Discours du president nicolas sarkozy








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date de publication06.07.2017
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DISCOURS DU PRESIDENT NICOLAS SARKOZY

 

Mesdames et Messieurs, Mes Chers Amis,

 

Je voudrais d'abord, et chacun le comprendra, remercier tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette journée de travail.

 

Bien sûr Eric Woerth, en charge du projet avec Isabelle Le Callennec, je les remercie infiniment une nouvelle fois.

 

Brice Hortefeux, Brigitte Kuster, Bruno Beschizza, , Georges Fenech avec Bernard Reynes, Claude Goasguen, Eric Ciotti, qui a été tellement investi sur l’ensemble de ces questions, Philippe Goujon  et Guillaume Larrivé qui s’affirme, jour après jour, comme l’un de nos jeunes parmi les plus talentueux.

 

Merci à tous ceux qui se sont associés à nous, avocats, magistrats, syndicats de police. Je veux que vous compreniez que pour nous c’était un sujet dont nous avons beaucoup parlé.

Ce qui est en cause, ce qui est notre priorité, c’est de mettre un terme à la fatalité d’une autorité de l’Etat bafouée systématiquement jour après jour. L’autorité de l’Etat doit être rétablie en France. Tout se passe aujourd’hui comme si tout s’en allait, comme si la République s’abandonnait, comme si les Français étaient livrés à eux-mêmes face aux différentes menaces.

 

Il y a eu la manifestation inédite des policiers il y a 15 jours. Je veux dire pour les policiers : cadences infernales, non-récupération des jours travaillés et RTT, 1,3 million d'heures supplémentaires effectuées par les policiers et qui ne sont pas payées (voilà la République avec les socialistes, on fait travailler les gens mais on les paie pas). Chaque jour, 20 policiers et gendarmes sont blessés en mission en 2014, soit + 46% depuis 2008.

 

Il apparaît à tous à quel point le fonctionnement de l'État est enrayé. Or nous croyons en l’autorité de l’Etat.

 

Je n’accepte pas et je n’accepterai jamais les deux poids deux mesures. Il n’est pas besoin de plonger bien longtemps dans les faits divers, par moment on se demande si ceux qui nous gouvernent vivent dans le même pays que nous.

Blocages d’autoroutes, pas de sanction ! Campements sauvages (Annie Genevard en a formidablement bien parlé) qui subsiste sur le territoire de la République, sans que personne n’en dise rien à l’exception des voisins dont la vie est bouleversée. Le pire peut être, des anarchistes mettent, il y a quelques jours, en échec une perquisition internationale dans la plus totale impunité. Des policiers viennent perquisitionner le domicile d’une personne suspectée de complicité dans le terrorisme, 40 personnes s’interposent, les policiers s’en vont.

Que dit la Garde des Sceaux, rien !

Que dit le Premier ministre, rien !

Que dit le président de la République, rien !

Sans doute on n’avait pas du géolocaliser cette personne ...

 

Je refuse comme vous l’autorité du fait accompli, le chantage au désordre ou la menace de la rue.

Sans autorité, il n’y a plus de République.
La République doit soutenir les forces de l’ordre, c’est son honneur et c’est son devoir.

La République ne peut pas accepter les territoires interdits et les voyous qui se croient tout permis. Je vais employer une expression forte, l’insécurité, aujourd’hui je le dis aux Français, est devenue la règle.

Nous avons des chiffres qui sont absolument incontestables puisqu’ils viennent de l’Observatoire national indépendant de la Délinquance qui compare la situation que nous avons laissée et la situation d’aujourd’hui :

     Les cambriolages : +8%

     Les vols : +14%

     Les atteintes à l’intégrité physique : +12%

     Les violences sexuelles : +31%

 

 

Alors je dois être honnête, mes chers amis, toutes les courbes sont à la hausse, la délinquance explose, mais je veux reconnaître qu’il y a une promesse de la Garde des Sceaux qui a été honorée : la délinquance explose, le nombre de détenus diminue. 1500 détenus en moins sur la même période, vous m’entendez bien, les chiffres ne peuvent pas être contestés par personne, sur la même période !
Plus de vols, plus de cambriolages, plus d’atteintes à l’intégrité physique des victimes, plus d’agressions sexuelles, 1500 détenus de moins. C’est logique : plus de délinquance, moins de délinquants en prison !

