand les talibans accueillent Ben Laden, quand ils adoptent une législation particulièrement sévère à l’égard des femmes.

  • irruption du mouvement Al-Qaida révèle la mondialisation du radicalisme islamique. On ne vise pas tant les régimes des pays musulmans que la domination américaine.


Partie I – Chapitre 2 – LE POINT SUR … Les idéologies socialistes

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