La leçon de bonheur d’Alain Badiou








télécharger 219.72 Kb.
titreLa leçon de bonheur d’Alain Badiou
page3/7
date de publication06.10.2017
taille219.72 Kb.
typeLeçon
l.21-bal.com > loi > Leçon
1   2   3   4   5   6   7

Emploi dans les associations : des chiffres contradictoires

de Jacques Dughera, le 14 août 2015

Les évolutions de l’emploi dans les associations sont difficiles à cerner dans la période présente. Les collectivités locales, sous contrainte financière et sans réel débat politique, sauf exception, diminuent leur subvention en direction des associations. Parallèlement depuis 2011, le nombre de marchés publics diminue : 4 milliards en moins en 2013,  soit une diminution de 6673 contrats initiaux.[1] Comme les pouvoirs publics avaient tendance à remplacer la subvention par les marchés publics, c’est donc la double peine pour les associations.

Certes toutes les associations ne réalisent pas des activités économiques et ne sont pas concernées par les marchés publics. La diversité associative est telle qu’il faudrait éviter de raisonner en moyenne.

C’est la principale critique que l’on peut adresser au document de Recherches et Solidarités publié en juin 2015 « les associations face à la conjoncture ». Cette note conclut que l’emploi associatif progresse année après année, semblant contredire les évolutions constatées sur le terrain.

Mais cette approche globale ne permet pas de distinguer entre secteurs et surtout tailles d’associations. Cette approche masque la bipolarisation des structures associatives, avec d’un côté quelques milliers de grandes entreprises associatives qui ont pour la plupart une logique d’entreprise et de croissance externe et de l’autre une masse de petites associations sans beaucoup de moyens et d’associations moyennes. Les travaux de Viviane Tchernonog démontraient pourtant que ce sont ces associations moyennes qui subissent aujourd’hui de plein fouet l’évolution négative de l’emploi associatif. Une évolution de l’emploi associatif total oscillant entre +0,1 % et -0,1% chaque trimestre correspond, en réalité, à une stagnation. En effet, 0,1 % de 1 800 000 emplois corespond à 1800 emplois, ce qui est inférieur à la marge d’incertitude des estimations.  A contrario, la note de Recherches et Solidarités évoque 250 000 associations dans les secteurs de la santé, du social, des loisirs, de la jeunesse et l’éducation populaire qui sont en extrême difficulté et risquent de disparaitre.

Nous savons en effet aussi que l’emploi associatif est de plus en plus précarisé sous l’effet de la politique publique des contrats aidés et des emplois d’avenir.

L’emploi total  associatif a ainsi augmenté de 1,3 %, du 3emme trimestre 2013  au 3emme trimestre 2014, ce qui correspond au lancement des emplois d’avenir. 62 000 emplois d’avenir ont été créés. Les emplois d’avenir s’adressent à des jeunes sans emploi ou faiblement qualifiés, qui connaissent des difficultés d’insertion dans la vie active. Ils ont une durée d’un à trois ans maximum. Cela signifie que ces 62 000 jeunes employés temporairement vont se retrouver, parfois dès cette année, en recherche d’emploi.

En conclusion, à coté des productions d’acteurs privés, il nous faudrait une observation publique et pérenne de l’emploi associatif pour pouvoir apprécier tant l’évolution de la quantité que de la qualité de l’emploi associatif.

 Le rapport « la France associative en mouvement » et encore plus l’enquête en préparation sous les auspices de l’INSEE, dès lors que ces productions ne seraient pas ponctuelles mais  bien régulières, pourraient constituer l’ossature d’un véritable observatoire public. Le Conseil national des CRESS dans sa fonction d’Observatoire, reconnue par la loi relative à l’ESS, ne pourrait il pas être l’opérateur de cette observation  permanente en lien avec l’INSEE ?



[1] Lettre DAJ n°32 avril 2015
Ne laissons pas l’économie collaborative au capitalisme sauvage

de Hugues SIBILLE, le 13 août 2015

L’affaire Uber en est une preuve évidente : économie collaborative et économie coopérative ne sont pas synonymes. Elles ne doivent plus être confondues. L’économie collaborative, récente, est selon wikipedia “une activité humaine qui vise à produire de la valeur en commun, en s’appuyant sur une organisation horizontale, rendue possible par les plateformes internet; elle privilégie souvent l’usage sur la possession”.

