Les céréales en mouvement








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Les céréales en mouvement

Salon International de l’Agriculture 2015

Contacts presse :


De Bouche à Oreilles

Claire Bouc

06 84 59 91 21

claire.bouc@de-bouche-a-oreilles.com

Passion Céréales

Antoine Part

06 75 27 83 15

a.part@passioncereales.fr

Sommaire

Les céréales en mouvement 3

Fiche 1 : 6 chiffres pour mieux comprendre le lien entre agriculture et changement climatique 4

Fiche 2 : Quand les céréales jouent la carte du bioplastique 6

Les céréales font bonne impression… En trois dimensions 6

Le sac en bioplastique, candidat idéal pour la collecte des déchets organiques 7

Fiche 3 : Protéger les céréales contre les attaques de la nature grâce à des solutions issues… de la nature 9

Eléments de contexte 9

Des micro-guêpes, protectrices du maïs 10

Des algues utilisées comme « vaccins » des céréales 12

Un anti-limace d’origine naturelle 14

A propos de Passion Céréales 15


Les céréales en mouvement


A l’occasion du Salon International de l’Agriculture 2015, dont le thème est cette année « L’agriculture en mouvement », Passion Céréales vous invite à découvrir le mouvement dans lequel la filière céréalière française s’est engagée de longue date pour apporter sa contribution au traitement des grands enjeux de notre siècle.

L’une des dynamiques dans laquelle la filière céréales s’est inscrite concerne l’enjeu du réchauffement climatique, placé sous les feux de l’actualité cette année avec la conférence Paris Climat 2015 (COP 21). Le challenge est double : prendre en compte ce réchauffement et son influence sur les paramètres de culture et s’y adapter d’une part, limiter autant que possible les émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité agricole d’autre part.

Parmi les nouveaux débouchés explorés par le secteur des céréales, les bioplastiques (bio-sourcés, biodégradable et compostable) sont susceptibles d’apporter une alternative aux plastiques issus de la pétrochimie. Deux exemples d’applications ancrés dans l’actualité sont développés dans ce dossier : la substitution des sacs plastiques, ciblés par un projet de loi en cours de discussion, et la matière première pour imprimantes 3D, dont l’essor dans le monde professionnel commence à toucher les particuliers.

Enfin, concept en plein déploiement, y compris sur céréales, le biocontrôle enrichit la boîte des outils agronomiques des agriculteurs, dans l’objectif de trouver des alternatives aux intrants de synthèse ou d’en réduire l’usage. Son principe d’action : jouer sur des mécanismes naturels pour protéger les cultures contre certains ravageurs et maladies. Certaines solutions font leurs preuves depuis des années, d’autres émergent.

Ce dossier présente des illustrations concrètes du mouvement dans lequel s’est engagée la filière céréalière. Nous vous en souhaitons une bonne découverte.

Fiche 1 : 6 chiffres pour mieux comprendre le lien entre agriculture et changement climatique


Selon les spécialistes, agir aujourd’hui, c’est anticiper le climat que nous aurons dans 20 ans. Le monde agricole, secteur pleinement dépendant des conditions climatiques, en est conscient et agit : évolution des pratiques, recherche de variétés plus adaptées… L’idée est à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et de s’adapter au changement, déjà engagé.

2 degrés


2°C, c’est la hausse de la température mondiale que prédisent les modèles les plus optimistes d’ici à la fin du siècle. A quantités égales d’émissions de gaz à effet de serre (GES), certains modèles affichent une hausse pouvant aller jusqu’à 6°C. A l’heure actuelle, l’agriculture et la forêt génèrent 24 % des émissions de gaz à effet de serre. Par comparaison, le secteur énergétique en émet 35 %, l’industrie 21 %, les transports 14 % et le bâtiment 6 %.

Les scénarios les plus pessimistes annoncent une multiplication des évènements climatiques extrêmes (inondations, sécheresse, cyclones…), augmentation des problèmes sanitaires, « migration » de certaines cultures plus au nord, etc. Pour limiter cette hausse à 2°C, il faudrait réduire les émissions de 10 % par décennie, soit un recul de 40 % d’ici à 2050 et les avoir quasiment éliminées d’ici à 2100.

