Edition : Le Laid été Cahiers








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  • Entrez mon petit, asseyez-vous.

  • Bonsoir, madame la commissaire…

  • Bonsoir Jamel. Alors, où en sommes-nous dans cette affaire d’enlèvement ? Essayons d’éclaircir un peu ce sac de nœuds… Vous m’avez apporté les photos ?

Jamel Attal tendit à Renée Leys tous les clichés du petit Antoine qu’il avait pu recueillir. La plupart avaient été prises sur des terrains de football et le montraient ballon au pied. La patronne les regarda lentement une par une, puis les passa à nouveau en série…

  • Jamel, mon petit, vous n’avez rien remarqué ?

  • Quoi, madame la commissaire ?

  • Le type, toujours présent en arrière plan, dans les tribunes ou au bord du terrain, avec ses grosses lunettes noires carrées et ses cheveux blancs.

  • Non, mais maintenant que vous le dîtes…

  • Sa tête me dit quelque chose…

  • Vous croyez qu’il a un rapport avec l’affaire ?

  • Jamel… pourquoi la nature a-t-elle pris la peine de doter l’espèce humaine d’un cerveau si volumineux quand tant de spécimens dans votre genre s’obstinent à ne pas s’en servir…

  • Mais madame la…

Renée Leys coupa court : Filez d’ici, plongez votre nez dans les archives et ne revenez pas avant de savoir précisément de qui il s’agit. Si, en plus de son CV, vous me remontez de quoi grignoter un morceau et boire un coup, je vous offre le digestif sur ma réserve personnelle… allez, ouste…

Jamel disparut instantanément pour fouiller les entrailles informatiques de son PC. Il était de retour une heure plus tard, avec des plateaux-repas, une bouteille de rosé de Provence, et un dossier sous le bras.

  • Ah, Jamel… Alors, racontez-moi un peu les résultats de vos recherches, l’encouragea Renée Leys, en faisant la moue devant son canard laqué commandé au Chinois du coin.

  • Vous n’aimez pas le canard laqué, madame la commissaire ?

  • Si, mais à force d’en manger deux ou trois par semaine depuis des années, à chaque nuit passée dans ce bureau, il commence à me sortir par les yeux… mais au fait, Jamel, au fait…

  • Notre client a sacré pedigree, madame. Je ne sais pas quel peut être son rôle dans cette histoire, mais vous avez tiré le gros lot. Alvirius Abola, 49 ans, scientifique de grande renommée, spécialiste en biologie génétique, ex-candidat au prix Nobel, avant de mal tourner… condamné plusieurs fois pour trafic de matériel médical, installation de laboratoires clandestins, manipulations illégales sur des animaux… Une dizaine d’années de prison, remise de peine pour bonne conduite et services rendus à différents Etats… de nouveau en fuite depuis quatre ans, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international… il est soupçonné de collusion avec des sectes et de tentatives d’expériences génétiques interdites sur des humains, clonage notamment… bref, notre bienfaiteur de l’humanité est un spécialiste du bidouillage sur les êtres vivants. Ah oui, un détail : à la suite d’une projection chimique, il s’est abîmé les yeux et ne peut plus quitter ses drôles de lunettes noires… ses cheveux sont également devenus totalement blancs ce jour là… son surnom vient de là : Un ponte du milieu marseillais l’a baptisé Ravanelli…

La commissaire laissa échapper un petit sifflement admiratif…

  • Pff, sacré numéro. Bon, réfléchissons : qu’est-ce que le Ravanelli peut bien venir foutre au milieu de cette histoire ? hein ?

Pendant quelques secondes, on n’entendit plus que le vol silencieux des grains de riz tombant des baguettes maladroites de Jamel.

  • Jamel, vous vous y connaissez en foot ?

  • Euh, pas vraiment, madame la commissaire, beaucoup moins que ma collègue Julie Grémillon en tout cas, c’est plus son truc.

  • Ah oui, Julie, je me demande où elle est encore passée celle-là… bon, on va faire comme si vous y connaissiez quelque chose, dit Renée Leys, elle-même inexplicablement férue des choses du ballon rond. Jamel, mon petit, quel est l’objectif d’un club de foot ?

