Le processus de création publicitaire








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date de publication20.12.2016
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Le processus de création publicitaire

La thématique de la publicité, les images qu’elle donne de la réalité (femme, famille, homme, travail, nature, etc.) sont souvent considérées comme représentatives des tendances de l’époque. Mais est-ce la réalité qui est montrée ou un désir qui est projeté? C’est toute l’ambiguïté du discours de la publicité, et la plupart des critiques qui lui sont adressées dénoncent précisément cet aspect irréel des représentations qu’elle suggère. Réductrice par nature (le message publicitaire est court et frappant), elle provoquerait un affadissement, une banalisation des valeurs. Elle véhiculerait une mythologie frustrante de paradis inaccessibles (F. Brune, 1981). Vendant du rêve, elle produirait frustration et aliénation, et conforterait les conditionnements sociaux, et en particulier les rôles féminins. Sous couvert de libérer les femmes en transformant les tâches ménagères quotidiennes en parties de plaisir, et en leur permettant d’accéder à tout ce qui peut accroître leur charme, elle contribuerait à maintenir les stéréotypes sociaux: à l’homme l’action, le dynamisme, la puissance, la technologie, à la femme le ménage, la cuisine, la nécessité d’être parfaite en toutes circonstances. D’autres voient dans la publicité un dérivatif, une nouvelle forme d’expression, souvent admirée pour son esthétique, son originalité, sa poésie ou son charme, etc.

Sa rhétorique est donc adaptée, d’une part, aux objectifs qu’elle s’assigne, d’autre part, aux conditions de sa visibilité: taille de l’annonce, durée, rapports de l’image et du texte, du texte et du son. Subjective, elle va jouer sur les sentiments, l’affectif, voire l’irrationnel. «La véritable nature de la publicité est la séduction, son domaine premier celui des objets, son système celui de la compétition...» (B. Brochant, 1989).

Sur le plan de l’argumentaire, le message publicitaire repose sur trois éléments. L’apprentissage, d’abord (étape cognitive): le consommateur potentiel doit savoir de quoi il est question; l’intérêt, ensuite (étape affective): le futur consommateur doit s’y intéresser; l’action, enfin (étape comportementale): il doit acheter le produit. Mais le message, quand il est reçu, est aussi très vite oublié. Le produit lui-même peut être victime de l’oubli, d’où la répétition des messages et l’importance accordée au choix de la durée d’exposition, donc à celle de la campagne de publicité: il faut que le plus rétif apprenne malgré lui.

Il semble qu’aujourd’hui le problème soit moins d’être favorable ou hostile à la publicité que de porter une attention particulière à ses contenus, aux messages qu’elle véhicule, aux dérives de ses discours qui pénètrent désormais des secteurs de plus en plus larges de la vie sociale et surtout de la vie politique. Il est vrai qu’il ne s’agit plus ici de publicité, mais de communication ; mais ce sont pourtant les mêmes agences qui créent les messages publicitaires des lessives et qui prennent en charge les campagnes électorales des hommes politiques, même si interviennent dans le second cas des spécialistes de la communication politique! Le champ ouvert à ces derniers est en effet devenu particulièrement vaste en raison du rythme des échéances électorales et, surtout, des lois de décentralisation qui, en transférant aux collectivités locales et territoriales une partie des compétences de l’État, ont amené les équipes dirigeantes à utiliser médias et techniques de communication pour faire connaître aussi bien leurs décisions, leurs réalisations que leurs opinions.

Pour répondre aux critiques et marquer son ancrage dans la vie sociale et culturelle, la publicité organise sa propre promotion. Elle tient sur elle-même un discours de légitimation dans le but de faire oublier sa fonction commerciale. Les publicitaires écrivent non seulement pour raconter leur vie mais aussi pour défendre leur profession, élevée par certains au rang de métier d’art. Festivals, prix divers, nuits de la pub, émissions de radio et de télévision participent, en étroite liaison avec la presse professionnelle, à l’autopromotion du secteur publicitaire.

Ceci dit, le processus de création demeure difficile à décrire. C’est lui en tout cas qui est à la base de toute réussite publicitaire.

Trois types essentiels d’objectifs publicitaires sont à relever :

  • Objectifs d’identification ou de notoriété;

  • Objectifs d’image;

  • Objectifs de comportement.