2 options : s’adapter ou esquiver


« Face à la hausse des températures et à la diminution de la ressource en eau, la cartographie actuelle de l’implantation des cultures devra évoluer », constate Olivier Deudon, ingénieur chez ARVALIS-Institut du Végétal. « Pour esquiver les accidents climatiques de fin de cycle, les céréaliers ont déjà tendance à semer plus tôt leur blé. La sélection génétique évolue dans ce sens : depuis quelques années déjà, une précocité naturelle s’installe ». La recherche travaille également à mettre au point des variétés moins sensibles au stress hydrique (cf. encadré), plus résistantes aux maladies et aux parasites.

Toits roulants recherchent céréales moins gourmandes en eau

Repérer les variétés de céréales les mieux adaptées au stress hydrique. Tel est l’objectif que s’est fixé l’institut technique ARVALIS-Institut du Végétal sur sa station d’Ouzouer-le-Marché (41). « Le site est équipé de huit serres mobiles, couvrant au total 5000 m2 » explique Yann Flodrops, ingénieur régional. « Ces équipements permettent de protéger automatiquement les expérimentations de la pluie pour maîtriser les périodes et les intensités de sécheresse appliquées aux essais en plein champ. Si les essais 2015 débutent avec le maïs, ils devraient rapidement se consacrer au blé. Ce projet fait partie du programme Phénome, piloté par l’Inra, jusqu’en 2019. Cette étude vise aussi à mettre en place un phénotypage haut débit des cultures.





3 types de gaz à effet de serre


Les principaux gaz à effet de serre émis par l’agriculture et la forêt sont au nombre de trois : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O), provenant essentiellement de processus biologiques. Alors que le CO2 participe à hauteur de 10 % aux émissions, le CH4 s’en octroie 40 % et le N2O,
50 %. Le CO2 résulte de la combustion du fioul utilisé pour les tracteurs ou pour le chauffage des bâtiments et des serres. Le méthane est issu de la fermentation entérique des ruminants et de la gestion des déjections animales tandis que le protoxyde d’azote découle de la fertilisation organique et minérale et de la gestion des déjections. Avec 90 % d’émissions d’origine diffuse liées à l’élevage et à l’utilisation des sols agricoles, la gestion des GES dans le monde agricole s’avère donc plus complexe que dans d’autres secteurs.

10 actions clés


En collaboration avec l’Ademe et les ministères chargés de l’Agriculture et de l’Ecologie, l’Inra a identifié dix actions clés1 permettant de réduire les émissions de GES sans pour autant remettre en cause les systèmes de production ni les niveaux de rendement. Pour diminuer les émissions de N2O l’Inra conseille par exemple de réduire le recours aux engrais minéraux de synthèse en valorisant mieux les apports organiques ou en augmentant la part des légumineuses au sein de la rotation. Afin d’accroitre le stockage de carbone dans les sols et donc, de diminuer les émissions de CO2, il est conseillé de développer les techniques culturales sans labour, d’introduire davantage de cultures intermédiaires, de bandes enherbées et de haies, de développer l’agroforesterie ou encore d’optimiser la gestion des prairies.




20 % de GES en moins depuis 1990


Entre 1990 et 2012, les émissions des GES dues à l’énergie dans l’agriculture ont diminué de 20 %. Ce chiffre, issu d’une étude publiée par l’agence européenne pour l’environnement en juin 2014, montre que la dynamique est enclenchée.

2015 : un rendez-vous capital


En décembre prochain, la France accueillera, au Bourget, la 21e conférence Climat des Nations Unies. Un événement qui rassemblera les représentants de près de 200 Etats de la planète. L’enjeu est important car le but est de trouver un accord pour tenter de limiter la hausse des températures de la planète à « seulement » 2°C d’ici à 2100.

Les objectifs de l’Europe d’ici à 2030

Le 24 octobre dernier, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ont adopté un plan de lutte ambitieux contre le réchauffement climatique afin de persuader leurs partenaires internationaux d’adopter des engagements similaires dans les mois à venir. L’Europe s’est ainsi donnée comme objectifs de :

  • réduire de 40 % les émissions de GES par rapport à 1990,

  • remplacer 27 % de la consommation d’énergie par des énergies renouvelables,

  • réaliser 27 % d’économies d’énergie.

