Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels








télécharger 39.36 Kb.
titreMaisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels
date de publication18.12.2016
taille39.36 Kb.
typeDocumentos
l.21-bal.com > loi > Documentos


Fédération des personnels des services publics et des services de santé FORCE OUVRIERE 153 - 155 rue de Rome 75017 PARIS

 01 44 01 06 00 -  fo.sante-sociaux@fosps.com - fo.territoriaux@fosps.comwww.fosps.com - www.fo-publics-sante.org


Secteur médico-social et maisons de retraite :

une journée de réflexion pour préparer l’action !
Le 9 février 2016, un groupe de travail d’une vingtaine de professionnels s’est réunit à l’initiative de la fédération des personnels des services publics et de santé FO, afin de confronter exercice professionnel et conditions de travail.
Analysant les principales dispositions de la loi « adaptation de la société au vieillissement », un constat unanime à été tiré : la principale revendication de FO du ratio, un soignant pour un résident n’ a pas été satisfaite, loin de là !
Cette réforme supplémentaire inscrite dans la réduction des dépenses publiques (50 Milliards d’ici deux ans, dont trois milliards pour les dépenses Hospitalières et Médico-Sociales) va s‘accompagner très logiquement d’une dégradation de la prise en charge des personnes âgées dépendantes et donc des conditions de travail des personnels !
Ceci conjugué à la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales, (11 milliards d’euros d’ici 2017), conduit à accroitre la pression financière sur les EHPAD qui n’ont plus d’autres choix que de répercuter sur les personnels et les familles leur manque de moyens (réduction d’effectifs, augmentation du reste à charge, …).
FO conteste et s’oppose cette logique d’austérité qui affaiblit l’hôpital public et le secteur médico-social.
Plus que jamais l’heure est à l’action pour préserver les postes et exiger les financements garantissant une prise en charge de qualité et de bonnes conditions de travail pour les personnels.

Vous trouverez ci-dessous une synthèse des échanges qui ont marqué cette journée.

Maisons de retraite / EHPAD : Malaise croissant chez les personnels



Les professionnels qui œuvrent dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) voient leurs conditions de travail se dégrader de jour en jour. Lors d’une rencontre organisée le 09 février, à Paris, par la Fédération Force ouvrière des personnels des services publics et des services de santé, certains d’entre eux en avaient gros sur le cœur. Leurs témoignages sont édifiants.
Mélanie est aide-soignante dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du Maine-et-Loire. Elle connaît presque chacun des 41 résidents.

Elle aime frapper à leur porte le matin, car elle se sait attendue. Pas seulement parce qu’elle va les aider à faire les premiers gestes de la journée. Mais aussi parce qu’elle apporte sa présence et son attention. Un regard, un sourire, quelques mots… chaque rencontre est l’occasion d’un échange.

Ce qu’elle aime dans son métier, c’est précisément le contact avec des personnes qu’elle côtoie jusque dans leur intimité.
Elle jure qu’elle changera de métier le jour où elle ne sera plus animée par la même passion.

Pourtant, ses conditions de travail sont éprouvantes. Les horaires de l’établissement exigent d’elle et de sa famille une adaptation permanente. Une semaine, elle débute sa journée à 6h45, tandis que la semaine suivante, elle travaille de manière discontinue (de 7h20 à 12h30 le matin et de 18h00 à 20h20 le soir).

En outre, elle travaille un week-end sur deux. «Nous obtenons notre planning quinze jours avant: c’est tout juste pour prévenir la nounou ».
Difficultés financières

