Faculté des Sciences Economiques et de Gestion








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Université Cheikh Anta DIOP

Faculté des Sciences Economiques et de Gestion

Dakar

POLITIQUE NATIONALE DE DEVELOPPEMENT
Professeur Moustapha Kassé

Doyen Honoraire

Officier des Palmes académiques

Officier de l’Ordre National

Membre des Académies
www.mkasse.com

4ème Année de Sciences Economiques

Année universitaire 2015/2016

CHAPITRE INTRODUCTIF :

L’évolution de l’économie sénégalaise sur un demi-siècle.

Dans la déclaration d’Arusha en 1967, le Président Julius K.NYERERE a eu à souligner les points suivants :

  • Suivre la voie du socialisme enraciné dans la société africaine traditionnelle et son esprit communautaire ;

  • Amener le peuple à compter sur lui-même et sur son travail (le travail considéré comme la racine du développement) ;

  • Construire un développement qui assure l’égalité entre les citoyens ;

  •  Ne pas attendre l’argent des autres

  •  Prendre l’agriculture comme base du développement

« Tout le monde désire le développement ; mais ce n’est pas tout le monde qui comprend et accepte les conditions fondamentales du développement. La plus importante de ces conditions est l’ardeur au travail. Nous devrions aller parler à nos populations dans les villages pour essayer de les amener à travailler davantage… Nous rendrions un très grand service à notre pays si nous allions dans les villages dire aux gens qu’ils possèdent ce trésor et qu’il dépend d’eux de s’en servir pour leur bénéfice propre et pour le bénéfice de notre nation toute entière… L’argent et le temps que nous dépensons à communiquer ces connaissances aux paysans sont mieux employés et rapportent davantage à notre pays que l’argent et le temps que nous consacrons à quantité d’autres choses que nous appelons développement ».
Au moment des indépendances africaines, en 1960, les visions et les stratégies se réclamaient d’une «voie africaine du socialisme.» présentée comme une alternative à la fois au capitalisme libéral et au socialisme marxiste. Les ressources humaines nationales étaient peu nombreuses et les infrastructures de base nettement insuffisantes. Devant l’immensité des tâches de construction d’une nation jeune et nouvellement indépendante, et tenant compte de l’absence d’un véritable secteur privé national capable de saisir toutes les opportunités d’investissement, l’État sénégalais décida de prendre en charge la promotion du développement, occupant progressivement une position stratégique dominante dans tous les secteurs de l’économie nationale avec un contrôle direct des secteurs stratégiques par mise en place de monopoles publics. C’était le départ de la mise en place de toutes les institutions de «l’État développeur.»1

Cette stratégie de développement visait notamment à transformer profondément les systèmes productifs et les appareils administratifs hérités de la colonisation et devrait conduire à la mise en place, au plan de l’équipement et de l’infrastructure sociale, de larges programmes d’investissement qui se sont révélés, par la suite, massifs, parfois peu réalistes et d’une faible efficacité. Dans le même temps, la grave rupture survenue entre les structures de production – alimentaires en l’occurrence – et les structures de consommation, a fondamentalement contribué à opérer une double extraversion : celle de la production et celle de la consommation. Il en est résulté un approfondissement du déséquilibre entre la production intérieure et la demande globale au sein de laquelle prédominait une consommation finale excessive et, conséquemment, un accroissement du déficit en ressources. Celui-ci était artificiellement entretenu et financé par l’aide publique et l’endettement extérieur.

Le boom pétrolier des années 70 avait favorisé des emprunts publics à des taux relativement faibles. A la faveur de l'augmentation de la dette publique des Etats dans les années 1980, les marchés financiers sont arrivés aux commandes. Cela s'est traduit par une augmentation des taux d'intérêt, dont le niveau a dépassé non seulement l'inflation, mais la croissance. Les Etats qui avaient un fort niveau d'endettement sans être producteurs de pétrole ont alors eu de plus en plus de mal à clore leurs exercices budgétaires. Il a fallu emprunter, pour rembourser les emprunts passés, à des taux qui promettaient d'engendrer de nouvelles difficultés. Faute de remèdes radicaux, cette situation vouait irrémédiablement le pays à des crises qui bloqueraient la croissance et le développement. S’y ajoutait dans le cas du Sénégal, une énorme distorsion entre l’affectation théorique et l’utilisation effective de la dette extérieure qui n’a pas favorisé la création de conditions adéquates de formation et d’extension de surplus nécessaires à l’amortissement régulier du service de la dette (principal et intérêts échus). Assurément, cette situation risquait de constituer le fondement d’une crise de paiements dont la perpétuation, si rien n’était entrepris, pouvait déboucher sur une crise sérieuse de solvabilité. La cessation de paiements se traduirait alors par un retrait des financements extérieurs et un effondrement des importations qui aurait des incidences sur la production par le biais des nombreux secteurs qui recourent à des biens d'équipement importés.

