Rapport politique








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Situation au Kamerun

Après sa "révolution pacifique", 1972-1973 a été pour Barbatoura Ahidjo l'année des solutions-miracles aux contradictions, qu'engendre le régime néo-colonial, imposé à notre peuple pour servir les intérêts du colonialisme et de l'impérialisme, principalement français. Au cours de cette année, en effet, nous avons assisté à l'interdiction, par décret, de la prostitution au Kamerun, à l'assassinat des "voleurs devenus pour la circonstance responsables des difficultés de tous ordres que connait le pays. Nous avons également vu naitre un "service civique national" destiné à supprimer le chômage et pour tout couronner, l'impérialisme français et Ahidjo ont envoyé l'armée fantoche du régime de Yaoundé occuper l'université, réprimer et tuer les étudiants. Mais compte tenu de leur gravité, ces faits méritent une attention particulière :

La prostitution des femmes est le lot de toutes les sociétés d'exploitation de l'homme par l'homme, mais principalement de la société capitaliste. Le fait, pour les femmes de se prostituer au Kamerun, vient principalement de la misère effroyable dans laquelle vit notre peuple. Dans une société dominée par le grand capital, comme c'est le cas au Kamerun, dans cette société où l'argent règne en maître et est accaparé par une poignée d'individus au détriment des larges masses populaires, la femme est un objet, un jouet, une machine à plaisir que s'offre la bourgeoisie bureaucratique et compradore au gré de ses caprices, et cela pour une bouchée de pain. Mais, Ahidjo, dans sa lancée vers les solutions miracles, incapable de résoudre les problèmes matériels des masses populaires, et face à l'accroissement illimité du chômage, d'année en année, a pris un décret supprimant la prostitution et invitant les femmes à aller travailler à la campagne, mais en même temps, il organise, par le biais de la dirdok, c'est-à-dire sa police politique, un réseau spécial de prostitution, destiné à espionner ses ministres et tous ses sous-valets. C'est de cette façon que ce chien puant se moque de notre peuple. C'est également dans ce contexte que se situe ce que l'on appelle le vol. Selon le droit bourgeois, conçu pour protéger les intérêts des exploiteurs, voler c'est prendre frauduleusement la chose d'autrui. Mais dans le monde actuel et dans le cas précis du Kamerun, qui est le véritable voleur ? Pour nous, au Kamerun comme ailleurs, les véritables voleurs sont les impérialistes, les colonialistes et leurs valets.

En effet, tous les biens et toutes les sources d'existence qui existent au Kamerun appartiennent à notre peuple. Mais du fait de sa nature féroce, vorace et barbare, l'impérialisme s'est emparé de tous ces biens. Pour survivre les masses sont obligées de lui vendre leur force de travail. Mais ce travail lui-même fait généralement défaut et il est de ce fait impossible à la majeure partie de nos compatriotes de trouver un emploi de manœuvre. C'est ainsi que notre peuple, affamé, déguenillé, souffrant de la maladie et accablé d'impôts, subit les vexations de toutes sortes. On comprend alors que le peuple aille chercher la nourriture, l'argent et les vêtements où ils se trouvent. Ahidjo et ses maitres impérialistes, qui sont les véritables voleurs au Kamerun, profitent de telles occasions qu'ils appellent "vol" pour assassiner bon nombre de nos compatriotes. Pour nous, -voler n'est pas prendre frauduleusement la chose d'autrui lorsque c'est l'unique moyen de subsistance, voler c'est exploiter le peuple. S'agissant de l'année qui vient de s'achever, elle est marquée par une paupérisation toujours accrue des masses populaires. En effet, dans les conditions de la crise générale de l'impérialisme, à l'échelle mondiale, les milieux dirigeants des pays impérialistes font retomber le poids de toute la crise sur les épaules des travailleurs de leurs pays, mais surtout sur les épaules des peuples coloniaux et -semicoloniaux. C'est ainsi que les masses populaires font les frais de l'inflation mondiale. Mais si la misère des masses populaires est sans limite, la bourgeoisie politico-bureaucratique et la bourgeoisie compradore se prélassent dans l'opulence la plus révoltante, Un professeur à l'Université de Yaoundé, par exemple, gagne 450 000 F CFA par mois pour quatre heures de cours par semaine, alors que le salaire d'un ouvrier varie entre huit et quinze mille francs CFA (8 et 15 000 F CFA). Notons du reste que le salaire d'un domestique varie généralement entre 3 000 et 6 000 F CFA. Quand on sait qu'en 1967 un sac de macabos (aliment de base de la population) valait 1 000 F CFA à Douala, 700 F CFA à Yaoundé, qu'en 1974 le même sac de macabo vaut 3 500 F à Douala et 2 500 F à Yaoundé, un litre d'huile d'arachide vaut 600 F CFA, une boite de sardines coûte 95 F CFA, un kilo de sucre vaut 250 F CFA alors que l'usine de Mbandjock fonctionne normalement. Il est à préciser que ce sucre se vend au marché noir au Karnerun ; la production de l'usine de Mbandjock étant pour l'essentiel acheminée en République Centrafricaine où le kilo de sucre vaut 600 F CFA.

