1ère partie : La segpa : historique et fonctionnement








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2. Les études et les statistiques



Il n’existe, semble t-il, aucune enquête récente sur les élèves de segpa. En 2005-2006, le nombre total d’élèves en SEGPA était de 103 668 dont 1692 en formation professionnelle52 soit environ 3,5% des élèves de collège. Ce nombre est en diminution depuis 2000 du fait du transfert des formations qualifiantes vers les lycées professionnels.53 Dans la Note d’Information 89-50 de 198954 il est rapporté que 91,5 % de la population SES/SEGPA en 1988-1989 était composé « d’élèves en grande difficulté » au regard de ce que l’on peut considérer comme étant les critères actuels. On peut logiquement penser que 8,5 % des élèves étaient des élèves « en situation de handicap ». La Note d’Information 03-11 de février 200355 précise que 25 % des élèves handicapés intégrés individuellement dans le second degré le sont en SEGPA ( ou EREA) mais ne représente que 4 % de la population totale de ces 2 structures.
Dans Repères et Références statistiques de 200656 (pages 27 et 131) on note 6 % d’élèves en intégration individuelle en SEGPA. On imagine donc que 94 % des élèves viennent de l’école primaire. Cet ouvrage nous donne d’autres renseignements. Ce sont des élèves plus âgés que dans l’enseignement « ordinaire » : les élèves en 5ème SEGPA sont 91 % à avoir 13 ans alors qu’en 5ème « ordinaire » 66 % des élèves ont 12 ans. En 1988-1989 il y a 18,5 % d’élèves de nationalité étrangère en SEGPA contre seulement 7 % dans l’enseignement « ordinaire ». En 1999-2000, cet écart s’est réduit, on trouve 9 % d’élèves de nationalité étrangère en Segpa contre seulement 5 % dans l’enseignement « ordinaire ». En 2005-2006 cet écart se réduit encore puisque les chiffres sont respectivement de 6,8 % et 4,1 %.
Dans la Note d’Information de novembre 2000 « Les EGPA du second degré en 1999 »57 on relève que « Les enfants d’ouvriers, de chômeurs ou de personnes sans activité sont proportionnellement plus nombreux dans les SEGPA (69%) que dans les collèges (39%)… En SEGPA, la proportion de fils d’ouvriers s’élève à plus de 4 enfants sur 10 pour les élèves français et à près de 6 sur 10 pour les élèves étrangers… Dans les collèges cette répartition est plus équilibrée : 30%... Dans les SEGPA, contrairement aux collèges, on trouve très peu d’enfants dont la profession du chef de famille est « cadre et profession intellectuelle supérieure ».
En novembre 1998 Roland Goigoux, maître de conférence à l’IUFM d’Auvergne rendait un rapport sur « les élèves en grande difficulté de lecture et les enseignements adaptés »58 suite à un appel d’offres du Ministère de l’Education Nationale. Son étude a concerné 561 élèves de SEGPA. Les caractéristiques de cet échantillon étaient similaires aux caractéristiques moyennes des élèves scolarisés en France dans l’enseignement adapté du second degré. Elles corroborent les chiffres énoncés ci-dessus. L’échantillon d’élèves comporte 41% de filles et 59% de garçons, pourcentage identique à la proportion nationale. 86% (au lieu de 91% dans la Note d’Information 00-44) des élèves de 5ème ont un an de retard. 97% des élèves de SEGPA sont issus de la catégorie socioculturelle la plus défavorisée. 52% des élèves entrés en 6ème SEGPA étaient issus des classes primaires ordinaires alors que 39% provenaient de l’enseignement adapté du premier degré. Roland Goigoux constatait à la lecture des résultats de son étude que « les élèves de SEGPA obtiennent en français en moyenne, des résultats similaires à ceux des 5% des élèves les plus faibles scolarisés en 6ème. » On peut alors se demander sur quels critères ces élèves sont affectés en collège ou en SEGPA ?
Intéressons-nous à l’enquête59 effectuée par Alain Laguarda IA IPR–Mission Adaptation pour la Seine Maritime. Cette enquête nous parait intéressante car elle a été menée dans l’académie de Rouen où nous avons effectué notre enquête exploratoire. De plus les chiffres de cette étude ne paraissent pas sujet à contestation. Le département de la Seine Maritime comptait 37 SEGPA et 2 EREA en septembre 2006. 2544 élèves y étaient scolarisés dont 296 en EREA. (Le département de l’Eure comptait 16 SEGPA et aucun EREA en 2003. 1017 élèves étaient scolarisés dans ces structures). Depuis 1997-1998, les Commissions de Circonscriptions du Second Degré (CCSD) de l’académie de Rouen ont recueilli des données sur les recrutements des 6ème SEGPA. Cela concerne environ 250 élèves pour l’Eure et 480 pour la Seine Maritime.


