Cours d’histoire du Japon en 15 leçons. Périodisation traditionnelle et japonaise








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A/ Une société nouvelle : le régime féodal de Kamakura (1192-1333)



1. Principes et réalités d'un régime politique de type féodal
Le titre de sei-i-Taishôgun date du VIIIème siècle. Avant Yoritomo, il a eu des taishôgun, mais jamais aussi puissant que lui. Yoritomo obtient ce poste en 1192, mais en fait il contrôle la cour depuis 1180. Les principes du Japon médiéval sont mis en place dès 1180, et jusqu'en 1220. Yoritomo est intelligent. Il n'a pas envie de s'installer dans le cadre traditionnel des institutions. Il veut changer les choses, se placer hors du contrôle de l'Etat régi par les codes.

L'Etat régi par les codes perdure jusqu'en 1868, la cour est toujours à Heian, la Cour continue à nommer des fonctionnaires, et ses institutions demeurent, à côté du régime féodo-vassalique.


    1. Les principes




  • Un nouveau lieu de pouvoir

Kamakura devient la capitale en 1180. Ce village de pêcheurs est situé à 550 Km au nord de Heian-Kyô, qui reste la capitale officielle. Cette région à l'écart du Japon n'avait jamais accueilli le pouvoir jusqu'alors. C'est à la fin du XIIe siècle que Heian-Kyô prend le nom de Kyôto (capitale des capitales). Kamakura, suffisamment éloignée de la capitale impériale, ne subit pas son influence. Le gouvernement de Kamakura existe indépendamment de Kyôto.

De plus, Yoritomo connaît bien la région, car c'est à cet endroit qu'il fut exilé après la défaite de son père Yoshitomo contre Taira no Kiyomori en 1159. C'est à Kamakura qu'il s'est créé ses appuis les plus importants.

La situation géographique de Kamakura est idéale. Au sud la baie de Sagami, et tout autour de Kamakura des montagnes, avec des cols qui permettent la communication avec le reste du pays. Les guerriers se préoccupent moins du onmyôdô que les aristocrates de la Cour.

Kamakura est le siège du Bakufu. "bakufu" signifie "gouvernement sous la tente". A l'origine , ce terme désigne le quartier général du commandant des gardes impériaux. Yoritomo lui donne le sens de "quartier général du gouvernement". Bakufu désigne aussi l'ensemble des institutions militaires du XIIe au XVIIIe siècle.


  • Les organes du régime

L'organisation du Bakufu est très simple. Il y a peu de bureaux, qui détiennent beaucoup de pouvoirs. Ce sont surtout des institutions laïques, simples, adaptées aux militaires. Tout ce qui ne rentre pas dans le cadre des affaires militaires n'est pas du domaine du Bakufu.

Au centre des institutions on trouve le shôgun. Il est le garant des possessions de ses vassaux, son rôle est de légitimiser la possession des droits et des biens des guerriers. En plus du contrôle des institutions, il peut nommer, sans en référer à personne, des fonctionnaires qui ne relèvent que de son autorité. Il a pour l'assister un ministre, le Shikken, et un sous-ministre, trois bureaux et un conseil.

Les fonctionnaires nommés par le shôgun sont de deux types : shugo et jitô.

Le poste de shugo (protecteur), existe depuis 1185. Après la bataille de Dan no Ura, Yoritomo installe dans chaque province un shugo, gouverneur responsable de la police.

Les jitô ont la charge d'intendant dans les shôen et les terres d'état. Ils gèrent les impôts et garantissent la redevance aux ryôke.


  • Fondement social du régime féodo-vassalique

Un régime féodo-vassalique met en rapports un vassal et un seigneur. Dans un régime de ce type, les gens qui ont du pouvoir sont des militaires, et doivent posséder un fief (droit de percevoir des impôts). Leurs relations sont des relations de protections et services.

Ce sont ces trois choses qui définissent au Japon comme en Europe un régime féodo-vassalique. Voyons les rapports qu'entretient le shôgun avec ses vassaux.

La protection du shôgun est sa capacité à légitimer les droits de ses vassaux. Les vassaux du shôgun sont appelés des Gokemin. Le shôgun protège leurs droits, dans des tribunaux, les samuraidokoro.

Les services sont , pour le vassal, l'obligation de servir l'armée du shôgun en temps de guerre et de faire des tours de garde à Kamakura et Kyôto, ainsi qu'à d'autres endroits stratégiques. Les relations entre le Shôgun et l'Empereur sont en dehors du cadre féodo-vassalique. Les premiers shôgun ne purent se débarrasser du pouvoir impérial, à cause de la primauté de l'empereur due à son aura religieuse, et de l'Etat régi par les codes. L'Empereur gardait une puissance administrative, grâce notamment à la présence des gouverneurs. On peut dire en fait que l'Empereur délègue ses fonctions au Shôgun, mais qu'il reste en place.


  • Raisons de la stabilité du gouvernement de Kamakura

Ce gouvernement repose sur l'étroitesse des liens entre le shôgun et les gokemin (100 personnes au maximum), les rapports de protection et de services. Ce sont les gokemin qui reçoivent les postes de jitô et shugo.

Les assises économiques du Bakufu sont très solides. Entre les nombreuses terres qu'ils ont pris aux Taira et les terres publiques que l'empereur confie au shôgun, ce sont beaucoup d'impôts qui rentrent dans les caisses.


