L'éthique et la morale, de quoi on parle?








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date de publication06.07.2017
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Éthique, un mot à la mode

Depuis quelques années, tout le monde s'intéresse à l'éthique. On entend sans arrêt parler d'éthique à la télévision, dans les journaux, au travail, à l'école, bref, un peu partout. Chacun a déjà lu ou entendu le genre d'affirmation suivantes :

  •  « Plusieurs enquêtes ont révélé la présence de corruption dans certaines villes du Québec. Le monde de la politique municipale fait face à de sérieux problèmes éthiques. »

  •  « Nous sommes à la recherche de sujets pour tester ce nouveau médicament. Cette étude est sécuritaire et elle a été approuvée par notre comité d'éthique. »

  •  « Cette entreprise rejette ses déchets polluants dans le fleuve! Ce n'est pas très éthique de sa part! »

 Dans ce genre de situations, on utilise aussi le mot « morale » :

  •  Un élu corrompu peut être blâmé moralement: on va dire qu'il a mal agi, ou qu'il a agi de façon immorale.

  •  Il serait moralement inacceptable qu'une compagnie pharmaceutique utilise des humains pour tester un médicament dangereux.

  •  Pour certains, l'environnement est précieux et tous devraient le respecter du mieux possible. Ceux qui le négligent font quelque chose de moralement répréhensible.

Autrefois, le mot « morale » était très présent dans le discours des Québécois. Aujourd'hui, il tend à être remplacé par le terme « éthique ».

L'éthique et la morale, de quoi on parle?


Les mots « éthique » et « morale » renvoient à une dimension importante des actions humaines visible dans des situations de la vie courante. Par exemple, on est souvent confrontés à des problèmes moraux ou éthiques :

  • « Ma collègue et amie commet souvent de petits vols dans la réserve des fournitures de bureau. Devrais-je la dénoncer? »

  • « Devrais-je donner de la monnaie à ce mendiant ou non? »

Dans ce genre de situations, on se pose des questions comme : que dois-je faire pour bien agir et pour éviter de mal agir? Quelle est la bonne action à poser?

Bien entendu, toutes les questions à propos des actions ne sont pas morales ou éthiques. Par exemple, je peux me demander quel est le meilleur trajet d’autobus pour me rendre rapidement à mon rendez-vous, ou quel repas commander sur le menu du restaurant. Ces problèmes sont simplement pratiques. Pour qu’un problème soit moral ou éthique, il doit mettre en jeu des idéaux qui donnent du sens à notre vie ou des règles qu’on se sent obligés de respecter.

  • « Il serait injuste envers mon employeur que je ne dénonce pas ma collègue; par contre, ma collègue est aussi mon amie et je ne veux pas lui être déloyale. De plus, il ne faut pas faire aux autres ce qu’on ne voudrait pas qu’ils nous fassent. »

  • « Je devrais faire preuve de générosité et donner de la monnaie à ce mendiant; mais d’un autre côté, ce n’est pas ma responsabilité de subvenir à ses besoins. Chacun est responsable de lui-même! »

La justice, la loyauté, la générosité et la responsabilité individuelle sont des idéaux supérieurs auxquels on croit important d’obéir : ce sont des valeurs morales. De même, « ne pas faire aux autres ce qu'on ne veut pas qu’ils nous fassent » est une règle que plusieurs trouvent fondamentale. C’est pour eux un principe moral. En général, un principe moral découle d'une ou de plusieurs valeurs morales.

Ces valeurs et principes sont aussi au cœur des jugements moraux qu'on porte.

En résumé, quand on parle de morale et d’éthique, on touche à la sphère des valeurs et des principes moraux.

Quelle est la différence entre éthique et morale?


Les mots « morale » et « éthique » se rapportent à la sphère des valeurs et des principes moraux. Sont-ils synonymes? Ont-ils des significations distinctes? Différentes écoles de pensée existent sur cette question.

Pour certains penseurs, « morale » et « éthique » ont la même signification : le premier provient d'un mot latin (« mores ») et le second d'un mot grec (« êthos ») qui, tous les deux, signifient « moeurs ».

