B. Harmonies et dissonances mises en dialectiques 11








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Ombres et lumières

  1. Ombres et soleil chez Platon

Si Socrate était un homme de lumière, alors Platon n'a jamais oublié le paysage d'ombres et de lumières d'Héraclite. Si Platon avait cru qu'il suffisait de découvrir le sens juste des idées et de l'enseigner, pour améliorer le sort de l'humanité, pourquoi propose-t-il aux sages de sa République de manipuler les citoyens de la Cité ?

      1. Le mythe de la caverne II

J'ai déjà introduit le mythe de la Caverne de Platon. Je ne vous en ai commenté que la première moitié, qui correspond à la période socratique de Platon. Le mythe montre que les humains font face à l'ombre de ce qui se passe vraiment, et qu'ils ont peur de se retourner vers le soleil et d'être éblouis par lui. Platon montre ensuite qu'en étant prudent, il est possible d’apprendre graduellement à sortir de la grotte et à voir ce qui est, sans devenir aveugle. Socrate défend un idéalisme doux, en montrant qu'il n'est pas possible de contraindre les gens de se retourner vers la lumière sans risquer de les aveugler à vie.

C'est à peu près là qu'intervient Platon, nettement plus méfiant. Il se déguise, puisqu'il utilise toujours la voix de Socrate, et demande pourquoi les gens refusent d'apprendre à quitter la caverne, pourquoi choisissent-ils presque sciemment de vivre dans l'ignorance ? Il s'imagine que si quelqu'un entrait dans la caverne pour annoncer à ceux qui s'y trouvent qu'il est possible d'en sortir et de voir ce qui est, les citoyens de la grotte préféreraient le tuer que de l'écouter et remettre en question tout ce qu'ils ont construit depuis des millénaires. Platon pense à ce que les Athéniens ont fait à Socrate, le lecteur de Platon pense à ce que les Juifs ont fait subir à Jésus et l'Inquisition aux premiers savants.

Cette partie du mythe recoupe la réalité décrite pas les psychologues, dans la mesure où Platon distingue ce qui se passe de ce qui est perçu ; et il se rapproche des thèmes psychothérapeutiques, dans la mesure où il mène non seulement à une discussion sur la perception des choses telles qu'elles existent vraiment, mais aussi sur la difficulté de cheminer vers la vérité et de partager ce que l'on découvre avec ceux qui n'ont pas essayé de regarder le soleil en face. Les psychothérapeutes ont repris ce texte (Lear 2000) comme annonciateur de leur démarche, au sens où il montre que l'homme normal doit lutter contre des forces qui le maintiennent dans son aveuglement. L'on retrouve ici, en germe, la notion de résistance au traitement, de résistance à la vérité et de résistance au changement, observée par de nombreux psychothérapeutes. Chez Platon, cette résistance n’est pas un symptôme psychopathologique, mais une propriété par défaut de la nature humaine.

      1. Le meurtre du christ

Cette résistance au changement est reprise de façon particulièrement violente par Wilhelm Reich dans Le meurtre du christ (1953), dont voici deux extraits :

Le Christ est finalement assassiné en l’an 30. Non parce qu’il a été bon ou mauvais, parce qu’il a trahi son peuple ou défié les talmudistes du Sanhédrin ; il n’est pas mort parce qu’un gouverneur impérial jaloux s’est mépris sur ses paroles et a vu en lui le « roi des juifs » ; il n’est pas mort parce qu’il s’est rebellé contre l’occupation romaine, ni pour racheter les péchés de l’homme. Il n’est pas non plus un simple mythe que la hiérarchie chrétienne aurait créé pour « régner d’autant plus facilement sur l’âme des hommes ». Le Christ n’est pas un aboutissement de l’évolution économique dans une certaine phase de la société ; il aurait pu vivre à toutes les époques, en tous pays, dans n’importe quelle situation et sous n’importe quelles conditions sociales. Il serait toujours mort de la même manière. Son sort aurait été réglé partout à tous les âges. C’est là encore la signification émotionnelle du Christ. (p.87)

