Différentes facettes de la Laïcité








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Démocratie et Laïcité 
Bruno Courcelle
Mouvement Europe et Laïcité

Comité Laïcité République

Le principe de Laïcité et ses implications.

Etat des lieux de la Laïcité.

Les ennemis de la Laïcité.
Introduction
Pourquoi parler de la Laïcité ? Pas seulement à cause du centenaire de la Loi de 1905. Il faut se méfier des "célébrations" et des "commémorations" qui sont l'occasion de récupérations et de médiatisations qui faussent les perspectives. Il faut expliquer que la Laïcité est un principe fondamental de l'organisation des pouvoirs publics en France, mais que sa valeur est universelle et qu'il est nécessaire pour la Démocratie et pour la Paix. La Laïcité n'est pas seulement une question scolaire. La laïcité est mal comprise, on n'en parle qu'en période de "crise": affaire "Rushdie", revendications de censure de films ou de publicités, visites du pape et, récemment, loi sur l'interdiction des signes religieux dans les écoles, les collèges et les lycées.


Différentes facettes de la Laïcité.
La République Française est définie dans la Constitution comme laïque, mais le terme n'est pas défini. La Laïcité est définie par la loi de 1905 qui a valeur constitutionnelle (ce qui n'empêche pas que cette loi soit de temps en temps modifiée à la sauvette) et par la jurisprudence des tribunaux administratifs et du Conseil d'Etat.

Pour tenter de donner une définition de la Laïcité à valeur universelle, je me suis référé au livre de H. Pena-Ruiz, La Laïcité pour l’Egalité, (Ed. 1001 Nuits-A. Fayard). Ce livre ne comporte pas de définition concise, mais sa présentation de la Laïcité me permet de proposer la définition qui suit :

La Laïcité est un principe d’organisation de l’Etat fondé sur un idéal : la réalisation de la Liberté et de l’Egalité. Plus précisément, de la Liberté de conscience fondée sur l’autonomie de la personne et l'esprit critique, et de l’Egalité des citoyens devant la loi et dans leur participation à la vie civique et politique. Cet idéal vise la construction d’un monde commun, sans discrimination liée à une appartenance religieuse ou à une origine familiale, d'un monde fondé sur le souci de l’intérêt général, et dans lequel chacun peut donner un sens à sa vie.

Pour que la Liberté et l’Egalité ne se limitent pas au plan juridique, ce qui ne pourrait qu’aggraver les inégalités de fait, l’Etat doit organiser la Solidarité en matière de santé, de handicap, de chômage.

La Laïcité est inséparable de la notion de République, c’est à dire de l'organisation de la chose publique en vue du bien commun, et elle y est nécessaire car dans une démocratie les citoyens ne doivent pas être soumis à des inégalités de statuts. Leurs choix doivent être réfléchis et non commandés par l’émotion médiatique ou décidés par les chefs de « communautés ». La laïcité scolaire est nécessaire aux titres du respect de la liberté de conscience et de la formation des jeunes comme futurs citoyens.

Le principe de Laïcité ainsi décrit a une traduction juridique dans la Constitution et dans les lois, mais ne s’y réduit pas. Ses conséquences sont : 1) la liberté de pensée, d’expression et de pratique religieuse, 2) la mise en place d’un enseignement public indépendant de toute religion, 3) le refus du communautarisme, 4) la Séparation de l’Etat et des religions (ce qui donne aux religions un statut de droit privé, mais ne les nie pas, et ne les rejette pas dans la clandestinité), 5) l’organisation de services publics d’assistance sociale et de santé.

Ma définition est un peu longue. Si l’on a besoin d’une synthèse en une phrase voici ce que je propose :
La Laïcité est une organisation de l’Etat, qui vise à construire un monde commun où chacun peut donner un sens à sa vie, et à réaliser les idéaux républicains de Liberté, d’Egalité et de Solidarité, ce qui nécessite, entre autres choses, que les religions ne jouissent d’aucune reconnaissance officielle dans les instances de l’Etat et dans les services publics.

Remarques : La Fraternité, troisième terme de la devise républicaine, est un terme sentimental et militariste (cf. l'expression "frère d’armes") ; un sentiment ne se décide pas par une loi, alors que la Solidarité peut et doit être organisée par l’utilisation des contributions des citoyens. Grâce à la Solidarité, la Charité n’a pas de place dans un Etat laïque. Je ne propose pas pour autant de remplacer le terme "Fraternité" de la devise républicaine, car il faut rattacher nos institutions à leur histoire.

