Histoire des moines de tamié








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Les menaces sur Tamié

De fait, les moines furent bien près de ne jamais revenir. Jean de Durat, abbé de Sept-Fons et vicaire général de la congrégation de Sept-Fons écrivait en avril 1881 à Rome pour demander à la sacrée Congrégation des religieux l’autorisation de supprimer Tamié sans avoir à réunir le chapitre général, considérant que le monastère avait toujours végété depuis son rétablissement, tant par manque de ressources que par absence de recrutement. D’ailleurs, les moines se trouvaient dispersés en raison des décrets : excellente occasion pour supprimer le couvent et acheter, avec le produit de la vente, une maison de refuge pour les religieux en exil. Accordée le 17 avril 1881, cette demande ne fut jamais suivie d’effet, suspendue sans doute par la mort de Dom Jean de Durat, survenue le 10 décembre de la même année 1881. Dom Sébastien Wyart, abbé de Ste-Marie-du-Mont, accepta alors la paternité de Tamié, jusqu’en 1887, date à laquelle il fut élu abbé de Sept-Fons310.

La situation restait incertaine. Or, dans le même temps, Mgr de la Place, vicaire apostolique à Pékin, rêvait d’une implantation monastique en Chine, et y travaillait activement depuis 1870. En [119] 1883, il avait obtenu les encouragements de Rome et surtout trouvé une généreuse donatrice, la comtesse Strolberg. Le nouveau vicaire général de l’Ordre, Dom Jérôme Guénat, proposa la fondation à Dom Éphrem. « Pourquoi les moines de Tamié ne se transporteraient-ils pas en Chine ? » Le courage manqua. Seuls, Dom Éphrem, P. Fortunat, F. François et F. Joseph furent volontaires. Le départ fut fixé au printemps de 1883. Sur ces entrefaites, Dom Éphrem rencontra à Paris Dom Bosco, et lui demanda sa bénédiction pour l’oeuvre nouvelle.

« Quel nom donner à ma petite fondation de Chine ? », se demandait Don Éphrem ; «Notre Dame de la Consolation », répondit le saint. Et sur une petite image de la Vierge «la Consolata » de Turin, Don Bosco écrivit ces quelques mots : «que Dieu vous bénisse, vous, vos oeuvres, et que la sainte Vierge vous protège à jamais ».

Fin avril 1883, Mgr de la Place, qui avait tant rêvé de coules et de capuchons, accueillait à Pékin quatre moines. En 1886, l’abbaye de Tamié, qui n’arrivait pas à se suffire à elle-même, confia la paternité de N.-D.de-Consolation à l’abbaye de Sept-Fons. Dom Éphrem, du coup, fut démis de ses fonctions et céda la place à son second, P. Bernard. Avec beaucoup d’humilité, il accepta la décision, déclina l’offre de retourner en France, et passa dans l’ombre les dernières années de sa vie, dans le monastère qu’il avait fondé, vénéré comme un saint par ses frères chinois. Il mourut le 12 août 1893311.

À Tamié, Dom Polycarpe Jaricot succéda à Dom Éphrem. Cousin de Pauline-Marie Jaricot, l’inspiratrice de la «Propagation de la Foi », Jean-Claude Jaricot avait d’abord été le disciple et le collaborateur du P. Chevrier au Prado ; les habitants du quartier de la Guillotière appelaient le P. Jaricot le «Petit Saint » à cause de sa taille, et le P. Chevrier le « Grand Saint » à cause de sa vertu. En 1880 Jean-Claude rentrait à Tamié, et y prenait le nom de F. Polycarpe en même temps que l’habit cistercien. Tamié manquait alors tant de sujets de valeur que trois ans après, alors qu’il n’avait pas encore fait de voeux solennels, il était nommé prieur.

Il ferma le moulin en juillet 1887, et introduisit la culture d’une variété de pommes de terre rouge, la «trappistine », immédiatement adoptée par les cultivateurs des environs. La communauté passa de 21 membres à 28, mais l’abbé de la Grâce-Dieu, Dom Laurent, en rafla douze pour renflouer la maison-mère en difficulté. Pour finir, Dom Sébastien Wyart, vicaire général de l’ordre, envoya Dom Polycarpe comme aumônier des Trappistines de Laval : il garda ce poste jusqu’à sa mort, en 1907.