On peut trouver un Judas Iscariote dans chaque pays, dans chaque groupe humain se pressant autour d’un être généreux, en quelque période de l’histoire de l’humanité que ce soit. C’est le satellite, l’adepte fanatique, celui qui avant tous les autres voudrait mourir pour son maître. C’est le Petit Bonhomme aux lèvres pincées, à la face blême, aux yeux brûlants, au cœur d’acier. C’est l’enfant tenu en échec, retenu dans la boue dont l’âme fut écrasée et qui a grandi pour être, de par sa structure, un traître. Il sera l’homme haineux et accapareur, le sac vide, gonflé de fureur en attendant le ciel. (p.133)

La fureur de Reich témoigne de sa souffrance après avoir été persécuté pour ses idées par les communistes, les nazis, le maccartisme aux U.S.A., et même par ses collègues psychanalystes. Il présente le Christ comme le mythe de ce qui a aussi été vécu par Prométhée, Socrate et lui-même.

      1. Les sens déforment

Mon organisme a tellement travaillé pour construire une belle représentation mentale du papillon qui vole devant moi, qu'il a du mal à nourrir le sceptique en moi pendant que je m'émerveille de ce que je vois. Il y aurait en chaque humain certaines dynamiques qui ne peuvent pas s'empêcher de lui faire croire que les informations sensorielles « parlent vrai ». Cette exigence de la conscience est notamment une des bases de ce qui permet aux artistes de nous impressionner si profondément. Pourtant, d'autres parties de la conscience humaine encouragent les individus à devenir plus conscients des limites de la perception. Platon décrit un conflit entre plusieurs tendances de la nature humaine, l’une qui cherche la vérité et l’autre qui s’accommode des us et coutumes de son entourage.

Un psychothérapeute a une vision moins manichéenne de ces dynamiques de la nature humaine. Pour Jung81, par exemple, les ombres projetées sur la paroi de la caverne sont plus qu’un simple reflet d’une réalité, car elles forment une autre réalité qui mérite tout autant d’égards : la psyché. Le portrait proposé par un peintre n’est jamais l’exacte copie d’un visage, car il est aussi un acte créatif qui cherche à reconstruire une vision. De même, pour Jung, l’ombre de la caverne en tant que métaphore de la psyché humaine n’est pas l’exact miroir de ce qui est perçu, parce que c'est une autre dimension de la réalité. Exiger du mental qu’il puisse saisir les idées telles qu’elles existent, c’est exiger de l’esprit humain qu’il soit transparent et neutre : une sorte de pieuvre qui n’a comme seule tâche que de se gaver de nourritures célestes. Si un organisme développe des systèmes de défense et de protection, comme le système immunitaire, c’est qu’un organisme est une entité qui veut survivre, sans chercher à si sa vie est bonne ou mauvaise, utile ou inutile, pertinente ou pas. La vérité n’est pas un enjeu central de l’organisme humain. Les religieux sont des gens qui aimeraient que Dieu devienne l’enjeu principal de chaque individu, et un philosophe comme Platon aimerait que la vérité devienne l’enjeu central de chaque organisme humain. Le psychothérapeute se contente de soutenir un organisme pour qui vivre est trop inconfortable, et de l'aider à comprendre ces dimensions du fonctionnement humain afin d’en tirer un meilleur parti et de mieux en vivre. Le psychothérapeute jungien a un profond respect pour toutes les productions psychiques. Il comprend la nécessité des humains à transformer leur environnement en ombres digestes, projetées sur les écrans du cinéma intérieur. Chercher à modifier le cinéma intérieur d’une personne passe forcément par une déconstruction qui vise une reconstruction, plus habile à défendre les enjeux d’une vie. Le psychothérapeute est sans cesse confronté à des individus aveuglés par leur foi inébranlables dans la perception qu’ils ont de ce qui leur est arrivé. Ils ont l’impression que leurs ombres intérieures sont une perception directe des phénomènes qui créent ces ombres. Remettre en question certains épisodes du scénario qu'ils utilisent pour se représenter leur vie fait partie du processus psychothérapeutique. En accomplissant son travail, le psychothérapeute devient a fortiori un peu philosophe, car il se rend vite compte, en s’observant, en observant son entourage, qu’effectivement c’est l’espèce humaine tout entière qui se cherche une mythologie viable, des fables comme celles que Platon avait imaginées. Le psychothérapeute s'inspire donc souvent et de Socrate et de Platon, mais son intention est autre.