La liberté d'expression reste limitée par le contrôle commercial des médias. Mais Internet offre des moyens d'expression accessibles aux particuliers comme aux associations. Les politiques et les médias commerciaux voient leurs monopoles entamés par cette liberté individuelle effective, et font tout pour qu'elle soit perçue comme dangereuse. Tous les prétextes sont bons pour censurer ce qui représente une véritable possibilité de liberté d'expression.

La liberté de conscience est souvent mise en avant comme l'essentiel de la Laïcité, alors qu'elle n'en est qu’une facette. En particulier, elle n'interdit pas explicitement la participation forcée aux frais des cultes par le biais de subventions publiques. Il faudrait y ajouter la liberté de se soustraire à toute participation à un culte, même réduite à une contribution financière.

Les libertés de conscience, de religion, d'expression doivent être fondées sur l'esprit critique. Le terme de "Liberté" est souvent récupéré par la publicité. C'est alors la liberté de manipuler les esprits qui est réclamée pour inciter les gens à dépenser "librement" leur argent. Le "libéralisme économique" est également un détournement du concept de liberté au profit d'intérêts particuliers.

Parmi les principes fondamentaux de la Démocratie figurent celui de l'Egalité des citoyens devant la Loi, le code du Travail, les services publics, l'accès à l'enseignement et donc le refus du corporatisme et du communautarisme. Un autre principe est la souveraineté du peuple qui s'exerce par l'élection de représentants et le référendum. Ce principe est contradictoire avec les prétentions du Vatican de se situer au dessus des parlements élus, de se donner le droit de régenter la "sphère morale" et de s'opposer aux lois démocratiquement votées, en particulier dans les domaines de la recherche médicale, de la famille, de l'IVG, de l'IVV (Interruption Volontaire de Vie). Il est également battu en brèche en Iran où des religieux supervisent les décisions du parlement.
Conséquences de ces principes
Tout d'abord la séparation de l'Etat et des religions. Autrement les principes d'égalité des citoyens et de souveraineté du peuple sont violés en faveur des groupes religieux proches du pouvoir. Contre-exemple : en Grande-Bretagne des sièges à la Chambre des Lords sont réservés aux archevêques anglicans. Même en France, le principe de séparation est constamment violé : visite de Chirac au Vatican en 1996, messe officielle pour la mort de F. Mitterrand, drapeaux en berne pour la mort de Jean-Paul II en 2005, discours à Rome en 2005 de P. Clément, ministre des Affaires Etrangères pour la béatification de Charles de Foucauld, subventions sur fonds publics à des associations religieuses, par exemple Sant'Egidio à Lyon en 2005 (plus de 500 000 euros !).
L'état-civil doit être laïque, et non sous-traité aux religieux, comme c'est souvent le cas en Europe du Nord. Contre-exemple : en Israël, il n'existe pas de mariage civil. Les hôpitaux doivent être laïques. Il en va du respect de la liberté de conscience car la situation de faiblesse des malades facilite le prosélytisme.
L'école doit être indépendante de toute religion, comme l'avait dit Condorcet dont le Rapport sur l'Education reste un texte de référence, parce que les jeunes y sont en formation, donc influençables. Il s'agit de développer l'esprit critique pour qu'ils deviennent des citoyens conscients et participent à la vie civique. L'école doit bien sûr être accessible à tous et permettre une réelle égalité des chances par les soutiens apportés à ceux qui en ont besoin.

Etat des lieux de la Laïcité
J'examinerai les trois facettes de la laïcité que sont les libertés individuelles, la Séparation des religions et de l’Etat, le refus du communautarisme.
Les libertés individuelles de conscience, de pratique religieuse, de changement de religion et d’expression sont largement admises, (y compris par l’Eglise catholique qui s’y est longtemps opposée), sont intégrées dans les diverses déclarations et chartes des Droits de l’Homme, et sont défendues par la Cour des Droits de l'Homme de Strasbourg. Beaucoup d’Etats dont l’Islam est la religion officielle les refusent.