La création publicitaire traduit ces objectifs en définissant :

  • La cible ou public visé par le message : Il est possible de retenir une cible prioritaire, d’où la nécessité de bien étudier les attitudes de cette cible par rapport au produit ou à la marque;

  • Le concept qui doit être évocateur et motivant;

  • L’axe ou argument central du message : Il peut concerner le produit, ses effets ou l’univers qu’il représente; par exemple : l’axe de Vittel est la santé. C’est donc l’idée maîtresse à transmettre;

  • Le thème ou traduction publicitaire de l’axe : Cette traduction peut être une image, un slogan; pour Vittel, le thème est "l’eau neuve de vos cellules", "buvez, éliminez". Les thèmes publicitaires au Maroc sont variés même si les produits de grandes consommation (alimentation, boissons, hygiène corporelle, entretien maison, et publicité sociétale) détiennent 70% des investissements "médias", la télévision surtout.

La conception du message publicitaire

Concevoir un message publicitaire efficace, suppose un cheminement partant de   «l’attention» et aboutissant à l’acte d’achat.

Les créatifs utilisent différentes méthodes pour décider du choix de leurs axes, autrement dit les propositions autour desquelles ils vont  articuler leurs campagnes :

  • Méthode inductive : Consiste à interroger les consommateurs, les distributeurs, des experts et parfois même des concurrents afin de découvrir de nouvelles idées.

  • Méthode déductive : (de Henri Joannis) :

    • La charte de création : document qui définit la cible, ses motivations, la personnalité du produit, le positionnement de la marque et les contraintes à respecter.

    • Le choix de l’axe psychologique : Quelle attitude désire-t-on modifier ? Quelle connaissance veut-on rendre sensible ?

    • Le concept d’évocation : rechercher et exprimer l’élément que l’on a choisi de mettre en relief.

    • Le module de communication   : concept la forme d’un message publicitaire complet.

La construction du message publicitaire

La construction du message est une étape déterminante dans la création publicitaire. C’est elle qui détermine les moyens et les méthodes techniques de la transmission du message. Ces techniques différent selon que le message soit visuel (affiche, annonce presse), auditif (spot radio) ou audiovisuel (spot T.V., film cinéma). Le rôle et la fonction des Agences de Publicité sont à ce niveau très importants. La structure d’une agence de publicité, le mode d’organisation varie d’une agence à l’autre. Si l’agence est chargée de la prospection, de la négociation avec les clients et gère les budgets publicitaires depuis la conception jusqu’à la réalisation et le contrôle de campagne, les départements fonctionnels ou techniques (études, création, fabrication du message, gestion des médias...) sont essentiellement sollicités pour la conception et la réalisation du message

Sans prétendre être exhaustif dans un pareil domaine, on peut citer quelques exemples de construction du message. Ce dernier peut mettre en jeu :

  • Un facteur de différenciation par rapport à la concurrence : Ex. : caractéristique du produit, marque ou positionnement. La création publicitaire débute par le positionnement du produit. Positionner le produit, c’est lui donner un caractère propre, le distinguer de la concurrence, le rendre original. Il doit donc être cohérent avec le marketing mix, motivant, exclusif, spécifique. Trois types de positionnement sont possibles :

    • Le positionnement objectif physique : le positionnement objectif physique du produit par un de ses traits les plus motivants;

    • Le positionnement psychologique hors produit : C’est-à-dire ne faisant pas référence aux éléments physiques du produit;

    • Le positionnement symbolique : Il se joue autour du contexte socioculturel.

  • Un registre de communication : Prestige pour Waterman, mythe pour les jeans,...

  • Un support d’expression publicitaire : Témoignage ou "jingle" musical (Café Samar);

  • Un ton, un style de communication : Sobriété, humour, connivence, dramatisation,...;

  • Une syntaxe publicitaire : Utilisant par exemple une approche séquentielle ou sémiologique.

La copy-strategy

Objectif

La création publicitaire se poursuit par la copie stratégie qui spécifie :

  • La promesse de base : C’est l’avantage qui est offert à tout acheteur ou utilisateur. Appelée aussi "bénéfice consommateur", elle doit être exclusive (la concurrence n’y ayant pas pensé ou n’étant pas en mesure de le faire) et attractive (elle doit conclure la vente).

