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Un projet de modules éducatifs à thèmes

comme outil de valorisation des compétences

Une action d’insertion sociale




Rapport rédigé par

Isabelle LEVERT

Chargée de projet

Université Mons-Hainaut

Juin 2004

Table des matières





  1. Le cadre de l’action d’insertion sociale




    1. le décret d’insertion sociale




    1. Définir exclusion




    1. Enoncer les facteurs conduisant à l’exclusion




    1. Identification des leviers potentiels, des moyens d’action

      1. L’arrêté Vande Lanotte : participation à la vie locale

      2. La philosophie du projet et ses enjeux du projet

      3. Concrétisation en 4 points




  1. Les animations éducatives : projet pilote




    1. Le droit à l’éducation

      1. Objectifs éducatifs

      2. Déclinaison en 3 axes thématiques

De la difficulté à scinder les axes, un même thème est transversal


    1. Elaboration d’outils pédagogiques

      1. La spécificité du public cible

      2. Les contraintes en terme de pédagogie




    1. Réalisation des animations

      1. Les ressources internes et externes

      2. Le recrutement du public

      3. Les thèmes développés

      4. La pédagogie choisie




    1. Evaluation des animations

      1. Les limites de l’ évaluation

        1. subjectivité d’une endo-évaluation

        2. CT, évaluation qualitative

      2. Le public touché

        1. nombre, type, identification de problématiques

        2. changements observés

      3. Critique constructive après 3 mois

      4. Les points positifs

        1. Projets récurrents (Ecole de coiffure, Sport aventure)

        2. Repérage d’invariants et de directions pour l’avenir




  1. Des modules thématiques




    1. Les objectifs

      1. Dépasser les obstacles posés par le recrutement

      2. Homogénéiser le groupe en fonction des besoins

      3. Travailler plus en profondeur un même thème

      4. Evaluer et améliorer les compétences psychosociales

      5. Rester dans le cadre du projet Vande Lanotte (participation à la vie locale)




    1. Principes

      1. La déclinaison du thème

        1. Une animation pédagogique explicite

        2. Des activités en externe

        3. Des activités conviviales de détente connexes aux thèmes

      2. Propositions concrètes

      3. Les modalités de la participation

        1. Engagement sur la totalité du module

        2. Incitants – tester l’annonce presse « toutes boîtes




    1. L’évaluation des pratiques en insertion sociale

      1. Les finalités de l’évaluation

      2. La procédure d’évaluation au Service d’insertion professionnelle de Mons

      3. La méthodologie de l’évaluation

        1. L’évaluation qualitative

        2. L’estime de soi

        3. Les compétences psychosociales

        4. Les leviers mobilisateurs


Bibliographie

  1. Le cadre de l’action d’insertion sociale




    1. Le concept d’exclusion et les facteurs d’exclusion sociale


Le terme d’exclusion comporte de multiples résonances :

  • pauvreté, précarité, population fragilisées et/ou défavorisées qui sont autant d’aspects complétant l’appréhension d’un même processus ;

  • désaffiliation, désinsertion, marginalisation qui sont les signes plus ou moins visibles, les différentes déclinaisons, manifestes dans les domaines professionnel et/ou relationnel.

Les conséquences majeures de l’exclusion sont une altération des conditions de vie et de la qualité de vie.
L’ATD quart-monde a mis en évidence la dimension circulaire du processus d’exclusion, qui, une fois enclenché, s’auto-entretient : « (…) il y a précarité quand il y a absence d’une ou de plusieurs sécurités qui permettent aux personnes ou aux familles d’assumer leurs responsabilités élémentaires, et de jouir de leurs droits fondamentaux. (…) quand la précarité affecte plusieurs domaines de l’existence, lorsqu’elle tend à se prolonger et devient persistante, elle engendre la grande pauvreté. Elle compromet alors gravement les chances de reconquérir ses droits et de réassumer ses responsabilités par soi-même dans un avenir prévisible. »1.
Dans leur étude sur l’exclusion de la santé, les auteurs, Doumont et al. (2000)2, à partir de Ravaud et Stiker qui se réfèrent à Durkheim, distinguent deux types d’exclusion existant conjointement dans notre monde « moderne » :

  • l’exclusion du système social ;

  • l’exclusion dans le système social.