 

Nous devons tourner le dos à la culture de la déresponsabilisation, du laxisme, et au fond, à la culture du désarmement moral et pénal. Le désarmement pénal n’est que la conséquence du désarmement moral auquel nous assistons.

 

Quel est notre objectif ? La République partout et pour tous. Nous, Les Républicains, nous voulons la République partout et pour tous. Une République qui protège. Et une République, pardons de le dire, qui n’oublie pas les victimes. S’occuper des délinquants, c’est sans doute nécessaire, se préoccuper des victimes c’est le devoir de la République. 

 

La première des propositions que nous faisons, et je voudrais m’en expliquer car elle est très importante à nos yeux, nous voulons recentrer les forces de l’ordre sur leurs missions premières. Je veux que vous compreniez cela car c’est très important.

Quand l’alternance viendra, naturellement les caisses de l’Etat étant vide, la stratégie d’économie pour retrouver de la compétitivité étant prioritaire, on ne pourra pas dépenser un argent que l’on n’a pas. Il est donc absolument central de prendre un moment, pour réfléchir à ce que sont ou ce que devraient être les missions premières et fondamentales de la police et de la gendarmerie.

Ils perdent un temps précieux à effectuer des tâches que d’autres pourraient faire et pendant qu’ils effectuent ces tâches accessoires, ils ne peuvent pas se concentrer sur les tâches essentielles qui sont les leurs.

La police et la gendarmerie doivent assurer l’ordre public pour protéger les Français et assurer leur sécurité. Ils doivent agir en terme de renseignements pour garantir la sécurité des Français.

La police et la gendarmerie doivent faire un travail d’investigation pour retrouver les coupables de crimes et de délits.
Ordre public, investigation (ou police judiciaire), renseignement. Nous ne voulons pas que les professionnels de l’ordre républicain que sont les policiers et les gendarmes sortent de ce triptyque : ordre public, renseignement, investigation pour assurer la sécurité des Français. Cela ne veut en aucun cas dire que l’Etat doit se désengager de sa mission régalienne sur la sécurité. C’est tout le contraire.

Un policier armé, un gendarme armé, formé, a bien d’autres choses à faire que de recevoir les procurations les veilles d’élections, de s’assurer des passeports ou de documents administratifs. C’est du temps perdu pour des professionnels de la sécurité qui doivent être mis au service de la sécurité. Avec ce recentrage de nos forces de sécurité sur les missions fondamentales et essentielles, nous allons trouver des marges de manœuvre considérables à coûts constants pour assurer la sécurité des Français.
Cela veut donc dire développer le rôle et la responsabilité des partenaires de la police et de la gendarmerie.

S’agissant des créations d’emplois, on peut naturellement évoquer le contexte international ou l’économie des entreprises. Sur la sécurité, il n’y a rien à évoquer. C’est la responsabilité des hommes et des femmes politiques, du Gouvernement, du Premier ministre et du président de la République.  Il n’y a pas le choix. Il faut réussir.

 

Le premier de nos partenaires, ce sont les polices municipales. Je souhaite que l’on étende leurs compétences tant administratives que judiciaires. Il faut leur donner accès aux fichiers de police. Il est absolument incompréhensible que les policiers municipaux n’aient pas accès au fichier des personnes recherchées (FPR), il faut étendre leurs compétences judiciaires, sous le contrôle naturellement du Procureur, pour leur permettre des vérifications et des contrôles d’identité.

 

Les policiers municipaux ne sont pourtant pas des fonctionnaires territoriaux comme les autres.

