La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes








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date de publication25.12.2016
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La femme gabonaise en question
par Edgard Bruno Bokoko edgard_bokoko@hotmail.com

La femme est complémentaire de l’homme. La Déclaration des Droits de l’Homme de 1948, les textes sacrés (Bible, Coran) ainsi que les généticiens le disent. On constate cependant que cette complémentarité a longtemps profité à l’homme. En effet, le thème du mariage forcé, dans les pièces de Molière ou dans les œuvres littéraires africaines (La mouche et la glu de Maurice Okoumba Nkoghe, Trois prétendants, un mari de Guillaume Oyono Mbia, Sous l’orage de Seydou Badian), prouvent que la femme africaine a longtemps été considérée comme inférieure à l’homme, comme objet. Dans les pays industrialisés et démocrates, par contre, le statut de la femme s’est considérablement amélioré. C’est après la Seconde guerre mondiale, par exemple, que la femme en France a désormais le droit de vote. C’est en 1975, avec la loi Veil, que la femme en France a droit à l’avortement. La notion spécifique de droits de la femme est venue progressivement compléter et enrichir la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948. La Déclaration sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes proclamée par l'Assemblée générale des Nations unies le 7 novembre 1967 ; la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1979 et entrée en vigueur en 1981 ; la déclaration de Pékin, à l’issue de la 4ème Conférence mondiale sur les femmes de 1995 en constituent les moments forts.

Le Gabon ayant été colonisé par la France, ayant ses identités culturelles propres mais faisant parti du village planétaire, on peut s’interroger sur la place de la femme dans la société gabonaise. Cette société qui, comme Samba Diallo dans L’Aventure ambigu, est tiraillée entre la Tradition (us et coutumes) et la Modernité (textes juridiques, valeurs et modèles provenant de l’Occident en général et de la France en particulier). Par conséquent, la place de la femme reflètera cet entre-deux conflictuel. Entre la place de la femme dans la société traditionnelle et la place de la femme dans une société moderne capitaliste comme la nôtre, qu’est devenue la femme gabonaise ? Demeure-t-elle soumise à l’homme ou s’est-elle réellement émancipée ? Quelle est sa place aujourd’hui et quelle devrait être sa place demain ?

Pour répondre à ces interrogations, nous dresserons un état des lieux, nous tenterons d’analyser les causes, d’évoquer les conséquences avant de proposer des solutions.

Les femmes au Gabon représentent 53% de la population. Une réalité démographique incontournable qui donne à la femme une place prépondérante dans la société qu’aucune institution ou autre secteur de l’activité humaine au Gabon ne vient corroborer ou illustrer.

La politique ? Les trois institutions que représentent l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire sont dirigés par des hommes, avec une exception que les médias et les politiques louent à loisir pour illustrer « l’avancée des femmes dans la société gabonaise » : la présidente de la Cour constitutionnelle.

Dans l’Exécutif on compte douze femmes sur cinquante ministres, soit 24%. Bien sûr, un discours laudatif insistera sur le 1er Vice-Premier ministre ou la Ministre de la famille, entre autres femmes-ministres.

Au parlement, à l’Assemblée nationale, on passe de neuf femmes députés en 1996 à 15, sur 120, soit 12,5%. Et sur 877 candidats en décembre 2006, nous avions 100 femmes titulaires, soit 11,40%.

Ainsi, dans le domaine politique, la femme est encore assujettie à l’homme, ce qui ne surprend guère dans une société où l’on trouve normal que dans les partis politiques il y ait des subdivisions par rapport au sexe (UFPDG, par exemple) et par rapport à l’âge (UJPDG, par exemple), au mépris de la Constitution dont le Préambule rappelle qu’il ne sera pas fait de distinction par rapport au sexe ou à la naissance…
L’économie ? Combien de femmes chefs d’entreprise (publique ou privée) peut-on citer ? Malgré l’existence d’associations telles que celle des Femmes commerçantes ou celle des Femmes Chefs d’entreprise, elles sont peu connues, méconnues voire inexistantes en terme d’importance. Quels équivalents de Abéké, Baloche, Ombanda, Ossamy, Oyima, Souah peut-on citer ? Aucune. Comme si l’économie, à partir d’une certaine dimension, devenait une affaire sérieuse donc une affaire d’hommes…

Mais tout commence en économie par le travail. Or c’est déjà sur ce plan que la sujétion de la femme est le plus évident.

