Un médecin d’un Centre hospitalier à Bayonne a été placé en garde à vue 48 heures en août 2011 avant d’être mis en examen. IL est accusé d’ homicide volontaire








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Un médecin d’un Centre hospitalier à Bayonne a été placé en garde à vue 48 heures en août 2011 avant d’être mis en examen. Il est accusé d’ «homicide volontaire avec préméditation » pour avoir pratiqué l’euthanasie active sur quatre personnes âgées classées en « fin de vie » en 5 mois.

Le dossier a été remis à deux juges d'instruction « compte tenu de la complexité du dossier ».

Selon son avocat, il "ne regrette pas son geste et a préféré prendre le problème (de l'euthanasie) à bras le corps".

Le médecin a été remis en liberté. Cependant, il ne peut plus exercer sa profession et a l’interdiction de rencontrer les personnes concernées par les faits. Il ne peut également plus quitter le territoire national et il doit résider dans un lieu déterminé.

Grâce aux progrès de la médecine et à la nette amélioration de l’hygiène, la durée de la vie s’est considérablement allongée ces dernières années, effaçant peu à peu les frontières vers la mort. S’ensuivent des problèmes éthiques et humains inédits et universels. En effet, les hésitations récentes sur la législation d’une loi pour l’euthanasie et l’impact médiatique des débats sur cette question le montrent bien. Le CCNE, Comité Consultatif National d’Ethique, qui stimule la réflexion sur la bioéthique en alimentant des débats contradictoires sur les sujets de la société, s’est prononcé à ce propos. Ayant d’abord désapprouvé qu’un texte législatif réglemente l’acte de donner la mort à un malade en 1991, il se déclare 8 ans plus tard favorable à une discussion publique sereine sur le problème de l'accompagnement des fins de vie, comprenant notamment la question de l'euthanasie.





P
Sur 65 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.
our les clermontois, l’euthanasie est principalement une aide apportée aux personnes gravement malades.



Sur 54 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.
7 personnes sur 11 agées de 18 à 35 ans se disent favorable à une loi autorisant l’euthanasie active.


  1. Où est la frontière entre la vie et la mort ?




  1. Mort biologique :


La mort est pour le scientifique une mort biologique, c’est-à-dire l’arrêt des fonctions biologiques de la vie. Au début du XXe siècle, la mort est décrite comme un phénomène progressif qui se déroule en 3 phases. La mort biologique se situe entre la mort apparente et la mort absolue :


  • La mort apparente est définie par une résolution musculaire, une perte de connaissance et une circulation sanguine ou une activité sanguine et une activité cardiaque faible mais réelle

  • La mort relative aussi appelée la mort clinique, est une mort apparente à laquelle s’est ajoutée une suspension complète et prolongée de la circulation du sang, sans retour possible à la vie et sans réanimation.

  • La mort absolue fait suite à la mort relative, mais sans perception visuelle, entrainant des lésions irréversibles des organes et des tissus.







  1. Mort cérébrale :


Le cerveau est un organe principalement composé d’eau ce qui lui donne une texture similaire à de la gélatine. Si une partie du cerveau meurt, elle se liquéfie et disparait, absorbée par les cellules proches. Il se forme donc un trou définitif dans la structure du cerveau.

La mort cérébrale, aussi appelée mort relative, est un type de coma. Elle est considérée par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme le critère médico-légal du décès. Dans cet état, le don d’organe est envisageable.

Une personne dans le coma n’a plus de contrôle sur son corps physique mais elle peut théoriquement se réveiller à tout moment, c’est pourquoi la frontière entre le coma et la mort cérébrale est fine. On considère ce passage à la « mort » par plusieurs critères :


  • S’il n’y a pas de réflexe ou de réponse nerveuse chez la personne. Ceci témoigne de la mort du cerveau car il n’y a plus de communication entre ce dernier et le reste du corps.

  • Si la température du corps diminue très fortement.

  • Si les organes se dérèglent. Ainsi, les informations envoyées par le cerveau ne sont plus cohérentes.

  • Si la personne ne peut respirer sans respirateur artificiel.

  • Si la tension artérielle augmente mais que le cœur bat très lentement.

  • Enfin si l’activité du cerveau et la circulation du sang dans le cerveau s’arrêtent.


