Étude de littérature chinoise








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A. Théophile PIRY
LE

SAINT ÉDIT


à partir de :



LE SAINT ÉDIT

Étude de littérature chinoise

préparée par A. Théophile PIRY (1851-1918)

Bureau des Statistiques, Inspectorat général des douanes, Shanghai, 1879.

[c.a. : Chineancienne reproduit ici, outre bien entendu le texte traduit, les notes de A. Piry présentant un caractère sociologique, historique ou philosophique. Le texte chinois, l'index des mots et les notes grammaticales et linguistiques ne sont pas repris. Il peut paraître étrange d'avoir fait ce choix, lorsque Piry met en relief dans son introduction l'intérêt de son travail pour l'apprentissage de la langue chinoise. Mais on s'est cru autorisé à penser que cette limite de numérisation était possible, compte tenu du fait que l'ouvrage est disponible et consultable dans sa totalité en facsimile sur le site archive.org. Les personnes passionnées par la langue et la grammaire s'y reporteront. Les autres, peut-être davantage préoccupées des idées véhiculées, pourront se limiter à cette numérisation, plus manipulable.]

Édition en format texte par

Pierre Palpant

www.chineancienne.fr

novembre 2013

TABLE DES MATIÈRES

Introduction

Préface [par l'empereur Yung-Chêng]

Maxime

I. Des devoirs filials et fraternels.

II. De l'union des parents.

III. De la paix entre voisins.

IV. Des travaux d'agriculture.

V. De l'ordre et de l'économie.

VI. De l'enseignement universitaire.

VII. Des religions et sectes étrangères.

VIII. Du respect des lois.

IX. Des rites et de la bienséance.

X. Des occupations fondamentales.

XI. De l'éducation de la jeunesse.

XII. Des fausses accusations.

XIII. Du danger de cacher les déserteurs.

XIV. Du paiement des charges et des impôts.

XV. De l'organisation du pao-chia.

XVI. Du danger des inimitiés.

À

Monsieur Robert HART

Inspecteur général

des douanes maritimes de Chine

À

mes collègues

Membres du même service

@

Chargé en 1876 de continuer, pendant quelques mois d'absence du professeur en titre, le cours de langue française donné aux élèves chinois du T'ung Wên Kuan 1, j'eus l'idée d'entreprendre la traduction française du "Saint Édit", et de l'offrir comme sujet d'étude à mes élèves les plus avancés. Pris dans l'un des plus beaux monuments de leur littérature moderne, ce travail ne pouvait manquer de fixer leur attention et, par conséquent, faciliter la tâche inattendue et difficile qui m'incombait. La pensée d'en faire l'objet d'une publication était donc, au début, fort loin de moi. Le tout achevé, cependant, des amis qui connaissaient mon travail, voulurent bien me représenter qu'il pouvait être utile à d'autres qu'à mes élèves, que notre langue ne possède pas encore ce type précieux et original de morale et de philosophie chinoises, que le Saint Édit offre au jeune sinologue, dans d'intéressants et courts sujets, une mine des plus abondantes et qu'on ne saurait trop explorer des difficultés de la langue littéraire : bref, on m'engagea à le publier. Je revis avec soin ma première traduction et, afin d'en faire une véritable étude, j'en retranchai scrupuleusement tout ornement inutile de style, gardant une version aussi sobre et aussi littérale que possible ; j'y fis adapter le texte chinois en regard, y ajoutai les notes grammaticales et remarques littéraires ou historiques propres à guider le lecteur, et, dans cet état, le manuscrit fut soumis au bienveillant examen de Monsieur Robert Hart, Inspecteur Général des Douanes. L'offre libérale me fut faite à l'instant de le faire imprimer au Bureau des Statistiques des Douanes, à Shanghai.

