Le manuel retient le chiffre de 25 000 mais ce dernier est encore très discuté








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La France depuis 1945.

Thème n°1 : Bilan et mémoires de la 2de GM.

I. Bilan de la 2ème GM. (2H)

1. Les pertes de la guerre :

- mettre en évidence les pertes humaines et matérielles :

P248 :

Il est très difficile de dresser un bilan exact des victimes de la 2de GM car certains chiffres furent l’objet de manipulation politique dès la Libération.

On peut tout de même classer les victimes en 2 grandes catégories qui elles-mêmes se subdivisent :

a) Les pertes militaires et assimilées : 314 000

Les soldats morts au combat entre 1939-1940 puis en 44/45 représentent 166 000 victimes (123 000+43000) auxquelles il faut ajouter les Alsaciens-Lorrains morts dans la Wehrmacht (31 000) et les prisonniers de guerre décédés (45 000). Le total est donc proche de 240 000 soldats ou résistants morts pendant la guerre.
Le prix de la Résistance est difficile a évalué et reste une question controversée : 72 000 ( ?)

Les combats entre FFI et Allemands et miliciens auraient causé la mort de 20 000 résistants auxquels s’ajoutent 27 000 déportés (60% de ceux qui furent victimes des camps de concentration) et 25 000 fusillés( ?). La question des fusillés fut hautement politique. Le nombre total d’exécutés parles Allemands ou le régime de Vichy n’a jamais été établi. En 1984, la question fut posée à l’AN au secrétaire d’Etat aux anciens combattants qui affirma que « selon une évaluation de 1946, le nombre total de fusillés du fait de l’occupation allemande s’élèveraient à25 000 environ dont 5251 FFI, (…) seuls les noms de 9650 fusillés environ sont recensés.

Le manuel retient le chiffre de 25 000 mais ce dernier est encore très discuté.

b) Les civils :

Le bilan civil est d’environ 264 000 victimes. Ce nombre inclut les victimes de la Shoah (Holocauste) juives et tsiganes qui s’élèvent à plus de 80 000 dont 76 000 juifs. Seuls 2 500 déportés des camps d’exterminations survécurent soit environ 3% du total des déportés.

Près de 40 000 ouvriers du STO sont morts en Allemagne.

La guerre fut aussi synonyme de violents combats (campagne de France en 1940, bataille de Normandie, Libération de l’Alsace…) qui conduisirent à de nombreuses pertes civiles durant les bombardements et les opérations militaires, environ 125 000 victimes. Il y eut aussi des massacres comme ceux d’Oradour-sur-Glane (10 juin 1944) qui causèrent la mort de 6000 personnes en France.

« L’épuration » causa la mort de 10 000 Français.

c) L’épuration :

La Libération de la France à partir de Juin 1944 a donné lieu à un mouvement populaire d’une grande violence qualifiée « d’épuration ». Dans les jours qui suivent la Libération, les habitants des villes recherchent et arrêtent les « collabos ». Plus de 9000 personnes seront exécutés sans réel procès. Moment de catharsis collectif, les Français ont, durant ses jours terribles, évacué leur frustration de 4 années d’occupation, synonyme de privation et d’humiliation. Des milliers de femmes furent également tondues pour avoir « couché avec les Boches ».

En septembre 1944, de Gaulle impose le désarmement des FFI dans les régions libérées et l’intégration des combattants dans les FFL. Il met également fin à « l’épuration sauvage » souvent pratiquée au nom des comités de résistance. La restauration de l’Autorité du GPRF permet l’organisation de « l’épuration légale » par l’intermédiaire de procès qui eurent principalement lieu après la fin des combats.

Doc 3-4 p 249 : lisez le texte et observez le tableau statistique.

Q1 / Calculez le nombre total de français qui furent traduits devant une cour de justice.

Q2/ Combien furent condamnés et quelle fut la nature des condamnations ?

Q3/ Combien furent acquittés ?

Q4/ Que pouvez vous conclure sur l’attente des Français et le comportement de l’Etat ? (doc 3 et 4)
Plus de 46 000 condamnation furent prononcés auxquelles s’ajoutent 73 500 non-lieu ou acquittements. Ainsi, on constate que près de 120 000 Français firent l’objet de poursuite judiciaire. Parmi les peines prononcées, plus de 7 000 furent des peines capitales mais seules 767 furent exécutées, les autres furent commuées en peines de prison à perpétuité. La plupart des condamnations furent des peines de prison et de travaux forcés (40 000) ainsi que des dégradations nationales pour les officiers et les hauts-fonctionnaires allant de 5 ans à perpétuité.