  • Euh… gagner, madame la commissaire ?

  • Oui, d’accord… mais quel est le moyen infaillible pour cela ?

  • Tricher, madame la commissaire ?

  • Jamel, ne commencez pas à faire du mauvais esprit, je vous en prie…

  • Ben, vous avez dit infaillible, madame la commissaire, alors j’ai pensé… euh… sinon, je sais pas moi… acheter Zizou ?

  • Pas mal Jamel, acheter le meilleur joueur du monde, c’est un bon début… Mais qu’est-ce qu’il peut y avoir encore de mieux que ça ?

  • Ben… acheter tous les meilleurs joueurs du monde…

  • Mouais, certains essayent… mais ça paraît quasiment impossible… trop cher… trop compliqué… déjà en avoir un… sauf… sauf… ça y est ! Jamel, malgré vous, vous êtes génial !

  • Euh… merci, madame la commissaire… mais qu’est-ce que j’ai fait ?


Renée Leys ne répondit pas. Elle se leva, leur servit une vodka Zubrowska à chacun dans des verres glacés, tout en continuant à réfléchir… puis elle reprit :

  • Jamel, je sais pourquoi personne n’arrive à attraper ce petit Antoine, et pourquoi tant de gens prétendent le détenir… D’ailleurs, nous aurions dû y penser avant : comment ce gamin peut-il se trouver en même temps à Buenos Aires, au Québec et à Paris ? C’est impossible…

  • Sauf ?

  • Sauf, Jamel ?

  • Sauf s’il y a plusieurs gamins, madame la commissaire…

  • Bingo, mon petit, vous voyez quand vous voulez ! Antoine, Anto, Antonio, ‘Toine, plusieurs petits surdoués du ballon, rigoureusement identiques.

  • Des frères ? ou… mon Dieu… Ravanelli…

  • Oui… des frères ou… des clones…

  • …..

  • …..

Cette fois-ci, le silence dura plusieurs minutes. Ce fut la commissaire qui brisa la glace, à plus de 45 degrés :

  • Encore un peu de vodka bison, Jamel ?

  • Plutôt deux fois qu’une, madame la commissaire…

  • Ne m’appelez pas Pluto, mon petit, je déteste ça… trêve de familiarités. Vous allez me boucler tout ce qui ressemble de près ou de loin au petit Antoine et à Ravanelli, avec les photos ça devrait aller… On fait également passer l’info dans tous les pays concernés par l’affaire. Je me charge d’expliquer tout ça au ministère en douceur, s’ils ne sont pas déjà au courant… avec ce genre de plans foireux, il faut s’attendre à tout… Ah oui, autre chose, Jamel : un énergumène a l’air de mener une enquête parallèle sur cette histoire d’enlèvement dans l’Ouest et le Nord de Paris, vous me le mettez au frais rapidement, on a déjà assez d’emmerdement comme ça… il devrait pas être trop difficile à repérer : il mène tous ses interrogatoires avec un katana dans une main et une boîte de sushis à picorer dans l’autre, porte un kimono noir avec un shaker brodé sur la poitrine et se fait appeler Aroner… Occupez-vous de ça… Ah oui, une dernière chose : d’après l’un de mes informateurs, Touffik, notre sympathique bistrotier du coin, s’est encore mis dans une sale histoire de trafic d’eau-de-feu dont il a le secret… prévenez les collègues du Havre qu’ils aillent nous l’intercepter en douceur à l’arrivée d’un cargo nomme « 35 heures sans voir la mer », on essayera de régler ça en douceur…

La commissaire divisionnaire sourit.

  • Désolé pour vos vacances, mon petit Jamel… Vous deviez partir quand ?

  • Hier, madame la commissaire.

  • Boulot à la con, hein…

  • ……

  • ……

  • Jamel, vous m’êtes sympathique, je vais vous montrer quelque chose… vous avez le droit de savoir…

La commissaire divisionnaire sortit de son bureau une perruque de longue chevelure rousse et une paire de boucles d’oreilles turquoise. Jamel blêmit.

  • A quoi ça vous fait penser, mon petit ?

  • Ju…. Julie… Julie Grémillon, articula à grand peine Jamel Attal.

