Georges Raffin naît à Lille en 1859; IL sera ordonné prêtre en 1884 et fera son ministère dans son diocèse d’origine; IL meurt en 1937








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LETTRES
01 - à Géry Dambricourt

Géry est un ami, qui fut élève au Collège St-Bertin avec le S. de D.: “je n’ai pu m’empêcher de me reporter à une autre époque de ma vie que tu as voulu aussi marquer par un charmant souvenir, je veux dire l’époque de ma première communion...” lettre du 19 juin 1883. Cette Communion eut lieu le 1er juin 1873.


8 août 1873
Cher Géry,
Tu vois donc que je ne t’ai pas oublié pendant ces vacances et que si tu es éloigné de moi par la présence, tu es toujours présent à mon esprit.

Je m’amuse beaucoup, j’ai déjà commencé mon devoir et je vais le faire très bien.

J’espère que ta bonne mère voudra bien te laisser venir à Moulle. Ecris-moi le jour que tu viendras. Dis à Paul que si je ne lui écris pas aujourd’hui, je lui écrirai un de ces jours.

Arthur se joint à moi pour t’embrasser de tout cœur.
Présente mes respects à Madame ta Mère.
Ton plus affectionné ami.
Georges Bellanger
02 - à Georges Raffin

Georges Raffin naît à Lille en 1859; il sera ordonné prêtre en 1884 et fera son ministère dans son diocèse d’origine; il meurt en 1937.

Histoire de l’amitié Raffin- Bellanger: voir la lettre du 3 septembre 1879.

L’abbé Henri Graux est né à St-Venant (Pas de Calais) en1840. Il reçoit Georges au Collège St-Bertin en 1871. Il devient Vicaire Général du diocèse en 1877 et est nommé supérieur du Grand-Séminaire en 1882. C’est lui qui adressera la parole aux funérailles du Père Georges.

Alphonse Evrard et le confident Georges Raffin s’en vont au Séminaire d’Issy-les-Moulineaux. L’abbé Graux du Collège St-Bertin invite Georges Bellanger à ne pas trop s’éloigner de sa mère, qui est malade. - Une peine énorme qu’il ne faut pas laisser transparaître.

Neuvaine à N. D. du Sacré Cœur, qui a guéri Georges le 31 mai 1876


Moulle, le 15 août 1879

Mon cher ami,
Je reviens de l’église où j’ai fait la Sainte Communion et je ne sais pourquoi, mon bien cher Georges, je suis plus triste qu’auparavant. J’ai beaucoup prié Notre Dame du Sacré Cœur d’alléger vos chagrins; vous me parliez hier du sacrifice que j’avais dû faire pour abandonner mes projets, mais j’ai bien vu que le Bon Dieu vous en demandait davantage et qu’il fallait tout votre courage et votre énergie pour supporter tous les chagrins que vous avez endurés et ceux que le Bon Dieu vous prépare encore. Ne croyez pas que j’attache beaucoup d’importance à ce que vous m’avez dit hier; je crois qu’avec la fermeté que je vous connais vous irez facilement à Issy.

Je vous remercie beaucoup de votre bonne lettre qui a calmé un peu mon chagrin. Je vous remercie aussi de la part que vous prenez à ma douleur. J’ai reconnu en vous un véritable ami, à qui désormais je pourrai confier mon âme tout entière; je vous le promets, mon cher Georges, dès ce moment je vous mettrai au courant de tout ce qui se passera en moi, de mes chagrins, de mes espérances, de mes luttes intérieures, etc. Je remercie tous les jours le Bon Dieu de vous avoir envoyé à moi au moment où j’avais tant besoin d’un ami qui comprenne mon chagrin et qui sache me consoler. Lorsque vous me disiez, il y a quelque temps, dans une de nos promenades intimes, que tout n’était pas rose quand on voulait embrasser la vocation du sacerdoce, je ne pensais pas que je devais en faire si tôt l’expérience; pour cela encore je vous remercie de m’avoir prévenu à l’avance de ce que je pourrais avoir à supporter.

Vous vous êtes aperçu, lundi, de mon chagrin, au moment de vous quitter; je voulais le cacher le plus possible, mais l’œil d’un ami pénètre jusqu’au fond du cœur. Ce qui me faisait le plus de peine, c’était de penser que nous étions séparés pour un an peut-être. Oh! je vous assure que lorsque j’y pense, les pleurs sont bien près de m’échapper; aussi je vous demanderai une petite grâce; vous m’avez dit que vous avez tiré votre photographie avant de partir pour Issy; eh bien! si vous en aviez encore une disponible, vous me feriez un bien sensible plaisir en me l’envoyant. Hier on m’a fait tirer la mienne à St-Omer; aussitôt que je les aurai [les copies], je vous en enverrai une.