Ici commence une forme de mystification : supprimer les intermédiaires ne veut pas dire mettre en commun la valeur créée. C’est l’inverse qui se produit : les plateformes internet sont souvent des entreprises à forme capitaliste qui accaparent une valeur financière créée (AirBnB introduite en Bourse pour 8 Milliards de dollars) en partie grâce au fait qu’elles n’ont pas à investir dans les biens utilisés (voitures, appartements, etc). Pire, ces firmes captent, s’approprient et concentrent des masses énormes de données, sur des systèmes d’information fermés et privés. Les usagers n’ont là aucun pouvoir sur la gouvernance ni retour sur les résultats économiques.

C’est donc l´exact opposé de l’économie coopérative, beaucoup plus ancienne, qui repose sur des groupements de personnes et non de capital, dans lesquels les usagers ou les salariés (ou les deux) ont le pouvoir sur l’entreprise (une personne égale une voix) et se partagent les résultats après avoir fait des réserves. Chez Uber les résultats repartent dans la Silicon Valley après un passage par les bermudes pour échapper à l’impôt.

Le moment est amplement venu pour le monde coopératif et plus largement celui de l’économie sociale et solidaire, de passer à l’offensive, car il y a évidemment du bon dans ces approches collaboratives qui permettent à chacun de devenir acteur et de partager des usages. Nous devons concilier coopératif et collaboratif en travaillant, vite, dans trois directions.

D´abord rendre les choses plus lisibles pour les usagers en proposant des circuits courts coopératifs, répondant à des exigences conformes aux valeurs de l’Économie sociale et solidaire. Le Labo de l’ESS a rédigé une Charte des circuits courts économiques et solidaires reposant sur 4 critères : le lien social établi entre les usagers, la coopération  structurant une communauté d’intérêts non fondée sur la rémunération du capital, la transparence des informations données et l’équité pour une juste répartition des rémunérations en fonctions des contributions de chacun. On voit immédiatement que Uber et AirBnB ne pourraient signer cette charte et se revendiquer de circuits courts coopératifs…

Ensuite mettre en place des stratégies de conquête entrepreneuriale de cette nouvelle économie de la fonctionnalité. Ne laissons pas le capital envahir et prendre le contrôle de la totalité de l’économie du Nouveau Monde Digital. Nous devons créer des coopératives collaboratives dans les secteurs du tourisme, de la mobilité, de l’alimentation, de la santé, de l’éducation, du crowfunding… La Maif l’a compris qui vient de créer Maif Avenir, structure dédiée au financement de l’innovation, du digital, et de l’économie collaborative. Il y a urgence à mettre en place des stratégies de filière que la Loi ESS rend possibles et de nouveaux outils financiers (FPCI Impact Cooperatif) rendent finançables.

Enfin occuper résolument le terrain de l’open data, des logiciels libres et de la révolution digitale, pour ne pas laisser se concentrer les données entre les mains de firmes internationales. Nous pouvons devons créer des coopératives de données dont la valorisation profite à tous. L’ESS doit rapidement établir les liens qui s’imposent avec l’approche des Biens communs.

Conjuguons collaboratif et coopératif pour que la révolution digitale soit porteuse de progrès social et non de désintermédiation sauvage.

Article publié dans La Croix du 20 juillet 
Pour un management au plus près du travail

 Par Michel Tavernier  |  17/07/2015, 14:17  |  477  mots

L'évidence est là : le management ne parvient plus à jouer son rôle de courroie de transmission. Il est temps de replacer le travail au cœur de la vie de l'entreprise et de sa stratégie pour que la fonction management puisse s'en ressaisir. Par Michel Tavernier, directeur de l'Agence Rhône-Alpes de valorisation de l'innovation sociale et d'amélioration des conditions de travail (Aravis).

D'un côté, des entreprises qui cherchent à s'insérer dans une économie mondiale de plus en plus ouverte et constatent la difficulté d'être agiles, innovantes ou de satisfaire aux exigences financières à court terme. De l'autre, des salariés à la recherche d'un travail source d'expression de leur identité, mais qui ne parviennent pas toujours à faire un travail de qualité, manquant de reconnaissance, parfois en mal-être.