J’ai présidé aux obsèques d’Aurélie Fouquet, cette jeune policière assassinée par des délinquants sans scrupules il y a 5 ans.

Je sais ce qu’il s’est passé pour Clarissa Jean-Philippe, cette jeune policière municipale tuée elle-aussi.

Est-ce que vous pensez que les voyous distinguent dans les uniformes ? C’est la raison pour laquelle je souhaite que les policiers municipaux puissent porter les armes non seulement pour se défendre eux-mêmes mais aussi pour défendre nos concitoyens et qu’en conséquence les polices municipales dans les communes de plus de 10 000 habitants soient armées de droit, sauf à ce que le conseil municipal décide que ce ne soit pas le cas.

 

La sécurité, c’est également un certain nombre d’acteurs privés. Des gardes statiques inutiles qui utilisent un nombre d’effectifs colossal pourraient parfaitement être accomplies par des sociétés privées assermentées sous contrôle du Procureur.

Je maintiens que les forces de l’ordre n’ont pas à assurer le transfèrement des détenus. Il existe des villes de province où lorsqu’un détenu doit être amené devant son juge, la totalité de la ville n’a plus de policiers ou de gendarmes disponibles. Je rappelle que nous sommes à l’époque de la visioconférence. Je préfèrerai que ce soit les magistrats qui se déplacent en prison pour interroger les détenus plutôt que ce soit les forces de l’ordre qui doivent déménager les détenus pour les amener au magistrat. Je ne pense pas que la dignité de la justice y perdrait en quoi que ce soit.

 

La police régionale des transports que nous mettrons en œuvre, je sais que Christian Estrosi en a parlé ce matin et c’est également l’option choisi par Valérie Pécresse. Je vous demande de réfléchir à cela. Lorsque j’achète un ticket à la SNCF ou lorsque l’on prend un billet à la RATP ou lorsque l’on prend un billet sur une compagnie aérienne, qui est responsable de votre sécurité ? C’est l’opérateur à qui l’Etat a confié l’exercice de ce service public. La sécurité dans les trains, la sécurité dans les métros, la sécurité dans les TER, doit être la responsabilité de la police des transports animée par le concessionnaire qui, en vous vendant son billet, vous garantit pas seulement la sécurité du train ou de l’avion ou du métro que vous allez utiliser, mais simplement que vous ne ferez pas une mauvaise rencontre parce qu’on a vendu un billet ou qu’on a laissé passer un fraudeur ou un voyou au départ.

De la même façon que dans les stades de football, la sécurité est la responsabilité d’abord du club organisateur. Si on demande à la police ou à la gendarmerie de tout faire, alors ils ne feront plus rien, et de surcroit on ne verra plus la différence entre l’action de la force de l’ordre nationale et l’action des opérateurs.

Je souhaite que la police des transports voie ses pouvoirs et ses compétences élargies. Les gens admirables qui font la sécurité à la SNCF, par exemple, doivent pouvoir fouiller, doivent pouvoir contrôler, doivent pouvoir consulter des fichiers et vérifier des identités.  
Enfin un mot concernant les sociétés d’autoroutes. Il y a des concessionnaires d’autoroutes. L’Etat en quelque sorte abandonne à une société privée l’exploitation économique de l’autoroute. Cette société concessionnaire est donc en responsabilité de la sécurité qui est la vôtre. Qu’il n’y ait pas un trou au milieu de l’autoroute, que la glissière de sécurité tienne, que les panneaux puissent être clairement lus et signaler l’accident.