Tout d’abord, au niveau familial, la femme mariée est contrainte de travailler au lieu de résidence choisi par le mari (conséquence de l’article 254 du Code civil).

Par ailleurs, au niveau de la Fonction publique, aucune allocation de maternité n’est versée aux femmes fonctionnaires, sous prétexte qu’elles conservent pendant la durée du congé l’intégralité de leur salaire. Pourtant dans le secteur privé les femmes ont le même avantage tout en bénéficiant des allocations de maternité et de trousseaux

Enfin, certains estiment que certains emplois ou certaines fonctions sont propres aux hommes ou aux femmes. Ainsi, malgré le fait que la Constitution dispose en son article 1er, alinéa 7 que « chaque citoyen a le droit de travailler et d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de son sexe, de sa race, de ses opinions » ; et que les articles 1 et 9 de la loi n°3/94 du 21 novembre 1994 portant Code du travail vont dans le même sens, il existait dans les forces de sécurité des textes discriminant (notamment à la Marine marchande) qui viennent tout juste d’être abrogés il y a deux semaines à peine…Cependant on constate que depuis 1993 il n’y a plus aucune femme Gouverneur de province. Et combien de femmes préfets ? Sous-préfets ? Sur soixante généraux, on ne compte que deux femmes…Et quand une femme occupe une fonction traditionnellement réservée aux hommes, on attend d’elle un rendement supérieur, au-delà de la présomption de compétence que ses diplômes et son parcours professionnels peuvent suggérer. Ainsi, depuis la nomination de douze femmes au Gouvernement, personne ne s’offusque de lire dans le quotidien national L’Union du 27 janvier 2006 : «  il revient maintenant à ces porte-étendards féminins de se montrer à la hauteur des attentes des populations, des responsabilités qui leur ont été confiées et de mériter la confiance du président de la République ».
Il serait inutile et fastidieux d’évoquer d’autres secteurs de l’activité humaine comme la culture ou le sport pour illustrer la portion congrue réservée à la femme.

Observons tout de même que de nombreuses sportives gabonaises ont remporté des trophées en athlétisme, en basket-ball, au handball, au judo. On se souviendra longtemps de Mélanie Engouang, plusieurs fois championne d’Afrique et vice championne du monde militaire. Peut-on cependant affirmer qu’elles ont reçu le soutien qu’elles étaient en doit d’attendre de l’Etat, au vu des performances réalisées ? On en doute, vu que les budgets alloués favorisent plus les sports masculins que les sports féminins.
Fermons les oreilles un instant à tous ces beaux discours sur l’approche genre, sur les avancées significatives de la place de la femme dans la société gabonaise et lisons.

Lisons les textes qui évoquent de façon allusive la réelle place de la femme dans la société gabonaise : le Code civil et le code pénal gabonais.

L’homme est le chef de famille (article 253 du Code civil). L’épouse lui doit obéissance (article 252 du Code civil). Il choisit le lieux de résidence et la femme est obligée d’habiter avec lui (articles 114 et 254 du Code civil)

L’homme, quel que soit le régime matrimonial choisi lors du mariage, peut changer d’option en cours de mariage (article 232 du Code civil)

Mais gare à la femme qui abandonnera le domicile conjugal : elle sera punie des peines réprimant l’adultère (articles 267, 268, 269, 270, 271, 274 du Code pénal).

Le comble de l’horreur est atteint quand l’article 54 du Code pénal stipule que l’homme peut abattre sa femme et son amant s’il les surprend en flagrant délit d’adultère au domicile conjugal (la réciproque n’existe pas).

Enfin, l’article 692 du Code pénal stipule que la veuve est privée de son droit d’usufruit si elle se remarie sans motif grave dans une famille autre que celle de son défunt époux…

L’interdiction de l’avortement (articles 244 et 245 du Code pénal) signifie encore que la femme ne dispose pas librement de son corps et qu’en cas de viol (y compris incestueux), elle sera condamnée à conserver le fruit d’une relation non désirée. Enfin, le sort de la veuve dépend du bon vouloir de sa belle-famille.