Les successeurs de Dom Polycarpe à Tamié vinrent d’autres monastères, indice d’une situation peu florissante : Dom Thomas d’Aquin Berthet, prieur de 1888 à 1890, était de Sept-Fons ; Dom Fortunat Maréchal vint de la Grâce-Dieu ; et, après Dom Thomas de [120] nouveau en poste de 1891 à 1901, Dom Albéric Staes arriva du Mont-des-Cats.

Dom Thomas reconnaissait devant le chapitre général de 1888 que la situation n’était brillante « ni au spirituel ni au temporel ». Les abbés de Sept-Fons et de Port-du-Salut durent lui promettre un peu d’aide. D’autant que l’abbaye avait, semble-t-il, des difficultés avec le fisc. L’administration créait toutes sortes de tracasseries, majorant indûment les impôts sur les bâtiments, les revenus, les taxes daccroissement, et autres.

À Dom Thomas démissionnaire succéda l’espace de quinze mois Dom Fortunat Maréchal, ancien compagnon de Dom Ephrem en Chine. Il fit «ce qu’il put » et démissionna à son tour. Ses tribulations, qui le conduisirent de Chine à Tamié, de Tamié à Sept-Fons, puis à Rome, à Port-du-Salut, et enfin à Acey où il mourut en 1919, l’avaient fait surnommer « l’infortuné Fortunat ».

Dom Thomas reprit le collier pour dix ans, et, cas unique depuis la restauration du monastère, mourut en charge, en 1901. Tamié ne comptait plus alors que 16 moines...

Un moine belge, Dom Albéric Staes, du Mont-des-Cats, vint alors312. Son priorat s’inscrivit entre deux nouvelles menaces de fermeture : l’une par le pouvoir civil en 1901, au temps des « lois scélérates » ; la commune de Plancherine adressa alors au ministre de l’intérieur une pétition pour que ses moines ne soient pas inquiétés, et l’intervention de Dom Chautard auprès de Clemenceau fit le reste. Mais en 1904 la fermeture du couvent était décidée par le chapitre général lui-même, en raison de la pénurie des vocations. Ce fut l’intervention du clergé des quatre diocèses de Savoie qui, cette fois encore, sauva Tamié. Cependant, une annexe à l’étranger pouvant servir de refuge dans le cas d’une nouvelle expulsion paraissait nécessaire. Dom Albéric pensa trouver ce refuge à Rueglio, près d’Ivréa, au nord de Turin : un domaine paré du nom biblique de Mont-Sinaï. Une fromagerie y donnait beaucoup d’espoirs, et un client de Milan s’engageait à prendre toute la production. C’était la fortune ! On eut l’imprudence, ou la perfidie, de rapporter ce projet à une autre maison, exilée en Suisse, vivant aussi de la fabrication du fromage. Elle fit au client milanais les mêmes propositions à meilleur prix, et emporta, avec l’affaire, toute espérance de rentabiliser Rueglio. De surcroît, l’abbé général envoya à Dom Albéric un religieux .de la communauté romaine des Catacombes pour le seconder au Mont-Sinaï. Ce religieux, P. Xavier, avait surtout besoin de changer d’air ; pour le malheur de Dom Albéric, il se livra à des opérations financières embrouillées et pour finir s’enfuit avec la caisse, dans les bras d’une veuve... la ruine était totale et le responsable désigné fut évidemment le pauvre P. Albéric.

« Le définitoire n’accepte pas votre démission, lui écrivit-on du [121] charge de supérieur de Tamié et vous ordonne de retourner à votre monastère d’origine ».

Au reçu de cette algarade imméritée, Dom Albéric, sans un mot de révolte, regagna le Mont-des-Cats, où il mourut en 1937.