Pour d'autres, ces termes prennent des sens différents et ne sont pas équivalents. Au Québec, notamment, une distinction s'est imposée :

La morale réfère à un ensemble de valeurs et de principes qui permettent de différencier le bien du mal, le juste de l'injuste, l'acceptable de l'inacceptable, et auxquels il faudrait se conformer.

  • « Ce que j'ai fait en dénonçant le harcèlement dont j'ai été témoin est conforme à la morale. »

  • « La morale demande de redonner à chacun ce qui lui revient de droit. »

À travers les époques et les cultures, des individus et des groupes ont défendu différentes conceptions de ces principes et valeurs. Ces conceptions de la morale sont appelées des « morales ». Par exemple, le christianisme propose un ensemble de valeurs (la charité, le pardon) et de principes (« Aime ton prochain comme toi-même ») devant guider l'agir humain. Pour y référer, on parle de la « morale chrétienne ».

L'éthique, quant à elle, n'est pas un ensemble de valeurs et de principes en particulier. Il s'agit d'une réflexion argumentée en vue du bien agir. Elle propose de s'interroger sur les valeurs morales et les principes moraux qui devraient orienter nos actions, dans différentes situations, dans le but d'agir conformément à ceux-ci.

La réflexion éthique peut se faire à différents niveaux, certains plus fondamentaux et d'autres plus pratiques. Elle se divise ainsi en différents champs.




Quels sont les champs de l'éthique?


Comme la médecine, la psychologie ou la chimie, l'éthique est une discipline complexe comprenant différents champs. Les principaux sont l'éthique appliquée, l'éthique normative et la méta-éthique (ou éthique fondamentale).

L'éthique normative et la méta-éthique appartiennent à la philosophie et s'intéressent aux fondements de la morale. On les regroupe donc sous l'expression « philosophie morale ».

Le travail réalisé par la Commission relève pour sa part de l'éthique appliquée. Il s'agit d’un champ que se partagent des spécialistes de plusieurs disciplines : médecins, juristes, biologistes, philosophes, théologiens, gestionnaires, etc. Il ne porte pas sur les fondements de la morale, mais sur des situations concrètes soulevant des enjeux éthiques. En éthique appliquée, l'accent est souvent mis sur le soutien à la prise de décision face à des enjeux concrets, tant du point de vue de la forme et du processus décisionnel que du point de vue substantiel, c'est-à-dire des valeurs et principes en jeu et de leurs rapports entre eux.

L'éthique appliquée est en effervescence au Québec. De nombreux spécialistes contribuent à enrichir la réflexion sur divers problèmes et aspects de la démarche éthique.

Qu'est-ce que la déontologie?


Le terme « déontologie » vient du grec « deontos », qui veut dire « devoir ». Dans son sens courant, il renvoie aux obligations que des personnes sont tenues de respecter dans leur travail.

Il peut s'agir de travailleurs d’une même profession, comme les enseignants ou les ingénieurs; de personnes au service d’un même employeur, comme les employés de la fonction publique du Québec; de gens exerçant des fonctions professionnelles semblables, comme les élus municipaux; ou encore de travailleurs d’un même secteur, comme le milieu des affaires.

Les obligations partagées par un groupe reflètent des valeurs ou principes jugés fondamentaux. On les consigne parfois dans un code de déontologie, aussi appelé « morale professionnelle ». Bien que la déontologie soit très présente dans divers milieux professionnels, beaucoup de travailleurs ne sont pas encadrés par des codes.

Les codes, généralement fixés par les ordres professionnels, exercent deux fonctions principales : protéger le public et préserver la réputation des travailleurs. Ces deux valeurs sont menacées lors d’une infraction à un code.

Un premier exemple : la confiance entre le planificateur financier et son client


Joanie-Kim a un peu d'argent de côté. Elle consulte M. Guérin, planificateur financier et représentant en épargne collective. Elle l’informe qu'elle ne connaît rien du tout en matière de placements. Celui-ci lui vante sans ménagement sa stratégie de gestion de portefeuilles. Il lui assure que les fonds de placement qu'il lui propose lui donneront un bon rendement et qu'elle n’a rien à craindre en lui confiant son argent. Il omet toutefois de l’informer que le capital investi dans ces fonds n’est pas garanti, et qu’en cas de fluctuation des marchés il est possible qu'elle perde de l'argent.