Confrontée aux difficultés financières de l’établissement, la direction parle de réorganiser le temps de travail. Mélanie devrait officiellement travailler 7h par jour, au lieu de 7h30. En échange, ses deux «jours de récupération» dans le mois, seraient supprimés. L’aide-soignante s’interroge non sans inquiétude: «Comment accomplir le même travail avec une demi-heure de moins ? Et ce changement ne va-t-il pas s’effectuer au détriment de l’indispensable transmission des informations lors de la relève ?». Elle souligne aussi combien ses deux jours de repos lui sont indispensables.
En charge de dix résidents chaque matin, Mélanie peut consacrer en moyenne une quinzaine de minutes à chacun d’eux. Ce n’est pas trop pour aider la personne à faire sa toilette et s’habiller.
Le matin, l’équipe compte cinq aides-soignants en semaine et quatre le week-end. L’après-midi, les effectifs descendent à deux. Un infirmier est également présent une partie de la journée. Et la nuit, deux agents sont en fonction. Au total, l’établissement met en moyenne 0,7 agent au service d’un résident. Or, Force ouvrière estime qu’il faudrait un ratio de un pour un, dans l’optique de soins de qualité.
Qu’ils soient agents de la Fonction Publique Hospitalière comme Mélanie, ou agents territoriaux, ou encore salariés du privé, les personnels des EHPAD dressent aujourd’hui le même constat: les effectifs de leurs établissements sont nettement insuffisants.
D’autant que les personnes âgées entrent désormais en maison de retraite médicalisée lorsque leur état de santé ne leur permet plus du tout de demeurer à leur domicile. A ce moment-là, ils ont en moyenne 84 ans et 5 mois et leur dépendance est accrue.
«A la limite de la survie»

L’ origine du problème est aussi et surtout d’ordre financier. Etranglés par les dépenses liées à l’allocation personnalisée à l’autonomie (APA) et au revenu de solidarité active (RSA), dont la croissance se cumule avec la baisse des dotations de l’Etat, les départements gèlent, ou parfois même réduisent le budget d’hébergement accordé aux EHPAD.Le département du Nord vient ainsi de décider d’une amputation de 3%. Or, il est difficile de compenser cette perte par une augmentation proportionnelle de la contribution mise à la charge des résidents.

Le ministère de la Santé évalue en effet à 1.757 euros par mois en moyenne leur reste à charge. Une somme qui est supérieure à leurs ressources, qui sont de 1.439 euros par mois en moyenne.
Les directeurs d’EHPAD n’ont donc pas la tâche facile. «On est à la limite de la survie. La défaillance de paiement nous guette», révèle le directeur d’un établissement de la Fonction Publique Hospitalière d’ île de France.

Qui a trouvé comme solution de retarder le paiement de ses fournisseurs. Pour l’heure, cela suffit. Mais ne faudra-t-il pas ensuite solliciter du département une dés-habilitation partielle, ce qui permettrait une tarification distincte entre personnes hébergées au titre de l’aide sociale et personnes âgées assurant leurs frais d’hébergement ? Le responsable de l’EHPAD s’y refuse: donner aux résidents aisés des prestations que les autres n’auraient pas, serait contraire au principe de l’égalité d’accès aux soins.

Mais tous ses collègues ne partagent pas ses principes. «Pour la survie de l’établissement,il m’arrive de refuser l’accueil de personnes âgées très dépendantes», déclare un autre directeur, en fonction également dans les Hauts-de-Seine. Il indique par ailleurs « se battre tous les mois pour payer les salaires ».
La marge de manœuvre des directeurs d’EHPAD est étroite : aussi bien les effectifs que les objectifs de leurs établissements sont fixés par l’Agence régionale de santé (ARS). «Les grandes décisions leur échappent et pourtant ce sont bien eux, directeurs d’EHPAD, qui servent de ‘fusibles’», observe Gilles CALVET, représentant FO des directeurs de la F.P.H .
Chasse aux économies

La chasse aux économies touche inévitablement les personnels : la masse salariale représente le principal poste de dépenses des établissements. Dans le Nord, 140 temps-plein sont menacés, faute de crédits suffisants selon les directeurs d’EHPAD de ce département, que cite le Quotidien du médecin dans son édition du 4 février dernier.

Certes, la situation n’est pas toujours aussi noire, ailleurs. Des jeunes en contrat d’avenir ont été embauchés dans nombre de structures, soulageant les équipes en place.

Mais, ces nouveaux venus sont souvent inexpérimentés et les tuteurs manquent de temps pour les former. Or, ils ont parfois fort à faire avec ces jeunes, dont certains doivent (ré)apprendre les règles élémentaires de la politesse et du respect dû aux autres, comme le remarque Laurence d’INTRONO.
Pour remplacer les personnels absents pour raison de santé, les établissements n’ont pas les moyens d’embaucher. Les postes vacants ne sont donc pas toujours occupés. Pour continuer à faire fonctionner les structures, il est fréquent que des agents de services hospitaliers (ASH) occupent des fonctions d’auxiliaires de soins. Mais sans en avoir la qualification. La pratique pose question. « Les soins aux personnes âgées répondent aux exigences d’un protocole. Il ne s’agit pas de mettre en danger le résident », s’alarme Annabel JOALLAND.

