Rapport plaidoyer sur la devastation du secteur nyamulagira de la partie sud du parc national des virunga suite au trafic illicite des planches et charbon de bois








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RAPPORT PLAIDOYER SUR LA DEVASTATION DU SECTEUR NYAMULAGIRA DE LA PARTIE SUD DU PARC NATIONAL DES VIRUNGA SUITE AU TRAFIC ILLICITE DES PLANCHES ET CHARBON DE BOIS.


  1. A propos de SORADEC


La Solidarité pour la Réflexion et Appui au Développement Communautaire, SORADEC. asbl, est une organisation locale, sans but lucratif et apolitique, membre de la société civile en Province du Nord-Kivu. Elle a son siège social dans la ville de GOMA. C’est dans le cadre de notre domaine d’intervention visant la protection et conservation de l’environnement que nous avons mené la présente recherche. C’est aussi en réponse aux préoccupations de nos membres basés dans la partie est du territoire de Masisi.

  1. INTRODUCTION

La RDC est en effet le seul pays d’Afrique à compter sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO cinq sites naturels exceptionnels, à savoir: les parcs nationaux de la Garamba, de Kahuzi-Biega, de la Salonga et de Virunga, ainsi que la Réserve de faune à okapi. Malheureusement, et malgré des progrès notables sur le plan politique ainsi que les efforts du gouvernement et de la communauté internationale pour préserver ce patrimoine, l’état de ces sites reste aujourd’hui extrêmement préoccupant.

Le dilemme entre préservation et exploitation de la nature a pris une ampleur inquiétante les 2 dernières décennies que la province du Nord-Kivu, particulièrement, vit une situation de guerre. La menace ne fait que s’accroitre sur le Parc National des Virunga dont les ressources naturelles en paient le lourd tribut.

Les guerres entre différents belligérants, la présence de groupes armés dans le parc, de braconniers, de réfugiés et retournés et de déplacés internes, sont autant de facteurs, parmi d’autres, ayant eu des effets dévastateurs sur les espèces et écosystèmes du PNVi. Une situation qui a conduit à l’inscription de ce site sur la liste du Patrimoine Mondial en péril, depuis 1994.

Ces menaces ont entre autres conséquences ; l’envahissement par les populations locales, les activités agricoles et la présence de bétail, le prélèvement illégal de bois et la production de charbon de bois, la présence de villages de pêcheurs illégaux sur les côtes du lac Edouard et la présence dans le parc de militaires et bandes armées, responsables à 80% des activités de braconnage, la dévastation des forets du Parc.
20 ans plus tard, au lieu que ces menaces soient résolues, elles sont plutôt renforcées par une autre menace encore plus dévastatrice, le projet d’exploration et exploitation du pétrole dans le parc.
Notre enquête menée du 3 au 28 février 2015 se déroule dans les groupements Bishusha en territoire de Rutshuru, Rusayu en territoire de Nyiragongo, et dans les groupements Kamuronza et Bashali Kahembe en territoire de Masisi.

Cette zone d’étude couvre la partie Est des Volcans Nyiragongo et Nyamulagira au sud-ouest du secteur sud du Parc National des Virunga.



Carte PNVi secteurs SUD, CENTRE, et EST
Dans la délimitation domaniale, notre étude s’est focalisée sur l’exploitation des ressources forestières du Parc mais aussi l’envahissement des écosystèmes de cette partie sud du Parc par les populations humaines.



  1. Objectif de l’enquête.

Notre enquête a globalement l’objectif d’évaluer le niveau des menaces qui pèsent sur le PNVi dans cette zone sortie d’une longue période des conflits armés. Plus spécifiquement elle vise à :

  • Investiguer sur l’exploitation des ressources forestières du parc impliquant les FDLR, les populations riveraines et d’autres autorités civiles et militaires dans le sud du secteur sud du PNVi.