Pour les excès de vitesse qui tuent tant de gens, ce gouvernement qui a déjà raté sur tout, trouve le moyen de voir la délinquance et la mortalité routière augmenter pour la première fois depuis plus de 10 ans. Ce n’est vraiment pas la plus difficile à faire baisser.Je le sais, à la demande de Jacques Chirac, j’avais commencé cette action.
Je considère que c’est aux sociétés concessionnaires des autoroutes de vérifier qu’il n’y ait pas de dépassements de vitesse, de contrôler les dépassements de vitesse, de verbaliser et de transmettre naturellement aux autorités judiciaires lorsqu’il y a des problèmes de retraits de permis. Ce n’est pas à des policiers ou à des gendarmes de passer leur temps à faire cela. Les policiers ou les gendarmes, s’ils sont sur les autoroutes, c’est pour poursuivre un criminel, c’est pour poursuivre un délinquant, c’est pour lutter contre le trafic de drogues, c’est pour intervenir dans ce que sont les missions régaliennes de la police et de la gendarmerie, et non pas pour faire le contrôle des excès de vitesse sur une section d’autoroute qui a été concédée à une entreprise.

Si l’entreprise est suffisamment respectable pour exploiter l’autoroute, elle doit garantir la sécurité de ceux qui paient le péage pour emprunter cette autoroute. Ce sont des dizaines de milliers d’heures de fonctionnaires de police ou de militaires de la gendarmerie que nous récupèrerons au service de notre action centrale de rétablissement de l’autorité de la République et la garantie de la sécurité de nos concitoyens.

 

J’ajoute qu’il faut sans doute, et ce sera un sujet très difficile, que nous revoyions l’organisation de la police et de la gendarmerie autour de ce que j’appelle les bassins de délinquance car les voyous ignorent parfaitement les frontières administratives.

L’élu de l’Oise qu’est Eric Woerth sait parfaitement que la délinquance dans l’Oise, ce n’est pas une délinquance de résidence, c’est une délinquance de passage.

C’est une réflexion sur le bassin de la délinquance que nous mènerons, qui regroupera la totalité de ce bassin en fonction de l’expression que nous aurons donné des statistiques, de manière à être beaucoup plus performant que nous le sommes.

Cela voudra dire, cher Philippe Goujon, police d’agglomération, et cela voudra dire qu’il faudra un jour poser la question de la police à Paris. Paris ne peut pas être la seule cité où il n’y a pas de police municipale et où tout repose exclusivement sur la police d’Etat.

 

Je souhaite également que les maires, qui sont en première ligne, cher Patrick Ollier, se voient confier d’autres pouvoirs. Nous avions créé le rappel à l’ordre. Vous savez que le maire peut prononcer un rappel à l’ordre. A l’époque, c’était comme une révolution. J’apparaissais comme un révolutionnaire en permettant au premier magistrat de la commune de faire un rappel à l’ordre, c’était en 2007. Je parle pour 2017. Nous devons changer notre manière de voir les choses et de construire.

Je souhaite que ce rappel à l’ordre soit transformé en pouvoir d’injonction du maire sur le fauteur de trouble avec possibilité d’interdire à ce fauteur de trouble d’apparaitre temporairement dans certains lieux de la commune, notamment aux abords des collèges et des lycées. La tranquillité publique commence par là.

Nous souhaitons que les maires aient un pouvoir d’interdire un fauteur de troubles d’être devant un collège, pour un racketeur d’être devant un lycée. D’interdire en cas de bagarre dans un quartier d’être dans tel ou tel immeuble ou devant tel endroit. Et ce n’est pas la peine de remonter au commissaire de Police, au Préfet, au Procureur de la République, c’est un pouvoir qui doit appartenir au maire.

Je souhaite également que dans les quartiers, les trafiquants de drogue voient la peine complémentaire automatique d’interdiction de séjour, là où le délinquant a commis son méfait, pour le trafic de drogue en particulier. Il faut que cette peine soit automatique à sa sortie de prison. Le trafiquant de drogue qui a rendu impossible la vie dans un quartier fasse sa peine de prison et je souhaite une peine d’interdiction de retour dans son quartier une fois la peine de prison effectuée pour qu’il ne revienne pas rejouer les caïds en disant « voilà, j’ai fait ma peine de prison ». Un peu en quelque sorte comme une décoration.