  • La justification de la promesse : Elle est apportée par la description du produit, soit par la comparaison (et la publicité comparative nominative du produit concurrent est encore interdite au Maroc) ou le témoignage d’un spécialiste (médecin pour le shampooing) ou utilisateur "moyen" (la ménagère marocaine dans Tide). Pour le cas de Duracell, on met un lapin qui joue plus longtemps du tambour que d’autres jouets;

  • La façon dont cette promesse sera traduite : La façon dont cette promesse sera traduite par un ton, un style, une atmosphère. On montre, par exemple, le linge plus propre que jamais. Duracell utilise le ton de la démonstration scientifique dans l’univers sympathique des jouets ("Duracell dure plus longtemps").

La copy-platform et le plan de travail créatif

La copy-strategy (copie stratégie) se perfectionne tour à tour avec l’apparition de la "copy-platform", puis du "plan de travail créatif". On peut recourir à ce niveau à :

  • L’approche motivationniste : Elle utilise le résultat des études de motivations et emprunte les trois étapes (cible, concept, axe et thème).

  • La voie de la sémiotique : L’image, le mot, l’illustration ont un caractère signifiant et il faut arriver à établir un véritable lexique des signifiants publicitaires. Cette approche implique l’analyse de la structure du manifeste publicitaire, l’utilisation de plusieurs registres de messages et la mise en oeuvre de toute une syntaxe publicitaire.

  • L’approche psychosociale : La communication met en avant la signification sociale des objets. Deux applications récentes en sont les approches du "star-system" (agence RSCG) ou de la personnalité de marque (agence Young et Rubican).

L'exécution du message

Cette phase consiste à formuler l’idée créative en tenant compte de plusieurs éléments : Le choix des mots et des images, le code du genre, la rhétorique (métaphore, métonymie…), la connotation, etc.

Il s’agit de produire un message qui s’adapte parfaitement au média choisi pour que les significations élaborées avec soin par le publicitaire, arrivent à destination (les clients) sans trop de transformation. En fait, il dispose de plusieurs procédures qui lui permet de limiter la liberté du récepteur (Stratégie de discours) :

  • La redondance : La reprise sous des formes différentes d’une même signification. Cette reformulation à l’intérieur d’un même message concerne aussi bien les mots que les images.

  • Les rapports du texte et des images que Roland Barthes a désigné par les termes d’ «ancrage» et «relais» :

    • Ancrage : Le fait pour le texte de réduire les significations de l’image, de dire ce qu’il faut voir et comprendre.

    • Relais   :  Le fait pour le texte de compléter l’image.

  • La mise en page qui opère comme un guide contraignant pour la lecture d’une affiche ou d’une annonce. Le regard est dirigé par les masses géométriques que représentent les textes et les visuels. La nature des caractères typographiques (polices, corps, graisse) détermine un ordre de lecture

Les pré-tests publicitaires

Les pré-tests publicitaires sont utilisés fréquemment. Ils consistent à tester le message auprès d'un public réduit et représentant la cible.

Les méthodes sont nombreuses dont notamment :

  • les Technique des revues fictives,

  • les tests tachistoscopiques,

  • les "folder test",

  • les réunions de groupe sur des spots radio ou T.V.,

  • les tests linguistiques,

  • les "split run",... etc.

Mais au Maroc, et mise à part quelques agences soucieuses d'un travail de qualité, les messages publicitaires passent souvent sans recours à ces pré-tests.

Les annonceurs sont toujours intéressés de savoir ce que les consommateurs connaissent de leur marque, et à quel point ils y sont favorables. D'une manière générale, le fait que le consommateur se souvienne ou non de la teneur d'une publicité donnée n'entre pas en ligne de compte dans l'évaluation de l'efficacité de cette publicité.

En fait, les consommateurs étant souvent sceptiques quant à la véracité du message, ce dernier pourrait avoir davantage d'impact si le consommateur ne se souvient plus qu'il tient sa connaissance du produit de la publicité. Pour améliorer la mesure de l'efficacité des publicités, plusieurs procédures peuvent être utilisées :

  • Evaluer la connaissance et les dispositions du consommateur à l'aide de mesures implicites de la mémoire. On peut sonder les connaissances des consommateurs en demandant aux personnes qui reçoivent le message quelles sont les marques dont elles se souviennent, quelles marques elles envisagent d'acheter pour une catégorie de produits donnée, et ce qu'elles savent de la marque étudiée. On peut également évaluer les dispositions vis-à-vis de la marque en se fondant sur les attitudes globales ou spécifiques suscitées par une marque donnée ainsi que sur le choix de marque. Lorsque la capacité du consommateur à percevoir des informations telles que les noms de marque présente un certain intérêt, on peut recourir à des mesures de la perception, par exemple en leur demandant de compléter des parties de nom.