La première concerne ceux qui sont rejetés du système parce qu’ils ne rentrent plus dans les critères pour faire partie de la société ; la seconde ceux qui n’y ont jamais été intégrés et ceux pour lesquels l’exclusion du monde du travail se pérennise. Ils forment un sous-groupe à part dont l’effectif se gonfle avec le temps.
La concomitance de plusieurs facteurs mène à la grande pauvreté et anéantit les possibilités de reconstruire et entérine l’exclusion, d’autant plus que l’addition et l’intrication des problèmes d’ordre physique et psychologique concourent à la dégradation de l’état de santé des populations défavorisées, ce qu’atteste la prévalence de certaines affections sans, toutefois, pouvoir conclure à des pathologies spécifiques « aux pauvres » ; celles-ci sont rares. Les termes de « populations fragilisées » témoignent de cet aspect.
Si l’exclusion est à la fois le résultat d’un processus et ce processus lui-même, il faut s’intéresser aux facteurs qui contribuent à sa dynamique de manière à l’inverser. Les plus évidents sont 

au niveau individuel :

  • le faible niveau d’instruction ;

  • la précarité professionnelle et l’absence d’emploi ;

  • l’isolement ;

  • un degré de protection social insuffisant ;

  • de mauvaises conditions de vie ;

  • la dégradation de l’état sanitaire ;

  • etc.

au niveau contextuel et macrosocial :

  • les restructurations industrielles ;

  • la transformation de l’activité de production


D’après Fabre, mentionné par Doumont et al., le phénomène d’exclusion implique le cumul progressif de cinq facteurs dont le dernier est l’octroi de prestations sociales (RIS ou revenu d’insertion sociale). Selon Autès3, le processus de désintégration comprend trois phases : la fragilisation, - l’assistance publique, - la mise hors-norme. Un facteur plus insidieux est donc constitué des représentations collectives, celles des professionnels de l’insertion sociale et/ou celles des bénéficiaires. S’attacher à cette dimension intra- et intersubjective permet de comprendre en quoi l’assistance publique, bien que louable sur le fond, est subversive sur la forme, en ce sens que les critères pour en bénéficier, fixés par rapport à une norme implicite, conduisent à marginaliser les personnes en focalisant sur leurs insuffisances, à les stigmatiser4 et à les déresponsabiliser.
Le concept de résilience et les études qui se sont attachés à le décrire soulignent que, face à l’adversité, les capacités de rebondir d’une personne ne s’exercent que dans la rencontre avec un environnement porteur. Rompre avec l’assistanat exige d’opérer un virage à 180°, d’adopter une attitude fondamentalement positive, soit non plus de pointer les manques mais d’accentuer les ressources intrinsèques et extrinsèques, existantes et en germe, des personnes en difficulté. Le contraire alimente la logique de l’exclusion, ce qui est bien résumé par Wieviorka (1997) dans son avant-propos du livre de Elias : « L’exclusion produit de l’anomie, de l’incapacité des individus à se constituer en acteurs ; elle fabrique aussi de l’aliénation, l’intériorisation du stigmate, l’incapacité de réagir aux accusations excessives ou fausses qui généralisent une appréciation négative et humiliante à partir de quelques cas, peut-être, suggère Elias, parce que la conscience des victimes « était, dans une certaine mesure, du côté de leurs détracteurs » (p. 180), et parce que l’on appartient à un groupe faiblement structuré et organisé, il est difficile d’échapper individuellement à la stigmatisation du groupe. L’exclusion, à la limite, façonne chez ceux qu’elle atteint ce qu’elle leur reproche »5.
Le tableau des souffrances liées à l’exclusion relève de l’accumulation des stress tangibles tels que le manque de revenus qui réduit drastiquement l’accessibilité à des biens et à des services de première nécessité, l’insalubrité du logement (exigu, froid, humide,…) aux effets nuisibles tant sur le psychisme que sur le corps, la réduction de la mobilité qui limite un peu plus les possibilités de trouver un travail, etc. Les stress psychosociaux sont plus subtiles à percevoir. L’absence de reconnaissance et de valorisation, le sentiment d’abandon, le désespoir et l’incapacité de se projeter dans l’avenir, la détérioration du regard des autres et plus encore de soi-même sont pourtant une réalité quotidienne, d’autant plus douloureuse que la personne a peu de prise pour tenter de la maîtriser. A tous ceux-ci s’ajoutent les facteurs culturels avec, par exemple, la honte d’être assistés pour certains, et/ou le barrage de la langue et la peur de la lourdeur administrative devant un système dont ils cernent souvent mal les rôles et les exigences, etc.
Baré (1998)6, responsable du CRIC (Centre de ressources individuelles et collectives) du CPAS de Soignies, va jusqu’à parler de « pathologie de la fatalité » et de déni de citoyenneté pour mettre en exergue que le potentiel combatif et créatif est étouffé et que tout projet d’avenir est avorté. En s’interdisant de rêver, l’individu a trouvé une parade contre la déception7 mais, en même temps, il perd sa capacité d’être acteur de son existence.