Ce court exposé suffit à démontrer toute la modestie de cet ouvrage, et lui vaudra, je l'espère, les regards indulgents du public. Sans autre objet que d'ouvrir un champ facile à ceux qui, déjà familiarisés avec la langue parlée, désirent faire quelques pas dans l'étude plus sérieuse de la littérature chinoise, il ne renferme ni preuves d'érudition, ni grandes théories. Encore humble étudiant moi-même, c'est à ceux qui commencent peu d'années après moi que je l'adresse spécialement. La langue dans laquelle il est écrit est suffisamment familière à la plupart des personnes qui s'occupent de sinologie pour qu'il trouve son utilité aux mains mêmes des étrangers qui vivent en Chine, et, je l'espère surtout de mes collègues des Douanes, à qui je prends la liberté de le dédier cordialement.

À Monsieur Robert Hart, qui a bien voulu permettre que ces pages fussent imprimées aux frais du Service des Douanes, est due la publication de mon travail, et par conséquent l'utilité qu'on en pourra retirer : qu'il daigne donc, en même temps que mes respectueux remercîments, en accepter aussi l'humble hommage !

L'impression d'un ouvrage français en Chine demandait une attention et des soins tout spéciaux. Éloigné de Shanghai, j'ai dû m'en reposer entièrement sur mes collègues du Bureau des Statistiques, et je ne puis que leur marquer ici ma vive reconnaissance pour l'obligeante assistance qu'ils ont bien voulu me prêter.

L'expérience et les connaissances sinologiques de mon frère, M. P. Piry, du Service des Douanes, qui s'est imposé l'ennuyeuse tâche de corriger les épreuves, n'ont pas peu contribué à mener à bonne fin la production de ce livre ; on me pardonnera de lui témoigner publiquement aussi mon affectueuse gratitude.

A. T. PIRY.

Pakhoi, 15 juin 1879.

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INTRODUCTION

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p.XIII Le Shêng-yü ou Saint Édit ne comprenait dans l'origine que seize maximes, ou préceptes de sept caractères chacun, dont la rédaction est due au célèbre K'ang-Hsi, le second empereur de la dynastie régnante. Il fut publié vers la fin de 1671. L'édit par lequel le grand homme transmit ces préceptes à son peuple me semble un précieux document historique ; ayant été assez heureux, après quelques recherches, pour me le procurer, je me fais un devoir d'en donner ici la traduction exacte.

«... Le 9 de la 10e lune de la 9e année de K'ang-Hsi, réception au ministère des Rites d'un Édit Impérial (ainsi conçu) :

Nous savons qu'au temps d'un gouvernement parfait, ce n'était pas spécialement des lois dont on s'occupait, mais bien, et avant tout, de la réforme par l'enseignement ; alors le cœur des hommes était vertueux et bon, les mœurs publiques, simples et honnêtes ; il n'était plus besoin de recourir aux châtiments ; chaque foyer prospérait ; on voyait de longs règnes, une quiétude perpétuelle, les grands principes [de droiture], partout florissants ! Les lois répriment pour un temps, l'enseignement seul enchaîne pour jamais. Si donc, s'appuyant follement sur les lois, on ne s'occupe de l'enseignement, c'est laisser l'essentiel pour courir après l'accessoire.

Or, en ces derniers temps, Nous avons remarqué que de jour en jour dégénèrent les mœurs ; le cœur de l'homme n'est plus ce qu'il était autrefois : la violence est devenue habitude, l'usurpation s'impose de toutes manières, les artifices des méchants deviennent de plus en plus redoutables, les procès p.XIV n'ont plus de fin. Tantôt, c'est un riche opulent qui écrase le pauvre abandonné, tantôt, c'est un notable ignorant qui veut trancher du maître dans son village ; des gens de lettres gradués [en quête de procès] vont et viennent dans les tribunaux, des misérables, ainsi que des vers rongeurs, attaquent perfidement les honnêtes gens. À tout moment, on entend parler de vol et de rapine, et les meurtres qu'entraînent la colère et la haine jettent sans cesse [des malheureux] entre les mains de la loi. On est forcé d'aggraver les châtiments ; on croit condamner [un coupable] à la mort, ce n'est qu'un ignorant digne de pitié ; on voudrait user de clémence, les lois ne pardonnent pas.