  • Les procédures actuellement utilisées pour étudier l'efficacité d'une publicité se concentrent sur le phénomène d'infidélité à la marque. Cependant, sachant que de nombreux annonceurs recourent à la publicité pour conserver leurs clients actuels, il serait pertinent d'introduire des procédures visant à évaluer la fidélité à la marque. Diffuser des publicités concurrentes dans la même séquence que la publicité étudiée permettrait de déterminer si la fidélité à la marque résiste aux attaques de la concurrence.

  • Il convient de disposer de procédures mesurant l'élasticité de la réaction aux expositions à la publicité. Il s'agit ici de savoir si augmenter le nombre des expositions à la publicité en accroît ou en atténue l'impact. On peut alors déterminer si la supériorité d'une version sur une autre, telle que révélée par un test publicitaire, se vérifie lorsque l'on utilise différents niveaux d'exposition dans un cadre quotidien.

  • Le contexte dans lequel une publicité est évaluée peut distordre le résultat en faveur d'une version donnée. Les procédures d'évaluation des publicités en dehors d'un programme télévisé et d'autres publicités risquent d'être inadaptées. Il importe de sélectionner des contextes de tests correspondant à ceux dans lesquels la publicité sera diffusée.

Les post-tests publicitaires

Les post-tests viennent après pour mesurer l'impact publicitaire.



La conception de l’identité visuelle

La conception de l'identité visuelle repose sur un ensemble de signes écrits par l’entreprise pour influencer les comportements (noms, logotypes, brochures, conditionnement…). Elle est très importante quand on sait qu’il existe 5 millions de marques dans le monde et que 80% des informations reçues par un individu sont visuelles, on ne peut pas tout retenir. L’identité visuelle consiste à jouer sur les symboles représentant l’entreprise.

Dans la lutte que se livrent aujourd'hui les marques dans un marché toujours plus concurrentiel, l'innovation publicitaire est indispensable pour améliorer les résultats de vente. C'est ainsi que les méthodes d'impression et de reproduction graphiques ont été grandement améliorées et adaptées aux supports de presse tout comme à la publicité directe. Les enseignes éclairées et tournantes, la qualité des films publicitaires ou encore le développement récent des procédés de montage numérique sont autant d'innovations qui ne cessent de faire évoluer le monde de la publicité.

L’identité d’une marque ou d’une entreprise se définit par une volonté de s’affirmer dans un discours unique et fort cohérent, pour renforcer sa démarche et symboliser son évolution. Les éléments qui aident à l'identification sont :

  • Le logo : C’est le fil conducteur de toute l’histoire que l’on veut développer.

  • Le concept : C’est une source, une référence de la création et un support de la communication.

  • Les mots, Les signes et les images : Ce sont des objets dont les applications s’harmonisent pour traduire fidèlement le caractère et les valeurs de l’entreprise et de transmettre son style.

Une entreprise peut changer son identité visuelle quand son identité devient banale, obsolète, ses connotations inopportunes et ses implications anachroniques. Quand une entreprise décide de modifier son système visuel ou de l’abandonner pour un autre, elle se lance dans un chantier important. Dans la vie de l’entreprise, c’est une étape décisive (car une identité est destinée à durer et son enjeu est vital pour l’entreprise) et impliquante (car ce sont tous les vecteurs de la communication qui sont concernés).



Les "free-lance"

En plus des agences et des départements propres à l’entreprise, plusieurs agents contribuent dans la conception et la création publicitaire au Maroc.

D'abord, l'Ecole des beaux-arts de Casablanca, une élégante construction blottie au fond d'un joli parc orné de sculptures et de céramiques créée en 1930, qui contribue au développement artistique de la publicité au Maroc et où sont délivrés des diplômes initiant aux différentes disciplines des arts plastiques (dessin, peinture, sculpture, céramique, arts graphiques, tapisserie et décoration).

De grands artistes peintres marocains comme M. Rahoule, M. Hamidi, F. Belkahia., M. Rabii ou M. Chebâa ont contribué à l'enseignement au sein de cette école. Les élèves ont participé de façon active à l'élaboration des divers stands de la Foire Internationale de Casablanca ainsi qu'à l'ouverture des Jeux Méditerranéens et des Jeux Panarabes en y exposant des toiles de fond. D'autre part, le peintre Abdelkrim Ghattas, l'un des meilleurs artistes marocains, collabore avec plusieurs agences et sociétés dont les plus récentes celles de transport, ainsi que Noureddine Bikr et Abdelkader Motaâ qui prêtent leur célèbre voix à la plupart des spots ou messages radiophoniques et télévisées.