Vous me demandez comment s’est passé mon retour lundi? Je dois d’abord vous dire qu’aussitôt parti, mon cœur s’est dégonflé et j’ai pleuré un bon coup, seul dans ma voiture; j’avais déjà eu beaucoup de peine à me retenir jusque là. Je n’ai pas pu parler à ma chère mère aussitôt que je fus rentré, mais un peu plus tard, la rencontrant seule, je lui ai dit que j’avais beaucoup désiré aller à Issy, mais puisque M. Graux trouvait que c’était inutile et que je savais qu’elle en avait beaucoup de peine, j’allais faire tous mes efforts pour abandonner cette idée. Elle a paru fort contente et depuis lors elle me croit heureux; je remercie le Bon Dieu qu’elle ne voit pas plus clair, car si elle m’examinait bien, elle ne pourrait pas faire autrement que de s’apercevoir que j’ai encore un grand fond de tristesse que j’ai beaucoup, beaucoup de peine à cacher complètement. Malheureusement lundi, nous avons eu une petite réunion à la maison et la semaine prochaine encore, jugez de mon chagrin et de ma gêne; je dois paraître heureux et désireux d’aller à Arras et tout me fait désirer Issy. Enfin le Bon Dieu m’aidera, je l’espère, à faire disparaître toute trace de tristesse extérieurement du moins.

Vous me demandez, mon bien cher ami, s’il n’y a pas d’obstacles pour que vous m’écriviez toutes les semaines; bien au contraire, les jours où je recevrai vos lettres seront pour moi des jours heureux. J’ai peut-être relu votre lettre dix fois déjà, et je la sais presque par cœur; elle me fait de plus en plus de bien. J’ai été voir Alphonse [Evrard] hier et il m’a un peu consolé. Comme j’étais certain que vous n’avez pas de secret pour lui, je lui ai montré votre lettre; je crois que vous n’en serez pas contrarié; si vous désirez qu’à l’avenir je ne lui montre pas vos lettres, dites-le moi, s’il vous plaît. Soyez tranquille, personne d’autre que lui ne verra jamais le moindre petit billet que vous pourriez m’envoyer.

Je vais être forcé de terminer, quoique j’aie encore bien des choses à vous dire; je vous écrirai de nouveau dimanche ou lundi. Recevoir vos lettres et vous en écrire sont mon unique consolation au milieu de ma peine. Je désirerais que vous n’écriviez pas jeudi et vendredi, car je serai absent et vous comprenez que je préfère recevoir vos lettres aussitôt.

Mon bien cher Georges, vous me demandez une neuvaine à N. D. du Sacré Cœur; je la ferai bien volontiers. Je n’ai pas besoin de vous dire que j’ai bien besoin de prières, car j’ai vu dans votre lettre que vous ne m’oubliez plus, et si au mois d’octobre nous sommes séparés par une bien grande distance, nous serons toujours unis dans le Sacré Cœur et à la Table Sainte.

Je vous demande encore une fois une longue lettre la semaine prochaine, avant jeudi, si c’est possible.

Je vous quitte, mon cher ami, en vous embrassant comme je vous aime.

G. Bellanger

03 - Georges Raffin
Vous avez perdu votre père et votre mère.

Je crois que je n’ai pas encore fait mon sacrifice avec assez de générosité, car mon chagrin est toujours le même.

J’ai été huit ans au Collège, à St-Bertin. n’ayant pour ami qu’Alphonse [Evrard: neveu de tante Elise Bernet, épouse de l’oncle Adolphe Bellanger. Alphonse deviendra prêtre et jésuite. Il sera missionnaire à Ceylan.]

Ce qui me pousse à rentrer le plus vite possible, c’est que je serai privé de la Messe.

Mon confesseur m’a permis de faire la sainte Communion deux fois par semaine.
Moulle, le 18 août 1879
[Mon cher ami,]

Figurez-vous, mon cher Georges, que depuis hier j’ai peur de n’avoir pas bien fait votre adresse à ma dernière lettre, aussi je suis fort désireux de savoir si ma lettre vous est arrivée à bon port; vous comprenez que je ne tiens pas à ce que d’autres que vous lisent mes lettres.