On ne put revendre Rueglio qu’en 1911 ; entre temps, Tamié descendait encore d’une marche dans la déchéance : abbaye autrefois, devenue simple prieuré, elle n’était plus reconnue que comme « grange » de la Grâce-Dieu. Son nouveau supérieur, Dom Bernard Larmes, moine de Fontgombaud, monastère qui venait lui aussi d’être supprimé, était là plutôt comme liquidateur313. Tamié ne comptait plus que trois ou quatre moines, dont le P. Gérard Patuel, qui se tua en montagne, en 1907, à la recherche d’une brebis perdue.

Le repli de la Grâce-Dieu

De curieuse façon, le salut de Tamié vint par la faillite de la maison-mère. En 1896, la Grâce-Dieu avait élu pour abbé un profès de Chambarand, le P. Augustin Dupic314. Bien doué sous tous les rapports, Dom Dupic était, aux dires de son prieur, P. Bernard Krier, «un abbé décoratif. Sa belle prestance, sa dignité, son bon sourire provoquèrent à l’endroit de sa personne un sentiment d’admiration. Par la bonté de son coeur et l’aménité de son caractère, par la finesse de son esprit et le charme de sa parole, il se faisait aimer de tout le monde, au dehors aussi bien qu’à l’intérieur du monastère ». Dom Dupic, sous son impulsion, vit le noviciat de la Grâce-Dieu se repeupler, les bâtiments et l’église remis à neuf. Mais il ne parvint pas à redresser la situation matérielle. Devant l’excès des dettes, le 8 avril 1909 la vente de la Grâce-Dieu « pour expropriation forcée » fut décidée. Les moines se replièrent à Tamié, abri jugé provisoire, car l’archevêque de Chambéry, Mgr Dubillard, un ancien vicaire général de Besançon, ami de Dom Dupic, lui proposait de reprendre Hautecombe, dont la communauté périssait faute de recrutement.

Hautecombe, cependant, appartenait à la lignée de la restauration de Sénanque, « Commune Observance de Cîteaux », soeur et rivale de la « Stricte Observance », à laquelle se rattachaient la Grâce-Dieu et Tamié. La situation se compliquait encore du fait que les rois d’Italie, en garantissant l’existence d’Hautecombe, s’étaient réservé la nomination de l’abbé... Des tractations sans fin durèrent de 1909 à 1922. Dom Dupic aurait bien préféré Hautecombe, mieux située. « Tamié est un lieu historique mais n’a jamais été florissante. C’est trop haut et trop froid. Un prieuré de quatre ou cinq moines, c’est tout ce qu’il faut. L’été vous pourriez envoyer du secours [123] d’Hautecombe, et l’hiver on reviendrait au bout du lac » écrivait encore, en 1920, Mgr Castellan à Dom Dupic. Mais la querelle entre les deux observances ne put jamais se résoudre, et, finalement, en 1922, ce furent les bénédictins qui s’installèrent ! Dom Dupic dut avouer que saint Pierre de Tarentaise plaidait au ciel pour Tamié pendant que les moines de Tamié plaidaient sur la terre pour avoir Hautecombe...

D’ailleurs, dès 1911, devant les difficultés rencontrées dans l’affaire d’Hautecombe, Dom Dupic avait demandé le transfert du titre abbatial de la Grâce-Dieu à Tamié. Ce fut accordé le 7 février 1911. Tamié récupérait son titre d’abbaye, et sa communauté totalisait alors 45 membres, dont 18 prêtres. Les ressources ne suivirent pas, bien sûr, l’augmentation des effectifs : en 1913 il fallait vendre les superbes boiseries sculptées du réfectoire, en 1914 organiser une vente dé charité, à Paris, chez un médecin ami de Dom Dupic, Charles Bonnet.

Une nouvelle possibilité était apparue entre temps : une autre fondation en Chine, projet que la guerre vint interrompre.