En réfléchissant sur cet accroissement continuel de peines et de sentences capitales, [Nous Nous sommes convaincu] qu'il ne peut avoir d'autre cause que l'inefficacité des doctrines de réforme.

Voulant donc aujourd'hui, à l'exemple de nos anciens monarques, relever la vertu, diminuer les châtiments et régénérer les mœurs en transformant le peuple, Nous proclamons universellement [les préceptes qui suivent] :

Pratiquez sincèrement la piété filiale et l'amour fraternel,

afin d'élever les rapports sociaux.

Resserrez vos liens de parenté,

afin de rendre manifestes la concorde et l'union.

Vivez en paix avec vos voisins,

afin d'éviter les procès.

Tenez en honneur l'agriculture et les soins du mûrier,

afin de vous assurer la nourriture et le vêtement.

Estimez l'ordre et l'économie,

afin d'épargner vos richesses.

Exaltez l'enseignement universitaire,

afin de diriger les études du lettré.

Flétrissez toute secte étrangère,

afin d'exalter les doctrines orthodoxes. p.XV

Expliquez les lois,

afin d'avertir l'ignorant et l'obstiné.

Montrez l'excellence des rites et de la bienséance,

afin de perfectionner les mœurs.

Appliquez-vous aux occupations fondamentales,

afin de fixer l'énergie du peuple.

Instruisez vos jeunes gens,

afin de les empêcher de mal faire.

Supprimez les fausses accusations,

afin de protéger l'innocence.

Avertissez ceux qui cachent les déserteurs,

afin de les empêcher de s'impliquer dans leur crime.

Payez exactement l'impôt,

afin d'éviter que la loi vous y presse.

Organisez-vous en pao-chia 1,

afin d'extirper le brigandage et le vol.

Apaisez vos inimitiés,

afin de tenir compte du prix de la vie.

Mais que faut-il pour enseigner et exhorter ? Que faut-il pour que, dans Notre Capitale et dans les provinces, chacun s'acquitte de la part de responsabilité qui lui incombe ? Que tout officier civil ou militaire prenne lui-même l'avance et prêche d'exemple, [et le succès répondra à Nos désirs] !

Les membres de Notre ministère [des Rites] consulteront minutieusement les canons de l'État, et après délibération Nous soumettront leurs vues !

Édit Spécial ! Par Ordre de Sa Majesté !

p.XVI En 1724, Yung-Chêng, fils et successeur de K'ang-Hsi, fit un commentaire de ces seize préceptes et le publia sous forme de déclaration : cette déclaration n'est autre que le Shêng-Yü Kuang-Hsün ou Amplification du "Saint Édit", véritable titre du sujet de cette étude. Le style en est riche et élégant et strictement conforme à toutes les règles de composition moderne ; quoiqu'en dise l'histoire, il est permis de penser que cette déclaration n'est pas l'œuvre du monarque, mais bien celle des nombreux et savants lettrés qu'il avait à ses ordres. Malheureusement, ses qualités mêmes la mettent au-dessus de la portée du vulgaire et c'est dans cette conviction qu'un intendant des gabelles dans la province du Shan-Hsi, Wang Yü-po, en fît une paraphrase en langue mandarine, facile à comprendre et qui peut se lire en public dans les dix-huit provinces de l'empire.