    1. Les vicissitudes de Kamakura (1192-1333)


Les premières difficultés pour Minamoto no Yoritomo proviennent de sa propre femme, Masako, surnommée Ama Shôgun (moniale shogun) en raison de son rôle important. Masako appartient à la famille Hôjô, famille très puissante. A la mort de Yoritomo en 1199, ce sont les Hôjô qui prennent en charge l'éducation de ses deux enfants. Les Hôjô ne cesseront, à partir de ce moment, de grignoter les pouvoirs du shôgun, allant même jusqu'à faire assassiner les héritiers Minamoto. Lorsqu'en 1219, le troisième shôgun Minamoto est assassiné, par leurs soins, les Hôjô décident de ne pas reprendre la fonction et gouvernent dans l'ombre, en tant que shikken, jusqu'en 1333. Ils prennent à la Cour de Kyôto tantôt un Fujiwara, tantôt un prince impérial, et le placent sur le fauteuil de Shôgun.

Malgré les prouesses de Yoritomo, les Minamoto n'auront eu le pouvoir que 40 ans.
L'autre grosse difficulté à laquelle le Bakufu doit faire face est l'invasion mongole. Les Mongols sont les conquérants du XIIIème siècle. Ils font tomber l'empire chinois et progressent jusqu'aux frontières de l'Europe. Ils vivent dans les steppes, possèdent des troupeaux en commun, et s'organisent en confédérations. Le peuple mongol de l'époque se distingue par son génie politique et militaire. En 1264, le descendant de Gengis Khan, Kubilai (Khan), s'installe à Peking. Par le biais d'ambassades, de 1266 à 1272, il annonce au Japon son désir de l'annexer. Les Hôjô rejètent ces ambassades. Kubilai Khan tente une première fois d'envahir le Japon en 1274. Les Mongols, passant par la Corée, à 900 navires et 2500 guerriers, débarquent à Kyûshû. Des techniques de combat collectif évoluées et l'utilisation d'explosifs (teppô) leur apporte une supériorité absolue sur les Japonais. Mais alors que les Japonais sont au plus mal, une tempête importante repousse les Mongols. Ce n'est que partie remise pour Kubilay Khan. Le Bakufu, prévoyant, fait construire des fortifications à Kyûshû, et sollicite beaucoup ses vassaux. Les richesses communes sont mises à contribution.

Les Mongols tentent une deuxième offensive en 1281. 4000 navires, 140000 hommes. Encore une fois, les Japonais sont en difficulté. Encore une fois, la nature se déchaîne, à l'avantage des Japonais. Un typhon monstrueux ravage le nord de Kyûshû pendant 48 heures. Les Japonais voient dans ce phénomène un signe divin, et surnomme le typhon Kamikaze. Même si le Kamikaze a sauvé le Japon, les intrusions mongoles ont été une véritable catastrophe pour les vassaux de l'ouest. Ils se sont ruinés, sans promesse de butin. Le lien entre le Shôgun et les Gokemin s'en trouve affaibli.
En 1333, le Shôgun est renversé par ses propres vassaux, notamment les Nitta et les Ashikaga. Kamakura est pillée et incendiée. Le Shikken est forcé au suicide. C'est la restauration impériale. Comment en est on arrivé là ?

Depuis quelque temps, l'équilibre dans les relations entre les gokemin et le Shôgun est instable. Avec la prospérité économique, les gokemin voient leur nombre croître, mais le nombre de terres à se partager reste le même. On assiste donc à l'appauvrissement des familles cadettes. D'autres guerriers quant à eux sont devenus très puissants entre le XIIe et le XIIIe siècle. Ils vont soulever les gokemin appauvris et les monter contre le Bakufu.

Une autre cause de mécontentement est le fait que les gokemin n'ont plus accès aux taches de fonctionnaires. En effet, les Hôjô ont leurs propres vassaux qu'ils favorisent nettement.

Le dernier élément, la goutte d'eau qui va faire exploser la cocotte minute (???) vient d'un endroit très éloigné de Kamakura, j'ai nommé Kyôto. Certaines personnes à la Cour souhaitent restaurer le pouvoir impérial depuis quelques années déjà. Des 1320, l'empereur Go-Daigo complote contre le Shôgun. Il tente en 1324 de le renverser, mais son plan échoue par manque d'appuis militaires. Il trouve des alliés en la personne des familles Mitta et Ashikaga. C'est une alliance un peu contre-nature. Go-Daigo est ce que l'on appelle un légitimiste, il désire la restauration du pouvoir impérial, alors que Mitta et Ashikaga veulent prendre la place du Shôgun. Ils parviennent cependant ensemble à renverser le Shôgun en 1333.

2. Des forces sociales nouvelles: guerriers, paysans et premiers marchands
2.1 Le monde des guerriers
La présence des guerriers est une révolution sociale. Qui sont ces guerriers?

On les appelle des samurai: ce terme, apparu sous Heian, vient de saburai (se tenir à coté). Désigne à la base les gens qui se tenaient à coté et rendaient des services à l'aristocratie de Heian. On les appelle aussi bushi : ce terme, de Kamakura, désigne un homme en armes. On appelle les familles des guerriers buke, en opposition à kuge, les gens de la Cour impériale. Parmi les samurai on trouve différentes sortes de guerriers, ayant chacun une appellation spécifique. Par exemple zusa désigne des guerriers qui se battent pieds nus.
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