Entre le coma et la mort cérébrale se trouve l’état végétatif aussi appelé « mort apparente ». Lorsqu’une personne est dans cet état, elle semble dormir et tous ses organes fonctionnent tant qu’elle est nourrie et hydratée mais elle ne se réveille pas.

  1. La philosophie de la mort :



La mort pour un homme est l’arrêt de son existence propre. Elle nous est familière, nous la voyons dans les journaux, à la télévision, nous la côtoyons tous les jours, mais ce n’est pas pour autant que nous la connaissons réellement. Notre ignorance est grande sur ce sujet étant donné que personne ne peut en parler « par expérience ». Seule un sujet vivant ayant conscience de son existence peut s’interroger sur sa mort.

D’un point de vue philosophique, la mort n’est pas un arrêt de la vie biologique mais « la fin de la conscience ».

Pour un être dont la mort est imminente, la pensée de la mort est tout d’abord une pensée sur la vie. Selon Epicure, « la mort n’existe pas tant que nous vivons et nous n’existons plus quand elle est là ».




Le refus d’admettre qu’un homme est voué à la mort et qu’il ne peut être soigné est appelé acharnement thérapeutique. Le besoin de soigner doit alors laisser place à l’apaisement des souffrances qui reste le devoir du médecin. Cette obstination de soin est aujourd’hui largement rejetée par les instances religieuses, éthiques et déontologiques, preuve qu’ils peuvent s’accorder sur un tel sujet.


  1. L’euthanasie en Europe




  1. Le cas de la Belgique :


La Belgique a déjà tranché sur le sujet de l’euthanasie le 28 mai 2002 après avoir débattu pendant deux ans. Le gouvernement a donc instauré un ensemble de lois qui régissent le droit pour chaque malade à poser ses choix en termes de vie et de mort.

Il existe donc ce qui est appelé la « Déclaration anticipée de volonté ». Il s’agit de la déclaration écrite du patient exprimant ses intentions et ses refus en matière de soins de santé et de fin de vie pour le cas où il ne serait plus en état de manifester clairement sa volonté (coma, par exemple). Elle est valable si :


  • Elle a été rédigée selon le modèle de formulaire que prescrit la loi. 

  • Elle a été établie ou confirmée moins de cinq ans avant le début de l'impossibilité pour le patient de manifester sa volonté. 

  • Elle a été établie en présence de deux témoins majeurs dont au moins l'un n'a aucun intérêt matériel au décès. 


Le patient peut cependant la modifier à tout moment car ce droit ne sera applicable que lorsque l’état de ce dernier est jugé irréversible.
En dehors de cette déclaration anticipée, il existe une euthanasie expresse. En effet, l’euthanasie peut être pratiquée à la demande expresse du patient au moment où il est encore en état d'exprimer sa volonté actuelle de mourir. Cette demande doit être faite par écrit, datée et signée.

Une euthanasie ne peut être pratiquée que si les conditions suivantes sont remplies:


  • Le patient est majeur (ou mineur anticipé soit à partir de 15 ans) au moment de sa demande.

  • Le patient est capable et conscient au moment de sa demande.

  • La demande écrite est formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée.

  • La demande ne fait l'objet d'aucune pression extérieure.

  • Le patient se trouve dans une situation médicale sans issue.

  • La souffrance physique et/ou psychique est constante, insupportable et inapaisable.

  • L'état du patient est dû à une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable. 


Cette loi ouvre un droit à la demande d’euthanasie, pas à l’euthanasie même. Le médecin est donc en droit de refuser la demande du patient.

Avant de pratiquer l'euthanasie sur le patient, le médecin doit impérativement :


  • L'informer de son état de santé et de son espérance de vie.

  • Evoquer avec lui toutes les possibilités thérapeutiques et en arriver avec le patient à la conviction qu’il n’y a aucune autre solution raisonnable dans sa situation.

  • S'assurer de la persistance de sa souffrance et sa volonté répétée d'en finir.

  • Consulter un autre médecin quant au caractère grave et incurable de l’affection et l'en informer.

  • S'entretenir avec ses proches si le patient le souhaite et le cas échéant, s’entretenir de la demande avec l’équipe soignante en contact régulier avec le patient.

  • S’assurer que le patient a eu l’occasion de s’entretenir avec les personnes qu’il souhaitait rencontrer.