  • Pas la peine de faire cette tête, mon petit. Elle ne s’est pas évaporée. Vous la reverrez et elle existe réellement. J’y compte bien, c’est ma fille.

  • ……

  • ……

  • Mais que signifie ce déguisement alors, madame la commissaire ?

  • Disons que je tenais à vous mettre dans la confidence. De temps en temps, Julie et moi échangeons nos apparences. Ou plutôt, disons que je lui emprunte la sienne. Nous n’avons pas beaucoup de différence d’âge, je l’ai eu très jeune.Vous savez sans doute que c’est l’un des mes hobbies préférés… Et puis, parfois cela la soulage un peu que je supporte à sa place les assauts de tous les Don Juan du commissariat…

  • Vous voulez dire que… vous échangez… ?

  • Jusqu’à un certain point, bien sûr. Remettez-vous, mon garçon ! Vous savez, nous n’avons aucun secret l’une pour l’autre et l’esprit ludique est un trait de famille… et puis, je sais m’arrêter à temps et m’imposer certaines limites… disons physiques et morales…

Jamel était abasourdi.

  • Et… est-ce que…

  • Est-ce que vous avez vous-même été victime de ce petit jeu, c’est ça ? Je ne devrais pas vous le dire, mais… vous vous souvenez du repas en pleine nuit près des Halles, après l’affaire des pickpockets serbes ?

  • Oui… c’était vous ?

  • Non. Mais le lendemain, pour le dîner aux chandelles dans le petit japonais de Pigalle, oui, c’était moi. Elle avait un empêchement et ne voulait pas vous faire de la peine en repoussant encore une fois… Renée Leys éclata de rire. Vous avez l’air choqué, mon garçon. Promis, nous ne le referons plus.
    Jamel Attal était incapable de répondre quoi que ce soit. Il commençait seulement de mieux comprendre la cause du trouble inexplicable qui s’emparait de lui chaque fois qu’il se trouvait devant la commissaire divisionnaire.

  • Vous semblez fatigué… et vous avez du pain sur la planche, demain ! Allez, filez vous coucher. Bonne nuit, mon petit.

  • Bonne nuit, madame la commissaire.

Au moment de passer la porte, Jamel hésita puis se retourna.

  • Madame la commissaire ? Une dernière question… Vous êtes-vous déjà fait passer pour René la Came ?

Renée Leys le regarda fixement pendant quelques secondes, puis répondit : Si on vous le demande un jour, même sous la torture, dîtes que vous n’en savez absolument rien. Bonne nuit, mon petit.
Jamel sortit, l’esprit en ébullition et la conscience brisée par tant de révélations.

58. Quand K14 s’illumine Resist refondra-t-elle ?

Alors que Don Léo naviguait seul, que Brouche volait loin dans les aires mammaires, K14 en vieux sage réfléchit pris un taxi pouce-pouce au lieu d’aller acheter un portable parce qu’il en avait marre de dépenser bêtement son argent dans des gadgets parce que ça rappelait trop James Bond, et que pour cela il y en avait déjà au moins 5 sur terre.

Il laissa la jeune Amalia seule avec Le Plan qui avait décidé de monter un groupe d’electro-samba avec les descendants des Cissé, et comme elle avait une très belle voix et un walkman, c’était idéal (sans compter qu’il allait aussi pouvoir lui chouraver en loucedé sa game-boy couleur).

Ainsi, fort mal assis, ils partirent tous les trois direction toubrouc. Heureusement, l’agent K14 avait une mémoire d’éléphant indien élevé aux Smarties et se souvint de son accident de vélo moteur d’il y a 15 ans quand il sillonnait la Kabylie à la recherche du nouveau Zidane pour un club de quartier près de la Canebière. A cette époque il avait produit un splendide saut de l’ange par-dessus le guidon de la deux roux lorsqu’il aperçut un sourire charmeur. La sage Resist teint rapidement ce joli discours à notre futur littérateur : « bon marseillais est quand bon Nantais était ». Ces mots restèrent marqué dans le marbre puisqu’ils étaient à tous jamais associés à la Dame au caractère de feu et aux yeux si doux qu’on aurait cru y goûter le parfum des amandes fraîches. Dès lors c’était décidé, profitant de l’absence d’Enzo, il décida d’amener le petit Tonio dans un club de Référence pour parfaire sa formation.