Autre problème : si l’ASH commet une faute, la responsabilité en incombe finalement à l’aide-soignante présente à ce moment-là.

Pour pallier le manque de personnels, des EHPAD rognent les jours de RTT des agents. « Dans le Cher, un EHPAD s’est vu supprimer tous ses jours de RTT en 2015. Un autre subit le même traitement en 2016 avec, pour couronner le tout, une baisse d’effectifs! », témoigne Laure BACHARD, responsable du syndicat Force ouvrière d’un établissement situé à Bourges.
Les décisions sont prises contre l’avis des personnels et des organisations syndicales, qui savent bien que ces jours sont utiles à la santé des agents.

Par ailleurs, les établissements accordent moins souvent qu’auparavant des congés durant les vacances scolaires.

Un choix qui privilégie les économies au détriment de la vie familiale et de la qualité de vie au travail.
«Course contre la montre»

Durant la nuit, les effectifs des EHPAD sont souvent réduits au strict minimum. «A ce moment de la journée, nous ne sommes que deux agents pour 80 résidents permanents et 4 résidents temporaires », témoigne Laurence, agent social de la fonction publique territoriale dans un EHPAD de Savoie. Le travail est de plus en plus lourd. « Les agents n’ont pas le temps de faire tout le ménage durant la journée, il nous revient donc aussi d’en faire », indique-t-elle.
En outre, comme ils sont en nombre insuffisant, les personnels ne parviennent pas toujours à relever un résident faisant une chute. Quand ils y arrivent, c’est au prix d’un gros effort. «La sécurité des personnes âgées est menacée», s’inquiète Evelyne, infirmière de nuit dans un établissement proche de Versailles.
Du fait de ce sous-effectif chronique, de jour comme de nuit, les personnels sont obligés d’accomplir de plus en plus de tâches dans des durées très courtes.

Le temps consacré à la toilette de la personne âgée se réduit à cinq minutes par jour, avec dans certains établissements seulement deux douches par mois, voire moins. Lorsqu’un résident signale qu’il a besoin d’aide, au moyen de la sonnette placée dans sa chambre, il doit parfois attendre de longues minutes, faute de disponibilité du personnel.
Certains jours, des résidents ne peuvent se lever que très tard dans la matinée, restant donc avec leur protection de nuit jusqu’à midi, comme en témoigne une aide-soignante du Cantal.

Ensuite, les personnes sont amenées à la table du déjeuner avec beaucoup de retard, parfois même vers 13h30. Au moment précisément du déjeuner, il arrive qu’un seul agent aide jusqu’à six résidents qui ne disposent plus d’une autonomie suffisante. «Nous leur donnons littéralement la becquée», s’exclame Arnauld PIONNIER, délégué syndicat FO Santé en Eure-et-Loir.
Pour que les plus valides puissent manger sans aide, «de plus en plus de repas mixés leur sont préparés», raconte Laurence. Malgré tout, des résidents sont dénutris et sont obligés de prendre des comprimés alimentaires.


Maltraitance organisée

Parfois, la sécurité des personnes est en jeu. « Il est déjà arrivé que l’agent de l’unité de vie pour personnes âgées soit obligé de quitter son poste pour aider des collègues du service voisin, laissant ainsi l’unité sans surveillance », témoigne la syndicaliste FO du Cantal.

Autre témoignage consternant, celui de Laurence: «Nous n’avons pas le temps d’être derrière chacun des résidents afin de nous assurer qu’ils prennent bien leurs médicaments. Certains oublient donc de les prendre. Mais parfois, c’est pire, il arrive que leurs voisins absorbent ces médicaments qui ne leur sont pas destinés ! ». Jean-Philippe Boye Secrétaire Régional Aquitaine décrypte ce qui se passe :

« On a adapté les besoins de la personne âgée aux moyens disponibles. On a organisé la maltraitance avec la complicité des pouvoirs publics ».

