Theatre en algerie








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IV- TROUPES PRIVEES
L’Algérie connaît depuis 1988-1989 des changements sérieux. L’Etat encourage l’initiative privée. Des entreprises de presse, d’édition, de cinéma et de théâtre ayant un statut « privé » voient le jour un peu partout, souvent avec l’aide des instances gouvernementales. Le ton est libre. Ces nouvelles structures de production et de diffusion culturelle dirigées par d’anciens employés des entreprises publiques, encore embryonnaires, réussissent tant bien que mal à mettre en lumière les insuffisances criardes et la médiocrité caractérisant les espaces culturels étatiques.

Malgré cette « ouverture », la presse privée, à l’exception de très rares titres, reste encore réfractaire aux questions culturelles. Les quotidiens « Liberté », Le Matin et Le Soir d’Algérie ne consacrent pas de pages culturelles régulières aux événements culturels (aucun journaliste n’est affecté à la rubrique « Culture »). L’hebdomadaire, L’hebdo libéré n’en parle pas du tout. Le même schéma se retrouve dans la presse en langue arabe, souvent occupée par des querelles d’ordre linguistique. Les organes d’information étatiques prennent souvent en charge le domaine culturel, méprisé par la presse dite indépendante (un sondage informel nous a permis de savoir que sur une dizaine de responsables interrogés par nos soins, seuls deux d’entre eux ont lu plus d’un livre depuis plus d’une année. Aucun d’entre eux n’est allé depuis plus d’une année au théâtre). Algérie-Actualité consacrait plus d’une dizaine de pages (sur 32) à l’actualité culturelle. Un espace régulier était réservé au théâtre.

Le cinéma et l’édition arrivent aléatoirement à produire des œuvres de qualité dans un environnement relativement hostile. C’est vrai que l’expérience privée dans ces deux secteurs avait commencé bien avant 1988.

Le théâtre, malgré quelques aventures de Hassan El Hassani et de Slimane Benaissa tentées bien avant 1988, n’a réellement découvert l’initiative privée qu’avec les expériences récentes de Masrah El Qalaa (Théâtre de la Citadelle), Lamalif de Bel Abbès, Nouveau théâtre de Annaba et les coopératives d’Oran et de Bordj Menail. Les animateurs de ces troupes sont considérés par la presse comme les meilleurs éléments du théâtre en Algérie.

Estimant que les théâtres d’Etat, médiocres et peu novateurs, sont condamnés à une mort lente, ces anciens comédiens et metteurs en scène des entreprises publiques, ont choisi de constituer leurs propres troupes.

A côté de ces troupes, travaillent également d’anciens comédiens comme Azzedine Medjoubi, un ancien comédien et metteur en scène de Théâtre et Culture et du TNA (Théâtre National Algérien) et Mohamed Tayeb Dehimi, ex-sociétaire du Théâtre Régional de Constantine (TRC), qui exercent leur métier de metteurs en scène en « indépendants ».

Nous présenterons, à titre informatif, neuf (9) troupes que nous considérons comme les plus représentatives du théâtre « privé ».
1-Troupe du Théâtre Populaire (TTP)
Dirigée par Hassan El Hassani, dramaturge, comédien et acteur de cinéma, connu sous le sobriquet de Boubagra. Créée en 1967, cette troupe qui a pu vivre plus d’une dizaine d’années (elle est dissoute juste après l’élection de son animateur à l’Assemblée Nationale), comprenait des comédiens extrêmement connus aujourd’hui en Algérie : Mustapha El Anka, Warda Amel, Mustapha Nedjar, Doudja, Mahboub Stambouli…la troupe a surtout monté des pièces comiques. Les plus connues sont sans doute : Tu goules ou tu goules pas (Tu parles ou tu ne parles pas) et une adaptation du Bourgeois gentilhomme de Molière.
2- Slimane Benaissa
Cet auteur-metteur en scène-comédien est cas à part. La troupe se constitue et se reconstitue en fonction des textes produits par lui. On ne peut pas parler de troupe, au sens conventionnel du terme, dans la mesure où le seul élément stable de la structure, c’est l’auteur lui-même qui fait appel à d’autres comédiens pour incarner les personnages de ses pièces. Cette « troupe » existe depuis le début des années 80. L’auteur parle ainsi de la situation de son équipe :
« Nous ne sommes pas une entreprise privée, dans la mesure où nous