  • Si le décès ne doit pas intervenir à brève échéance, consulter un deuxième médecin quant au caractère constant, insupportable et inapaisable de la souffrance et au caractère volontaire, réfléchi et répété de la demande.

  • Laisser s'écouler un mois entre la demande écrite du patient et l'acte d'euthanasie.

  • Constituer un dossier médical.


Le médecin est donc responsable de cet acte et peut être poursuivi en justice par la Commission de contrôle et d'évaluation  si l'euthanasie n’a pas été pratiquée dans le respect des conditions légales.




  1. Le cas de la France :



Les soins palliatifs sont des soins actifs procurés à une personne atteinte d’une maladie grave comme le cancer ou le sida, afin de soulager ses symptômes tout en tenant compte de ses souffrances psychologiques et de ses croyances spirituelles.

Depuis 1980 en France, ces soins peuvent se pratiquer en institution comme au domicile du malade, et même s’ils se diversifient en fonction des pathologies et de l'âge des malades, ils peuvent encore être améliorés. La visée de ces soins parait donc simple, il faut « permettre au processus naturel de la fin de la vie de se dérouler dans les meilleures conditions, tant pour le malade lui-même que pour son entourage familial et institutionnel ». Pourtant malgré le développement de ces derniers, une loi permet depuis 2005 l’euthanasie passive. Celle-ci autorise un médecin, après avis collégial et autorisation des proches ou du patient, à appliquer un traitement antidouleur « qui peut avoir pour effet secondaire d’abréger sa vie », mais non de provoquer sa mort, c’est la loi Leonetti. En revanche l’application stricte de la loi amène à qualifier l’euthanasie active d'homicide volontaire, d'assassinat ou de non assistance à personne en danger. C’est pourquoi divers mouvements d'opinion militent en faveur d'une modification de ces textes.



Sur 53 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.

La loi Leonetti, pour la majorité de la population Clermontoise est méconnue.



Sur 53 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.


Cependant nous pouvons remarquer que les personnes âgées de 35 à 60 ans sont les plus concernés et favorables.


  1. L’euthanasie en plein débat




  1. Pourquoi ?


La fonction première du médecin est de soigner son patient. Dans ce cas, en principe, ce dernier doit vouloir survivre. Cependant, certains cas nuisent à cette fonction. En effet, certains n’ont, pas cette volonté de survie et veulent parfois même en finir. L’euthanasie est alors envisagée mais la présence d’une tierce personne est exigée pour équilibrer son choix et prendre sa décision comme un choix inévitable et bien évalué. Ce tiers « met délibérément fin à la vie [du patient] dans l'intention de mettre un terme à une situation jugée insupportable ».

Cet acte doit être envisagé ou effectué avec l’accord ou la demande de la personne concernée ou de ses représentants.
Si ceci est respecté, il se pose tout de même « la question éthique ». Elle est très délicate car elle doit faire la balance entre la volonté et l’autonomie du patient (qui est libre de demander la fin de sa vie) et la fonction de base de la médecine qui est de soigner la personne. Cette vocation est appuyée par le Code de déontologie « le médecin n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort ».

L’existence de cas très différents fait de l’euthanasie un sujet très complexe.




  1. Aspect philosophique :



Etymologiquement, « euthanasie » veut dire « bonne mort ». Son but est d'abréger, d'alléger ou de supprimer les souffrances du patient. C’est pourquoi ceux qui la soutiennent l’appellent le plus souvent :

  • Meurtre par pitié,

  • Tuer par amour,

  • Mort dans la dignité,

  • Mort douce.

D'autres personnes la nomment aussi "aide médicale et humaine".

Plusieurs rapports philosophiques ont été menés :

Certains se sont posés la question sur ce qui peut pousser un malade, d’un point de vue psychologique, à demander l’euthanasie. Pour eux, elle est due à la société environnante, à la perte d’une dignité qui leur est indispensable.



  • En effet, selon eux, la société nous rend victime du narcissisme. Il faut être beau pour être digne et si la maladie, un accident ou la vieillesse détruit la beauté, nous défigure, nous rend handicapé, nous enlève l'ouïe ou la mémoire, alors notre dignité est atteinte. On ne vaut plus rien : il faut "disparaître". 