      1. Un scénario, des scénarios

Trois sœurs racontent le divorce de leurs parents à un psychothérapeute. Celui-ci entend trois histoires différentes. Laquelle est la vraie ? Dans un sens, les trois. Chaque sœur raconte une façon personnelle de réagir à un événement. Chacun de ces récits est comme l’ombre d’un évènement réel pour le thérapeute platonicien, ou une manifestation de la créativité mentale d’un individu pour l’analyste jungien. Mais si ces dames viennent en psychothérapie, c'est qu'elles aimeraient modifier leurs modes de fonctionnement. Le psychothérapeute peut leur demander de confronter ces trois versions d’un divorce, et de construire ensemble une histoire familiale du divorce, pour qu'elles apprennent à mieux communiquer, à mieux se comprendre, à mieux apprécier trois façons de réagir. Il n’est pas question, dans cet exercice, de reconstruire ce qui s’est réellement passé, même si le récit construit à plusieurs semble souvent plus proche de la réalité. Il s'agit de co-construire une représentation qui sert de base de discussion aux trois sœurs. Je me retrouve à nouveau devant la difficulté de la notion de co-construction, qui est bien sûr une illusion de la conscience. Il y aura toujours trois histoires dans trois organismes, qui sont ressenties de trois façons différentes. En se construisant ensemble une nouvelle version des faits, les trois sœurs auront mobilisé les mécanismes de régulation impliqués par ces trois histoires de façon intense. Ces mécanismes de régulations devront se restructurer pour pouvoir assimiler la nouvelle version des faits, et les nouvelles charges affectives qui s’y associent. Comme Socrate, le psychothérapeute propose une thérapie graduelle, car il sait que le système de défense des trois organismes qui viennent le voir est complexe et fragile, et que chaque sœur a besoin de temps pour s’accommoder à une nouvelle vision de leur histoire. La stratégie thérapeutique proposée ici est une remise en question de ce que chacune croyait être la vraie histoire du divorce des parents.

Voici une autre forme de remise en question d'un point de vue figé :

Au début de sa thérapie, Anne me raconte qu'elle a été élevée par une mère possessive et un père indifférent. Ce père préférait boire avec ses amis que de travailler ou d’éduquer ses enfants. La mère déprime souvent, et n'arrête pas de se plaindre de son inutile mari à sa fille. Les parents se séparent quand Anne a 20 ans. Le père vit avec une autre femme, la mère vit avec sa fille qui passe beaucoup de temps à écouter les plaintes de sa mère.

Pendant sa thérapie, Anne rencontre un homme et sort avec lui. Elle le trouve sympathique : pas si beau que ça, mais gentil, drôle et amical. Catherine, une de ses meilleures amies, veut absolument lire dans les cartes ce qui va se passer entre Anne et cet homme. Elle étale ses cartes devant Anne, et sans lui demander son avis, déclame à haute voix ce que les cartes lui « disent » sur cet homme : d’après les cartes, Anne doit se méfier de cet homme, car il a une double personnalité, l’une gentille et l’autre méchante, comme dans l'histoire du docteur Jekyll et mister Hide. Anne est bouleversée. Effrayée, elle rompt avec son amant.

Je demande à ma patiente s'il n'y aurait pas, dans sa façon de réagir, une réminiscence des nombreux moments où elle croyait ce que sa mère lui disait sur son père. Je me demande à haute voix si le père est vraiment aussi nul qu'elle le prétend. Autrement dit, j'utilise ce qui s'est passé entre Anne et Catherine pour vérifier si le scénario parental que m'a raconté Anne, tient la route. Dans le cas présent, la question est de savoir si Anne va se contenter de croire ce que Catherine lui a « révélé », ou si Anne va oser vérifier si son ami a vraiment une double personnalité. Elle n'a pas appris à avoir confiance dans ses propres impressions sur un homme. Elle me raconte que pourtant, elle se souvient qu'à six ans, elle adorait son père. Chaque fois qu'il rentrait du travail, elle embrassait son visage. Un visage inexpressif, même quand il recevait un baiser d'Anne. La mère n'arrêtait pas de dire à sa fille que ce père ne méritait pas tant de tendresse. Anne se mit donc à supposer qu'elle aimait quelqu'un qui ne l'aimait pas, mais sans arriver à savoir précisément ce qu’il en est. Elle s’imagine que la mère a la capacité de savoir comment les hommes réagissent, et qu’elle ne sait pas faire cela. Personnellement, je m'imaginais un homme si déprimé à l’idée de retrouver sa femme acariâtre, et tellement sur ses gardes, qu'il n'osait même plus sourire à sa fille, qu'il aimait pourtant tendrement. Je ne savais si les choses s'étaient passées ainsi, mais je pensais qu'il était utile d'explorer cette hypothèse.