    1. La santé, un facteur d’intégration sociale


Parallèlement à la montée en puissance des idéologies individualistes et individualisantes, à la raréfaction du travail – facteur d’intégration dans une société de marchés-, à la perte des repères culturels et identitaires, etc, les interactions entre les processus d’exclusion et les processus de santé sont devenues de plus en plus criantes.
La santé, tant physique que mentale, est la condition nécessaire pour le développement du potentiel de l’individu et une amélioration de sa qualité de vie. Or, parmi les indicateurs auxquels se réfère le PAN (Plan d’Action national) Inclusion, si ceux qui évaluent la santé physique sont nombreux, par contre, rares sont ceux qui concernent la santé mentale et, de plus, ils s’attachent uniquement à son versant négatif avec le taux de suicide et un indice de dépression. Pourtant, d’une part, dans un domaine aussi sensible aux aspects méthodologiques de la mesure, se prémunir davantage des risques de biais semble indispensable et, d’autre part, il y a une marge énorme entre ne pas se sentir dépressif et jouir d’une bonne santé mentale.
La définition de la notion de troubles de la santé mentale donnée par l’Institut Scientifique de la Santé Publique est particulièrement claire : « Les troubles mentaux se caractérisent par un dysfonctionnement chronique ou récurrent des pensées, des émotions, du comportement et/ou des relations avec les autres, et causent une souffrance ou constituent un handicap dans un ou plusieurs domaines de la vie courante. Les problèmes de santé mentale peuvent être placés sur un continuum qui comprend à une extrémité les syndromes psychiatriques lourds, souvent d’origine organique et nécessitant une prise en charge institutionnelle, et à l’autre extrémité les états de stress ou d’insatisfaction. Entre les deux, on trouve un large éventail de désordres plus ou moins sévères qui ne requièrent pas forcément une prise en charge institutionnelle, mais qui demandent toutefois des soins appropriés »8.
Par ailleurs, des outils d’évaluation fiables et valides existent. Un des volets de l’enquête9 de Santé menée en Belgique en 2001 a visé à estimer les troubles de la santé mentale au sein de la population générale, à partir de l’analyse d’auto-questionnaires. Le « General Health Questionnaire » dans sa version courte (GHQ-12 items) a permis d’apprécier le niveau de bien-être psychologique global et le « Symptom Checklist-90-Revised » (SCL-90-R), a apporté des indications quant aux troubles somatiques, à la dépression, à l’anxiété et aux troubles du sommeil.
Les résultats10 parlent d’eux-mêmes, c’est pourquoi nous en présentons un aperçu ici. Selon les critères retenus, la prévalence des « cas problématiques », au sein de la population de la Région wallonne, est la suivante :

  • au premier seuil, 28 % des habitants souffrent de problèmes de santé mentale et, à un seuil plus sévère, 15 % ;

  • 8 % est touché par des troubles somatiques récents, avec 16 % chez les personnes des groupes les moins instruits et seulement 4 % chez les personnes ayant eu une instruction supérieure ;

  • 10 % des personnes de 15 ans et plus éprouvent des troubles dépressifs ;

  • 8 % des troubles anxieux, avec 10 % pour les personnes d’un faible niveau d’études ;

  • 1 personne sur 5 éprouvent des perturbation au niveau du sommeil, avec 30 % pour les personnes d’instruction inférieure contre 16 % pour les autres ;

  • la consommation de psychotropes concernent 17 % de la population et 38 % des personnes du groupe qui n’a pas bénéficié d’une instruction.