Le management ne parvient plus à jouer son rôle

Classiquement, la fonction management concourt à relier les différents niveaux de l'entreprise et à réduire les écarts entre « le haut et le bas ». Courroie de transmission et force de régulation, l'encadrement intermédiaire doit en effet traduire les orientations de la direction et les ajuster à l'activité. Il contribue ainsi à articuler les exigences du marché, de la production et du travail et à favoriser l'élaboration des compromis quotidiens gagnant-gagnant.

Mais l'évidence est là : le management ne parvient plus à jouer ce rôle. Que voit-on à la place ? Des manageurs éloignés du terrain à force de reporting, engagés dans la conduite du changement sans marges de manœuvre, manquant de temps pour comprendre le travail et soutenir les équipes, démunis pour gérer les inévitables contradictions de l'activité, etc.

Le travail n'est plus ainsi le fil rouge

Que s'est-il passé qui explique ce glissement du rôle des manageurs ? Absent de la stratégie de l'entreprise, le « travail » - dans ses différentes dimensions : son organisation, sa qualité, ses conditions de réalisation, etc. - n'est plus au cœur de la création de valeur. Il a disparu du langage des décideurs. Les processus de gestion générés par la financiarisation de l'économie le masquent. Conçu « en haut », sans prise en compte des conditions nécessaires pour le réaliser, le travail n'est plus ainsi le fil rouge de la relation direction-manageur-équipe.

Replacer le travail au cœur de la vie de l'entreprise

Replacer le travail au cœur de la vie de l'entreprise et de sa stratégie requiert que la fonction management puisse s'en ressaisir afin de jouer pleinement son rôle d'interface et de régulation. Un point essentiel pour conjuguer au mieux les attentes des parties prenantes : d'un côté, les envies de développement et les rêves stratégiques, de l'autre, les réalités et les limites de toute activité humaine.

À condition d'être relié au travail - et d'avoir les moyens de l'être - le management a ainsi un rôle à jouer pour aider l'entreprise à faire les meilleurs choix : des choix pertinents stratégiquement et faisables opérationnellement. À la fois favorables à la performance et à la qualité de vie au travail. Et pour cela, il ne faut pas nécessairement moins de management, comme certains le réclament, mais davantage de management du travail.

 

Europe : le déni de soi

Dimanche 16 Août 2015 à 5:00

Paul Thibaud

Historien et philosophe, ancien directeur de la revue Esprit.

Austérité inefficace et crise en Grèce, performances médiocres de l'euro, absence de politique extérieure et repli sur soi face aux migrations... Pour le philosophe Paul Thibaud, l'Institution Europe doit sortir de son narcissisme pour faire son bilan.

L'efficacité de la politique que l'on fait ingurgiter aux Grecs n'est aucunement garantie [3]. Selon Joseph Stiglitz (le Monde du 25 juin), comme selon l'analyse de Marie Charrel - également dans le Monde -, ils ont subi des baisses de dépenses publiques et des baisses de salaire équivalentes à ce qu'ont accepté les « meilleurs élèves » de l'Union. Ce qui les distingue, et les accule, c'est la baisse d'un quart de leur PIB qui s'en est suivie. Au moins dans leur cas, la politique à l'européenne a échoué. Mais la doctrine dit que, si on le prolonge, le traitement ne manquera pas d'être efficace. En fait, il ne s'agit pas d'efficacité, il s'agit qu'ils se mettent en règle. Son formalisme rend l'Europe infalsifiable.

Au premier degré, ce fétichisme des règles tient à l'embrouillamini institutionnel dans l'Union : les compromis décisionnels sont sacralisés parce qu'ils ont été difficiles à obtenir. Comme tout le monde y a mis du sien, ils sont le bien commun, le lien, l'astreinte et le point d'honneur d'une classe politique multinationale. Cette complexité dans un cadre mal défini fait que la décision elle-même importe plus que son contenu. A cette prépondérance de la procédure sur les effets, la classe politique européenne trouve bien des avantages [4] : la rétribution pour avoir abouti est immédiate, alors que les inconvénients sont éventuels et à venir. De plus, ce qu'il y a de sacrificiel dans l'européanisation de l'exercice du pouvoir lui ajoute une aura de moralité.