Disons qu'outre ses mérites littéraires, le Saint Édit paraît être le recueil le plus court et le plus complet qu'on puisse choisir dans les textes originaux, pour prendre un aperçu du système de cette antique civilisation chinoise, déjà vieille de quarante siècles. Car, bien que remarquable par certains points d'originalité, le Saint Édit n'est que la redite des préceptes de religion ou de morale, enseignés de tous temps en Chine. C'est, du reste, à l'aube de son histoire, aux règnes des saints empereurs Yao et Shun, qu'il faut remonter pour trouver, au milieu d'institutions dont la plupart subsistent encore intactes aujourd'hui, celle de cette dignité de pontife unie à la couronne, qui rend deux fois sainte l'autorité suprême et fait un père du souverain. Aucun document, mieux que le Saint Édit, ne peut nous montrer ces fonctions patriarcales de l'empereur : la politique s'y trouve mêlée à la religion, la persuasion aux menaces, les intérêts de famille aux intérêts d'État. Les arguments du souverain gagneraient sans doute à l'aide d'une religion plus réelle que la sienne, mais il faut avouer qu'il use avec un tact et une habileté admirables de ces idées, tant religieuses que morales, qui sont le propre de sa nation.

p.XVII Dès sa promulgation, il fut décrété que le Saint Édit serait lu en public le premier et le quinze de chaque mois : cet ordre, assure-t-on, s'observe religieusement encore dans les districts et cantons de chaque province. C'est, en principe, au milieu de solennelles et imposantes circonstances que doit s'accomplir l'ordre impérial : voici comment le révérend William Milne en décrit le cérémonial :

« De grand matin, le 1er et le 15 de chaque mois, les officiers civils et militaires, parés de l'habit officiel, s'assemblent dans une salle publique, propre et spacieuse. Le Li Shêng, ou 'Maître des cérémonies', s'écrie :

— Avancez en rangs !

L'ordre est exécuté, et chacun se tient debout à sa place respective.

— Trois génuflexions et neuf inclinations profondes ! continue le Li Shêng ;

on s'agenouille et, tourné vers une plate-forme sur laquelle est élevée une tablette qui porte écrit le nom de l'empereur, on touche la terre du front.

— Debout et allez ! dit encore le Li Shêng ;

Tous se relèvent et passent dans une autre salle, sorte de sanctuaire où se lit habituellement la loi ; là, tous, militaires ou civils, se tiennent debout en silence.

— Commencez avec respect ! dit le Li Shêng.

Aussitôt l'orateur [Ssŭ-Chiang-Shêng] s'avance vers l'autel et s'agenouille ; puis, prenant respectueusement la tablette sur laquelle est écrit le précepte du jour, il gravit un degré. Un vieillard reçoit la tablette et la met sur la plate-forme en face du peuple. Alors, après avoir imposé silence à tous avec une clochette de bois qu'il tient à la main, il s'agenouille et lit. La lecture terminée, le Li Shêng lui dit :

— Expliquez tel passage du Saint Édit !

L'orateur se relève et, debout, il donne ses appréciations.

Le Saint Édit a déjà été traduit en anglais, avec sa paraphrase en langue mandarine, par le Révérend William Milne, et publié pour la première fois en langue européenne en 1815, sous ce titre : The Sacred Edict. Dès 1788, il existait une traduction en langue russe, de laquelle nous ne connaissons que le nom de l'auteur, M. Alexis Agafonoff ; enfin, Sir George Staunton en avait lui-même traduit, dès 1812, les seize maximes avec l'amplification des neuf premières ; son p.XVIII travail ne vit le jour qu'en 1822. L'excellente traduction du révérend William Milne, que j'ai pu seule consulter, m'a été d'un grand secours pour la rédaction de mon texte. Ma version a été scrupuleusement comparée avec la sienne, et quoiqu'en général, dans des cas douteux, j'aie préféré m'en tenir à l'esprit de plusieurs excellents commentaires que j'avais entre les mains, son travail m'a sauvé de longues heures d'hésitation. J'ai laissé de côté la paraphrase dont il donne la traduction dans son livre : elle n'entrait pas dans le programme d'études que je m'étais tracé d'abord au profit de mes élèves du
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