  • L’euthanasie peut être une demande due à l'absence des autres. Les personnes qui la souhaitent se sentent inutiles devant l'absence des leurs et de leurs amis et refusent de dépendre d'autrui (en l’occurrence du médecin). Tout cela les pousse à croire que la vie n'a plus de sens et qu'elle a perdu sa dignité. La douleur physique amplifiée en douleur psychologique conduit donc à une révolte contre la vie.

  • Parallèlement, elle peut dépendre du regard de l’entourage, qui peut être angoissé ou pleurer en voyant le malade défiguré. Percevant ce jugement ou ce sentiment de « nullité » dans les yeux de ceux qui sont censés les consoler, les malades se retrouveront renforcés dans la conviction de la dévalorisation d’eux même.




  • La condition sociale dans laquelle le patient vivait peut aussi influencer cette demande. C’est la « peur du retour » c'est-à-dire le désespoir devant le manque d'argent, l'injustice, l'inégalité sociale.


Beaucoup de critères peuvent amener le patient à réitérer sa demande d'euthanasie. La philosophie nous amène à nous demander : « S’il est vrai que personne ne peut obliger quelqu'un à vivre, n'est-il pas non plus vrai que le malade ne peut obliger un tiers à le tuer ? »



  1. Aspect religieux :


A travers le monde plusieurs religions existent. Que pensent-elles de l’euthanasie ?
L’Eglise catholique romaine refuse à la fois l’acharnement thérapeutique, l’euthanasie active et passive. D’après la lecture de son catéchisme article 2777 « Quels qu’en soient les motifs et les moyens, l’euthanasie directe est moralement irrecevable » Elle admet cependant que, dans certains cas seulement, on puisse passer à travers les soins palliatifs, du refus de l’acharnement thérapeutique à une euthanasie passive atténuée selon l’article 2279 « L’usage des analgésiques pour alléger les souffrances du moribond, même au risque d’abréger ses jours, peut être moralement conforme à la dignité humaine si la mort n’est pas voulue …»
Pour ce qui est du protestantisme : il prône le libre examen. Il existe plusieurs Eglises protestantes mais aucune déclaration protestante commune n’a été recueillie sur l’euthanasie. Néanmoins de hautes personnalités importantes et influentes qui prennent part à cette religion se sont prononcées en faveur du droit à mourir, et c’est dans les pays anglo-saxons où ce droit est le plus avancé. En comparaison avec les chrétiens catholiques, les chrétiens protestants sont plus favorables à cette démarche.
En ce qui concerne les chrétiens orthodoxes et les musulmans ont une position plus radicale refusant l’euthanasie passive et active ; les musulmans étant les plus retissant.

Il y a aussi l’islam qui, sur ce sujet, ne porte aucune confusion : « Il est interdit de donner la mort si ce n’est à bon droit » (c’est-à-dire la peine de mort pour un criminel). Le médecin n’étant pas à même de donner la vie, n’a pas le droit d’y mettre un terme pour quiconque.
Pour le judaïsme, selon le Rabbin Guggenheim, « Le respect de la vie humaine est absolu, inconditionnel. C’est Dieu qui donne la vie. Le Talmud dit : celui qui détruit une vie, même d’un instant, c’est comme s’il détruisait l’univers entier. Il est donc défendu de faire quoi que ce soit qui puisse hâter la fin d’un agonisant ». Même si cette citation peut paraître radicale, des nuances sont à apporter notamment sur le fait que l’euthanasie passive peut être acceptée mais distinguée clairement de l’euthanasie active qui est condamnée sans appel.
Pour finir, le bouddhisme considère que le premier acte négatif est la suppression de la vie (de la sienne ou celle d’autrui). Cependant, même s’il convient de refuser les interventions qui suppriment la vie, il est tout aussi vrai que l’acharnement thérapeutique est une forme d’agression. L’approche de la mort est essentielle et doit être paisible si possible.



  1. Les pour et les contre :



Ce débat donne lieu à deux positions majeures :
La première se présente comme étant contre l’euthanasie. Elle part du principe que la vie est une réalité bien trop importante pour qu’elle soit laissée à la libre disposition de l’homme.



  • Pour ce parti, la présence d’un tiers montre qu’un individu peut décider du sort d’une vie qui n’est pas la sienne et peut, en plus de cela, être quelqu’un de totalement irrationnel et souhaiter la fin de vie d’un patient.