Face à de tels textes, aucun discours officiel ne pourra nier la triste réalité : la femme au Gabon n’a pas encore la place qu’elle devrait avoir. Pourquoi ?
Les causes de cette sujétion de la femme gabonaise sont multiples et diverses, mais nous en évoquerons principalement trois : des causes culturelles, politiques et économiques.
Au plan culturel, la tradition et les coutumes dans toutes les ethnies du Gabon accordent à l’homme un statut prééminent. Qui travaille le plus aux champs ? Si l’homme exécute les travaux de force pour une durée brève (débrousser, nettoyer, préparer le champs) en saison sèche, tout le reste de l’année agricole, c’est à la femme que reviennent les travaux d’ensemencement, de désherbage et d’entretien jusqu’à la récolte…Si l’homme chasse et pêche, le fruit de ces activités est réparti selon les sexes : les femmes ne mangent pas tel poisson, tel gibier ou même plus précisément telle partie du poisson ou du gibier qui reviennent à l’homme…Ah phallocratie, où vas-tu te nicher !

Toutes les ethnies du Gabon sont conservatrices et promeuvent le statu quo dans la société au profit de l’homme. La conception traditionnelle du mariage est révélatrice, une fois de plus, de cet état de fait : la base du mariage est la capacité à concevoir des enfants et non l’amour…Le lévirat confirme que la femme épousée est un objet et non un sujet de droit : au décès du frère, elle revient à un autre membre de la famille (petit frère souvent ou neveu). L’éducation familiale en général et la répartition des tâches domestiques en particulier viendront souvent conforter les schèmes psychologiques imprimés chez le petit garçon comme chez la petite fille.

La fille s’occupe des enfants, du ménage, de l’entretien de la maison, de la cuisine…Comme elle le fera plus tard, même si elle travaille. Les garçons ne font pratiquement pas grand-chose : combien savent préparer ? Ou même simplement laver la vaisselle ou leurs vêtements ? Plus tard, ils continueront à se comporter ainsi, se contentant de participer financièrement aux dépenses familiales, dans le meilleur des cas…
Au plan politique, on pourrait penser que la création de l’UFPDG favoriserait l’émancipation de la femme comme on l’a si souvent chanté sous le parti unique. Cependant cette structure n’a fait qu’assujettir encore plus la gabonaise en l’enfermant dans des tâches subalternes d’animation et non de conception ou d’actions politiques d’envergure. C’est le corps de la femme qui est exhibé, valorisé et non sa tête et ce malgré les innovations mises en exergue aujourd’hui : expositions d’œuvres artisanales, Prix du Président de la République. Ce comportement n’est pas propre à un seul parti mais à tous : il existe toujours une « section féminine » dans chaque parti. Mais celle-ci repose sur quelle spécificité politique de la femme ? Imagine-t-on une section féminine du Parti Socialiste en France ou du Parti Démocrate aux USA ? S’il faut trouver un modèle, c’est peut-être vers le Parti Communiste chinois qu’il faudrait tourner le regard…Ainsi on prend le politique en flagrant délit de double jeu : évoquer dans les discours l’approche genre et la manifester publiquement en imposant des femmes dans les cabinets ministériels sans débarrasser la législation de tous les articles discriminatoires à l’égard de la femme.

Au niveau économique, la femme est encore trop souvent dépendante d’un homme : père, oncle, frère, fiancé, mari, amant…Or les gabonais étant pauvres à 80%, il n’est pas rare de constater que les grossesses précoces et autres abandons scolaires sont souvent dûs au fait que la jeune fille soit très tôt contrainte de se prostituer, c’est-à-dire d’avoir des relations sexuelles avec un homme actif professionnellement afin que celui-ci puisse assurer sa survie et la satisfaction de ses besoins primaires élémentaires…

Les conséquences de cette conjonction de forces culturelles, politiques et économiques sur la gabonaise sont aisément identifiables et vont bien au-delà du constat relatif à l’état présent pour évoquer l’avenir à travers une prospective.
Quand une minorité d'hommes dicte sa loi à une majorité de femmes, de quoi peut-on parler ? De phallocratie, non de démocratie. Pour être véritablement une démocratie, un Etat de droit respectueux des lois et conventions internationales signées, le Gabon doit mettre la femme à la place qu'elle mérite et qui est la sienne (les données démographiques faisant foi): la première.
Pendant cinq ans encore, durée de la législature nouvelle actuelle issue des urnes, la femme restera assujettie à l'homme. Car nous ne pouvons pas imaginer qu'un Parlement, majoritairement conservateur, tant par le nombre d'hommes que par le nombre de PDGistes, dirigé par un président au nom si tristement célèbre pour les femmes et les féministes, qu’un tel Parlement puisse rétablir l'ordre juridique en faveur des femmes.