 

Je souhaite également pour la centaine, ou cent cinquante quartiers abandonnés de la République, que soit ouvert des postes permanents de vigie policière uniquement la nuit. Ce n’est pas la peine de nous faire le coup de la police de sécurité avec des policiers qui défilent ou qui font des patrouilles entre 8h du matin et midi, qui disent bonjour à la crémière et qui vont faire un tour au marché.

A cette heure-là, les clients de la police et de la gendarmerie, ils ne sont pas réveillés. Les heures de fonctionnaires que l’on met à cette heure-là, tu le sais cher Bruno Beschizza, notamment dans ton département de la Seine-Saint-Denis, c’est sympathique, ça rassure mais ça ne sert à rien.
Je souhaite que dans ces quartiers, des vigies policières soient ouvertes à partir de 20h et jusqu’à 6h du matin. Les malheureux habitants de ces quartiers qui se sentent abandonnés de tous et de toutes puissent se dire “je pourrais appeler la vigie de nuit”. Et qu’on ne vienne pas me dire que cela va prendre beaucoup d’effectifs et qu’il va falloir tenir ces endroits parce que moi qui ait engagé les forces de l’ordre, les CRS dans les quartiers, je ne veux plus d’une situation où pendant trois semaines vous avez des CRS qui font des contrôles d’identité. CRS qui viennent de Montauban pour garder la Courneuve. Et puis une fois que la compagnie repart, il n’y a plus personne et le quartier se sent encore plus abandonné.
Avec ce système de vigie, tous les soirs, dans les centaines de quartiers où nous considérons que la République a abandonné ses droits et ses responsabilités, il y aura une vigie. Le mot vigie a un sens. Ce n’est pas un commissariat de police avec les papiers administratifs, avec la main courante, c’est une vigie. Elle est là pour dire, “la République revient” !

Si cela ne plait pas aux délinquants, c’est eux qui céderont et ce n’est pas la République qui cèdera. 

 

Chère Annie Genevard, tu as bien parlé des procédures d’occupation des terrains. Je voudrais proposer une seule mesure : supprimer tous les recours suspensifs à l’exécution de la mesure d’exécution. Je connais des tas de victimes qui n’ont pas les moyens de se payer un avocat. Je ne connais pas un campement illégal qui n’a pas une batterie d’avocats pour utiliser tous les recours de suspension des décisions. C’est un scandale.
Enfin je souhaite, même si c’est un sujet sensible, que la question de notre législation sur la légitime défense des forces de l’ordre évolue. Quand les policiers et les gendarmes sont face à un danger imminent, je pense qu’il faut renverser la charge de la preuve, préciser les règles d’engagement de l’arme à feu. Je souhaite que nos policiers et nos gendarmes bénéficient d’une présomption de légitime défense. Quand un individu a une arme à feu, qu’il se trouve devant un policier ou un gendarme et qu’il refuse de laisser tomber son arme à feu, il faut attendre qu’il tire pour que les policiers et les gendarmes puissent se défendre. Dans quel pays vivons-nous ?

Ce n’est pas la République que nous voulons. Nous voulons une République qui protège les victimes et qui n’expose pas les représentants des forces de l’ordre. Il ne s’agit pas de permettre n’importe quoi en la matière, j’ai toujours dit que les forces de l’ordre utilisaient la force républicaine mais on ne peut pas considérer que parce qu’on est policier et gendarme, l’Etat a acheté en quelque sorte le droit de voir mourir des jeunes femmes ou des jeunes hommes parce que la République n’avait pas décidé d’assurer leur protection.

 

Concernant l’autorité de la loi, la peine et son exécution.

Au fond, tout converge dans la politique pénale actuelle pour altérer, dévitaliser, voire annihiler le sens de la peine et de la sanction. La certitude de la sanction participe d’un équilibre social et sociétal. Je veux combattre cette idée folle que la prison serait l’école du crime.

Ce n’est pas la prison qui crée la récidive mais bien la récidive qui crée la prison.