La laïcité scolaire est nécessaire au titre du respect de la liberté de conscience des élèves et comme antidote à la liberté de conscience « des familles » (pesamment affirmée dans diverses chartes) qui permet au (à la) « chef » de famille d’imposer ses opinions religieuses aux enfants. L'école laïque est un espace de liberté nécessaire pour permettre à l’élève de conquérir son autonomie.
Concernant la Séparation de l’Etat et des religions, la situation est beaucoup plus difficile à faire évoluer. Malgré quelques avancées, en Suède (séparation depuis 2000), en Grèce (plus de mention de la religion sur les cartes d’identité), en Allemagne (retrait des crucifix sur simple demande des parents), on peut dire que la laïcisation des Etats, même européens, n’avance pas vite, et parfois recule : en Allemagne : chaque Land doit faire sa loi en matière de foulards islamiques, en Russie : le cléricalisme succède à l'athéisme officiel. En Espagne la Laïcité progresse grâce au gouvernement Zapatero (qui abroge des dispositions du gouvernement précédent) ; en Norvège la Constitution exige que tout gouvernement comporte au moins 50% de membres de l'église d'Etat luthérienne, mais cette disposition attaquée devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme a des chances de disparaître.
Le plus préoccupant est l’absence complète de référence à la Laïcité dans le projet de Constitution européenne (qui ne connaît que la "tolérance"), et la présence de l'article 52 qui, au contraire, attribue un rôle institutionnel aux religions. Une Constitution Européenne digne de ce nom devrait comporter :

  1. l'affirmation de la Laïcité comme objectif fondamental de l'Union Européenne dans sa configuration présente et future,

  2. la définition des institutions communes de l'Union Européenne comme laïques ce qui exclurait tout "Conseil des Religions", même si on y ajoute un tabouret pour les "laïques" et/ou les athées,

  3. le devoir pour la Commission Européenne de soutenir toute évolution juridique des Etats de l'Union allant dans le sens de l'instauration de la Laïcité.


Agissant à l'inverse de ces principes, et malgré l'opposition du Parlement Européen, la Commission Européenne a subventionné les Journées Mondiales de la Jeunesse Catholique organisées à Cologne en 2005.
Le refus du communautarisme est le combat plus difficile.
Je propose de définir le communautarisme comme la reconnaissance juridique de différences culturelles. Son refus n’est pas la négation de ces différences, mais le refus de la « différence de droits » fondée sur l’origine familiale.

Le débat sur la loi interdisant les signes religieux dans les écoles publiques a vu les défenseurs de la laïcité qualifiés d’intolérants, "d’islamophobes" et de racistes (cf. le film de propagande islamo-gauchiste "Un racisme à peine voilé").

L’exemple des pays européens où les foulards et autres turbans sikhs sont largement admis ne facilite pas la défense de positions laïques.

Ajoutons que la loi ne peut pas tout résoudre : parce qu'elle ne peut pas prévoir tous les cas, parce que la laïcité n'est pas seulement un ensemble d'interdits mais un principe motivé par des valeurs positives (la construction d'un monde commun), et parce que sa mise oeuvre nécessite un consensus social. C'est ce consensus qui est remis en cause par les intégristes, en particulier musulmans. Certaines revendications communautaristes ont une origine économique et sociale que la loi ne peut pas supprimer.

Le refus du communautarisme, c'est aussi celui du totalitarisme familial et machiste. Malheureusement les sociologues sont nombreux à chanter la gloire des « racines », à clamer qu'on n'est rien hors d'une « communauté», et à décrier « l’universel abstrait » qui définit le citoyen.
Je recommande le consultation du site internet très bien documenté de l'Observatoire du Communautarisme, et en particulier, l'article de P.A. Taguieff : Communautarisme, essai de définition,

http://www.communautarisme.net/Communautarisme-essai-de-definition_a9.html
Sur les intégrismes, je recommande le livre de C. Fourest et F. Venner, Tirs croisés, la laïcité à l'épreuve des intégrismes chrétien, juif et musulman, Calman-Lévy, 2003.
Y a-t-il une échelle de laïcité permettant de comparer les différents Etats ?

Aucun Etat n’est parfaitement laïque, mais certains sont moins laïques que d’autres, et il est souhaitable de se donner des outils de comparaison des différents régimes politiques, surtout si l’on vise à promouvoir la Laïcité dans les organisations internationales et auprès de tous les Etats du monde.