Pendant cinq ans encore, nous, hommes de tous bords politiques (et même sans bord du tout) pourrons nous rincer les yeux à loisir pendant des heures en admirant les déhanchements eurythmiques des femmes au stade, le 12 mars…D'ailleurs, les répétitions ont déjà commencé. Des mères de familles désœuvrées abandonnent leur maison pour aller s'entraîner des heures durant…A ce propos, l’Union du samedi et dimanche 24-25/02/07, en faits divers, évoque l’accident d’un femme de 70 ans qui revenait à 22h30 d’une répétition avec son groupe socioculturel et qui fut renversée par un véhicule. L’habitude est une seconde nature.

Pendant cinq ans encore, on prendra des mesures populistes et médiatiques en faveur des femmes, sans toucher à l'essentiel bien sûr: l'homme-roi doit demeurer sur son trône et n'est pas prêt à envisager la parité, encore moins la suprématie de la femme.

Pendant cinq ans encore, la journée internationale de la femme (le 8 mars), la journée nationale de la femme (le 17 avril) et la journée de la femme africaine (le 31 juillet) seront l'occasion de beaux discours, de cocktails d'amabilités et de sourire d'auto-satisfaction…Et pendant ce temps…Des pays comme l'Afrique du Sud ou le Rwanda où les femmes sont réellement intégrées à tous les niveaux de décision et d'action politique (Exécutif, Législatif et Judiciaire), ces pays se développeront plus vite et mieux que le Gabon et l'Indice de Développement Humain le prouvera, car la première richesse d'un pays n'est ni le bois, ni le manganèse ou le pétrole, mais les ressources humaines au premier chef desquelles on compte les femmes. Alors, que faire ?
Pour faire le grand bond en avant, il nous faut remettre la femme à sa place, c'est-à-dire la première. Ce n'est pas le vœu d'un féministe attardé ou convaincu pour les besoins circonstanciels de la cause, mais celui d'un réaliste qui avoue humblement que les hommes ont échoué pendant quarante-sept ans à développer ce pays alors qu'ils avaient (et ont encore) toutes les bonnes cartes en main.

Il nous faut une femme-homme comme Tatcher ou Sirleaf Johnson ou un homme-femme comme Bourguiba, un leader politique qui impulsera une nouvelle dynamique obligeant le Parlement à respecter la hiérarchie des textes de lois en adaptant la législation interne, nationale aux conventions et lois internationales ratifiées et adoptées par le Gabon en faveur des femmes. Un tel leader politique nommé Premier Ministre ou le Premier Ministre actuel devenant tel, voilà qui serait un signal fort en faveur des femmes. Ceci n'étant pas suffisant, les solutions permettant de repositionner la gabonaise sont de différentes natures: politiques, économiques et culturelles.

Sur le plan politique, rien n'est perdu: les élections locales à venir peuvent permettre de rééquilibrer les choses, d'autant plus que le Maire est le premier gestionnaire de la cité. Il serait souhaitable que les différents partis politiques élaborent des listes ayant des femmes et des hommes à parité égale, selon un principe très simple: une femme suivie d'un homme suivi d'une femme, etc. Ainsi nous pourrions avoir plus de cités gérées par des femmes et un Sénat plus représentatif de l'ensemble de la population que l'Assemblée nationale. Nous avons souvenir des échos positifs de la gestion de Port-Gentil ou de Lambaréné en 1996 par des femmes…

Sur le plan économique, il serait souhaitable que la femme soit mieux représentée pour éviter qu'elle ne cède à la facilité en arpentant les trottoirs… La fille mère devrait recevoir des allocations plus conséquentes pour pouvoir s'occuper correctement de ses enfants. Les allocations familiales devraient être augmentées pour correspondre réellement à une politique nataliste. Des micro crédits devraient être accordés à des femmes (membres d'une association légalisée et/ou parrainées par un avaliste) par des institutions bancaires, sur la base de projets solvables.