Ces artistes peuvent être considérés comme des Free-lance.

La publicité est devenue "un domaine d’apprentissage pour les techniques de cinéma", comme le dit Edouard Molinaro. Même les cinéastes qui étaient hostiles au départ finissent par reconnaître son efficacité. L’allemand Wim Wenders connu pour ses positions hostiles à ce type de création en refusant les belles images dont l’esthétisme reste un souci pour vendre, reconnaît l’efficacité de la publicité dans le domaine de la création cinématographique. Il faut soulever le nombre sans cesse croissant de cinéastes marocains qui s'orientent de plus en plus vers le secteur publicitaires.



Les thèmes publicitaires et les moyens d’expression

Quant aux thèmes proprement dits, ils sont variés et riches. Mais selon l’angle de vision que l’on peut évoquer les thèmes publicitaires :

  • Si on prend le côté sectoriel, les 3/4 des investissements publicitaires dans la branche "médias" au Maroc, portent sur 5 secteurs : "l’alimentation et boissons", "l’hygiène corporelle et beauté", "l’entretien ménager", "la publicité financière" et "la publicité sociale (circulation routière, planning familial...)"...

  • Si on prend le côté spectacle dans la publicité, à titre d'exemple, on trouve qu'il a, aujourd'hui au Maroc, les mêmes spécificités de formes et de signes publicitaire qu’en Occident. Et c’est ainsi que de grands spots sont réalisés d'une façon très esthétique.

En ce qui concerne les moyens permettant d'obtenir cette dimension spectaculaire et qui sont utilisés actuellement au Maroc, nous pouvons citer :

  • Les trucages : Grâce à la vidéo, à la conception assistée par ordinateur et aux autres moyens technologiques, on peut arriver à des effets étonnants (exemple : les spots de General Tire réalisés par l’agence casablancaise SIGMA...);

  • La musique : Pour un film ou un spot radio, où le choix d'une musique commence à devenir fondamental, à tel point que pour une publicité à la télévision, le son équivaut à l'image. Le son, point faible du cinéma marocain, est rigoureusement "travaillé" en publicité. La musique s’inspire de tous les genres, du Boléro de Ravel à la musique andalou.

  • L'utilisation des vedettes : En ce qui concerne les acteurs de la publicité, la relation aux enfants est fréquemment très forte. On rappelle que l'idée traditionnelle de la famille est encore très ancrée dans la société marocaine; bien que nous assistions depuis une dizaine d'années à l'opposition vie privée/vie publique. Avec l'apparition de l'activité professionnelle, qui s'exerce en un lieu différent de l'habitat, nous passons de la solidarité lignagère à une solidarité conjugale.

  • L'utilisation des femmes : Bien que les femmes soient devenues actives, les soins matériels restent encore majoritairement une tâche féminine. De nombreuses femmes intellectuelles se plaignent de cette caractéristique d'associer toujours les produits ménagers à la femme. Les activités ménagères ne sont jamais assumées par un personnage masculin. Nous sommes encore loin de la représentation du nouveau couple égalitaire ménager-ménagère. Lorsque l'homme apparaît, non seulement il ne participe pas, mais il est doté d'un rôle d'expert ou de conseiller (ex : Publicité de Javel La Croix). Alors que le conseil de la femme renvoie à une simple expérience, celle d'une ménagère utilisatrice, et qui est tout à son honneur dans la société marocaine.

  • L'utilisation des enfants : La place de l'enfant est grande dans la société marocaine, traditionnelle ou moderne. Une famille marocaine est mal consentie sans enfants, et la publicité s'en faite l'écho (exemples : couches Pampers, Baby bot, Buble gummer, Danone, Nova). Mais l’enfant-prescripteur dans la décision de l’acte d’achat, doit le rester pour les produits relevant de ses intérêts. Pour mieux toucher le public marocain, le publicitaire n'hésite pas à donner en priorité à l'enfant des produits destinés aux adultes. Les exemples sont nombreux. En fait, la publicité voile la véritable image de l'enfant marocain, si nous percevons toujours une image sereine de l'enfant comblé, elle n'est pas toujours fondée. C'est ainsi que si la place de l'enfant est grande dans la société, les raisons sont diverses. Certes, non seulement l'enfant allonge l'arbre généalogique, mais il est également considéré comme un capital économique qui doit servir le groupe familial. Mais étendre le rôle de l’enfant aux motivations hédonistes des adultes relève parfois d’une exploitation exagérée... La législation doit mettre fin à cette exploitation... En France, une juridiction (89/90) protège les enfants contre leur utilisation abusive dans les spots publicitaires qui n’ont rien à avoir avec leurs besoins.