Il y a toute une variété de situations entre, d'un côté l’Arabie Saoudite ou le Pakistan, et de l'autre, tel Etat européen que l’on peut considérer comme laïque (par exemple les Pays-Bas) même si l’application de la Laïcité n’y est ni institutionnelle ni parfaite. Le cas des Etats-Unis est particulier, car même si ce pays n’est pas laïque par beaucoup d’aspects, le Premier Amendement de sa Constitution (de plus en plus remis en cause malheureusement) comporte une certaine forme de laïcité. Sans prétendre épuiser la question, je proposerais les critères suivants, qui devraient permettre d’évaluer le degré de réalisation pour les différents Etats du principe de Laïcité  :

  • la Constitution fait-elle référence à un dieu ou à une religion ?

  • y a-t-il une religion officielle ?

  • y a-t-il une liste de religions reconnues ?

  • y a-t-il des différences de droit entre les citoyens en fonction de leurs appartenances religieuses ou ethniques ?

  • est-il interdit de critiquer une religion particulière, ou toutes les religions ? de " blasphémer " ? Quelle est la gravité des peines encourues ? Est-ce que la notion de religion possède un statut juridique privilégié en matière de liberté d’expression ?

  • existe-t-il un système d’enseignement public ? comporte-t-il de l’enseignement religieux ? les écoles confessionnelles sont-elles autorisées ? sont-elles subventionnées par des crédits publics, nationaux ou régionaux ?

  • les services médicaux et sociaux sont-ils confessionnels ? sont-ils ouverts aux congrégations ?

  • les partis et les syndicats confessionnels sont-ils autorisés ?

  • les religieux sont-ils salariés sur fonds publics ? directement ou indirectement (par déductions d’impôts au profit des donateurs) ? Combien cela coûte-t-il en moyenne à chaque citoyen ?

  • les bâtiments religieux sont-ils construits, entretenus sur fonds publics ? directement ou indirectement (par déductions d’impôts au profit des donateurs) ? Combien cela coûte-t-il en moyenne à chaque citoyen ?

  • les dignitaires religieux ont-ils un rôle politique (sièges dans des assemblées, dans des conseils ou des comités officiels) ? sont-ils invités lors de cérémonies officielles ?

  • quelle est la place des émissions religieuses dans les médias du secteur public ? Ces médias sont-ils critiques par rapport aux religions ?

  • l’Etat a-t-il un ambassadeur au Vatican ?

A partir des différentes réponses à ces questions, on aurait, pour chaque Etat, une vision de la situation de la Laïcité ou au contraire, du degré des emprises cléricales.

La France n'est pas laïque sur beaucoup de points. En Alsace, en Moselle, en Guyane la loi de 1905 n'est pas appliquée. Encore plus grave peut-être est le mépris de la Laïcité manifesté par les politiques lors de cérémonies officielles : visites du pape, inaugurations de lieux de cultes, drapeaux en berne lors de la mort de Jean-Paul II, béatifications et canonisations auxquelles assistent à Rome des officiels français dès que des français sont béatifiés ou canonisés. Les déductions fiscales pour dons aux œuvres religieuses sont des subventions indirectes aux religions. Elles sont contraire à la démocratie et à la loi de 1905 pour deux raisons : elles représentent des dépenses publiques décidées par des particuliers et non par le Parlement qui vote le budget, et elles constituent des subventions aux cultes contraires à la Loi de 1905. Même des dons destinés à soutenir les églises chrétiennes au Proche-Orient font l'objet de déductions fiscales ! (J'ajouterai que je suis hostile à toute déduction fiscale, quelque soit la finalité du don, car, ou bien cette finalité concerne l'intérêt général et elle doit être prise en charge directement par les budgets publics, ou bien ce n'est pas le cas et aucune subvention déguisée n'est admissible.)

Les fonds publics à l'enseignement privé, religieux ou non, constituent également une violation flagrante (mais légalisée) du principe de Laïcité dans le domaine scolaire.

Les ennemis de la Laïcité
Deux remarques préliminaires, en réponse à des objections que j'ai souvent entendu formulées :

  • la laïcité n'est pas un remède à tous les problèmes de la société ; elle ne fera pas disparaître le chômage, les discriminations, les ghettos urbains ; c'est une condition nécessaire mais non suffisante de paix civile ;

  • ce n'est parce que la mise pratique d'un principe est déficiente que ce principe est à rejeter.