 

La fameuse fable du "tout carcéral" qui aurait gagné la France n’a jamais existé que dans l’esprit des idéologues du désarmement pénal.

Les chiffres, sans besoin de faire de polémiques, parlent d’eux-mêmes. Les chiffres du Conseil de l’Europe indiquent qu’au 1er septembre 2013, il y avait en France, 57 435 places de prison, contre 77 243 en Allemagne, 77 895 en Espagne (1/ 3 d’habitants en moins) et 97 260 au Royaume-Uni (population équivalente à celle de la France). L’idée du tout carcéral en France est un mensonge. Cela n’existe nulle part.

Nous avions pendant les cinq ans de mon quinquennat construit 10% de places de prison en plus, 7 000.

La priorité, c’est de faire 20 000 places de prison pour atteindre 80 000 places. Il est insensé d’équilibrer le nombre de détenus au nombre de places. C’est le nombre de places qui doit être défini par rapport au nombre de détenus.

 

Je ne cautionnerai pas ici les discours visant à faire passer les magistrats pour des laxistes.

Je pense qu’il y a un problème sur le moment pénitentiaire.

Pendant trop longtemps, l’exécution des décisions de justice pénale a été la grande oubliée de la chaîne pénale.

 

 

Il faut arrêter la déconstruction de la peine, l’inexécution de la peine (100 000 peines par an). Cela n’a pas commencé durant le mandat de François Hollande, je prends également ma part de responsabilité, mais ce qui a commencé avec François Hollande, c’est une aggravation sans précédent de la situation. Aujourd’hui, une peine prononcée doit être une peine exécutée. Toute peine supérieure à 6 mois doit être intégralement exécutée. C’est la politique pénale que nous proposons au pays.

 

Concernant les peines plancher, dans mon esprit, la récidive, c’est la récidive du crime ou du délit. Peu importe le crime ou le délit. Si on est dans ce jésuitisme là, c’est qu’on ne comprend rien à la situation que vivent les Français.

Pour tout Français, le récidiviste, c’est le récidiviste dans le délit et dans le crime. On veut faire une différence avec le réitérant, car il a fait un viol puis maintenant c’est un vol à main armée. Donc celui-là n’est pas un récidiviste ? Il commence sa carrière ? La carrière chez nous, elle commence par le délit et par le crime !

Cet espèce de jésuitisme sur le vocabulaire au fond masque l’immobilisme, la lâcheté, la volonté de ne pas agir et de ne pas prendre à bras le corps les problèmes des Français en matière de sécurité. Nous devrons être courageux.

 

Je souhaite qu’il n’y ait pas d’examen de libération conditionnelle avant l’exécution d’au moins les 2/3 de la peine et non pas de la moitié de la peine.

Je souhaite que les mécanismes de révision automatique du sursis soient revus complètement, et je me demande encore pourquoi M. Hollande a voulu la suppression des peines-plancher.
On parle beaucoup de la conférence Climat, et du principe de précaution. Le principe de précaution vaut pour tout, pour protéger l’écologie, j’accepte parfaitement. Il n’applique pas le principe de précaution sur les récidivistes lorsqu’il s’agit de faire les peines-plancher parce que les peines-plancher n’étaient qu’un principe de précaution appliqué aux victimes.

« Monsieur, cela fait 14 fois que vous venez devant le tribunal correctionnel, vous allez donc être puni pour le 14ème délit que vous avez commis, et aussi pour toute votre carrière précédente qui vient éclairer la force du 14ème délit que vous venez de commettre ».

 

Par ailleurs, je souhaite que l’on prévoit une interdiction du territoire national pour toute personne de nationalité étrangère condamnée pour un crime ou délit intentionnel à une peine supérieure ou égale à 5 ans d'emprisonnement. Quand on a une carrière pareille, on n’a plus rien à faire sur le territoire de la République française.