Je vous demanderai donc de m’écrire le plus tôt possible pour me tranquilliser. Dans cette prochaine lettre, donnez-moi aussi, cher Ami, des nouvelles de votre santé et de vos ennuis. Vos chagrins sont toujours présents à ma pensée et j’ose dire que je les ai à cœur autant que les miens. Je sais combien vous avez souffert, combien le Bon Dieu vous a éprouvé, aussi je demande dans ma neuvaine à Notre-Dame du Sacré-cœur que les chagrins que le Bon Dieu vous prépare, elle me les envoie à votre place. Car je me trouve bien heureux en me comparant à vous. Vous avez perdu votre père et votre mère, tandis que j’ai encore cette dernière; vous étiez l’aîné de la famille, aussi ce fut sur vous que tout le poids des affaires retomba. Oh! cher ami, quand j’ai appris tous ces chagrins qu’à l’âge de 18 ans vous avez endurés avec tant de courage, j’ai trouvé que je ne devais faire qu’une chose, remercier le Bon Dieu de m’avoir épargné tous ces malheurs, et le prier de m’envoyer les ennuis qui pourraient encore vous accabler.

Pardonnez-moi si je réveille en vous ces tristes souvenirs, mais je sentais en moi le besoin de vous en parler. Vous croyez probablement, mon cher ami, après tout ce que je viens de vous dire, que j’ai fait complètement mon sacrifice pour Issy et que le Bon Dieu m’en a récompensé en m’envoyant le bonheur; oh non! pas du tout; j’ai dit plusieurs fois au Bon Dieu que je faisais ce sacrifice pour le bonheur de ma chère mère, mais je crois que je ne l’ai pas encore fait avec assez de générosité, car mon chagrin est toujours le même. J’ai des moments où plus rien ne me fait plaisir; alors quand je peux m’échapper, je monte à ma chambre et je relis votre lettre et je remarque que chaque fois je descends consolé. Ce qui est mon principal ennui, c’est que presque à chaque repas on parle du séminaire d’Arras, de mon départ d’Arras, etc. Plus d’une fois, pendant qu’on me faisait l’énumération de tous les avantages du séminaire d’Arras, je faisais au fond de mon cœur l’énumération de tous les avantages d’Issy et la comparaison, selon moi, n’était même pas à faire. D’un côté deux excellents amis, toujours prêts à me consoler, si l’ennui s’emparait quelquefois de moi, d’un autre côté tous condisciples indifférents avec lesquels je ne tiendrais pas à faire connaissance. Savez-vous ce à quoi je me suis décidé? je vais faire à Arras comme j’ai fait à St-Bertin. J’ai été huit ans au Collège, n’ayant pour ami qu’Alphonse, dont j’ai été séparé bien longtemps et avec qui je ne pouvais m’entretenir que par lettre. Eh bien, mon cher Georges, à Arras j’irai un peu avec tous les séminaristes, je serai plus ou moins indifférent à tous; et tous mes moments libres, moments de bonheur, je les consacrerai à écrire à mes chers amis d’Issy. Alphonse aura le temps de me répondre assez souvent; quant à vous, mon cher Georges, vos moments libres seront beaucoup plus rares, mais cependant vous trouverez au moins quelques minutes de temps en temps pour envoyer une petite lettre au pauvre exilé d’Arras.

Ma mère continue toujours à me croire heureux; j’en remercie beaucoup le Bon Dieu, cependant je vois qu’elle désire me procurer beaucoup plus de distractions qu’aux vacances dernières. Je m’en vais mercredi matin [20] à Audinghem, petit village au bord de la mer. Maman désire prolonger mon séjour en cet endroit le plus longtemps possible, mais j’ai dit que je désirais fortement revenir samedi au plus tard. Ce qui me pousse à rentrer le plus vite possible, c’est que je serai privé de la Messe, qui est pour moi une grande consolation, et que je ne pourrai avoir votre lettre aussitôt, si je ne la reçois pas avant mon départ. Demain, [mardi] mon cher Georges, j’irai probablement voir ma sœur carmélite; je la verrai seule un moment; je ne manquerai pas de lui parler de vous et de lui demander qu’elle prie beaucoup pour l’ami de son frère. Je lui expliquerai aussi tout ce qui s’est passé depuis quelque temps et j’espère que ses ferventes oraisons, si agréables au Bon Dieu, nous feront beaucoup de bien à tous deux.

Si le Bon Dieu m’afflige ces jours-ci, ne croyez pas pour cela qu’il me laisse sans consolation, au contraire, il m’a accordé tout dernièrement un grand bonheur. Je suis allé me confesser samedi, et mon confesseur m’a permis de faire la sainte Communion deux fois par semaine, ce que je n’ai pas encore fait jusqu’à ce jour. Je la ferai tous les dimanches; maintenant si vous aviez un jour fixe durant la semaine pour la faire, dites-le moi, s’il vous plaît, afin que là encore nous puissions nous réunir.