  1. Méthodologie de recherche

Dans le présent travail, nous ne nous sommes intéressés qu’aux méthodes et techniques qui nous permettent de collecter et de répertorier toutes les données cadrant avec nos objectifs. Il s’agit des méthodes historique et systémique. Quant aux techniques, nous n’avons utilisé que la technique documentaire et l’entretien.



  1. Outils et techniques de récolte des données


Les données ont été récoltées à l’aide d’un guide d’entretien. Nous avons fait des sorties pour rencontrer les informateurs privilégiés. C’est entre autres ; les autorités locales, les membres de la société civile, les notables et enseignants et certains habitants locaux en focus groups.

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Photo SORADEC. Réunion avec les notables, responsables du marché local et exploitants forestiers de Lupango en localité Kingi/Masisi.


  1. LES RESULTATS DE L’ENQUETE




  1. Envahissement par les populations riveraines

Dans cette section nous avons effectué des descentes dans 4 groupements riverains au Parc National des Virunga au sud du secteur Sud. Nous nous sommes seulement intéressés à la partie située au sud des deux volcans actifs, Nyamulagira et Nyiragongo. Il s’agit de :

  • Groupement Kamuronza et Bashali en territoire de Masisi

  • Groupement Rusayu en territoire de Nyiragongo et

  • Groupement Bishusha en territoire de Rutshuru.

Nous avons confronté les données récentes récoltées sur le terrain pendant nos descentes aux données anciennes retrouvées dans quelques publications à ce sujet. Le tableau ci-dessous illustre la somme des espaces envahis par les populations riveraines dans le parc national des Virunga secteur Sud en date du Février 2015.
Tableau I. Envahissement du PNVi au sud des Volcans Nyiragongo et Nyamulagira, par la population locale.


Territoire

Groupement

Localité riveraines du Parc

Nombre d’habitants/Menages

Nombre de ménages vivant dans le parc

Espace Envahi par ha

Masisi

Kamuronza

Kingi

6000

2000

3000

Nzulo

1676

340

85

Macha/Mubambiro

17707

-

-

Kimoka

9001

-

-

Malehe

4778

-

-

Katembe

4957

-

-

Bashali

Kalenga


-

10.000

16200

Kirolirwe

Burungu

Kitshanga

-

-

-

Nyiragongo

Rusayu

Rukorwe

23113

-

-

Karambi

Shangutwa

Karangara

Katwa

Kahande

Kabale Kumbi

Rutshuru

Bishusha

Bwiza

5000

5000

6600

Kyumba

16000

-

-

TOTAL










17340

25885

Source : Notre enquête, Février 2015.

Nous ressortons dans le tableau ci-haut, seulement les espaces envahis par les populations locales, les déplacés et les retournés venus du Rwanda, dans la partie ouest des deux volcans actifs au sud du secteur sud du PNVi.

Dans ces espaces envahis, ces populations y établissent des villages permanents avec certaines infrastructures sociales comme écoles, centres de santé et marchés voire même des pâturages à certains endroits. C’est le cas de Kingi/Kalenga (ou Karenga), Bashali et Bwiza. Pour Nzulo en groupement Kamuronza, selon les déclarations des autorités coutumières locales, quelques dizaines de ménages s’y sont installés vers les années 80 avec « autorisation de l’ICCN » selon les déclarations mais avec l’explosion démographique en court, ces habitants envahissent déjà le parc.

Sur l’axe Bashali/Kirolirwe et Bishusha/Bwiza, le parc a été envahi avec la bénédiction de certains leaders du mouvement rebelle RCD en 1999 suivi de ceux du mouvement rebelle CNDP en 2009, ont déclaré nos enquêtés. La localité Bwiza qui n’existait pas auparavant a été créée en 2004 par le mouvement CNDP au motif d’établir un site de transit pour les réfugiés1 congolais qui devraient revenir du Rwanda pour la RDC. Les activités de carbonisation et l’établissement des champs de culture qui ont accompagné cet envahissement du parc ont entrainé d’autres membres des communautés riveraines à venir s’associer aux retournés pour envahir le parc. Les mêmes causes ont été à l’origine de l’envahissement de l’axe Burungu-Kirolirwe - Kingi entre 1999 et 2002 sous le règne du RCD.