Résultats aux évaluations nationales de 6ème (2003)

% de réussite

% de réussite Evaluation Français

% de réussite Evaluation Maths

National

24,9

15

Académie de Rouen

-40,6

-47,1




Résultats aux évaluations nationales de 6ème (2004)

% de réussite

% de réussite Evaluation Français

% de réussite Evaluation Maths

Eure

22,3

19

Seine Maritime

21,47

16,8

Académie de Rouen

21,6

17,2


Sur le plan des résultats scolaires aux évaluations Nationales de 6ème l’étude fait ressortir que les élèves de 6ème SEGPA ont des pourcentages de réussite qui se situe en moyenne à 22% en français, 17% en mathématiques et un écart moyen par rapport aux données nationales de - 40 à - 45 points. Les élèves de SEGPA constituent bien une population en très grande difficulté scolaire, avec le risque de glisser vers l’illettrisme pour une partie d’entre eux. L’étude met en évidence que les données psychométriques sont en cohérence avec ces résultats.





Données psychométriques 2003 Académie de Rouen

Nombre d’élèves

%

QI<59

59

69

QI>80

Total

127

213

242

79

661

19,2 %

31,5 %

32,6 %

12 %

100 %




Données psychométriques 2004 Académie de Rouen

Nombre d’élèves %

QI<59

59

69

QI>80

18,9 %

31,5 %

32,6 %

14,6 %


Ces données montrent qu’une partie non négligeable des élèves de SEGPA ont des profils de type UPI 160, voire d’Institut Médico Educatif précise Mr Laguarda. Il s’agit souvent de refus d’orientation vers une structure relevant du champ du handicap de la part des parents. On observe que 50 % des élèves se situe en dessous d’un QI de 70, mesure prise en compte en 1989 par la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé pour situer le retard léger. L’auteur de cette étude note enfin « que la part des élèves dont le QI est supérieur à 80 (et dont la présence en SEGPA est très discutable) comporte un nombre important de jeunes dyslexiques. » Une « UPI dyslexique » a d’ailleurs été mise en place ; elle accueillait 55 élèves en 2006.
Dans un rapport du Hcéé intitulé « Le traitement de la grande difficulté scolaire au collège et à la fin de la scolarité obligatoire »61, les auteurs André Hussenet et Philippe Santana « notent qu’un certain nombre d’élèves ne correspondent pas à la vocation des SEGPA : élèves présentant un retard mental ou des difficulté instrumentales, sur-représentation d’élèves d’origine étrangères, notamment maghrébins, gitans, proportion quelquefois élevée de QI moyens, sur-représentation des garçons. Elle mentionne la disparité des critères de recrutement selon les endroits et surtout une répartition inégale sur le territoire sans que les besoins soient rigoureusement analysés. » Les auteurs s’interrogent sur ces élèves en difficulté à la fin de la scolarité obligatoire. Ils relèvent des problèmes affectifs, nombreux et particulièrement perturbants, des questions psychiatriques, une variété des conduites à risque (conduites addictives, tentatives de suicides…). Ils évoquent quelques points à ne pas ignorer pour comprendre et agir : le fait que la difficulté scolaire se construise très tôt, bien avant le collège, les inégalités sociales qui jouent un rôle déterminant, le phénomène de cumul, année par année, accroissant considérablement l’influence des professions et des catégories sociales. Ils font référence à l’encadrement familial, au climat « éducationnel », à la qualité de la relation famille-école qui sont essentiels pour la réussite, au retard scolaire qui a des conséquences extrêmement graves sur la carrière de l’élève. Enfin ils réaffirment qu’il n’y a pas de déterminisme absolu et qu’il est possible de faire progresser les élèves beaucoup plus qu’on ne le pense couramment, que le lieu de scolarisation induit l’échec ou la réussite (l’effet établissement et l’effet maître sont considérables), et que la pauvreté est un facteur absolument majeur.
On pourrait donc dire de manière très succincte que les élèves de SEGPA dont d’abord des adolescents confrontés à des difficultés scolaires graves et persistantes. Ils sont issus de parents peu diplômés, de milieux défavorisés, de familles décomposées, d’origine immigrée. Ce sont souvent des garçons (6 sur 10), plus âgés que la moyenne, qui ont redoublé à l’école élémentaire. Leurs résultats aux tests nationaux de 6ème sont très inférieurs à ceux des autres élèves.
Tout ceci ne suffit malheureusement pas pour pouvoir envisager des actions éducatives efficaces. Les différents résultats aux tests, épreuves, études le montrent bien. Les élèves de SEGPA sont des jeunes à Besoins Educatifs Particuliers (BEP). Le désavantage présenté par un élève « en situation de handicap » ou grande difficulté scolaire n’est plus considéré comme la conséquence d’une déficience, mais comme l’incapacité de l’environnement à assimiler et à prendre en compte les différences existant entre les individus. Toute la difficulté revient à définir quels sont ces besoins éducatifs particuliers pour chaque élève scolarisé en SEGPA. A chaque besoin identifié devrait correspondre une action pédagogique ou éducative spécifique. L’analyse de ces besoins demande que chaque enseignant concerné ait les connaissances nécessaires liées à l’adolescent et liées aux processus d’apprentissage. Cela fait partie des compétences spécifiques du CAPA-SH et du 2CA-SH. Cela suppose également une individualisation du projet pédagogique de chaque élève. Il nous semble donc qu’il faudrait s’interroger sur plusieurs aspects caractérisants les élèves de SEGPA : l’aspect cognitif, l’aspect social ou relationnel et peut-être l’aspect physiologique. Ce pourrait être l’objet d’une réflexion à l’occasion d’une recherche dans le cadre d’un mémoire de master 2 professionnel.
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