Quant à la situation sanitaire, elle est alarmante et catastrophique. Pour se faire soigner il faut acheter au préalable les médicaments, le coton et avoir la carte du parti.

Il faut signaler l'inauguration du chemin de fer trans-camerounais, dont le but est de faciliter l'évacuation sur le port de Douala du minerai de fer de Ngaoundéré. Mais, pour l'essentiel, l'infrastructure ferroviaire est pratiquement inexistante, et lorsqu'elle existe elle est généralement impraticable. A titre d'exemple, un train régulier Douala Yaoundé distantes de 307 km, met facilement trois jours.

L'exploitation féroce des masses populaires dans les entreprises néo-coloniales, le chômage chronique pour des centaines de milliers de travailleurs, le maintien en respect et la répression féroce des masses populaires par un appareil d'Etat fasciste, pléthorique et omniprésent, font que le Kamerun est aujourd'hui un des premiers pays du monde où la mortalité infantile est très élevée et où l'espérance de vie est de 37 ans. Les libertés démocratiques sont pratiquement inexistantes : suppression de la liberté d'expression, de presse, de réunion, de manifestation, inexistence d'organisations démocratiques, politiques ou syndicales indépendantes du pouvoir, collusion du parti fasciste néo-colonial de l'Etat fantoche et des organisations confessionnelles, bref on pourrait résumer la situation fasciste no-coloniale sous laquelle ploit notre peuple en évoquant l'article 7 des statuts de l'U.N. C. : "Le chef a le droit de te coller un motif et ce motif a toujours sa raison d'être".

Signalons, du reste, que le social-impérialisme soviétique, ce faux ami des peuples asservis et exploités, a toujours aide: le gouvernement fantoche d'Ahidjo à réprimer le peuple kamerunais. En effet, après avoir assisté à la proclamation de l'indépendance fictive de 1960 aux côtés de Modibo Keita, qui devait appliquer la théorie contre-révolutionnaire de "l'Etat de démocratie nationale" au Mali, l'U.R.S.S. a continuellement fourni des armes, notamment des hélicoptères de guerre au gouvernement dictatorial terroriste de Yaoundé d'une part, et d'autre part a transformé les étudiants kamerunais, envoyés en formation en U. R. S. S. par l'U. P. C. en véritables bandits politiques qui ont contribué à la création du "Comité Révolutionnaire" œuvre de l'impérialisme français et du social-impérialisme soviétique, destinée à liquider la lutte du peuple kamerunais. A l'heure actuelle, une section de l'U.N. C. est confortablement installée en Union Soviétique.