Fiche 2 : Quand les céréales jouent la carte du bioplastique


Les bioplastiques fabriqués en France sont principalement conçus à partir d’amidon provenant de la biomasse céréalière ou de la pomme de terre. Ils constituent une matière première alternative pour de nombreuses filières, avec un caractère renouvelable appréciable. Les pouvoirs publics les envisagent comme solution de substitution pour remplacer des consommables issus de la pétrochimie. Certains secteurs, parmi les plus en pointe, ont déjà fait le choix du bioplastique, avec succès. Exemples.

Les céréales font bonne impression… En trois dimensions


Commercialisée depuis octobre 2014, l’imprimante 3D fonctionnant avec du bioplastique comme matière première présentée au Salon International de l’Agriculture sur l’espace de Passion Céréales, a été éditée à un millier d’exemplaires.

Principe de fonctionnement


Une imprimante 3D fabrique des objets à partir d’un fil fondu, dont la matière est portée à très haute température pour être disposée dans l’espace puis séchée dans la forme définie par l’utilisateur. Les bobines de fils peuvent être composées de résine, de métal, de plastique… et de bioplastique conçu à partir d’amidon de céréales.

Les acteurs


Concepteur d’imprimantes 3D, eMotion Tech collabore avec Vegeplast, dont les spécialités sont les pièces et emballages en bioplastique 100 % biodégradable, comme par exemple des capsules compatibles Nespresso. « Notre équipe R&D a relevé le défi des imprimantes 3D avec celle d’eMotion Tech », raconte Vincent Pluquet, président de cette société qui transforme 5 à 6000 tonnes de matière première chaque année. « Notre travail en commun nous a permis de trouver une formule composée à 99 % à partir de céréales, pour 1 % d’adjuvant « vert », également issu de l’agriculture », complète Gilhem Perès, cofondateur d’eMotion Tech. Cette formule est compatible avec toutes les imprimantes 3D à fil fondu.

Les atouts du bioplastique « made in France »


Cette évolution a naturellement séduit les décideurs d’eMotion Tech. Auparavant, les bobines de leurs imprimantes étaient composées d’un plastique en provenance de Chine. Ce changement permet d’améliorer le bilan carbone de ces bobines tout en favorisant un circuit régional, Vegeplast et eMotion Tech étant implantés à moins de 200 kilomètres de distance.

Les perspectives


Les imprimantes 3D se démocratisent pour les entreprises, mais également pour les particuliers. Le prix des modèles les plus accessibles oscillent entre 400 et 2 000 €. L’émergence d’une matière première alternative aux consommables issus de la pétrochimie et valorisant des filières locales pourrait prendre une part importante dans ce déploiement et l’orienter vers une production plus respectueuse de l’environnement.

Les bioplastiques en quelques chiffres

  • Les sacs à usage unique biodégradables émettent sur leur cycle de vie une quantité de gaz à effet de serre de 40 à 50% inférieure à leur équivalent fossile.

  • 1 hectare de céréales peut permettre de produire jusqu’à 10 tonnes de bioplastiques.

  • La filière bioplastique européenne présentait une capacité de production de 509 000 tonnes par an en 2013, contre 276 000 tonnes par an en 2010.

Source : Club Bio-plastiques

Le sac en bioplastique, candidat idéal pour la collecte des déchets organiques


Les sacs en bioplastique fabriqué à partir d’amidon de céréales, étant biodégradables et compostables, constituent un outil précieux dans le tri, la collecte et la valorisation des déchets organiques. Un atout sur lequel joue le réseau national Compost Plus, qui fédère 16 groupements de collectivités engagées dans la collecte de déchets organiques sur l’ensemble du territoire français. Au-delà de cet usage, les sacs en bioplastique présentent des avantages qui encouragent leur utilisation en substitution des sacs plastiques à usage unique…

Près de 3 millions de Français adeptes du tri des déchets organiques


Le syndicat mixte intercommunal de collecte et de valorisation du Libournais (SMICVAL de Haute-Gironde) est l’un des membres du réseau Compost Plus. Depuis 2002, ce syndicat organise la collecte des déchets organiques sur une quinzaine de communes. Quelques 50 000 habitants sont équipés pour une collecte séparée : des bio-seaux aérés avec des sacs compostables en amidon de maïs leur sont distribués par la mairie afin d’être placés directement dans la cuisine. Une fois remplis, ces sacs sont à disposer dans des bacs de 35 litres pour être par la suite ramassés par les agents de collecte.