Je désirerais savoir si on vous a parlé dans votre famille des projets que l’on fait pour vous envoyer à Cambrai. Selon moi, à Cambrai, c’est détruire votre santé, qui a grand besoin de ménagement, aussi comme vous êtes le maître de vous-même, tenez bon; d’ailleurs c’est un conseil inutile.

Oh! si je n’avais pas ma chère mère souffrante, il est certain que tous les beaux discours qu’on aurait pu me faire n’auraient servi de rien.

Je vous quitte, mon cher Georges, je ne pourrai plus m’entretenir avec vous jusqu’à samedi. Que de fois je penserai à vous dans mes promenades au bord de la mer.

Adieu, je vous embrasse comme je vous aime.
Georges Bellanger
04 - à Georges Raffin
Ma peine n’est plus continuelle. Je me suis fait un raisonnement qui a eu beaucoup d’influence sur ma tristesse.

Je suis en grande partie cause de la maladie de ma mère: il y a trois ans, j’ai été excessivement malade; ma chère Mère a voulu me soigner les 3 mois qu’a duré ma maladie et les médecins font remonter à ce temps-là la maladie dont elle souffre maintenant. [“le 31 mai 1876, en la fête de Notre-Dame du Sacré-cœur, la Sainte Vierge me guérissait de plusieurs maladies mortelles”- lettre du 19 mai 1902]

Moulle le 26 août 1879

[Mon cher ami,]
Votre dernière lettre, mon bien cher Georges, m’a fait beaucoup de bien; vous vous figurez que vous ne pouvez pas me consoler, puisque le Bon Dieu ne veut pas le faire, pour ainsi dire; je crois fort que vous vous trompiez et je suis persuadé que le Bon Dieu se sert d’Alphonse et de vous pour me consoler. je ne puis pas vous dire que je suis beaucoup mieux que lorsque je vous ai écrit la semaine dernière, mais au moins ma peine n’est plus continuelle, comme elle l’était, il y a huit jours. D’ailleurs je me suis fait un raisonnement qui a eu beaucoup d’influence sur ma tristesse, je me suis dit: si je vais à Issy, c’est pour le malheur de ma bonne Mère, qui est souffrante en ce moment; serait-ce bien de chercher mon bonheur avant celui de l’être qui m’est le plus cher sur la terre? Ce serait une ingratitude des plus monstrueuses de causer à ma mère, moi qui suis en grande partie cause de sa maladie, un chagrin qui pourrait empirer son mal. Du reste je ne crois pas que je serai heureux à Issy, sachant ma Mère triste de mon départ. Vous savez probablement, mon cher ami, qu’il y a 3 ans, j’ai été excessivement malade; ma chère Mère a voulu me soigner les 3 mois qu’a duré ma maladie; elle a été accablée de fatigues et de soucis et les médecins font remonter à ce temps-là la maladie dont elle souffre maintenant. Je vous assure que ceci n’est pas pour rien dans mon chagrin; quand je songe que je suis la cause, involontaire il est vrai, de sa maladie, je ne sais pas ce que je ne ferais pas pour elle. Cependant, malgré toutes ces bonnes pensées que le Bon Dieu m’envoie de temps en temps, j’ai encore de grands moments de tristesse.

Figurez-vous, mon cher ami, la pensée qui m’est venue ce matin, après la communion; je me suis dit que peut-être il y avait encore un peu d’espoir d’aller à Issy; ce serait si le Bon Dieu changeait les idées de ma mère et la rendait heureuse de me voir partir pour Paris. J’ai chassé cette pensée, elle est revenue et elle revient sans cesse; il me semble que je n’ai qu’une seule chose à faire, c’est de prier et de laisser faire Notre-Dame du Sacré-Cœur, qui saura bien tout arranger.

J’ai reçu avec votre bonne lettre de vendredi votre photographie que vous trouvez dissemblante, mais qui pour moi est le portrait fidèle de mon cher ami. Je vous en remercie de tout cœur; je vous ai placé avec Alphonse [Evrard] dans ma chambre; vous serez de même dans celle du séminaire d’Arras. De cette façon vous serez toujours présent à ma pensée. Mais ne croyez pas qu’il me faudra cela pour me faire penser à vous deux! Oh non! vous me dites que vous pensez à moi dix et vingt fois par jour; eh bien ! moi, si je vous disais que du matin au soir, je pense presque continuellement à vous, vous penseriez peut-être que c’est exagéré, et pourtant je resterais tout à fait dans les limites de la vérité. Au séminaire ce seront les jours où vous m’écrirez qui seront pour moi les meilleurs et pendant les vacances ceux que vous viendrez passer dans mon cher pays de Moulle. Je vous envoie mon portrait, que j’ai reçu hier.