Chers Camarades,

1975 a vu la tenue du Congrès de l’U.N. C. au Kamerun, pompeusement baptisé "Congrès de la maturité"... ce que nous pouvons d'ores et déjà dire, c'est que ce congrès n'apporte rien de fondamentalement nouveau à la situation politique de notre pays. Il s'engage à rester fidèle au libéralisme planifié, c'est-à-dire qu'il s'engage à servir toujours davantage l'impérialisme au détriment de notre peuple. En outre, il s'engage à accentuer l'abrutissement politique de notre peuple et de sa jeunesse en l'embrigadant dans la J.U.N. C. (Organisation des Jeunes de l'U.N.C.), consacre la caporalisation des étudiants de l'Université de Yaoundé par une motion rédigée par les "ministères" d'Ahidjo. Il invite le gouvernement fantoche à engager les professeurs et chercheurs de l'Université de Yaoundé à mettre leurs connaissances au service du régime.

Mais cc congrès avait surtout pour but de reconfirmer Ahidjo dans sa position de valet le plus sûr de l'impérialisme français dans notre pays à l'heure actuelle. Pour cela, tous les moyens de mystification destinés à lui donner une base de masse, ont été déployés. C'est ainsi que deux ans auparavant Mayi Matip, ce vilain traitre, a été retiré de sa prison et nommé premier vice-président de l'Assemblée nationale. Avec le récent congrès de l'U. N. C. il est également membre du Comité central de cc parti fasciste. C'est également ainsi qu'une récompense a été promise à tout responsable administratif dont la circonscription votera massivement pour Ahidjo. C'est dans ce même ordre d'idées que le gouvernement fantoche a fait faire à la Veuve de Um Nyobe un télégramme de soutien au chien de Ahidjo. Le régime de Ahidjo a créé des centres de vente du cacao, en principe destinés à détourner les paysans kamerunais des escrocs libanais et grecs. Mais en fait ces centres ont pour but de dévaloriser le système des coopératives et de laisser le monopole de l’achat du cacao aux escrocs libanais et grecs.

Il est à souligner aussi que derrière tout le vacarme sur l'unité que fait le régime d'Ahidjo, il n'y a que exploitation, divisions et tribalisme. Un kamerunais originaire du sud de notre pays est considéré pire qu'un étranger dans le nord. Tous les colons qui ont été, soit disant expulsés du Kamerun, sont concentrés au nord de notre pays et c'est en partie sur eux que s'appuie le régime d'Ahidjo pour diviser notre peuple. Directeurs dans les entreprises, les administrations, c'est eux qui sont chargés de faire la discrimination entre "nordistes" et "sudistes", avec la bénédiction d'Ahidjo. Dans le reste du pays, le régime de Ahidjo pose les problèmes en terme de Bassa, Douala, Ewondo, Bamiléké, etc... essayant ainsi d'opposer entre eux les ressortissants des différentes tribus de notre pays, telle est pour l'essentiel la situation qui prévaut au Kamerun.

A cette situation, notre peuple oppose une résistance multiforme, comme en témoignent : les récentes inscriptions faites sur les murs des grands édifices de Yaoundé et Douala, notamment, et sur les murs de la maison du parti fasciste de l'U.N. C. "A bas l’U.N. C, l'U.P. C. vaincra", comme en témoigne la grève des employés de Printania à Yaoundé en septembre 1974, qui a duré 3 jours. Il faut signaler aussi la tentative de grève à alucam (Edéa) brisée par l'armée néocoloniale. Mais plus récemment, on a vu, pour la première fois, les cheminots en grève défier l'armée d'Ahidjo, qui essayait sous la menace de ses armes de les obliger à reprendre le travail. La grève des ouvriers des brasseries du Kamerun à Douala a éclaté pendant la même période, contribuant à élever le degré de combativité de notre peuple et de sa classe ouvrière. Notre peuple suivra inéluctablement la voie tracée par l'U.P. C. et bannira de notre chère Patrie l'impérialisme, ses valets et leur régime néo-colonial. Telle est la loi de l'Histoire.
L'ORIENTATION REVOLUTIONN AIRE
DU MOUVEMENT PATRIOTIQUE

A l'époque actuelle la direction de la Révolution par la classe ouvrière décide de la victoire sur l'impérialisme, et de la liquidation radicale de ses monopoles, de la suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme, de l'instauration et de la construction du socialisme.