 

 

La justice des mineurs, en m’excusant mais ça prouve qu’on y travaille ensemble et qu’on est d’accord quand même, parce qu’il vaut mieux que je dise la même chose que mes amis, ce serait un peu curieux que je dise le contraire. Je voudrais le dire à ma manière.

 

D’abord cette idée,…  juge des enfants. Vous avez un gaillard d’un mètre quatre-vingt-dix de dix-sept ans qui est déjà venu dix-huit fois.

-             On lui dit : où tu vas ?

-              Je vais voir le juge pour enfants.

-              Ah bon, tu as un petit-frère ?

 

Pardon, mais la sémantique a un sens. Ça ne veut absolument plus rien dire, la vie a évolué. nous tous dans nos familles nous le savons. On ne parle pas à nos enfants comme nos parents ou nos grands-parents nous parlaient. On peut le regretter mais c’est ainsi. Et un jeune de 14 ans ou 15 ans aujourd’hui n’a rien à voir avec un jeune de 14 ans ou 15 ans y compris à mon époque.
Le monde a changé, on ne peut pas garder la même dénomination et la même organisation, ça n’a pas de sens. Je crois que  c’est une idée très forte, très nouvelle, effectivement Georges, que celle de la césure entre un tribunal de la famille qui regrouperait les trois compétences actuelles du juge des affaires familiales (divorce, droit de visite et d'hébergement, pension alimentaire...), les compétences actuelles du juge civil (adoption, reconnaissance de paternité, identité de l'enfant...) et celles du juge des enfants dans sa partie éducative et prestations sociales.

 

Donc, vous voyez qu’on aurait un tribunal de la famille qui traiterait tous les problèmes des mineurs. Et à côté, un tribunal pénal pour mineurs qui jugerait les crimes et délits commis par les mineurs. Et qui permettrait quelque chose d’extraordinairement important qui aujourd’hui est interdit, c’est la comparution immédiate applicable aux mineurs de plus de 16 ans.

Je rappelle qu’en 2013, parmi les 234 000 mineurs impliqués dans des affaires pénales, la moitié avaient 16 ou 17 ans.

 

Donc il y aurait vraiment une césure entre la partie éducative et la partie sanction pénale.

 

J’ajoute que je souhaite qu’il n’y ait plus un seul mineur emprisonné dans une prison avec des adultes, y compris naturellement lorsqu’il y a un quartier pour mineurs. Je ne crois pas à la pertinence du même lieu pour l’emprisonnement des mineurs et des majeurs. Et je dois dire qu’en cinq ans nous avons créé 51 centres éducatifs fermés pour mineurs et six établissements pénitenciers pour mineurs. Monsieur Hollande avait promis le doublement, une promesse de plus qui naturellement n’a pas été tenue.

 

Donc, non seulement, il faut monter à 80 000 places de prison, mais il faut prévoir des établissements spécifiques pour les mineurs, totalement déconnectés des majeurs. Je pense que c’est absolument essentiel.

 

Deux derniers mots, nous pensons, et c’est grave, que toutes les leçons n’ont pas été tirées des attentats terroristes et de la gravité de la menace terroriste. A l’époque, Eric Ciotti avait fait des propositions, je voudrais y revenir.

 

Le nombre de Français engagés dans une filière djihadiste a été triplé en une année. Si nous ne réagissons pas, c’est que nous continuons à sous-estimer une menace essentielle.

 

 

Sur les djihadistes, s'ils sont Français et qu’ils reviennent du djihad, ils doivent être immédiatement incarcérés et poursuivis par la justice française dès lors qu'ils posent un pied sur le territoire national. Le djihad, c’est l’apprentissage de la lutte pour la destruction de la République française. Vous avez fait le djihad, case prison immédiatement.

 

S'ils sont étrangers ou bi-nationaux, ils ne mettent pas les pieds sur le territoire français. 

Je ne comprends pas pourquoi le Gouvernement se refuse avec un entêtement coupable à considérer que la consultation d’un site internet fondamentaliste est un délit. La consultation d’un site pédophile, c’est de la pédophilie. La consultation d’un site fondamentaliste et terroriste, c’est du terrorisme. Cela doit donc être sanctionné pour ce que c’est.