  1. Le niveau d’exploitation de la partie sud des Volcans Nyiragongo et Nyamulagira


Notre enquête a révélé que toute la partie de la lisière du parc national des Virunga, au sud des deux volcans partant de Rusayo, Mugunga, au sud-est, passant par Kamuronza et Bashali au sud, puis Bishusha au nord-ouest sont déjà envahi par les populations. Cela suite aux activités de cueillette des bois de chauffe, carbonisation, recherche de bois d’œuvre et autres matériels de construction, mais aussi d’autres activités champêtres, implantation des pâturages à certains endroits, etc.

Selon les témoignages de nos interviewers, depuis leur dévastation, entre 1994 et 1996 par les réfugiés hutus venus du Rwanda, les écosystèmes du parc aux environs de Mugunga, Rusayo et une partie nord-est de Kamuronza n’ont jamais été restaurés.
Les rebellions qui se sont succédées ont facilité, comme dit plus haut, l’implantation de plusieurs pâturages dans le parc sur l’axe Sake-Kitshanga rajoutant à cette dévastation. Certaines zones importantes du parc sur le même axe ont vu leurs forêts découpées et transformées carrément en de localités permanentes. Cas de Karenga à cheval entre Kamuronza et Bashali, mais aussi Bwiza dans le groupement Bishusha.

A l’intérieur du Parc dans cette partie, les FDLR qui s’y sont installés ont lancé une activité de carbonisation à très grande échelle, suivi des activités de sciage de bois. Ainsi, l’ensemble des collines Bishusha, Nyamulagira, Kitazunulwa, Rugarama, Kamatembe, Karuri, Mushanje, Kundeatso, Kamatunda et Kabanvu sont completement deboisés.

Et donc, partant de l’ouest vers le volcan Nyamulagira à l’interieur du parc, c’est au moins 20 kms déjà dévastés et partant de Rusayo au sud vers Bishusha au Nord c’est en moyenne 40 kms. Ce qui fait une étendue d’environ 800 km2 dévastés à en croire nos interviewers.


  1. Les causes d’envahissement et dévastation de la partie sud des deux volcans


Notre équipe a pu identifier un ensemble de 8 causes d’exploitation et envahissement du parc dans cette partie sud des volcans Nyamulagira et Nyiragongo. C’est comme reproduits dans le tableau ci-dessous
Tableau 2 : Les causes d’envahissement

N0

Raisons d’exploitation des ressources du parc

1

Explosion démographique et manque de terre cultivable

2

Intoxication politicienne

3

Mouvement des refugié et déplacés et insécurité dans les zones de retour

4

Imprécisions sur les limites entre parc et terres des chefferies

5

Complicité des agents de l’ICCN

6

Complicité des services de l’Etat

7

Complicité d’hommes et bandes armés (dont les FDLR) en retrait dans le parc

8

Insécurité et absence des agents de l’ICCN dans le secteur

Source : Notre enquête, Février 2015
Plusieurs de nos interviewers ont déclaré que l’explosion démographique serait la cause principale de l’envahissement du Parc National des Virunga dans cette partie du secteur Sud. Toutefois ce facteur est suivi d’une intoxication politicienne qui a été à l’origine de l’envahissement du parc, mais aussi la présence de bandes armées dans le parc qui entretiennent les activités de carbonisation et la faiblesse ou complicité de certaines autorités publiques à imposer la force de loi pour empêcher cette exploitation.

Seulement il a été confirmé par nos interviewers que les limites fixées par les belges démarquant le parc par rapport aux chefferies sont encore bien connues à certains endroits. Excepté certaines zones conflictuelles comme Rusayu et Bashali où les locaux contestent les limites arguant que le Parc aurait envahi leur chefferie.

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