Pour les peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine en particulier, la direction de la Révolution par la classe ouvrière décide de la victoire des luttes de libération nationale, de l'instauration de la Démocratie nouvelle, étape transitoire vers le socialisme pour les pays colonisés et néo-colonisés économiquement arriérés. La nécessité de la Révolution par le prolétariat découle tout d'abord du développement historique de la lutte des classes exploiteuses et exploitées dans la société ; ensuite de l'analyse scientifique de ces luttes de classes ; et enfin de l'expérience révolutionnaire des peuples du monde.

Au sujet de l'analyse des luttes des classes, de leur développement, de leur aboutissement nécessaire et du rôle historique de la classe ouvrière, Marx écrit : "... En ce qui me concerne, ce n'est pas à moi que revient le mérite d'avoir découvert l'existence des classes dans la société moderne, pas plus que la lutte qu'elles s'y livrent. Des historiens bourgeois avaient exposé bien avant moi l’évolution historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avaient décrit l'anatomie économique. Ce que j'ai apporté de nouveau, c'est :

1°) de démontrer que l’existence des classes n'est liée qu'à des phases historiques déterminées du développement de la production,

2°) que la lutte des classes mène nécessairement à la dictature du prolétariat,

3°) que cette dictature elle-même ne représente qu'une transition vers l'abolition de toutes les classes, et vers une société sans classes" (Marx-Engels : Correspondance, Editions du progrès, Moscou, page 62).

Après avoir mis en lumière la position de la classe ouvrière dans l'histoire et sa mission historique en tant que classe révolutionnaire qui doit inéluctablement liquider la bourgeoisie et son système capitaliste et instaurer la société socialiste, Marx et Engels étaient amenés à établir avec le "Manifeste du parti communiste", le programme du prolétariat en 1848. Et l'expérience historique montre qu'à partir de ce moment, la lutte de la classe ouvrière sortant des tâtonnements et des hésitations dans lesquels elle se mouvait jusque là, s'est peu à peu radicalisée par son orientation révolutionnaire, ses méthodes scientifiques de combat, d'analyse, d'organisation. A partir de ce moment là, la classe ouvrière se plaçait en tête de la lutte des exploités et des opprimés contre leurs oppresseurs. Sur la base de son orientation révolutionnaire et de ses méthodes scientifiques de lutte, la classe ouvrière internationale a dégagé de son expérience historique des principes scientifiques généraux, pour la conduite de son combat, pour la prise et la conservation du pouvoir, pour la construction du socialisme. Cette lutte mondiale du prolétariat a déjà eu pour résultats : la victoire de la révolution socialiste d'octobre 1917 en Russie. Après la deuxième guerre mondiale plusieurs pays du monde construisent aujourd'hui la société socialiste et parmi ces derniers, il y a des anciennes colonies et néocolonies.

Ainsi donc un simple examen objectif honnête, scientifique du mouvement historique actuel amène à la constatation d'un certain nombre de caractéristiques et des principes essentiels de la lutte des classes en tant que moteur de l'histoire présente de toute l'humanité :

  1. Une lutte à mort oppose la classe ouvrière mondiale à la bourgeoisie internationale et à son système capitaliste.

  2. Dans cette lutte la classe ouvrière est la classe d'avenir parce qu'elle remportera la victoire finale sur la bourgeoisie et sur les ruines de la société capitaliste, elle édifiera la société nouvelle, la société socialiste n'y aura plus ni classes, ni lutte des classes, ni exploitation de l'homme par l'homme, ce qui est la mission historique de la classe ouvrière.

3) Cette vision de la société constitue l'idéologie du prolétariat, le socialisme scientifique, et est, quant au fond, sa conception du monde.

4) La conscience de la mission historique du prolétariat, son idéologie le socialisme scientifique ne surgissent pas spontanément au sein de la classe ouvrière ; elles lui sont communiquées de l'extérieur, par les intellectuels révolutionnaires qui de par leur position sociale sont généralement des bourgeois ou des petits bourgeois dont l'option et l'adhésion militantes à la mission historique du prolétariat en font des révolutionnaires prolétariens.
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