Les différences significatives de pourcentages en fonction du niveau d’instruction rendent compte de la fragilisation sur le plan de la santé mentale des populations défavorisées. Ces données obligent à se pencher sur les causes de ces écarts et de la dégradation de l’état de santé des personnes afin de construire des stratégies préventives et curatives efficaces.
Les stress sont inhérents à l’existence et la santé mentale se conçoit comme la capacité de faire face aux stress, de s’adapter. Pearlin et Scooler ( ?)11 décrivent trois types de ressources psychologiques qui modulent les réponses aux stress :

  • l’estime de soi ;

  • la tendance à se dénigrer ;

  • l’impression de maîtriser sa propre vie.

Antérieurement, nous avons souligné l’étendue des stress subis par les populations précarisées qui ont un impact d’autant plus fort que les individus sont moins bien armés, que l’état de santé est dégradé.
Le CREDOC12 a confirmé la corrélation entre la désaffiliation sociale et les problèmes de santé psychique et aussi physique. Les symptômes de cette intrication sont notamment :

  • une perte de l’estime de soi ;

  • un désinvestissement de la relation à l’autre ;

  • la perte d’énergie et la fatigue ;

  • des échecs récurrents ;

  • l’absence de liens sociaux ;

  • la honte ;

  • etc.


Il est signifiant de remarquer que ces éléments sont des dimensions de l’échelle de Bradburn qui évalue le bien-être psychologique. Ce recoupement implique de décloisonner le champ d’action des professionnels dont les spécificités sont autant d’approches indispensables à la compréhension et à la résolution des problématiques caractérisées par leur causalité circulaire. Œuvrer à réduire la détresse sociale ne peut se faire indépendamment de la prise en charge de la détresse psychologique et inversement, sans toutefois les confondre. L’action d’insertion sociale ne peut plus se concevoir que dans un rapport étroit avec le concept de santé, défini dans une acception globale comme la capacité à vivre. L’approche doit être proactive et transversale.
Bien sûr toute amélioration du niveau de santé est conditionnée par les ressources matériels mais cela ne suffit pas si bien que le travail en réseau doit devenir la règle. Il serait utopique d’attendre de quelqu’un de dépressif qu’il ait l’énergie pour entamer une formation, la poursuivre jusqu’à son terme, initier une recherche d’emploi et ne pas se décourager devant les réponses négatives, s’il n’est pas soigné. Il est moins évident qu’un bénéficiaire du revenu d’insertion sociale13, même s’il répond aux critères du DSMIV (manuel de classification symptomatique et diagnostique utilisé en psychiatrie) pour poser le diagnostic d’épisode dépressif majeur, ne se reconnaisse comme souffrant d’un problème de santé mentale.
De fait, cette prise de conscience est fonction de différentes variables parmi lesquelles la classe sociale, l’opinion et la tolérance de l’entourage, l’attitude vis-à-vis de soi et du système de soin de sorte que la demande de soin n’émerge pas ou très tardivement ou sous d’autres formes, comme par exemple au travers du corps car, encore de nos jours, pour beaucoup les plaintes somatiques ont plus de légitimité. De ces réflexions, il ressort qu’un travail d’information doit être entrepris systématiquement de façon à dédramatiser ces questions, à résorber les inégalités d’accès à des soins adéquats.
Les développements précédents ont démontré que les facteurs d’inclusion sociale, autrement dit de participation à la vie sociétale, sont intimement liés à la santé, dont l’OMS (1948) donne la définition suivante : « Un état complet de bien-être physique, mental et social », ce qui est un idéal. On peut penser que la santé résulte d’un seuil minimum de chacune de ces composantes. Or, en ce qui concerne le public qui nous préoccupe, il ne fait aucun doute que ce système est en rupture d’équilibre.
Les théories de Prigogine sur la dynamique des systèmes loin de l’état d’équilibre apportent un éclairage intéressant. Avec la notion de structures dissipatives, il a mis en évidence que les mouvements chaotiques, qui résultent de la rupture des conditions homéostasiques, conduisent, avec le temps et en des points de bifurcation, à une nouvelle structure auto-organisée. Cette métaphore nous semble pertinente pour illustrer en quoi des conditions de vie pénibles, qui perdurent, affectent de façon parfois irréversible la santé de l’individu, dans tous ses aspects, et donc comment une mauvaise santé, à entendre au sens large, est à la fois une des causes et une des conséquences de l’exclusion ; l’alcoolisme en est un exemple patent.
Cette perspective confère un sens à des comportements qui autrement apparaissent paradoxaux de sorte qu’elle guide également les modes d’intervention à la fois au niveau de la prévention mais aussi de la « guérison ». Le Gouvernement l’a d’ailleurs compris et tente par sa politique d’inverser la spirale. Les services d’insertion ont pour mission de  :

  • rompre l’isolement social ;

  • permettre la participation à la vie sociale, économique, politique et culturelle ;

  • développer la compréhension critique des réalités de la société ;

  • promouvoir la reconnaissance sociale ;

  • améliorer le bien-être et la qualité de la vie ;

  • favoriser l’autonomie.