M. Guérin contrevient à une de ses obligations professionnelles, énoncée dans le Code de déontologie de la Chambre de la sécurité financière. Celui-ci stipule qu'il doit exposer à sa cliente de façon complète et objective la nature, les avantages et les inconvénients de ce qu'il lui propose et s'abstenir de donner des renseignements incomplets (article 13).

En commettant une infraction à son code de déontologie, M. Guérin s'expose à des sanctions.

Un second exemple : les rapports sexuels entre médecin et patient


Rémi souffre de problèmes cardiaques et vit une grande détresse. Il se confie à Dre Paquet, sa cardiologue, et trouve réconfort auprès de celle-ci. Rémi lui plaît beaucoup et elle lui propose de se fréquenter à l'extérieur de l’hôpital. Il refuse poliment, car il n'a pas envie de développer une relation personnelle avec son médecin. Mais elle insiste et il finit par accepter, de peur qu'un refus nuise à la qualité de son suivi médical. Après un souper au restaurant lors duquel Rémi est visiblement mal à l’aise, Dre Paquet lui fait comprendre qu'elle désire qu’il devienne son amant.

Dre Paquet contrevient ici au Code de déontologie des médecins. Il prévoit que le médecin doit s'abstenir d’abuser de la relation professionnelle pour avoir des rapports sexuels avec son patient (article 22).

Dans les deux exemples précédents, nos personnages ne semblent pas se rendre compte qu'ils font chacun face à un dilemme éthique. Dans leur cas, ce dilemme est d'emblée tranché par leur code de déontologie, mais ce n'est pas toujours le cas!

Qu'est-ce qu'un dilemme éthique?


Dans les débats contemporains, il est souvent question de dilemmes éthiques ou moraux, qu'on appelle aussi « conflits de valeurs ». Il s'agit de situations où les valeurs et les principes entrent en opposition et rendent les décisions difficiles.

Exemples


  1. Si je cache à ma conjointe que j'ai eu une aventure, j'agirai de façon malhonnête; mais si je le lui avoue, elle risque de me quitter et le divorce brisera notre famille.

  2. Le médecin de Madame Lebrun diagnostique un cancer terminal chez sa patiente qu'il connaît depuis longtemps. Compte tenu de l’état dépressif de celle-ci, il estime qu’elle ne supporterait pas de se savoir atteinte de cette maladie. Son devoir d'informer sa patiente de son état entre en conflit avec celui de ne pas détruire ce qui lui reste d'espoir dans la vie. Doit-il lui dire la vérité ou lui cacher sa condition?

Dans le premier exemple, les valeurs d’honnêteté et de solidarité familiale entrent en conflit parce qu'elles suggèrent d’agir de deux façons différentes : si l'époux agit en fonction de la valeur d'honnêteté, il avouera son adultère; mais s'il agit en fonction de la valeur de solidarité familiale, il ne l'avouera pas.

Dans le deuxième exemple, un principe et un devoir moraux suggèrent d'adopter des comportements opposés : le devoir du médecin de ne pas mentir s'oppose au principe de bienfaisance à l'égard de sa patiente.

Ces cas sont des dilemmes éthiques, car l'individu se trouve divisé entre des principes ou valeurs auxquels il accorde de l'importance. On dit de telles situations qu'elles comportent des enjeux éthiques.

Comment aborder un dilemme éthique?


Une chose qui a de la valeur est supérieure à d'autres sous certains aspects, elle est désirable, elle a de l'importance. Dire qu'une chose a de la valeur suppose donc de l'évaluer et de la comparer avec d'autres.

Bien entendu, il ne s'agit pas nécessairement de lui faire passer un test ou de spéculer sur son prix. La carte d'anniversaire reçue de ma grand-mère il y a plusieurs années a beaucoup de valeur à mes yeux, quoique je ne puisse pas la mesurer. Et elle en a davantage que celle reçue de mon meilleur ami, même si j'accorde aussi de la valeur à celle-ci. Je peux donc évaluer et comparer la valeur sentimentale de ces cartes.