Douze religieux furent mobilisés, deux ne revinrent pas. Par contre, de 1915 à 1920, Tamié abrita 15 moines de Latroun, en Palestine, expulsés par les turcs. La guerre, de façon inattendue, donna à la fromagerie un essor qu’elle n’avait jamais connu : la mobilisation de tous les hommes valides paralysait les « fruitières » concurrentes de l’abbaye. Aussi, en 1919, Tamié non seulement n’avait plus de dettes, mais s’était même constitué des réserves.

Ce redressement effectué, Dom Dupic, qui se trouvait épuisé, malade, usé par 25 ans d’abbatiat, offrit sa démission au chapitre général de 1921, qui l’accepta. Un an de repos lui fut octroyé ; après un voyage en Terre-Sainte, il se trouvait chez un de ses amis et condisciple, à Besse-en-Chandesse, quand il succomba d’une crise cardiaque. C’était le 1er août 1922. Son corps fut ramené à Tamié, ce monastère qu’il avait sauvé malgré lui.

Le P. Bernard Krier, fidèle prieur de Dom Dupic depuis 1897, fit alors office de supérieur de Tamié, de 1921 jusqu’au 7 mars 1923315.

13

LA VIE DU NOUVEAU TAMIÉ
Le simple exposé des faits marquants de la période 1861-1922 le montre à l’évidence : aux soixante-dix ans d’abandon ont succédé, pour Tamié, soixante années d’instabilité. Est-il possible de pénétrer plus avant dans la vie du monastère durant cette période agitée ?

Tamié à la recherche de ses origines.

Les premiers moines venus de la Grâce-Dieu eurent, dès leur arrivée, le souci de renouer avec l’ancien Tamié et avec leurs origines. Au cours de leurs longues courses, les quêteurs ne cherchaient pas seulement à rapporter l’argent qui manquait au monastère, mais aussi à récolter tout ce que la Révolution avait pu disperser de Tamié. Dom Théodore Pitoulet fut un des spécialistes de ce genre de travail ; dès 1862 il écrivait à un moine de la Grâce-Dieu qu’il avait récupéré 400 livres de l’ancienne bibliothèque.

« Nous avons déterré aussi des règlements manuscrits pour les religieux, d’autres pour le célébrant et ses ministres ; mais la pièce la plus curieuse que nous avons encore trouvée est un magnifique calendrier perpétuel fait par un religieux de Tamié ; ce calendrier me paraît un vrai tour de force.

Nous avons trouvé aussi chez Mgr le cardinal de Chambéry un manuscrit intéressant sur les réformes de Tamié et sa restauration... Je compte que nos quêteurs découvriront bien des choses éparpillées par toute la Savoie, car cette province n’a jamais été fouillée »316.

[126] En décembre 1862, et l’on y vit tout un symbole, un libraire de Paris renvoyait... la clef de l’ancienne abbaye, qu’il avait acquise d’un maréchal-ferrant d’Albertville.

Un jeune historien qui parcourait alors les registres du Sénat de Savoie pour en retracer l’histoire, découvrit un jour un volumineux dossier qui renfermait les chartes de Tamié copiées autrefois pour établir les droits de nomination des princes de Savoie.

II en fit part à Dom Malachie, et ce dernier lui communiqua les documents entrés à nouveau en possession du monastère. C’est ainsi qu’en 1865, au bout de trois mois de travail, paraissait l’histoire de l’abbaye de Tamié, par Eugène Burnier.

« Nous crûmes faire une oeuvre utile à la Savoie, profitable aux Trappistes et peut-être intéressante pour quelques lecteurs », écrivait-il modestement317. Sans doute cet ouvrage réveilla-t-il en Savoie le souvenir de la vieille maison cistercienne.

En 1869, P. Grégoire, qui quêtait dans le Jura, retrouva à Vitreux, chez une demoiselle nommée Olympe Boudot, un crâne humain qu’une inscription désignait comme celui de saint Pierre de Tarentaise lui-même. On sait que le premier abbé de Tamié était mort à l’abbaye de Bellevaux, en Franche-Comté, qui avait précieusement conservé ses reliques. Une part importante, sauvée des troubles révolutionnaires, était revenue à Bellevaux, lors de sa restauration par Dom Huvelin, et après les nombreux transferts de cette dernière communauté, se trouvait à la Grâce-Dieu. Le souvenir de saint Pierre de Tarentaise n’avait pas été pour rien dans la décision de racheter Tamié. Et voilà que la petite fondation retrouvait le « chef » du saint fondateur !

