Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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André Durand présente
Charles PERRAULT
(France)
(1628-1703)


Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout ses ‘’Contes’’).

Bonne lecture !

Né à Paris le 12 janvier 1628, avec son frère jumeau, François, qui allait mourir six mois plus tard, il était le fils de Pierre Perrault qui, originaire de Tours, était avocat au parlement de Paris, et, avec sa femme, Pâquette Leclerc, dirigeait une puissante famille de la haute bourgeoisie de robe. Ils avaient sept enfants dont cinq garçons, unis par les goûts et les intérêts, d'esprit ouvert, passionnés de littérature et de beaux-arts, tous ambitieux et ravis de vivre en France sous le règne du plus grand des rois. L'aîné, Pierre, allait être receveur général des finances ; le second, Nicolas, théologien et vibrant défenseur du jansénisme ; le troisième, Claude, médecin, savant et architecte (son nom est attaché à la construction de la colonnade du Louvre) ; le quatrième, Jean, avocat ; le dernier, Charles, fonctionnaire et écrivain.

La famille étant de sensibilité moderne et ayant mis dans son programme d'éducation la rigueur et l'austérité des jansénistes, il fut élevé dans l'horreur des superstitions populaires et s'intéressa d’abord passionnément aux problèmes scientifiques qui étaient débattus dans son milieu (aussi bien en mathématiques qu'en mécanique ou en hydrologie, en médecine qu'en architecture). Mais, très tôt, il découvrit que la littérature constituait sa vraie vocation, et il s'exerça à la rime dès son plus jeune âge.

Il suivit d’abord le cycle usuel d'études au collège de Beauvais. Mais, à l’âge de seize ans, étant entré en conflit avec ses maîtres pour avoir osé lire et défendre "Le discours de la méthode" de Descartes, ouvrage alors jugé « téméraire et condamnable », il ne termina pas sa classe de philosophie. Avec son camarade, Beaurain, il quitta le collège et apprit désormais à son rythme et selon ses désirs. Au bout de quatre ans, les deux autodidactes, qui lurent abondamment les classiques latins et les œuvres contemporaines, étaient devenus très cultivés. Perrault confia dans ses ‘’Mémoires’’ : « Si je sais quelque chose, je le dois particulièrement aux trois ou quatre années d'étude que je passai ainsi ».

En 1647, il commença ses études de droit.

Pris par la mode du burlesque qui faisait rage dans les années 1640, il composa, avec Beaurain :

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‘’L'Énéide travestie’’

(1648-1649)
Traduction en vers burlesques
C’était la traduction du sixième livre de l'’’Énéide’’ de Virgile.
Commentaire
Le texte demeura inédit jusqu'en 1901.

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Charles Perrault prépara des examens de droit, obtint sa licence à Orléans et s’inscrivit au barreau de Paris en 1651.

Puis, dans la même veine que ‘’L’Énéide travestie’’, il composa avec ses frères, Nicolas et Claude, et publia :

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‘’Les murs de Troie, ou L’origine du burlesque’’

(1653)
Poème
Tout en faisant une théorie du genre du burlesque, les auteurs raillaient avec verve les épopées antiques.

Commentaire
Issue d'un amusement de jeunesse, à la facture souvent grossière, l’œuvre entamait néanmoins une critique de l'Antiquité plus radicale qu'il ne semblait en se plaçant dans une perspective chrétienne, à une époque où la querelle sur le jansénisme battait son plein (Nicolas Perrault défendit vigoureusement les thèses d'Arnauld jusqu'à être exclu de la Sorbonne) : c'est à l'aune de cette influence janséniste qu'il faut mesurer le ton finalement très moral de cette parodie enjouée.

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S’il était avocat, Charles Perrault n'exerça que très peu, ne prononçant que deux plaidoiries. Mais, en 1654, son frère, Pierre, qui avait acheté une charge de receveur général des finances, le plaça auprès de lui comme commis de la recette générale. Cette sinécure, qui le mettait à l'abri du besoin, lui laissa le temps de mener une vie de dilettante cultivé, de recevoir, dans la maison de ses parents disparus qu’il occupait, quelques amis choisis (Charpentier, Colletet, La Mesnardière, Quinault...), de fréquenter les salons mondains, d’écrire, pour les dames qui en raffolaient, des vers galants teintés de préciosité :

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‘’Portraits d'Iris’’

(1659)
Poème
Commentaire
Le poème fut publié dans les ‘’Divers portraits’’ de la duchesse de Montpensier.