  • Pour eux, un patient ne peut choisir de mourir tant que son état n’est pas à un stade avancé de sa maladie. Il ne peut connaître sa réaction face à la mort tant qu’il est bien portant.




  • Parallèlement, un patient en fin de vie peut prendre cette décision pour épargner son entourage ; sa demande ne correspond donc pas forcément à sa volonté même.




  • Pour finir, le devoir d’un médecin est de soigner et lorsqu’il n’y a plus aucun espoir, il se doit de soulager les souffrances du patient de façon raisonnable. Il ne peut donc aller jusqu’à la mort de la personne.


Les personnes contre l’euthanasie veulent s’en tenir à la législation actuelle : l’euthanasie est considérée comme un homicide volontaire, un assassinat, ou encore une non assistance à personne en danger.

Dans un tout autre sens, certains pensent que mourir dans la dignité implique un droit qui doit être reconnu à qui en fait la demande. Pour les tenants de cette position, la mort étant inéluctable, la plupart des humains veulent, dans nos sociétés occidentales, être rassurés sur les conditions de leur fin de vie : ils refusent dans une très grande majorité la déchéance physique et intellectuelle. Quelques une de leurs idées sont :


  • L'existence humaine ne doit pas être comprise de façon purement biologique ou en termes uniquement quantitatifs.




  • La vie est essentiellement un vécu et assimilée à un symbole. De ce fait, la demande d'assistance à une délivrance douce est pour eux, pleinement un acte culturel.


Par ailleurs ils avancent que :


  • L'individu est seul juge de la qualité de sa vie et de sa dignité. Personne ne peut juger à sa place. C'est le regard qu'il porte sur lui-même qui compte et non celui que pourraient porter les autres. La tentative de suicide n'est plus poursuivie en France depuis 1792. Et pourtant, si le suicide n'est pas condamnable, l'assistance à la mort consentie relève du Code pénal. Ce paradoxe devrait être surmonté par la dépénalisation de l'euthanasie.




  • S'il est vrai que nul n'a le droit d'interrompre la vie de quelqu'un qui n'en a pas fait la demande, personne ne peut obliger quelqu'un à vivre. D'où la revendication d'un droit à l'euthanasie qui ne serait pas en opposition avec le développement des soins palliatifs.




  • Ce droit n'impose aucune obligation à quiconque. Personne n'est contraint à exécuter une demande et la clause de conscience est ici impérative.




  • Le droit de mourir dans la dignité n'est pas un droit ordinaire. Il ne s'agit pas d'un droit accordé à un tiers de tuer. Mais il se présente comme la faculté pour une personne consciente et libre, d'être comprise puis aidée dans une demande exceptionnelle qui est celle de mettre fin à sa vie.



L’euthanasie active reste une infraction. Mais dans certaines circonstances, pour eux, il devrait être admis des dérogations et des exonérations quant à la culpabilité de celui qui aide à mourir. Ainsi :


  • Lorsque les souffrances existentielles, psychologiques et sentimentales d'une personne sont insupportables et non maîtrisables et que cette personne demande qu'il y soit mis fin, le geste d'interruption de sa vie par un tiers ne devrait pas être incriminable.

  • Le caractère intolérable des souffrances subies comme l'absence raisonnable d'autres solutions pour les apaiser devrait être corroboré par le médecin traitant et par une autre personne du corps médical.




  • La demande d'interruption de vie n'est pas un acte médical mais culturel relevant de la liberté individuelle. Elle doit être lucide, réitérée et libre. Elle se manifeste soit par un témoignage écrit pouvant être confié à un mandataire, susceptible de se substituer à la personne devenue inconsciente ou dans l'impossibilité de s'exprimer. Le tiers intervenant ne doit avoir aucun intérêt personnel ou égoïste à satisfaire cette demande.




  • La demande d'assistance à une mort consentie doit être formulée librement, consciemment, clairement et de manière réitérée. Elle est toujours révocable, afin de protéger la liberté individuelle et l'autonomie de la personne.




Pour conclure :
La question de la mort n’est pas perçue de la même façon médicalement, philosophiquement et religieusement. Les avancés de la médecine ont engendré le problème douloureux de l’acharnement thérapeutique qui a amoindri les frontières entre la vie et la mort. Ceci amène à s’interroger sur un sujet devenu presque tabou pour les Français. Dans ce débat, deux camps s’opposent, remettant en cause la fonction première du médecin et le droit de mourir dignement.