Formalisme et narcissisme caractérisent une institution dont toute l'énergie est consommée par son fonctionnement. Les problèmes de l'Europe tiennent à sa nature même, mais quelle est cette nature ? Jadis, Jacques Delors a qualifié l'Europe d'« objet politique non identifié ». Cette formule correspondait à une interrogation alors récurrente : fédération ou confédération ? L'étonnant est que le débat que semblait ouvrir Delors n'a jamais eu lieu et qu'on a cessé de se poser la question de l'objet européen. Son absence d'identité est devenue une sorte d'identité.

On a longtemps cru que cette indétermination était provisoire, en attendant, pensaient certains, le passage de l'intergouvernemental à la vraie fédération. Depuis 2005 au moins, on n'espère plus le saut fédéral. On vit dans un entremêlement d'Etats qui se compromettent ensemble dans des politiques qu'ils assument plus ou moins. Ce triomphe de l'immanence sur le projet se traduit par un centrement sur soi, la perte du sens de l'avenir comme celle du sens du monde extérieur. L'Europe n'a pris conscience qu'elle avait un Sud et un Est que lorsque de nouveaux partenaires ont sonné à sa porte. Depuis, elle répète qu'il faut s'adapter, mais l'idée d'anticiper les évolutions du monde ne lui était pas venue.

Après la crise grecque, devant l'échec d'une pratique enfermée dans des règles sommairement uniformes, et mal justifiées, après le choc ressenti quand (encore une fois) s'affiche le mépris de la dignité des peuples, l'Europe devrait chercher un autre type d'entente. Ce serait le moment qu'elle se définisse autrement que comme une habitude ancrée, qu'on la caractérise comme institution, comme projet d'avenir pour le monde. Ce serait le moment, mais il y a peu de chances qu'on le fasse, faute de franchise devant les enjeux, faute en particulier d'une réflexion sur le rapport aux nations qui la constituent. Pour sortir de la situation où elle est encalminée, l'institution Europe devrait affronter les questions qu'elle a jusqu'à présent jugé habile de réserver : faire son bilan, et surtout sortir de la croyance qu'une providence la préserve pour s'interroger sur la dynamique qui la détermine et/ou l'entrave. Encore une fois, sortir de son narcissisme.
1   2   3   4   5   6   7

similaire:

La leçon de bonheur d’Alain Badiou iconL’expression de ma plus profonde gratitude va à Monsieur le Professeur...
«intérêt quasi exclusif et presque obsessionnel (…) pour la biographie de Rose Ausländer et pour le message de bonheur et de paix...

La leçon de bonheur d’Alain Badiou icon«bonheur» ou «satisfaction des desirs» ? L’erreur de john rawls sur l’utilitarisme
«le bonheur» (une vie agréable, avec le plus de joie et le moins de souffrance possible), que les utilitaristes considèrent comme...

La leçon de bonheur d’Alain Badiou iconLe Grand Meaulnes d’Alain-Fournier
«quel est pour vous le livre du siècle ?» ont placé en tête quatre romans : Le Petit Prince (1943) d'Antoine de Saint-Exupéry, Le...

La leçon de bonheur d’Alain Badiou iconLe bonheur superficiel se trouve dans les acclamations d’un sourire....
...

La leçon de bonheur d’Alain Badiou iconLa leçon des experiences etrangeres
«Quel modèle de croissance pour la France ? La leçon des expériences étrangères»

La leçon de bonheur d’Alain Badiou iconLeçon 1 15 janvier 1964 Leçon 2 22 janvier

La leçon de bonheur d’Alain Badiou iconLeçon sur l’humain et l’inhumain, Paris, puf, 1997. Étude sur l’humain...
«Entre relativisme et universalisme» p. 64-67 dans le collectif Claude Lévi-Strauss. Tristes tropiques, Paris, Ellipses, 1992

La leçon de bonheur d’Alain Badiou iconRÉsumé La présente étude se penche sur l’acceptation du handicap...
«Écoutons-là : c’est une belle leçon de courage et même une leçon tout court car cet accident qui l’a brisée et que, sottement, nous...

La leçon de bonheur d’Alain Badiou iconAlain Turing

La leçon de bonheur d’Alain Badiou iconAlain Touraine, le 3 décembre 2004








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com