n’avons ni statut, ni registre de commerce. Nous ne sommes pas une

association artistique régie par la loi 1901 ; nous sommes des

citoyens qui aimons le théâtre par dessus tout. Nous le pratiquons

avec les moyens dont nous disposons. Les structures d’Etat telles qu’

elles fonctionnent ne permettent pas une recherche dans les formes,

telles que nous le voulions au départ. C’est la raison essentielle qui

a fait que, petit à petit, nous nous sommes retrouvés, en dehors des

structures étatiques. »
La « troupe » de Slimane Benaissa a joué jusqu’en 1992 trois pièces : Boualem Zid El Goudem (Boualem, vas de l’avant), Babor Eghraq (Le bateau coule) et Anta Khouya wana Chkoun (Tu es mon frère et moi qui suis-je ?). Plus de 1000 représentations.
3- Masrah El Qalaa (Le Théâtre de la Citadelle)
Créé en 1989 par un groupe de comédiens et de metteurs en scène du Théâtre National Algérien (TNA), ce groupe a monté de 1989 à 1993 six pièces : El Ayta (Le cri), une satire sociale (1989), Fatma (1990), une sorte de chronique d’une femme ordinaire, Hafila Tassir (une adaptation du Voleur d’autobus de l’écrivain égyptien, Ihsan Abdelqoudous, 1990), Le dernier des prisonniers de M’hamed Benguettaf, qui raconte le quotidien d’un prisonnier « politique » condamné pour un délit bizarre : « sifflement contre-révolutionnaire », Baya (1992) de Aziz Chouaki, l’histoire d’une femme hantée par un passé qu’elle glorifie tout au long du récit et L’amour et après 1993) de Mohamed Farah dit Errazi, ou l’histoire d’un couple qui se déchire malgré l’amour que l’un porte pour l’autre.

Projet : la réalisation de la pièce de Mohamed Dib, Mille hourras pour une gueuse(1993). Plus de 300 représentations. Cette troupe traduit ses pièces en français, une opération extrêmement critiquée par de nombreux hommes de théâtre et d’intellectuels algériens qui considèrent que cette manière de faire réduit le langage théâtral à l’expression linguistique.
4- Le Nouveau Théâtre
Composé de deux comédiens du Théâtre Régional de Annaba (TRA) en 1988-89, ce groupe a monté trois pièces : TV Blof, une critique acerbe de la télévision, Clando-Bazar, un texte exposant la mal-vie de la jeunesse, Apollo couscous, une satire politique parodiant la situation politique en Algérie. Café-théâtre. La pièce Clando-Bazar a été jouée en français dans les centres culturels français (CCF) d’Algérie.
5- Lamalif
Créé en 1992 par deux comédiens du Théâtre Régional de Sidi Bel Abbès, Ahcène et Fadéla Assous, ce groupe a monté un monologue interprété par Fadéla Assous, El Besma El Mejrouha (Le sourire blessé, 1992), une pièce traitant surtout de la condition féminine.
6- Mohamed Fellag
Ancien comédien du Théâtre Régional de Annaba et du TNA, il choisit de travailleur seul. Il a joué des monologues qui ont séduit différents publics en Algérie et à l’étranger. Théâtre satirique utilisant le masque, la pantomime, le jeu de mots et le quiproquo, Babor Australia raconte la mal-vie des algériens avec un humour caustique, Cocktail Khorotov et Sinni, une pièce jouée en kabyle. La « troupe » ne porte pas de nom. Le nom de Fellag se suffit à lui-même.
7- Coopérative théâtrale de Bordj Menail
Animée par Omar Fetmouche, auteur dramatique et responsable de la troupe d’amateurs, Mouvement du Théâtre Ménaili. C’est cette dernière troupe qui s’est transformée en coopérative à caractère « privé ». La pièce la plus aboutie s’intitule D’mik Ya Ouled l’Afrique (Les enfants de l’Afrique), histoire d’un adultère dans un village paisible.
8- Coopérative du 1er Mai
Créée en 1990 à Oran par Abdelkader Alloula, pour servir en quelque sorte d’unité-pilote d’une opération d’ensemble, consistant à constituer dans les théâtres d’Etat des unités autonomes. Est constituée de comédiens du Théâtre Régional d’Oran (TRO). A monté Lejouad (Les généreux).
9- Compagnie théâtrale Clin d’Oeil
Créée en 1989 par un comédien du Théâtre Régional d’Oran, Said Benyoucef, cette troupe a mis en scène en 1990 Dinosaure de Mohamed Bakhti, en 1991-92 Le dernier train de Chien Van Hou Wening et Clair-Obscur en 1993.