De la même manière, les valeurs morales peuvent être comparées et classées selon leur importance. Par exemple, même si les valeurs de générosité et de justice sont primordiales pour bien des gens, plusieurs considèrent la justice plus fondamentale que la générosité.

Face à un dilemme éthique où des valeurs s'opposent, on essaie d'ordonner celles-ci en fonction de leur importance. Cet exercice s’appelle la hiérarchisation des valeurs. Il s'agit d'une étape essentielle pour tenter d'identifier la bonne action à poser : la meilleure solution au dilemme cherchera à concilier les valeurs selon leur ordre de priorité.

Dans l'exemple de l'adultère, si l'honnêteté l'emporte sur la solidarité familiale, la bonne chose à faire sera d'avouer celui-ci; par contre, si la solidarité familiale prime sur l'honnêteté, ne pas avouer sera la conduite à adopter. C'est la même chose pour le médecin à l'égard de sa patiente: la bonne action à poser entre l'informer ou non de sa condition dépendra de ce qui prime entre le principe de bienfaisance et le devoir de ne pas mentir.

Dans la solution d'un dilemme, la valeur ou le principe primordial occupe la place centrale. Mais la ou les autres valeurs ne sont pas mises de côté pour autant : on cherche aussi à les promouvoir dans la mesure du possible. Il arrive toutefois que l'on ait affaire à un choix binaire où la conciliation est irréalisable. Dans ce cas, seule la valeur primordiale sera retenue. Il arrive également qu'on ne parvienne pas à hiérarchiser les valeurs : il s'agit alors de négocier un compromis entre celles-ci.

L'éthique conduit donc à se demander « quels sont les valeurs et principes les plus importants? et pourquoi? ». Répondre à ces questions permettra de faire face aux dilemmes éthiques que l'on rencontre, et possiblement de les solutionner.

Les exemples présentés jusqu'à maintenant concernent les actions des individus, mais il existe aussi des questions de société qui mettent en jeu des valeurs et des principes. La société aussi a donc besoin d'éthique. >>

Pourquoi la société a-t-elle besoin d'éthique?


Comme les individus, les sociétés font face à des problèmes moraux ou éthiques. Ce sont d'ailleurs les questions de société qui intéressent la Commission et sur lesquels elle a le mandat d'intervenir.

Un premier exemple: le cas de l'aide médicale à mourir


Martine souffre d'un cancer des os en phase terminale et ses souffrances sont si importantes qu'elles ne peuvent plus être soulagées par les médicaments. Jusqu'à récemment, si elle demandait à son médecin de mettre fin à ses jours en lui injectant une substance létale, la loi canadienne aurait interdit à celui-ci d'accéder à sa demande, sous peine d'être accusé de meurtre.

En effet, notre société a longtemps rejeté ce geste, assimilé à un meurtre, et l'a interdit en l'inscrivant au Code criminel. Or, cette position a fait l'objet d’un débat de société important. Le gouvernement du Québec a adopté la Loi sur les soins de fin de vie, qui est entrée en vigueur le 10 décembre 2015. Cette loi encadre un nouvel acte médical - l'aide médicale à mourir -  par lequel un médecin peut administrer une substance létale à un patient, dans certaines circonstances strictement définies. L'interdiction d'aider une personne à se donner la mort demeurait néanmoins inscrite au Code criminel jusqu'à ce que la Cour suprême du Canada invalide en février 2015 l'article 241b) du Code criminel, dans certaines circonstances strictement définies. En réponse à ce jugement, le gouvernement fédéral a adopté sa propre loi sur l'aide médicale à mourir, qui est entrée en vigueur le 17 juin 2016.

Derrière ces interventions juridiques et légales se cache un dilemme éthique. Certains trouvent moralement inacceptable d'interdire à une personne mourante de choisir quand et comment elle va terminer sa vie. Selon eux, il était éthiquement acceptable, voire nécessaire, d'autoriser l'aide médicale à mourir et le suicide assisté en vertu de la valeur d'autodétermination de la personne. En revanche, d'autres ont voulu maintenir la loi telle qu'elle est, parce que selon eux la vie est sacrée; il serait donc moralement inacceptable de permettre quelque forme d'aide à mourir que ce soit.