Les plus célèbres condamnés furent Philippe Pétain, Pierre Laval, J Darnand, le chef de la Milice. Si Pétain fut gracié, les deux autres furent fusillés.

Les Français réclamaient des sanctions exemplaires au nom des souffrances endurées et trouvaient souvent que les condamnations n’étaient ni assez nombreuses, ni suffisamment sévères.

L’affiche 4 témoigne également de la difficulté d’établir un bilan des pertes françaises dues à la guerre et à l’occupation (question de la surmortalité infantile et de la surmortalité générale liées aux privations et au manque de soin).

L’épuration pris aussi une forme économique qui se traduisit par la confiscation des biens des collaborateurs. L’exemple le plus célèbre est celui de Louis Renault dont les usines devinrent propriété de l’Etat pour sanctionner l’attitude de leur propriétaire accusé d’avoir volontairement servi les Allemands.

En 1953, une loi d’amnistie (doc. 4p 253) permit la fin des poursuites et la libération d’un grand nombre de détenus exceptés ceux qui furent convaincus de meurtres et de crimes de guerre. D’autre part, un certains nombres de collaborateurs ne furent pas poursuivis ou échappèrent aux poursuites en fuyant la France.
2) Pertes matérielles et la reconstruction économique.

a) Bilan matériel de la guerre :

La France sort fortement affaiblie de la guerre. 74 départements ont été touchés par des destructions liées aux combats et aux bombardements. 2 millions d’immeubles et 50% des voies ferrées sont détruits. Les ports sont presque tous touchés et ne peuvent traiter que 20% du volume d’avant-guerre.

Mais ce sont surtout les capacités de production qui sont les plus touchés.

L’agriculture ne produit en 1945 que 70% de la valeur de la production de 1938 et la production industrielle ne représente plus que 40% de la capacité de production de 1938.

La situation économique est pire qu’en 1918. Les français souffrent de pénuries alimentaires mais aussi d’un manque de biens de consommation. Le rationnement est maintenu pour de nombreux produits jusqu’en 1949.

Le marché noir est intense et permet aux plus riches des satisfaire leurs besoins alors que les classes populaires souffrent de manques. Le climat social est très tendu particulièrement en 1947-1948, période durant laquelle les grèves, souvent violentes, furent très nombreuses et revêtent un caractère politique fort.

b) la reconstruction et l’effort de la Nation.

Doc. 5 p 249 :

La suspension de la loi des 40h de travail hebdomadaire est symbolique des efforts demandés aux Français.

Les Français furent appelés « à retrousser leurs manches » et incités à travailler plus.

L’Etat met en place une nouvelle politique économique et sociale basée sur le programme économique du CNR :

- nationalisation (1944-1946) (doc. 5bp249) : Charbonnage de France, EDF, GDF, Assurances, banques, transport aérien.

-Planification : mise en place d’un plan quinquennal piloté par le Commissariat au plan du Ministère de l’économie.

- lois sociales : Sécurité Sociales (Ordonnance du 4 octobre 1945)

-Plan Marshall

A partir du début des années 1950, la France a dépassé son niveau de 1938 et entre dans une période de forte croissance.


II. La(es) mémoires(s) de la guerre.

- les évolutions de la perception de la France en guerre.

Analyse des deux photos (p 244-245) mise en perceptive de l’évolution de la mémoire,

1) Le temps du Résistancialisme (1945-1970)

lire et résumer les p 254-255

dates clés :

1944-1946 : GPRF puis démission de de Gaulle. Les principales figures de la vie politique appartiennent à la Résistance.

11 Novembre 1945 : Grande cérémonie d’hommage nationale (photo p 254)

1960 : Mémorial de la Résistance au Mont Valérien

1964 : Jean Moulin au Panthéon

La Guerre au cinéma :

1945 /1946 : R. Clément reçoit le prix du jury du festival de Cannes pour son film la bataille du Rail. Il réalise également le père tranquille joué par Noël-Noël qui interprète un homme discret qui, en réalité, est le chef d’un réseau de Résistance.