Minutieuse enquête fut ordonnée par le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, et, le 21 octobre 1871, la relique de saint Pierre arrivait à Tamié.

« J’ai grande confiance qu’il nous bénira et nous protégera si nous savons nous en rendre digne », écrivait Dom Théodore à Dom Malachie, devenu entre-temps abbé de la Grâce-Dieu318.

Les moines de Tamié n’avaient pas été les seuls intéressés par ce retour des reliques ; les diocèses de Savoie et en particulier la Tarentaise avaient gardé une dévotion toute particulière pour le saint archevêque. En 1873 le cercle catholique d’Albertville organisa, le 29 juillet, une solennelle manifestation de foi et de piété à Tamié. Après une messe matinale (3 h du matin !) à Albertville et à Faverges, les deux groupes se mirent en route chacun de leur côté et firent leur jonction aux abords de l’abbaye, sous le regard de Mgr Turinaz, nouvel évêque de Tarentaise. Tout le long, on avait chanté des cantiques du genre de celui-ci :

[127] « Rallions-nous à l’espérance,

Le rendez-vous est à Tamié

Viens à Jésus, viens, pauvre France,
Par son coeur tout sera sauvé ! ».

La longue file des pèlerins, évalués à 7000, défila dans l’église où avaient été placées les reliques, puis on se rendit sur l’emplacement de l’ancien monastère, où un autel avait été dressé ; une longue procession de 150 à 200 ecclésiastiques arriva, précédant la chasse portée par quatre religieux de Tamié. La messe fut célébrée par Mgr Turinaz ; après l’évangile, le P. Joseph, capucin célèbre alors dans toute la Savoie, monta dans une chaire installée à l’ombre d’un poirier sauvage, pour faire d’abondance l’éloge de saint Pierre de Tarentaise.

Puis ce furent les agapes fraternelles pour lesquelles les moines distribuèrent largement le pain. Dans l’après-midi, on exposa le Saint Sacrement sur le lieu de l’ancienne église, et Mgr Turinaz, à l’ombre bienfaisante du même poirier, put se livrer à tous les feux de l’éloquence.

« Le papier ne peut en rendre ni la flamme soutenue, ni les éclats subits, ni les éblouissantes splendeurs ».

Enfin, dans l’église, le chant du Salve Regina par les moines mit un terme aux cérémonies, et le pèlerinage prit la route du retour319.

1877 ramenant le deuxième centenaire de la réforme, Dom Éphrem fit exhumer du chapitre les restes de l’abbé Jean-Antoine de Somont, pour les faire placer dans l’église, au milieu du choeur. L’archevêque de Chambéry vint en personne présider la cérémonie, et c’était encore une autre façon de resserrer les liens avec l’ancien Tamié. Dans le même temps, les lithographies du P. Fulgence Blériot diffusaient tant les richesses artistiques du monastère, anciennes portes, cheminées que le souvenir de Pierre de Tarentaise et celui de la réforme de Rancé.

Au moment des expulsions, en 1880, le chef de saint Pierre fut mis en sûreté ; puis, entre 1885 et 1887, il semble qu’on l’ait promené processionnellement dans tous les diocèses de Savoie, peut-être pour donner plus de vigueur aux quêtes. Les difficultés de l’heure présente firent, quoi qu’il en soit, oublier un peu le passé, jusqu’au moment du repli de la communauté de la Grâce-Dieu. Dom Dupic n’aurait pas hésité à sacrifier Tamié s’il avait pu récupérer Hautecombe. Son rêve ne se réalisa pas, et, au cours de l’été 1909, les reliques de saint Pierre •possédées par la Grâce-Dieu rejoignaient celles de Tamié. Le monastère avait, à cette heure, bien besoin de retremper un peu sa ferveur dans le souvenir des vertus de son saint fondateur.

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