Le débat autour du suicide assisté est complexe et fait intervenir plusieurs autres arguments et valeurs. Cette question soulève des enjeux éthiques et elle a généré donc un dilemme pour la société : doit-elle permettre l'aide médicale à mourir et le suicide assisté dans certaines circonstances? Quelles sont ces circonstances? La réflexion éthique est ici nécessaire pour guider l'action collective.

Les enjeux éthiques touchant la vie et la mort ne sont pas les seuls que la société rencontre. Des enjeux surgissent dans différents domaines, comme l'environnement. C'est le cas, par exemple, du débat sur l’exploration, l'exploitation et le transport des hydrocarbures au Québec.

Un second exemple : le cas des hydrocarbures (pétrole et gaz naturel)


Ces dernières années, plusieurs projets d'exploration, d'exploitation ou de transport des hydrocarbures ont suscité des réactions au Québec. Pensons à l'exploration du potentiel pétrolier à l'île d'Anticosti ou à l'exploitation des gaz de schiste par la méthode de la fracturation hydrolique. Pensons aussi aux différents projets d'oléoduc, comme le controversé projet Energie Est, ou de port pétrolier, comme le projet de Cacouna.

Les citoyens sont divisés quant à l'attiture à adopter face aux hydrocarbures. Ils oscillent entre l'enthousiasme, la résignation et l'opposition franche.

Notamment, des citoyens ont dénoncé les risques pour l'environnement et la sécurité, avec les possibles déversements qui pourraient affecter l'approvisionnement en eau potable et l'impact de ces projets sur les émission de gaz à effet de serre (GES). Ces gaz sont les principales causes des changements climatiques. La protection de l'environnement et la sécurité sont pour eux des valeurs qui devraient avoir préséance lors de la prise de décision collective. Ils s'opposent donc aux projets en question.

D'autres estiment toutefois que ces menaces sont faibles comparativement aux retombées économiques anticipées pour la population québécoise. Pour eux, la prospérité économique est la valeur à favoriser, ce qui devrait nous conduire à aller de l'avant avec cette entreprise.

Enfin, certains jugent que nous devrions tendre vers une économie sans hydrocarbure et plus écologique, mais que nous n'avons pas encore les moyens de nous passer de pétrole. Pour l'instant, exploiter et transporter le pétrole et le gaz, de manière à générer des revenus pour faire la transition vers les énergies alternatives, est donc un mal nécessaire, un compromis entre les valeurs de prospérité et de protection de l'environnement.

Évidemment, le débat ne se réduit pas à la simple opposition entre environnement et économie. Bien au contraire : il fait intervenir plusieurs autres valeurs et considérations pratiques. Pour résoudre les dilemmes éthiques posés par les hydrocarbures et les changements climatiques, il faudra d'abord s’appliquer à mieux comprendre les options qui s'offrent à nous et les conséquences précises de chacune de ces options.

Les dilemmes éthiques de société : comment s'entendre?


Que ce soit sur le financement des soins de santé ou sur les mesures de surveillance antiterroristes, les citoyens ne s'entendent pas. Chacun a sa propre opinion sur les valeurs qui devraient guider les individus et la collectivité et chacun est libre de défendre celles auxquelles il tient. Différentes conceptions du bien commun, donc de la morale, se côtoient.

En contexte de pluralisme des valeurs, il n'est pas toujours facile de prendre des décisions collectives qui soient acceptables à tout un chacun.

Dans une société confrontée à des enjeux de plus en plus complexes, l'éthique n'est pas une garantie qu'un consensus social émergera. Il s'agit plutôt d'une démarche pour prendre une décision éclairée en évaluant les arguments opposés. Cela s'incarne généralement dans des pratiques de délibération éthique.

La principale difficulté reste souvent de déterminer, entre plusieurs valeurs importantes, laquelle ou lesquelles reflètent le mieux la société dans laquelle on veut vivre. L'éthique ne propose pas de solutions toutes faites à ce problème. Pour parvenir à une décision, la démarche éthique s'alimente d'arguments philosophiques, de consultations publiques, d'études scientifiques, d'avis d'experts, d'écrits d'intellectuels, etc.

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