L’ensemble des déchets organiques collectés est destiné à une plateforme industrielle afin d’être composté. La matière fertilisante qui en résulte est vendue à des agriculteurs bios de la région. Selon des modalités parfois légèrement différentes dans le détail, près de 3 millions de Français participent à ce type de collecte, dont le développement s’est accéléré depuis les années 2010. Le potentiel est considérable, au regard des exemples italiens ou allemands, qui montrent qu’il existe une réelle marge de progression.

Des sacs compostés et biodégradés en 90 jours


« Les sacs en bioplastique sont essentiels à chaque étape du processus » affirme Nicolas Sénécheau, directeur général des services de la SMICVAL. Ils permettent le début de la dégradation de la matière organique dans le bio-seau aéré prévu à cet effet, tout en limitant les odeurs indésirables. Ils sont assez solides pour contenir dix litres de déchets relativement denses. Pour la phase de compostage, le matériel doit être biodégradable et compatible avec le cahier des charges de l’agriculture biologique. La vitesse de dégradation est essentielle : elle ne doit pas se produire dans la cuisine du particulier, ni excéder le temps de décomposition des déchets.

« Dans les conditions de la plateforme de compostage, les sacs en bioplastique disparaissent en 90 jours », détaille Florence Nys, secrétaire générale du Club Bio-plastiques, association pour le développement de la filière française des bioplastiques. « Un délai compatible avec la fermentation des déchets, ce qui évite d’avoir à vider les sacs : contenu et contenant évoluent simultanément ». Même dans des conditions différentes de celles d’une plateforme de compostage, les bioplastiques restent attractifs pour la biodégradation par les micro-organismes. Ils peuvent ainsi être valorisés par compostage individuel comme dans un jardin particulier par exemple.

Un exemple probant d’économie circulaire


Le cycle est initié par la terre : les blés ou maïs poussent dans les champs agricoles, où ils puisent les éléments nécessaires à leur croissance. Ces cultures sont ensuite transformées par les fabricants de bioplastiques en une résine bioplastique. Cette résine parvient aux industriels de la plasturgie sous forme de granulés. C’est à ce stade qu’ils sont transformés en sacs selon un procédé d’extrusion - gonflage. Utilisés dans le cadre d’une collecte sélective des déchets organiques des ménages, les sacs en bioplastique, biodégradables et compostables, facilitent ainsi le tri et la collecte de ces déchets. Ils sont ramassés spécifiquement pour être expédiés jusqu’à une plateforme de compostage. Leur matière organique y est valorisée, permettent ainsi d’obtenir un compost de bonne qualité pour un retour au sol. Ce compost sert en effet d’engrais, favorisant, par exemple, la croissance d’autres cultures.



Réglementation : les sacs en bioplastique bientôt encouragés par la loi ?

En 2006, 17 milliards de sacs plastiques à usage unique distribués en caisse étaient consommés par an en France, soit environ 80 000 tonnes. Certaines enseignes de distribution ont alors commencé à réduire, voire supprimer leur distribution systématique. Cette démarche volontaire pourrait devenir obligatoire. C’est le sens d’un projet de loi porté par Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie. Distribués moins abondamment et davantage réutilisés, les sacs plastiques restent néanmoins une source de pollution si l’on rapporte leur temps de dégradation (400 ans) à leur temps d’usage. Si le projet de loi n’est pas encore définitif, la substitution des sacs issus de la pétrochimie par des sacs en bioplastique (bio-sourcés et biodégradables) fait partie des discussions en cours, selon le Club Bio-plastiques, association pour le développement de ces produits. En Europe, l’Italie a montré la voie : les sacs plastiques y sont interdits à l’exception des sacs en bioplastique, sacs biodégradables à base d’amidon.

Source : Club Bio-plastiques

Fiche 3 : Protéger les céréales contre les attaques de la nature grâce à des solutions issues… de la nature


Agriculture durable, agriculture écologiquement intensive, agroécologie… quel que soit le terme utilisé, l’objectif affiché est le même : maintenir, voire développer les rendements des cultures, tout en respectant davantage l’environnement. En résumé : produire plus et mieux. Les produits de biocontrôle, encore rares mais en développement, font partie des outils dont disposent les céréaliers pour préserver leurs rendements tout en maîtrisant l’apport des produits phytosanitaires de synthèse.