De telles conditions de vie irritent les familles des résidents, d’autant plus qu’elles ignorent parfois tout des modalités de travail des personnels.

Excédées, certaines personnes montrent de l’agressivité. « Les familles ne nous font plus confiance. En cas de problème, nous nous retrouvons en conflit avec elles.Nous subissons une grande pression de leur part », indique Mélanie qui ne supporte plus cette situation. « Le week-end, la difficulté s’accroît, car les personnels de direction sont absents : il me faut gérer seule les conflits », ajoute-t-elle.

Certaines familles n’hésitent pas à se plaindre auprès de l’Agence régionale de santé (ARS). Qui ne saura que diligenter une inspection dans l’établissement concerné.
Sous pression de manière permanente, les personnels sont victimes de plus en plus souvent de troubles musculo-squelettiques. Ils sont aussi durement éprouvés, moralement et psychologiquement, par diverses situations, comme les décès des résidents ou les plaintes et les agressions verbales des familles, ils sont aussi sujets de plus en plus au stress, à l’insomnie et à l’épuisement.

Certains agents ont même tenté de se suicider. Conséquence: les arrêts-maladie grimpent en flèche.

Il arrive aussi que des personnels craquent.

Un dérapage arrive vite : un geste trop brusque, une phrase dite sur le ton de la colère et la faute est commise. Or, en cas de plainte, l’employeur ne prend pas toujours le parti de l’employé. Une sanction peut être prononcée.

Des salaires très faibles

Ayant à cœur de réaliser au mieux leurs missions, les agents ressentent une très grande frustration: ils ne peuvent véritablement mettre en pratique les enseignements qu’ils ont reçus en formation et ont de moins en moins la possibilité d’entrer en relation avec les personnes âgées, alors que c’est ce qui, bien souvent, est au fondement de leurs motivations.Le malaise chez les agents et salariés des EHPAD est donc croissant.

D’autant que la reconnaissance n’est guère au rendez-vous. Et cela dans tous les secteurs. Dans le privé, certains salariés ne touchent même pas le Smic. Dans la fonction publique territoriale, un agent social ayant plus de vingt ans de carrière « doit se contenter d’un salaire net mensuel de 1.300 euros », tandis qu’une aide-soignante « plafonne à 1.600 euros nets ». Dans la fonction publique territoriale encore, les primes liées au travail durant le week-end sont ridicules, « de 0,75 euro par heure », souligne Laurence.
La loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement était très attendue. Malheureusement, elle ne résoudra pas les difficultés. Fixant pour priorité le soutien aux aidants et le maintien à domicile, elle délaisse les EHPAD et de fait ne traite pas ( ou très peu) de l’ articulation : domicile/établissement.
F.O ne saura rester spectateur dans un tel contexte et prépare d’ores et déjà la réponse adaptée.





similaire:

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconTable des matières
«l’acquisition» de ces biens de l’autre, a fortement augmentée au cours des dernières décennies. Le malaise qui en découle se fait...

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconA ce jour, un an après la promulgation de la loi, les décrets d’application...

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconÀ vous la parole
«Il faut établir une loi qui empêchera cela de se produire pour tout retraité, qu’il s’agisse du secteur public ou privé. Les employeurs...

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconRésumé Les articles 18 et 20 de la loi précitée modifient l'âge légal...

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconProtocole fequoicho : Fièvre chez l’Enfant, étude de la conduite...

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconRetraite anticipée pour carrière longue et retraite complémentaire

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconRèglement du concours «Bienvenue chez moi»
«studefi» et titulaires d’un bail signé avec la société efidis à l’exclusion des personnels des sociétés organisatrices ayant participé...

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconGroupe 1 : Ingénieurs et Techniciens Recherche et Formation, personnels...

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconConcours departementaux des villes, villages, et maisons fleuries
«Villes et Villages fleuris» et un palmarès des «Maisons Fleuries» en respectant le règlement national

Maisons de retraite / ehpad : Malaise croissant chez les personnels iconRetraite en France
«existe en France plus de 600 régimes de retraite de base, [et] plus de 6 000 régimes de retraites complémentaires» On peut distinguer...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com