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‘’Les jumelles ou La métamorphose du cû d'Iris en astre’’
Poème
Jupiter, qui s'ennuie sur son trône, envoie Mercure sur terre avec la consigne de trouver quelque objet agréable à regarder qui trouverait place au ciel. Mercure prospecte en vain puis, au moment où il va rentrer bredouille, aperçoit dans la rivière « le cû d'Iris qui se baignait », le rapporte à Jupiter comme un « unique objet », « rien dans le Ciel ne lui ressemble». Jupiter, convaincu, résout de proposer aux autres dieux de promouvoir ce joli cû en astre. La discussion qui s'engage permet aux dieux de se reprocher leurs débauches.
Commentaire
C’était une parodie du poème à la mode ‘’La métamorphose des yeux d'Iris en astre’’, de l'abbé Habert.

L’orthographe «  » s’explique quand on sait que Perrault, chargé, en 1672, par Colbert de présider une commission d'académiciens qui avait pour mission de réformer et de simplifier l'orthographe, supprima le « l » qui ne se prononce pas et écrivit « cû » avec un accent circonflexe.

Le poème, d'un tonus et d'un lyrisme peu ordinaire, est un hymne à la gloire du «  » qui, à la fois double et unique, donne, lorsqu'il est jeune et bien tourné, l'idée de la perfection absolue. En fait, il ridiculise la mythologie des Grecs et des Romains, en rappelant les crimes divers que les dieux commettaient en toute impunité (inceste, infidélité, prostitution, homosexualité). Il se moquait des sujets stupides d'épopées comme l'’’Iliade’’, l'’’Odyssée’’ ou l'’’Énéide’’, si chers aux Anciens.

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‘’Dialogue de l'Amour et de l'Amitié’’

(1660)
Poème
L'auteur commence par nous raconter la naissance simultanée de l'Amour et de l'Amitié, puis nous les montre disputant de leur pouvoir respectif. L’Amour déclare : « Je n'entre guère dans un cœur qu'il ne s'en aperçoive ; la joie qui me précède, l'émotion qui m'accompagne et le petit chagrin qui me suit font assez connaître qui je suis. » - « Vous savez, mon frère, dit l'Amitié à l'Amour, que je n'ai pas toujours été si méprisée, vous m'avez vu régner autrefois sur la terre avec un empire aussi grand et aussi absolu que le vôtre. Il n'était rien alors que l'on osât me refuser, l'on faisait gloire de me donner toutes choses, et même de mourir pour moi, si l'on croyait que je le voulusse, et je puis dire que je me voyais alors maîtresse de beaucoup plus de coeurs que je n'en possède à présent, bien que les hommes de ce temps-là n'eussent la plupart qu'un même cœur à deux, et qu'aujourd'hui il ne s'en trouve presque point de qu'il ne l'ait double. »
Commentaire
Le poème se présente comme une question d'amour allégorique, jeu littéraire à la mode dans les salons de l'époque. À première vue, on se croirait chez les précieuses ridicules ou les femmes savantes. Avec plus d'attention, on découvre un texte d'une ambiguïté systématique, car, avec beaucoup d'insistance, Perrault explore la confusion des sentiments, soit que l'amour se déguise en amitié pour se faire accepter, soit qu'il se fasse illusion à lui-même et croie sincèrement n'être qu'amitié. Au terme de ces analyses, l'« amour grec » est évoqué avec un lyrisme plein de nostalgie.

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Le jeu de la séduction le laissant insatisfait, d'autant plus que sa muse semblait s’en être allée, Charles Perrault s'essaya à célébrer les grands événements du royaume, à flatter habilement le roi qui ne réclamait de la plume que le vigoureux va-et-vient de la brosse à reluire :

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‘’Ode sur la paix’’

(1660)
Poème
Commentaire
L’ode fut écrite à l'occasion du traité des Pyrénées (1659) qui mit fin à la guerre qui opposait depuis 1635 la France aux Habsbourg d'Espagne.

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‘’Ode sur le mariage du roi’’

(1660)
Poème
Commentaire
C’était le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse.

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‘’Ode sur la naissance du dauphin’’

(1661)
Poème

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‘’Le miroir ou La métamorphose d'Orante’’

(1661)
Poème
Orante est un gentilhomme faiseur de portraits, qui connaît des amours très chastes avec la jolie Calliste. Elle ne se lasse pas des portraits improvisés et flatteurs qu'il fait d'elle. Mais, un jour, elle est atteinte par la petite vérole, et son amant lui renvoie son image défigurée. Furieuse, elle le frappe alors avec un poinçon, et Orante se brise en mille morceaux, qui lui renvoient non plus un mais mille portraits de sa laideur. L'Amour apparaît, recolle les morceaux et transforme Orante en miroir. L'Amour s'y regarde, s'inspecte, s'apprécie et tombe amoureux de lui-même.
Commentaire
D'origine vénitienne, ce conte pour adultes est d'un érotisme discret.