Eléments de contexte


Les enjeux du développement durable sont repris dans plusieurs textes réglementaires aux niveaux européens et nationaux. Ils font aussi l’objet de grandes conférences mondiales où les Etats et autres parties prenantes s’engagent collectivement à progresser ensemble. Ainsi, pour la protection des plantes contre les maladies, les insectes et les mauvaises herbes, la Communauté européenne a publié une directive en octobre 2009 « instaurant un cadre d’action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable. » Cette directive est appliquée en France avec le « plan EcoPhyto », visant une réduction significative de l’utilisation des produits phytosanitaires et dont le rapport de révision à mi-parcours, dévoilé le 23 décembre 2014 par le député Dominique Potier, place le biocontrôle parmi les démarches à privilégier. La récente Loi d’Avenir pour l’Agriculture l’Alimentation et la Forêt, qui vise à développer un nouveau modèle agroécologique en France, positionne également la « solution biocontrôle » comme une solution d’avenir.

Biocontrôle, définition

« Ce terme désigne des techniques de protection des plantes qui privilégient l’utilisation de mécanismes ou d’interactions naturels », explique Denis Longevialle, secrétaire général d’IBMA2. « Le biocontrôle rassemble ainsi une large palette d’outils, utilisés seuls ou associés à d’autres moyens de lutte, pour protéger les cultures. Cette stratégie est fondée sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs ». Parmi les solutions déjà mises au point figurent des substances naturelles, des macro et des micro-organismes et des médiateurs chimiques qui, tous, permettent de maîtriser l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse. Le biocontrôle fait ainsi partie intégrante de l’agriculture durable.


Des micro-guêpes, protectrices du maïs


Le biocontrôle fait donc partie de la boite à outils agro-écologique. Les céréales profitent déjà de plusieurs solutions innovantes. Même si, à l’époque de la mise au point de la technique des trichogrammes, le mot « biocontrôle » n’existait pas encore, cette stratégie en est pourtant une parfaite illustration. « Les premiers diffuseurs de trichogrammes ont été installés dans les parcelles de maïs en 1980 », rappelle Sébastien Rousselle, directeur marketing et commercial de Biotop, société qui commercialise ces micro-guêpes. « Aujourd’hui, 120 000 ha de maïs sont protégés ainsi en France, soit près de 25 % des traitements de lutte contre la pyrale, un ravageur du maïs. La technique est aujourd’hui bien rodée ». Biotop travaille cependant à de nouvelles améliorations : alléger le temps d’application des diffuseurs, allonger la durée d’action des trichogrammes et s’adapter aux nouvelles souches de pyrales.

Comment ça marche


La technique est simple : des petites plaquettes, appelées diffuseurs, sont accrochées à l’aisselle des feuilles du maïs, à raison de 25 par hectare. Dans ces plaquettes, des larves de trichogrammes, de petits insectes de la famille des hyménoptères, dont les adultes sont des parasites naturels des œufs de la pyrale. Une fois arrivés à l’âge adulte, les trichogrammes sortent du diffuseur et se reproduisent. Les femelles pondent alors leurs œufs dans celui de la pyrale et se développent à son détriment. La pyrale meurt tandis que le trichogramme entame un nouveau cycle de développement. La protection se prolonge ainsi jusqu’à plus de trois semaines.

Des algues utilisées comme « vaccins » des céréales


Autre exemple de technique de biocontrôle, le SDN : le Stimulateur de Défense Naturelle des plantes. L’entreprise Goëmar, située à Saint-Malo, développe un SDN sur céréales à paille pour les protéger de l’ensemble des maladies (plus particulièrement recommandée contre la septoriose du blé et l’helminthosporiose de l’orge). Ce SDN, appelé Vacciplant Grandes Cultures, est constitué à partir de laminarine, une molécule naturelle extraite de l’algue marine Laminaria digitata. Ce principe actif est reconnu par les céréales comme un produit de dégradation de la paroi cellulaire des champignons pathogènes. Il est ainsi utilisé pour accroitre la résistance des plantes et leur donner  l’avantage sur l’attaque de l’agresseur. Ce moyen de protection s’utilise en combinaison avec les solutions phytosanitaires conventionnelles, permettant de réduire les quantités d’intrants chimiques épandues. . Objectif final recherché : utiliser un mode d’action complémentaire à celui d’un intrant chimique qui lui s’attaque directement à l’agresseur. Homologué également sur d’autres cultures (pommiers, salades et fraises) et en agriculture biologique, ce SDN permet de diversifier la palette d’outils dont dispose l’agriculteur pour protéger au mieux ses cultures tout en préservant l’environnement.