Pourquoi la Laïcité est-elle si souvent remise cause, de manière directe ou détournée ? Sans prétendre épuiser la question, je signalerai un faisceau de forces qui lui sont hostiles.
Un climat global hostile à l'Etat et à la démocratie

Le principe de laïcité est associé à une conception de l'Etat, des services publics et d'une école publique laïque qui est de plus en plus remise en question. On assiste à une privatisation généralisée et à une mise en extinction des services publics. L'école n'est pas épargnée. La décentralisation est proche dans son esprit de la privatisation : elle a pour but d'améliorer le "retour sur impôts" au détriment des notions d'intérêt général, de péréquation nationale et d'aménagement du territoire.

La souveraineté populaire est battue en brèche au profit de la technocratie (l'indépendance de la Banque Centrale Européenne est un cas extrême mais on pourrait en citer d'autres), des lobbys et les ONG qui seraient censées mieux représenter la volonté populaire que les assemblées démocratiquement élues, des comités d'éthique où les religions sont représentées et imposent des vues contraires à l'opinion des citoyens (sur l'IVV par exemple).

L'apologie des "communautés" et donc, du communautarisme.

L'influence anglo-saxonne promeut le communautarisme contraire au principe d'égalité, auquel les citoyens sont très attachés, les enquêtes le montrent, et les politiques ne font rien pour s'y opposer, au contraire.

Le Liban est un cas extrême, où l'on recense 18 statuts familiaux différents à bases religieuses. Mais des françaises d'origines algérienne, marocaine ou africaine sont victimes des droits étrangers en matière familiale, droits reconnus par les tribunaux français. (Le Monde Diplomatique, Novembre 2005).

Les discriminations positives constituent une forme atténuée de communautarisme, mais sont néfastes. Voir la critique argumentée de A.-M. Le Pourhiet les concernant :

http://www.communautarisme.net/Anne-Marie-Le-Pourhiet-la-discrimination-positive-marque-le-retour-au-droit-des-orangs-outans-_a621.html

Sont bien sûr justifiées des aides décidées sur la base de besoins individuels reconnus (soutien scolaire par exemple), même si elles concernent des populations nombreuses, mais pas celles décidées sur une base ethnique ou sur celle d'un lieu de résidence. Les classifications correspondantes aboutissent à cloisonner la société, à enfermer les personnes dans des statuts, à créer des castes, et in fine, à perpétuer les inégalités qu'elles prétendent abolir.

La coalition islamo-gauchiste

Une étrange coalition islamo-gauchiste s'est manifestée lors des débats sur la loi d'interdiction des signes religieux dans les écoles publiques. On a vu des associations comme la LDH, le MRAP, la FCPE, la Ligue de l'Enseignement, sous prétexte de tolérance, s'associer aux islamistes et les aider à isoler leurs femmes et leurs filles de la société.

A cette coalition hétéroclite s'est associé "Le Monde" journal clérical, qui n'a pas peur de louanger l'Opus Dei (4.10.2002), d'ouvrir ses colonnes aux intégristes qui défendent la Charia (Hani Ramadan, 9.09.2002), de s'associer à toute initiative hostile à la Laïcité (articles de X. Ternisien).

On y trouve aussi des "intellectuels" embourbés dans une culpabilité post-coloniale, des sociologues dont les publications, notoirement idéologiques, se prétendent scientifiques et des partis politiques marginaux à la recherche d'électeurs. Lire à ce sujet : C. Fourest, La tentation obscurantiste, Grasset, 2005.

Le détournement de principes humanistes

Les Droits de l'Homme sont utilisés pour faire du "respect des croyances" un absolu et permettre à tout groupe qui se prétend religieux (la Scientologie est considéré comme une religion dans certains pays, notamment aux Etats-Unis) d'imposer ses pratiques traditionnelles même nocives (refus des vaccins, circoncision), d'imposer aux collectivités des contraintes en matière de restauration, de calendrier et d'horaires de travail, de réclamer la censure de tout livre, de tout film ou de toute production artistique qui leur déplait. La tolérance et la nécessaire répression des propos racistes sont invoquées pour réclamer la censure et interdire toute critique d'une religion, de ses dogmes ou de ses pratiques. Le principe de liberté de pratique religieuse est détourné en revendication de soutien financier des cultes sur fonds publics.