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Si le talent littéraire de Perrault fut discuté par Racine qui trouvait ses vers poussifs, laborieux, ses poèmes galants lui apportèrent une grande estime, en particulier dans le cercle de Fouquet, tant ils maniaient avec aisance l'ambiguïté et l'équivoque au goût du jour en même temps que les références mythologiques.

Parallèlement, ses odes politiques le firent bien voir des milieux littéraires proches de Colbert, qui était intéressé par sa facilité à versifier autant que par son habileté à présenter la politique royale sous un jour favorable. Grand travailleur, aimable, spirituel, il était fort apprécié de la Cour et apparut bientôt comme une recrue de choix pour mener à bien le projet culturel de remise en ordre de la France, d’organisation du milieu littéraire pour obtenir que tous les créateurs chantent la gloire de Louis XIV.

En 1661, protégé par Jean Chapelain, il entra ouvertement au service de Colbert. Il s'imposa rapidement comme son homme à tout faire, passant avec aisance des pièces de l'accusation pour le procès de Fouquet à telle commande de marbre pour le buste de Louis XIV confiée au Bernin, à tel poème qui indiquait aux peintres pensionnés par le roi ce qu'ils devaient produire pour célébrer leur mécène ou à ce :

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‘’Discours sur l'acquisition de Dunkerque par le roi’’

(1663)
Poème
Commentaire
La ville, prise par Turenne en 1658, fut réunie définitivement à la France par le traité des Pyrénées en 1659.

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Même si, en 1664, son frère, Pierre, perdit sa charge de receveur général pour avoir, acculé à la faillite, puisé dans les caisses pour se payer ce qu’on lui devait, Charles, tout en le défendant, demeura au service de Colbert, et habile à saisir la volonté du ministre, bien introduit dans les milieux littéraires, il continua à jouer un rôle essentiel dans le mécenat royal qui était, en fait, la mise en place de la culture comme instrument de propagande de l'État, l'organisation de l'absolutisme dans le secteur des intellectuels. Il s’employa à rallier le plus grand nombre possible d'artistes autour du Roi-Soleil dont les rayons bienfaisants devinrent bienfaiteurs ; il établit la liste des pensions accordées et qui étaient d'autant plus importantes que la louange écrite atteignait les plus hauts sommets de la flatterie. Il porta les instructions de Colbert aux diverses Académies qui venaient d'être créées et qui étaient chargées de canaliser les projets artistiques. Il composa des devises en latin célébrant les victoires et les réalisations de Louis XIV. Il surveilla l'édification des palais et des monuments destinés à donner une haute idée de la magnificence royale. Il était partout, veillait à ce que tout ce qui se disait, ou se construisait, contribue à donner de l'image royale la plus haute idée.

Faisant une carrière exemplaire dans l'administration, il devint l'une des autorités culturelles de l'époque. D'abord secrétaire de la « Petite Académie» (la future Académie des inscriptions et belles-lettres), il fut, en 1665, nommé commis à la surintendance des bâtiments royaux, créa le Petit Conseil du Louvre où siègeaient Le Vau, Le Brun, son frère, Claude, et lui-même. En 1666, il rassembla les éloges de Mazarin. En 1667, il mit en œuvre le projet de la colonnade du Louvre : Louis XIV préféra ses propositions à celles du Bernin, et le projet fut confié à l'architecte Le Vau, assisté de Claude Perrault, qui conçut les machines de construction. Il fit renoncer Colbert à son projet d'interdire au public l'accès du jardin des Tuileries. Il fit construire l'Observatoire du roi d'après les plans de Claude. Il surveilla les travaux à Versailles.

Il écrivit :

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‘’La peinture’’

(1667)
Poème
L’énumération des genres correspondant à ceux que désignent les Muses et une brève et étonnante histoire qui est censée expliquer l'invention de la peinture ne sont qu’entrée en matière pour permettre à Perrault de conseiller aux peintres de l'Académie de peinture (et plus particulièrement Lebrun) de représenter directement les victoires de Louis XIV sans passer par la métaphore des sujets antiques.

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‘’Le Parnasse poussé à bout’’

(1668)
Poème
Sous forme d'une lettre à Chapelain, c’est une allégorie mythologique en prose et en vers où Perrault poursuivait l'apologie du règne.

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‘’
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