Jean-Luc Romero, Président de l’association pour le Droit de mourir dans la dignité, fait donc parti des « pour » (cf l’article de la Montagne en annexe) , et la Religion, avec plus ou moins de nuance, lui fait face, trouvant cette mort contre nature. Cependant en Belgique, l’euthanasie fait l’objet d’une loi précise autorisant sa prescription alors qu’en France, seule la Loi Leonetti permet l’euthanasie passive.

Le mardi 18 décembre 2012, Didier Sicard, auteur du rapport sur la fin de vie, a déclaré que « l’assistance au suicide peut être envisagée dans certains cas de maladies incurables et évolutives ». Il privilégie cependant une réelle application de la loi Leonetti qui laissait des zones d’ombre sources de tensions. Néanmoins l’actuel Président français François Hollande propose d’ouvrir la porte à la législation d’un suicide assisté dans des conditions strictes qui restent à définir. Selon le rapport Sicard, il s’agit de pouvoir abréger la vie pour écourter l’agonie sans pour autant programmer la mort. Ce qui signifie un changement du Code de Déontologie, cependant pour la médecine ceci constitue un important changement puisque la mort devient une solution réellement envisageable au même titre que soigner le patient.


S'ils étaient assez dubitatifs en 1981, les Français sont aujourd'hui très majoritairement
favorables à l'euthanasie pour les personnes atteintes de maladies incurables.

Annexes

Témoignage du Président de l’association pour le Droit de mourir dans la dignité : Jean-Luc ROMERO, le 21 septembre 2012.


Qu’est ce que le droit de mourir dans la dignité selon vous ?
La question de notre fin de vie ne nous appartient souvent plus. On en fait une affaire médicale alors que c’est une affaire citoyenne, éthique, personnelle. Concrètement, c’est la possibilité de prendre un produit, de s’endormir sans souffrance après qu’un médecin ait prescrit ce produit si vous entrez dans les conditions. Notre combat n’est pas un combat pour un petit jeune qui a un chagrin d’amour ou une personne qui fait une dépression. Mais quand la vie s’en va, quand les souffrances sont insupportables, il faut pouvoir être entendu. Aucun principe dans une république laïque ne vous oblige à aller jusqu’au bout du bout.

Qui peut prendre une telle décision ?
Ce qu’on demande à l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), c’est de copier la loi qui existe en Belgique ou au Luxembourg. La condition première, c’est la volonté de la personne. C’est elle et elle seule qui doit décider. Ce ne sont ni les héritiers ni les médecins.

François Hollande a confié une mission au Professeur Sicard sur la question. 
Des missions, il y en a eu suffisamment, on sait tout sur cette question. On n’a pas besoin d’une mission supplémentaire mais d’une loi. Cette commission Sicard est composée exclusivement de soignants. L’ADMD a d’ailleurs été écartée. On fait tout pour que les Français ne s’emparent pas de cette question. 

Faites-vous confiance à François Hollande pour légaliser l'euthanasie ?
Je lui ai écrit un courrier où je m’inquiétais de la mission Sicard. Je sais qu’il entend mes messages. J’espère qu’il va enfin permettre à chacune et chacun d’entre nous d’avoir cette ultime liberté. Il faut qu’il tienne l’engagement qu’il a pris, la proposition 21 de son programme. Beaucoup de parlementaires à travers le pays ont été élus sur cette proposition. Il est temps de légiférer.




Remarque : La proposition 21 citée ci-dessus dit « Je (François Hollande élu Président de la République) proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour finir sa vie dignement » 
Un sondage a été fait durant la durée des TPE à l’intérieur de l’établissement, dans d’autres établissements privés et publics ainsi que dans des lieux publics, afin d’avoir une vue la plus objective possible de la population.





Sur 65 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.



Sur 54 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.



Sur 39 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.


Sur 54 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.


Sur 49 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.



Sur 53 personnes interrogées d’octobre 2012 à décembre 2012.

Bibliographie

Livre sur le point de vue religieux :

  • « L’euthanasie encore un tabou ? » Pemf ados


Le débat, les soins palliatif, l’acharnement thérapeutique :

Le témoignage :

La loi belge :

La philosophie de la mort :

Le rapport Sicard :



Cas du médecin de Bayonne inculpé :




Les différentes images :





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