Sur le plan culturel enfin, un travail important doit être réalisé pour faire évoluer les mentalités et les comportements. Toute culture est dynamique et il serait temps que l'on s'interroge sur ce qu'il y a de positif dans nos us et coutumes et sur ce qu'elles ont de négatif, afin d'adapter nos lois en conséquence en considérant comme textes de référence la Déclaration des Droits de l'Homme de 1948.

Des émission radiodiffusées (Agora, par exemple) pourraient reprendre ce thème "la place de la femme dans la société gabonaise" avec des invités experts dans différents domaines. Songez à une table ronde réunissant la Ministre da le Famille, la Ministre du Travail chantre de la parité, madame Nze Biteghe la juriste féministe et sa collègue Paulette Oyane Ministre déléguée à l'Agriculture, Justine Mintsa qui a tant écrit sur les violences à l'égard de la veuve…Voilà une émission où véritablement les idées se choqueraient et s’entrechoqueraient pour le plus grand bonheur des téléspectateurs.

Mais la bataille est d'abord celle des femmes qui doivent s'engager en politique, comme actrices, comme sujets et non comme objets de plaisir ou simples animatrices chargées de gérer le repos du guerrier…Les femmes doivent s'engager non seulement en politique, mais aussi dans tous les autres domaines de l'activité humaine en recherchant à chaque fois leur domaine de compétence où elles pourront exceller.

Le vingt-et-unième siècle sera féminin ou ne sera pas. Telle est notre conviction. Les signes des temps sont visibles pour tous pourtant : Angéla Merkel en Allemagne, Micelle Bachelet au Chili, Ellen Johnson Sirleaf au Liberia et bientôt (pourquoi pas) Ségolène Royal en France…

Il nous faut reconnaître cependant que le Gabon a certainement évolué en peu de temps, comparativement à la France, par exemple où, rappelons-le, ce n’est qu’en 1946 que les femmes acquièrent le droit de vote…Or au Gabon, c’est depuis 1960 que les femmes exercent leur droit de vote.

S’il est difficile d’être exigeant envers le Gabon quand d’autres pays ont mis plus de temps pour accepter l’égalité entre femmes et hommes, il faut tout de même admettre que la mondialisation et les contraintes économiques (conventions avec des bailleurs de fonds comme le Fonds Monétaire International ou la Banque Mondiale) obligent le Gabon à aller plus vite qu’il ne le voudrait dans cette voie.

Le Gabon ne fera pas le grand bond en avant qu’il se doit de faire sans mettre la femme à sa place. Ce sera là l’honneur de l’homme gabonais, de renoncer enfin à la place qu’il a longtemps usurpé. C’est là aussi son intérêt : la femme, plus honnête que lui (les institutions financières octroyant les micro crédits l’affirment), plus sensible que lui à la pauvreté, gèrera certainement mieux certaines responsabilités et résoudra mieux certains problèmes posés à la cité.

Certes, les rapports humains sont souvent des rapports de force, et personne ne donnera à son adversaire l'avantage de son plein gré. Mais les femmes doivent s'engager à lutter contre des siècles d'oppression masculine et de conditionnement psychologique. Et cette lutte est quotidienne, individuelle, personnelle.

Sachant qu’elle peut toujours s’appuyer sur la Constitution qui garantit aux citoyens des deux sexes l’égalité des droits politiques. Ainsi la femme gabonaise a le droit de vote et est éligible dans les mêmes conditions que les hommes auprès de tous les organismes publics.

Rappelons que l’objectif pour les parlements africains, à l’horizon 2000, était d’être composé de 30% de femmes. Trois pays, l'Afrique du Sud, le Mozambique et les Seychelles ont déjà atteint cet objectif. Ils sont parmi les 10 premiers pays du monde ayant la plus forte proportion de femmes au parlement (seuls les pays scandinaves sont parvenus à 30 %). En moyenne, 18 % des parlementaires d'Afrique australe sont des femmes, contre 15 % en Europe et en Amérique.

Le poète-chanteur Bob Marley disait: "emancipate yourself from mental slavery / none but ourself can free our mind" (libérez-vous de votre esclavage mental / personne d'autre que nous ne peut libérer notre esprit).

Que les gabonaises méditent sur ces paroles.

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