J’ai été très heureux de votre lettre, mon cher Georges, mais j’ai cherché de tous côtés la réponse à une question que je vous avais faite et que je n’ai trouvée nulle part. Je vous demanderais de vouloir bien me donner dans chacune de vos lettres des nouvelles de votre santé et aussi de vos chagrins, mon cher Georges; vous voudriez me les cacher dans la crainte de me faire de la peine, je vous en prie, mettez-moi au courant de vos ennuis. Je prie chaque jour pour vous, mais alors surtout Notre-Dame du Sacré-Cœur serait bien forcée de se montrer la souveraine maîtresse du Cœur de Jésus. Je me suis un peu mépris sur la neuvaine que vous m’aviez proposée, mais j’en suis heureux, car malgré tout ce que vous pouvez me dire, je commencerai toujours par prier pour vous et je viendrai ensuite. Je sais parfaitement que vous avez eu à souffrir beaucoup plus que moi.

Il y a seulement que vous supportez tout avec une grande énergie et une sublime résignation, tandis que moi, je suis souvent lâche et, comme vous me le disiez fort bien dans votre dernière lettre, je cherche plutôt ma consolation que le plaisir de me livrer tout entier à la Sainte Volonté de Dieu. Vous me faites à la fin de votre lettre une question à laquelle il est très nécessaire de répondre, et cependant je n’y avais jamais pensé. A vous parler franchement cette question m’aurait fort embarrassé et maintenant encore, après avoir eu le temps de réfléchir, je ne saurais encore quoi répondre. Peut-être pourrais-je dire à ma mère que j’ai fait tout ce que j’ai pu pour chasser ces désirs que j’avais d’aller à Issy, mais que je ne puis pas cacher que tout n’a pas encore disparu. je ne crois pas que ceci serait bien, aussi je m’en rapporte à vous; vous me direz dans votre prochaine lettre ce que je devrais dire. De plus M. Graux m’a fait promettre, lors de son départ, de lui écrire prochainement pour lui rendre compte de mes chagrins, si j’en éprouvais. Ceci est moins difficile, mais pourtant un petit conseil de votre part me serait bien utile. Je vous remercie beaucoup du livre que vous m’offrez; pour le moment du moins, Alphonse m’a prêté un livre sur la conformité à la Volonté de Dieu, par le Père Rodriguez et je fais tous les jours ma lecture dans ce livre.

Dans mes moments libres, je lis la vie du Père Lacordaire et j’ai ses conférences à lire ensuite.

J’ai vu hier matin Alphonse, qui s’en allait à Lourdes; il en était fort contrarié, car ses devoirs ne se font pas; je n’ai pas eu le temps de lui montrer votre lettre. je fais tout ce que je peux pour aller passer quelques jours à Lille chez M. Vanbever, car ce serait une occasion de vous revoir et vous savez combien j’en serais heureux, car je ne puis pas vous le cacher, un de mes principaux ennuis en allant à Arras, c’est de me savoir séparé de vous neuf longs mois.

Mon bien cher Georges, je dois vous quitter, car le papier va manquer; j’aurais voulu vous donner encore un court résumé de la manière dont je passe mes vacances, mais ce sera pour le commencement de la semaine prochaine. J’attends de vous une aussi bonne lettre que les précédentes, autant que possible cette semaine. Un autre que vous me trouverait exigeant et sans gêne, mais vous, vous savez que c’est uniquement le bonheur que j’éprouve de vous avoir pour ami qui me fait agir de la sorte.
Je vous envoie mes meilleurs embrassements.
Georges Bellanger

05 - à Georges Raffin
Il y a peu d’espoir que j’aille à Issy, je ferais mieux de dire qu’il n’y en a pas du tout.

Si ce n’est... Notre-Dame du Sacré-Cœur, qui est l’avocate des causes désespérées. On prie beaucoup pour cette grâce à Issoudun ces jours-ci...

[.?.] nous omettons:”et pendant les vacances”; une partie du texte a pu être oubliée par le copiste …

Intervention de Notre-Dame du Sacré-Cœur en faveur de la nièce de Monsieur le Curé de Moulle.
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