Voir l'article de René Pommier :

http://www.communautarisme.net/Defense-du-libre-examen_a547.html

La Laïcité est mal défendue par les politiques, indifférents au respect des principes fondateurs de la République, car ils y voient un facteur de division de leurs électorats. L'association ATTAC est elle aussi divisée sur le thème de la Laïcité. Mais, ses fondateurs B. Cassen et J. Nikonoff tiennent bon face aux islamo-gauchistes et autres alliés de T. Ramadan.

Rôles et objectifs des associations qui défendent la Laïcité

Le terme de "société civile" est souvent utilisé pour désigner les associations, les ONG, les syndicats et les lobbys les plus divers. Les politiques présentent sa consultation, voire sa collaboration, comme un progrès démocratique, ce dont on peut douter. Les consultations de la "société civile" ayant préparé la rédaction de la Charte des Droits Fondamentaux et de la Constitution Européenne ne sont qu'une apparence de démocratie. Elles donnent du poids aux organisations les plus riches et les mieux organisées, et elles contribuent à dévaloriser les représentations démocratiques instituées.

Notons qu'il n'est pas normal que des associations doivent se mobiliser pour défendre des valeurs aussi fondamentales que les Droits Humains ou la Laïcité. Ce devrait être le rôle de la justice, du Conseil d'Etat et du Conseil Constitutionnel.

Comment être efficace dans la défense de la Laïcité ? Comment influer sur les décisions politiques, sur les lois, et sur la rédaction de textes tels que la Constitution Européenne, si elle doit jamais voir le jour ? Cela nécessiterait que des élus défendent énergiquement les idéaux laïques.

Pour de multiples raisons (manque d’adhérents et de "sponsors", querelles théoriques) les associations qui défendent la Laïcité sont peu écoutées. Malgré leur travail, l'opinion publique ne s'intéresse à la Laïcité qu'en cas de crise : visite du pape, censure, affaires de foulards et autres revendications de plus en plus perçues comme insupportables par l'opinion publique, subventions à l'enseignement privé. Il faudrait aussi que les médias rendent compte des questions de Laïcité de manière objective, et non comme des prétextes à de pseudo-débats affligeants dont il ne sort rien.

Les échanges d'informations entre associations de tous pays sont essentielles et des actions internationales concertées devraient avoir du poids.
Conclusion
La Laïcité a été trop longtemps considérée comme un acquis définitif. Il est clair qu'elle est remise en cause par des forces politiques nombreuses aux motivations diverses. Il nous faut donc expliquer sans relâche sa signification aux citoyens, qui on le sait bien, sont très attachés aux valeurs de Liberté, d'Egalité et de Solidarité, en espérant que finalement, leur attachement sera compris et pris en compte.


Quelques mots pour finir sur deux associations dont je suis adhérent (mais les propos ci-dessus n'engagent que moi).
Le Mouvement Europe et Laïcité.
Il a été fondé en 1954 sous le nom de CAEDEL, Centre d'Action Européenne Démocratique et Laïque, pour promouvoir la laïcité dans la construction européenne envisagée dès cette date. Ses principaux thèmes d'action et de prises de position sont la stricte séparation de l'Etat et des religions et la lutte contre les lobbys religieux, régionalistes et économiques. Son action n'est pas antireligieuse ; la liberté d'expression est pour tous, religieux comme athées. La promotion de la laïcité est une action constructive tournée vers l’avenir et non la préservation d'un "héritage". Le MEL rejette le dogmatisme ultralibéral tout comme les dogmatismes religieux.
Voir son site : http://www.europe-et-laicite.org

Le Comité Laïcité République.

Il a été fondé en 1989 suite aux premières "affaires de foulards islamiques" pour défendre la Laïcité et les valeurs républicaines, en France et à l'étranger, sur les mêmes bases que le Mouvement Europe et Laïcité. Il est organisé en comités locaux départementaux (tous les départements français ne disposent pas encore d'un comité local). Des comités fonctionnent également en Afrique noire et au Chili.

Voir son site : http://www.laicite-republique.org

Novembre 2005. Pour me contacter : bruno@courcelle-bruno.nom.fr

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