 

J’ajoute que nous devons créer les conditions d’un système efficace de renseignement en milieu carcéral et qu’il prenne toute sa place dans la communauté du renseignement qui doit bénéficier de nouveaux moyens technologiques. On ne peut pas rester désarmés face à ce que tout le monde sait, la radicalisation d’un certain nombre de nos prisons.

 

Nous faisons une dernière proposition qui est celle de créer un grand ministère de la sécurité qui se verrait rattacher les douanes, en plus de la police et de la gendarmerie. J’aimerais qu’on m’explique, mis à part la collecte de la TVA, quelle est la différence de travail entre un douanier et un policier derrière les frontières ?  

Je ne vois pas au nom de quelle logique la douane obéirait à un ministre et la police de l’air et des frontières obéirait à un autre ministre. C’est une déperdition. Au moment où il y a un tel problème de contrôle de nos frontières, il me semble que l’introduction de la douane pour emploi mis au service du ministère de l’Intérieur est essentielle.

Je demande la même chose pour le personnel pénitentiaire. Le personnel pénitentiaire fournit un travail extraordinairement utile, extraordinairement difficile, mais quel travail ? Il ne s’agit pas simplement d’appliquer une décision de justice, il s’agit d’assurer la sécurité des Français en gardant dans un univers fermé des délinquants qui représentent un danger pour la société. C’est donc ni plus ni moins qu’une mission de sauvegarde de la sécurité des Français.

 

J’ajoute, avec ce que je viens de dire sur le renseignement, que si les personnels pénitentiaires travaillent main dans la main avec la police et la gendarmerie, il n’y aura pas besoin d’inventer une nouvelle usine à gaz pour savoir qui donne son renseignement, comment on organise son renseignement et comment doit être obtenu le renseignement.

 

Enfin, il n’y aura plus la sempiternelle bagarre pour savoir, entre la pénitentiaire ou la police et la gendarmerie, qui fait le transfèrement des détenus.

Quand il y a eu le procès Colonna, que tous les jours il a fallu amener le Sieur Colonna avec un hélicoptère au-dessus de sa tête, deux fourguons de police devant, trois fourguons de police derrière et un palais de justice mis en situation de camp retranché, sans doute n’était-ce pas l’exemple le plus choquant, mais vous voyez les effectifs que cela prend !

Pendant ce temps, la mission de recherche des délinquants, la mission de protection des Français, où en est-elle ?  Que se passe-t-il ? L’organisation de ce grand ministère me semble absolument essentielle.

 

Dans le même temps, et je remercie Eric Woerth pour sa compréhension, nous avons décidé que compte tenu de la gravité de la menace terroriste, de la situation d’insécurité structurelle gravissime dans laquelle nous allons trouver la France, les mesures de diminution dans la fonction publique ne s’appliqueraient pas à la police, aux services de renseignement et à la gendarmerie parce que la situation est trop grave.
La définition d’un nouveau système de corps et carrières est nécessaire, compte tenu de la réforme des retraites, pour ne pas paralyser les corps et le choix que nous faisons, c’est naturellement celui de la confiance aux forces de l’ordre.

 

Pardon d’avoir été certainement trop long, mais je voulais que vous compreniez que pour nous, les Républicains, le rétablissement de l’autorité de l’Etat est quelque-chose de central. C’est vraiment la priorité des priorités, et nous avons bien conscience que sur la question de la sécurité, il ne peut pas y avoir de faux semblants. On ne peut pas repousser les responsabilités d’un échec ou d’un succès sur qui ce soit d’autres. Ce sera notre responsabilité.

 

Comme nous avons pris l’habitude, des questions vont vous être soumises. Chaque adhérent de notre mouvement pourra s’exprimer avec un petit changement. A compter de ce soir 18h et jusqu’à vendredi 18h. 

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