  • ... Et les autres : Les autres vedette -au sens professionnel du terme- proviennent souvent, entre autres, du théâtre, du cinéma ou du domaine de la musique. Dans la campagne lancée par le Gouvernement, en août 1995, pour la solidarité avec le monde rural (suite aux effets de la sécheresse), plusieurs vedettes ont été associées : du monde de la musique au monde du sport, en passant par les artistes de théâtre, de la télévision...etc.



La publicité mensongère

Très tôt, les pratiques déloyales de certains annonceurs ont conduit à l'établissement de restrictions juridiques. Les instances chargées de faire respecter la loi (comme le Bureau de vérification de la publicité, BVP en France) imposent des contraintes supplémentaires sur certains types de publicité (publicités comparatives, etc.), particulièrement celles qui risquent d'engendrer des litiges. Ces réglementations diffèrent d'un pays à un autre. En France, par exemple, la publicité pour l'alcool et le tabac, réglementée par la loi Veil (1976), a été interdite par la loi Evin (1991), et la loi Sapin (1993) a imposé une plus grande transparence tarifaire aux agences. En liaison avec ces limitations, le secteur de la publicité s'impose lui-même des règles déontologiques. Des codes d'éthique visent par exemple à empêcher les publicités tendancieuses ou le dénigrement déloyal des produits concurrents.

Les éditeurs et les médias audiovisuels sont tenus d'appliquer des règles strictes de présentation afin d'éviter des condamnations pour publicité déguisée et de préserver l'esthétique et la lisibilité de leurs publications et de leur antenne.

La raison d’être de la publicité est de faire vendre des produits et des services tout en cherchant à séduire. Elle est présente partout, dans la rue au cinéma, à la télévision, à la radio, dans les journaux, sur les lieux de vente... Mais la nature, les quantités, l’origine, la qualité, le prix, le mode et la date de fabrication sont autant d’éléments qui peuvent tenter de tromper le consommateur et faire de l’annonce une publicité mensongère abusant du public... Or celle-ci sera sévèrement sanctionnée par la loi.

En effet, la publicité mensongère est réprimée par l'article 10 du Dahir du 5 octobre 1984 : il s’agit des articles 10 et suivants du Dahir du 5 octobre 1984 promulguant la loi n° 13/83 :

  • Les support publicitaires : Tous les supports utilisés par les annonceurs publicitaires pour faire connaître au public un article ou un service sont visé par l’article 10 (Dahir du 5 octobre 1984): Affichage mural, encart dans la presse, publi-reportage, petites annonces, messages radiophoniques, films de télévision et de poste, catalogues, panneaux, arguments du démarcheur à domicile, emballages, étiquettes fixées sur un article ou dans la vitrine d’un magasin.

  • Les particuliers aussi : Les professionnels et les agences de publicité sont directement concernés, ce sont eux en effet, qui utilisent le plus souvent la publicité pour promouvoir leurs produits ou services.
    Mais les particuliers qui font paraître une annonce dans un journal peuvent aussi être poursuivis et condamnés. Ainsi, le fait, pour un particulier, de faire paraître une petite annonce afin de vendre un véhicule en indiquant un kilométrage inexact, ou une date de mise en circulation inexacte, relève de la publicité mensongère.

La publicité mensongère est définie par l’article 10 (Dahir du 5 octobre 1984) comme celle qui comporte allégation, indication ou présentation fausse ou propre à induire en erreur, sous quelque forme que ce soit, sur l’un ou l’autre des éléments suivants : Existence, nature, composition, qualité teneur en principe, prix, conditions de ventre des biens ou services, conditions ou résultats de leur utilisation, motifs et procédés de la vente, livraisons ou aptitudes des fabricants, revendeurs, promoteurs, annonceurs et prestataires.

La loi n’admet pas, en matière de publicité mensongère, la bonne foi du vendeur ou du producteur, comme excuse, et il n’est pas nécessaire de constater que l’auteur ait agi dans l’intention de tromper le consommateur.

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