V- PIECES EDITEES
Le nombre de pièces éditées est extrêmement limité. Le choix de l’Arabe populaire comme moyen d’expression de la représentation théâtrale a empêché l’éclosion d’un théâtre « écrit ». Trop peu de textes édités ont été mis en scène par les hommes de théâtre algériens. Cette situation s’expliquerait par la pauvreté dramaturgique de nombreuses pièces écrites en français et surtout en arabe « littéraire ».

La méconnaissance des techniques dramatiques et la confusion littérature/théâtre n’ont pas permis aux auteurs la confection de pièces pouvant être jouées sur scène. L’ « impossibilité » technique de mettre ces textes sur scène a fini par marginaliser leurs auteurs, trop attachés aux fantaisies linguistiques et à l’élégance verbale. Nous ne citerons ici que les textes publiés sous forme d’ouvrage.
PIECES EN ARABE « LITTERAIRE »
1-Mohamed El Id Al Khalifa, Bilal Ben Rabah, Imprimerie Arabe, Alger, 1947(?).

Texte poétique, sous forme dialogique, racontant l’histoire de Bilal, un compagnon du prophète. Ce type de théâtre, non « jouable », était surtout encouragé par l’Association des Oulama. Cette pièce ne fut montée que pendant un très courte période.
2- Tewfik El Madani, Hannibal, El Matba’a El Arabiya (Imprimerie Arabe), 1950.

C’est l’histoire de Hannibal, le héros de la résistance des Carhaginois contre Rome qui voulait occuper Carthage par la force, deux siècles avant J.C. Cette pièce a été jouée.
3- Rédha Houhou, Sahibat El Wah’y (La prophétesse), Imprimerie Algérienne), Constantine, 1954.

Khalil, un écrivain, ne réussit pas à subvenir à ses besoins en vendant ses écrits. Il fait publier une annonce dans la presse appelant les lecteurs à venir le voir pour apprendre dans un temps très court les secrets de l’écriture. C’est la grande ruée…
4- Abdelhamid Benhadouga, Kariyat as Safsaf (Le village du saule pleureur), publiée à la fin de son recueil Zilaloun Za’rouriya (Nouvelles, Beyrouth ( ?).

Chronique d’un village vivant de sales temps.
5- Tahar Ouettar, El Hareb (Le fugitif), SNED, Alger, 1969.

Texte écrit en 1961 à Tunis. Chaque tableau présente une situation précise. Un prisonnier, Ismail, refuse de sortir de prison, après avoir purgé une peine de vingt années. Tewfik milite pour ses idées socialistes. En fin de parcours, la révolution socialiste représentée par Tewfik triomphe. Nous avons affaire à un schématisme et à un manichéisme affligeants : les « bons » représentés par Tewfik et les « méchants » sont incarnés par les « porteurs » de la morale bourgeoise, le directeur de la prison et sa fille, son ami et Ismail.
6-Abderrahmane Madoui, Youghourta, SNED, Alger, 1971.

C’est l’histoire d’un personnage historique, Youghourta, qui a résisté durant une période relativement longue aux appétits de Rome avant de rendre ses armes. Ce personnage a emprunté le même itinéraire que Hannibal ou l’Emir Abdelkader. D’ailleurs, on constate la présence de nombreuses similitudes avec la pièce de Tewfik El Madani, Hannibal. Si l’aristocratie l’ avait trahi, le peuples, par contre, l’ avait sérieusement soutenu. La longueur de la pièce, la multiplicité des événements et l’absence d’une ligne directrice (fil d’Ariane) ont considérablement appauvri le texte sur le plan dramaturgique.
7- Abdellah Rekibi, La tragédie des tyrans, Tunis, 1959.