Arrivé à la gare auto-pouce-pouce de Nantes, il laissa le talentueux Tonio à la Jaunelière et Lillian dans les vignes du Muscadet. Il se retrouvait seul errant dans les rues où il croisa son doux rêve passé face à qui il resta immobile quelque instant et eu cette phrase mythique : « tu veux une glace à la fraise avant que j’aille acheter des Panini française pour ramener à Monsieur Pérez ? ».


59. Drôle d’endroit pour une rencontre de deux monstres sacrés de cette histoire de dingues qu’il est temps qu’elle se termine, après je fais un épilogue juste pour dire de finir ce que j’ai commencé mais sinon après vous vous démerdez…

La Mercedes à vitre fumées longeait les entrepôts du Nord de Roissy. Elle s’immobilisa à l’écart d’un vaste terrain muni d’un marquage au sol et éteignit ses phares. Quelques minutes plus tard, l’hélicoptère se posait. La commissaire divisionnaire Renée Leys descendit de la voiture et s’avança à la rencontre de Johnny Seltikboille.

  • Bonsoir, madame la commissaire divisionnaire.

  • Bonsoir, monsieur le secrétaire administratif.

Seltikboille serra chaleureusement la main tendue vers lui.

  • J’ai beaucoup entendu parler de vous, madame Renée Leys.

  • On m’a moi-même beaucoup vanté vos mérites, mon cher monsieur.

  • Je suppose que vous savez pourquoi j’ai voulu vous rencontrer ?

  • Je m’en doute. Les jeunes espoirs du football suscitent un regain d’intérêt terrifiant depuis quelques temps… Certaines personnes semblent prêtes à tout pour monnayer leur talent…

  • Comme vous dîtes… répliqua Seltikboille dans un sourire. Vous avez fait du bon travail, et vous avez surtout été la seule assez perspicace pour deviner le rôle de Ravanelli dans cette affaire… Combien avez-vous coffré de petits Antoine, au fait ?

  • Une vingtaine, rien qu’en Europe… Mais les recherches se poursuivent.

  • On m’a dit que vous aviez mis au point une méthode infaillible pour les reconnaître… dîtes-m’en un peu plus…

  • Disons que pour faire le tri de tels phénomènes, rien ne vaut un petit test de leurs qualités footballistiques. Ces p’tits gars sont hors du commun au niveau ballon, et croyez-moi, j’en connais un rayon… On les expédie tous au Camp des Loges pour une série d’évaluations : contrôles, jongles, coup-francs, conduite de balle… C’est infaillible.

  • Et ingénieux…

  • Ceux qui sont juste bons et pas surdoués, en général ce sont les mêmes que ceux qui ont une ascendance parentale connue et normale, on les réoriente vers la FFF. Et on garde les autres. Le plus dur a été d’imposer le huis-clos total et d’éloigner tout le monde, y compris les gens du club… Si un type de l’encadrement du PSG aperçoit un seul de ces phénomènes en action, il est capable de lui faire signer un contrat dans la minute, avec un calibre sur la tempe s’il le faut… Surtout qu’ils n’ont pas trop l’habitude d’en voir, des joueurs de la sorte, sur cette pelouse…

  • Supportrice marseillaise, hein ?

La commissaire divisionnaire sourit. D’un seul coup, légèrement troublée, elle reprit :

  • Monsieur Seltikboille… excusez-moi, mais… il y a un fil électrique qui crépite derrière votre oreille, dit-elle en tendant le doigt, un peu effrayée, vers les étincelles.

  • Ce n’est rien, dit Seltikboille, en portant prestement la main à son crâne pour remettre en place le circuit défaillant et cacher le fil dans le col de son costume. Je porte une oreillette pour être relié en permanence à certains de mes hommes, elle doit être déglinguée, ne vous inquiétez pas…

Renée Leys avait entendu parler des rumeurs d’intelligence artificielle qui courraient sur la personne du secrétaire administratif, exécuteur des basses-œuvres pour l’ONU… elle ne s’étendit pas sur le sujet.
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