1955 /1956 : Alain Resnay réalise Nuit et brouillard documentaire sur le système concentrationnaire nazi. Le film ne distingue pas les camps de concentration et d’extermination. Bien que commandé par un service gouvernemental (le comité d’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale), le film fait l’objet d’une censure (p 254) qui impose le retrait d’image montrant un gendarme français surveillant le camp de Pithiviers. Les auteurs refusent mais masquent le Képi « en recadrant et en maquillant» la photographie ; les autorités allemandes exigent et obtiennent le retrait du film de la sélection officielle du festival de Cannes 1956.

La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara évoque sur le mode de l’humour le comportement peu glorieux des Français durant la guerre (Marché Noire, la question des juifs, la question de la Collaboration, le STO).

1966 : R. Clément, Paris Brûle-t-il ? Reconstitution de la libération de Paris qui met l’accent sur le rôle de grands figures de la Résistance (Delon = Chaban-Delmas ; Belmondo = Yvon Morandat ; Claude Rich = Leclercq ; Bruno Cremer = Cl Rol-Tanguy)

D’autres très grands noms du cinéma participent au film (O. Welles, Y. Montand, Simone Signoret, Juliette Gréco…)

1969 : J-P Melville, l’armée des ombres d’après un texte de 1943 de Joseph Kessel. On évoque ce film comme un film charnière, il est qualifié par les cahiers du cinéma comme le « plus bel exemple cinématographique de l’art gaulliste ». En réalité, le film est plus ambigu. S’il met en scène la bravoure et le sacrifice des « héros secrets de la Résistance » ; il pose aussi la question de la trahison et de l’assassinat.
Le cinéma est donc un excellent miroir de la vision développée durant les années 1945-1970 de la France occupée perçue avant tout comme une France Résistante.

Même les travaux des Historiens de l’époque relativisent ou passent sous silence la collaboration et la responsabilité du Gouvernement Français de Vichy (cf. Robert Aron), Pétain est le plus souvent présenté comme « un vieillard irresponsable et manipulé », comme un « bouclier » qui chercha « à atténuer les malheurs de la France ». La collaboration est une conséquence malheureuse de l’occupation dans laquelle se sont perdus des «fous » ou « des âmes égarés » et non un système reposant sur l’acceptation par une partie des Français des thèses nazies et de la Révolution Nationale prônée par Philippe Pétain.
b) La césure des années 1970 : p 256-257.
Filmographie :

1971 : Le chagrin et la pitié. Texte de Françoise Giroud (p256)

1974 : Lacombe Lucien de Louis Malle (p247) : A voir ! Le parcours dramatique d’un jeune homme entre Résistance et Collaboration.

1976 : Monsieur Klein de Joseph Losey : De l’indifférence face à la déportation et à l’extermination juive.

Le travail des Historiens et en particulier de Robert Paxton, auteur en 1973 de la France de Vichy (doc. 2 p 256)

c) Le temps de La remise en cause et de la « mémoire retrouvée ».

Lire et résumer les p 258-259

Pourquoi les mémoires de la guerre ont-elles évolué ?

- de Gaulle et la légitimité de la France Libre

- le parti communiste, parti des « fusillés »

- l’éloignement du conflit permet un retour en arrière (les Temps de l’histoire A. Arendt), une nouvelle génération née après guerre, morts des protagonistes, évolution mentale (1964 : Les crimes contre l’Humanité sont déclarés imprescriptibles ce qui conduit à de nouvelles poursuites).

P 257 + p 258 - l’arrestation et la condamnation de criminels nazis (Eichmann, Barbie), de collaborateur français (Touvier, Papon) liée à la volonté des enfants des victimes (comme S et Béate Klarsfeld) de voir la vérité dévoilée et la mémoire rétablie ont été à l’origine d’un changement dans la vision de la France et des Français durant la Guerre.

Conclusion :

La vision de la guerre a donc subit une importante mutation qui ne remet pas en question la participation des Français à la Résistance mais a permis de montrer que le comportement national fut plus ambigu et que nombreux furent ceux qui par peur ou par idéologie collaborèrent. Il ne faut pas oublier que près de 3 millions de dénonciations furent envoyées à la Gestapo parisienne durant l’occupation.

Cf. : Bac 2010. / Présenter l’ensemble documentaire et les clefs d’interprétation. (Module)

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