Comment ça marche


A l’image d’un vaccin, l’idée est d’utiliser des molécules que les plantes reconnaissent comme celles d’un agresseur. Pour y faire face, les plantes mettent en place des mécanismes de défense comme par exemple le renforcement de la paroi cellulaire pour créer un barrage physique et donc, compliquer la tâche des parasites. Quand le « vrai » agresseur se présente, la parade est déjà en place et la plante, protégée. Dans ce cas précis, la plante ne se contente pas de combattre l’agresseur, elle cherche aussi à parer une infection future.


Un anti-limace d’origine naturelle


Le biocontrôle, l’entreprise Certis le connait bien également. En 2014, 14 % du chiffre d’affaires de cette société était réalisé avec cette activité. Fer de lance de la gamme, l’anti-limace Sluxx, composé de phosphate ferrique. Cette substance naturelle minérale, ingérée par les limaces, leur donne l’impression de satiété et bloque leur alimentation. Le mollusque se sentant rassasié, retourne en terre… et finit par mourir de faim. Sluxx s’utilise sur céréales, tout au long de l’année. Gros atout de cette matière active naturelle : une fois dégradée par les micro-organismes du sol, elle se décompose en phosphate et fer.




Témoignage : « Un engouement significatif dans le secteur des céréales »

Claude Maumené, responsable maladies et méthodes de lutte, ARVALIS – Institut du végétal
« Si l’on considère les investissements et la recherche des acteurs du marché de la protection des plantes, le biocontrôle connait un engouement significatif, y compris dans le secteur des grandes cultures. Historiquement, ARVALIS - Institut du Végétal travaille cette technique, avec notamment les trichogrammes sur maïs que nous suivons depuis 10 ans. Avec la diminution du flux d’innovations de solutions chimiques conventionnelles, nous avons orienté notre stratégie vers une amplification de nos activités sur le biocontrôle. L’ensemble de nos équipes a les compétences pour mieux appréhender l’aspect réglementaire en évolution, et accompagner les entreprises du secteur et la recherche académique jusqu’aux utilisateurs finaux. Nos expérimentations portent principalement sur les cibles les plus importantes, comme par exemple le taupin sur maïs. Nous sommes également actifs au niveau des stimulateurs de défenses naturelles des céréales contre les maladies, mais aussi attentifs aux substances naturelles ayant des propriétés fongicides. La lutte contre les mauvaises herbes est encore exploratoire pour le moment. L’enjeu essentiel est de trouver le bon équilibre et le bon positionnement des solutions de biocontrôle par rapports aux solutions conventionnelles avec lesquelles elles doivent être le plus souvent associées pour être complètement efficaces et apporter la même régularité pour l’utilisateur final ».

A propos de Passion Céréales

Une dynamique de filière, une action nationale et régionale


Passion Céréales est une association loi 1901 créée en 2006 à l’initiative de l’interprofession céréalière qui rassemble producteurs, coopératives, meuniers, malteurs, amidonniers, semouliers, exportateurs ainsi que les acteurs de la nutrition animale.

Elle a pour mission d’informer sur les céréales, les produits qui en sont issus et les métiers de la filière. Elle est une interface d’information qui ouvre des espaces de dialogue et d’échange entre les acteurs de la filière céréalière, du monde végétal agricole, du monde scientifique et de la société civile, pour relever les enjeux d’une société durable.

En savoir plus :


www.passioncereales.fr
www.arvalisinstitutduvegetal.fr
www.bioplastiques.org

www.vegeplast.com

www.emotion-tech.com
www.ibmafrance.com

www.certiseurope.fr

www.goemar.com

www.biotop.fr
Twittez sur le SIA 2015 avec @passioncereales

#céréales #odysséevégétale

1 Document consultable sur le site de l’Inra www.institut.inra.fr

2 Association française des entreprises de produits de biocontrôle




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