C'est à ce moment de la thérapie que Platon et son mythe de la caverne ont surgi dans ma mémoire pour m'apporter quelques conseils. Il est vrai qu'aimer quelqu'un ne garantit pas qu'il vous aime, et que certaines investigations peuvent s’imposer avant de faire confiance. Mais un sophiste utiliserait cette argumentation comme s'il s'agissait d'une vérité, pour ensuite imposer d'autres vérités du même acabit, qui pourront détruire une relation potentiellement constructive. Ce sophiste n'aiderait pas Anne à chercher d'autres points de vue qui pourraient être tout aussi pertinents, il ne l'aide pas à apprendre à apprendre. Or, ce dont Anne a besoin, c’est d’apprendre à découvrir ce que l’autre pense d’elle. Elle a appris à faire confiance à des sophistes féminins plutôt que d’écouter sa flamme intérieure. Catherine et sa mère sont d'ailleurs deux femmes qui ne savent pas comment se trouver un homme agréable, ou même un homme tout court, puisque leur seul amant est leur aigreur.

Cette histoire est sans doute moins poétique que la fable de Platon, mais j'espère qu'elle rend plus tangibles les illusions qui s'épanouissent dans la conscience. Il s’agit de scénarios systémiques, construits par un jeu complexe de miroirs - chaque miroir est le regard de l’autre - et, ce sont tous ces regards qui tissent ce que la conscience de tous les jours prend pour une réalité, une représentation objective de ce qui se passe. Anne par exemple croit que son père est tel que sa mère le décrit et le père a tellement peur de sa femme qu'il la laisse faire. Il est donc complice malgré lui de l’image erronée qui se forme dans l'imaginaire de sa fille. Au cours de sa thérapie, Anne va réévaluer sa façon de percevoir sa mère et son père, en se basant autant sur ce qu’elle ressent que sur ce que les autres lui disent. Elle va poser à ses parents des questions qu'elle ne leur avait jamais posées. Elle va participer plus activement à la construction des représentations qui la forgent.

Au début de sa thérapie, l'image de la petite Anne qui fait des baisers à son père est occultée. Après que je me fus transformé en torpille socratique, pour déstabiliser son système de défense, des images de tendresses enfantines entre elle et son père devinrent à nouveau accessibles. Ces souvenirs peuvent enfin être ressentis comme agréables, sans effacer celle d'un père « inutile ». Le nouveau portait de son père, qui s’inscrit dans sa mémoire consciente, lui permet d’accepter, et même d’apprécier, que son père vit avec une autre femme que sa mère.

Arrivée à ce point de la discussion, Anne commence à sentir monter en elle une colère contre Catherine. Elle se demande si Catherine est jalouse d'elle, parce qu'elle a un amant. Catherine craint peut-être qu'Anne, si elle est amoureuse, vienne moins souvent la voir, et d’avoir moins d’emprise sur elle. La lecture des cartes imposées par Catherine est maintenant clairement ressentie par Anne comme une intrusion, une tentative agressive de l’influencer. Anne finit par téléphoner à son amant, et lui dit qu'elle n'est pas sûre de vouloir rompre. Ils se revoient, et s’aiment à nouveau.

Il n’est pas question ici d'inverser les rôles, de rendre le père gentil et la mère méchante. En bonne torpille, j'espère créer un déséquilibre qui permet à Anne de chercher une nouvelle façon d'évaluer son entourage. Il est possible qu'elle finisse par redécouvrir que son père n'est effectivement pas quelqu'un de fiable, et qu'elle peut compter sur sa mère et Catherine. Ce constat aura néanmoins une base possible, plus personnalisée, avec un contenu plus riche et nuancé, moins caricaturale, et par conséquent plus vivante. En devenant capable d’intégrer des réalités humaines plus complexes, elle devient aussi capable de s’appréhender avec plus de souplesse, et moins de dédain pour elle-même. Dans la réalité, elle a changé en profondeur ses rapports familiaux et professionnels. Elle a pu contacter et laisser s’exprimer des capacités créatrices insoupçonnables au début de nos entretiens.

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