Toutefois, il nous semble que les efforts doivent s’intensifier et que ce dispositif doit être complété. En effet, il est à souligner que malgré les données épidémiologiques et plus particulièrement la prépondérance des dégradations de la santé au sein des catégories sociales défavorisées avec, associés, tout leur lot de conduites de dépendance y compris à l’égard de la société, l’accès aux consultations psychologiques restent plus que limité. Des structures de soins financièrement abordables pour les personnes en situation de précarité existent mais elles sont saturées et n’ont pas les subsides pour embaucher du personnel. Les listes d’attente et les délais avant d’obtenir un rendez-vous, quelques fois jusqu’à deux mois plus tard, s’allongent tandis que des centaines de psychologues cherchent un emploi correspondant à leurs qualifications. Cette situation est choquante, même indécente, pour qu’il soit fait si peu fit de ces personnes en souffrance psychique. Faut-il rappeler que le suicide est la première cause de mortalité chez les adolescents, que toute crise est positive, en ce sens qu’elle signale un dysfonctionnement et un impératif de changement, à condition que ce potentiel ne se perde pas, que le travail d’orientation réalisé par les équipes des services d’urgence puisse être relayé.
Plutôt que d’alimenter les caisses d’allocations de chômage, les deniers publics pourraient judicieusement servir à augmenter considérablement les effectifs des centres de guidance psychologique et des autres associations qui remplissent cette fonction, voire à rembourser au moins en partie les consultations de ces spécialistes. Faire rentrer les prestations des psychologues dans le système de la sécurité sociale a aussi l’avantage de porter implicitement un message essentiel, celui que chacun doit prendre son destin et son bien-être en main et que « les psys ne sont pas réservés aux malades mentaux » malgré la croyance d’une grande majorité, encore à cette époque. Cette reconnaissance par les politiques est indispensable à tout projet d’insertion sociale cohérent, à tout discours qui entend sincèrement œuvrer au mieux-être de tous.
Face à la détresse sociale, il doit être sérieusement envisagé de doter chaque CPAS d’un(e) psychologue. Ces décisions témoignent d’une même volonté qui dépend de l’organe étatique qui a dans ses attributions les matières en rapport avec la santé publique parce que, de fait, la santé mentale en fait aussi partie, mais aussi en rapport avec l’ordre public, et plus particulièrement les mesures de prévention des actes délictueux. Il est urgent d’inscrire ce projet à l’ordre des priorités et de ne plus traiter en surface un problème de fond mais de se munir des moyens efficaces pour y pallier et de lever les clivages entre les disciplines parce que la réalité humaine est complexe et requiert une approche holistique. Est-il utile de rappeler la Charte d’Ottawa ? Oui, certainement puisque l’on recense14 en 2002 à peine 17 psychologues pour 206 CPAS – chiffre qui est d’autant plus interpellant comparé au nombre de bénéficiaires du minimex (l’actuel revenu d’insertion sociale), soit 28 498, et ajoutés les bénéficiaires de l’aide sociale, soit un total de 38 098. « La promotion de la santé [dans son acception la plus large] procède de la participation effective et concrète de la communauté à la fixation des priorités, à la prise des décisions et à l’élaboration des stratégies de planification, pour atteindre un meilleur niveau de santé (…). [elle] soutient le développement individuel et social en offrant des informations, en assurant l’éducation pour la santé et en perfectionnant les aptitudes indispensables à la vie. Ce faisant, elle permet aux gens d’exercer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et de faire des choix favorables à celle-ci ». Au vu de ces données – 1 psychologue pour aider 2 241 personnes qui n’ont pu s’adapter à l’évolution de leur environnement – il faut que l’Etat ajuste les programmes de sa politique.

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