C’est le récit d’un amour particulier, symbolisant l’Algérie en révolution. Les personnages poursuivent une double quête : leur propre libération et celle de leur pays encore occupé.
8- Aboulaid Doudou, Ettourab (La terre), SNED, Alger, 1968.

Un jeune homme aime éperdument Fadila qui, malheureusement, préfère un autre homme. Said rejoint le maquis pour se venger contre celui qui lui a ravi sa bien-aimée, combattante de l’ALN. Ils meurent tous les deux en militants de la cause nationale. Les dialogues sont souvent artificiels, peu convaincants, trop « littéraires », ce qui provoque la présence de nombreux anachronismes.
9- Khalifa Djouneidi, Fi Intidhar Novembre Djedid (Dans l’attente d’un nouveau novembre), Dar El Baath, Constantine.

Le texte traite de nombreux problèmes sociaux et culturels qui traversent la société algérienne : bureaucratie, opportunisme de certains responsables, problèmes des intellectuels. Historiquement située et datée, cette pièce, en abordant de nombreux thèmes, altère la communication et disperse son propos.
10- Mohamed Ouadah, Bir El Kahina (Le puits de la Kahina), SNED, 1973.

Raconte la résistance d’une des héroïnes nationales algériennes, la Kahina.
11- Mohamed Ouadah, El Bab El Meftouf (La porte ouverte), SNED ? Alger, 1976.

C’est l’histoire de Hind qui nourrissait une terrible haine pour le prophète à tel point qu’elle avait fini par manger le foie de Hamza, l’oncle du Prophète. Une fois son acte accompli, elle vécut une crise extraordinaire qui la conduisit à l’adoption de l’Islam. 
12- Aboulaid Doudou, El Bachir, SNED, Alger, 1981.

Bachir, un jeune “lettré » de vingt ans se fait passer pour un malade mental, possédé par les Djins. On fait appel à un taleb (une sorte de « médecin » traditionnel) qui ne réussit pas à le délivrer de son « mal ». A la fin de la pièce, sa famille apprendra que son fils simule la folie.
12- Ahmed Boudchicha, L’ascension vers le toit, Dar El Baath, Constantine, 1984.

Un recueil de cinq pièces traitant de questions sociales.
13- Mohamed Mortadh, El Intihazia (L’opportunisme), SNED, Alger, 1986.

La pièce expose les causes qui ont permis à certains responsables d’utiliser leurs postes au niveau du pouvoir à des fins personnelles. L’issue : les responsables sont sanctionnés. Discours moralisateur. Emploi de dictons populaires.
14- Ahmed Sefta, Malini, ENAL, Alger, 1983.

Histoire tragique de la conversion à l’Islam de la princesse indienne, Malini au début du septième siècle.
15- Abderrahmane El Djillali, El Mawlid (La naissance), SNED, Alger.

Pièce déjà présentée, voir tableau des pièces produites entre 1912 et 1962.
16- Mohamed Salah Ramdane, Ennachi’a el Mouhajira (La Genèse), SNED.

Pièce religieuse.
17- Mohamed Salah Ramdane, El Khansa, SNED, Alger.

Pièce déjà présentée, voir tableau des pièces produites de 1912 à 1962.
18- TRC (Théâtre Régional de Constantine), Nass El Houma, création collective, SNED, Alger.

Pièce déjà présentée, voir production TRC.
Pièces pour enfants

  1. Ahmed Boudchicha, Décès du mort-vivant, SNED, Alger.

  2. Ahmed Boudchicha, Le cartable de Nadjib, SNED, Alger.

  3. Ahmed Boudchicha, Le planton (5 pièces courtes), SNED, Alger.

  4. Mohamed Lakhdar Essaihi, Le poète noir, SNED, Alger.

  5. Messaoud Mouasseh, Le cadeau de la terre, SNED, Alger.

  6. Djelloul Ahmed El Badawi, Les souliers, SNED, Alger.

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