Pourtant, en 1960, le Sénégal était le pays le plus industrialisé et le mieux doté en infrastructure d’Afrique noire francophone. Le pays a joui, au plan interne, d’une relative stabilité politique. Malgré ces conditions favorables au développement, les performances économiques et sociales ont été bien médiocres et sur une longue période, de 1960 à 2012, la croissance économique annuelle moyenne n’a été que de 2,9 % ce qui équivaut, par moment à peine, au croît démographique qui a évolué entre 3,4 à 2,6% et dans le même temps, le taux de croissance par tête d’habitant n’a que rarement dépassé 1%. De 615$ en 1960 (en dollar constant de 2000), il est retombé à 560$ en 2010.
Taux de croissance moyen du Sénégal de 1960-2000 (%)

Année

1960-1969

1970-1979

1980-1984

1985-1993

1994-2000

Indicateurs

PIB

2,2

3,0

1,8

2,2

4,9

PIB/tête

-0,5

0,3

-0,9

-0,4

2,1


Cependant, en 1960, le PIB par habitant du Sénégal dépassait celui de la plupart des pays d’Afrique et même d’Asie de l’Est comme la Corée du Sud. Ce pays par les réformes et l’ouverture opérées à partir des années 1970 lui ont permis, en 2010, d’être une grande puissance industrielle et d’avoir un PIB plus de 20 fois supérieur à celui du Sénégal 2 Cette période marque le début, au Sénégal, de la mise en œuvre de l’ajustement structurel avec une politique de stabilisation en 1978, la mise en œuvre du Plan de Redressement Economique et Financier (PREF). Un programme d'ajustement structurel à moyen et long terme (PAMLT) de 1985 à 1992.


Tout au long du demi-siècle (1960 à 2012), l’économie sénégalaise n’a jamais été une économie de forte croissance avec une évolution contrastée comme le montre le schéma de croissance du PIB.

Cette évolution erratique de la croissance avec une phase enclenchée à partir de la fin des années 70 se caractérisant par la stagnation de la production nationale, la dégradation des équilibres financiers internes et la montée de l'endettement extérieur trois années. Elle sera suivie par une phase un peu plus favorable mais de courte durée ce qui apparait dans cette évolution de la croissance annuelle du PIB est la suivante3 :

test-1


Passé de 2,2% par an dans la période 1960-1969 à 3% entre 1970-1979, son taux est tombé à 1,8% en 1980-1984. La dévaluation du FCFA de 1994 a permis la relance de la croissance qui, pour la première fois depuis l’accession du pays à l’indépendance, s’est maintenue pendant sept années consécutives. En dehors de 1994 (2,9%), la croissance a toujours dépassé le niveau de 5%. Sur la période 1996-2000, le pays a enregistré des taux de croissance du PIB de 5,6% en moyenne. En effet, ce taux a atteint les 4,9% de 1994 à 2000 et de 6% entre 2001 et 2003.

Le professeur Gaye Daffé fait la même observation quand il écrit que « Du début des années 60 au milieu des années 90, la croissance du PIB est marquée par d’amples fluctuations. Passé de 2,2% par an dans la période 1960-69 à 3 % en 1970-79, son taux est tombé à 1,8% en 1980-84 avant de remonter à 2,2% en 1985-93. Mais à partir de la fin des années 70, la part du secteur primaire dans le PIB n’a cessé de se contracter. Reflétant le déclin continu de la production agricole, elle passe de près de 25% pendant les deux premières décennies suivant l’indépendance à moins de 20% à partir des années 80 Depuis la dévaluation du franc CFA en 1994, l’expansion économique apparaît plus soutenue et un peu plus vigoureuse que par le passé, avec un taux de croissance du PIB de l’ordre de 5% par an en moyenne. Pour la première fois dans l’histoire économique du Sénégal indépendant, le taux de croissance du revenu par tête a ainsi pu se maintenir à plus de 2% par an en moyenne pendant une dizaine d’années successives. Mais une telle performance ne permet pas de compenser le recul observé dans le passé».

Au total, le retour de la croissance enregistré sur la période 1995-2001 n’a pas suffi à garantir une réduction significative de la pauvreté. La faiblesse de l’investissement, l’atonie de l’agriculture et de l’industrie explique le contenu modeste en emplois de la croissance économique et sa faible propagation vers les populations les plus pauvres.

Une des caractéristiques les plus intéressantes de l'économie sénégalaise est le faible taux de l'épargne extérieure qui était de 13,3% du PIB en 1997 au moment où la zone UEMOA enregistrait un taux moyen de 16,2% (BCEAO 2000). Ce bas niveau de l'épargne explique le recours constant de l'Etat aux ressources extérieures pour financer l'investissement. Ainsi, le Sénégal fait partie des pays d'Afrique subsaharienne qui ont reçu le plus d'aide par habitant : sur la période 1975-1997, le volume d'aide par habitant attribué au gouvernement du Sénégal est évalué à 1500 dollars US.4

test-5
La structure de l'économie sénégalaise est inadéquate à une meilleure réduction de la pauvreté5. Cependant, on peut noter qu'il existe un déséquilibre considérable entre la structure actuelle de l'économie sénégalaise et celle qui permettrait à la croissance d'avoir un meilleur impact sur la réduction de la pauvreté. En effet, l’incidence de la pauvreté est de 80,7% dans le secteur primaire qui englobe plus de 81% des pauvres du Sénégal, il ne contribue qu'à hauteur de 19% à la création de la richesse. C'est également le secteur où le taux de croissance du PIB/tête est le plus bas (2,18%). Le secteur tertiaire, englobant 14,3% des pauvres, contribue à fournir à lui seul plus de la moitié (51%) de la richesse créée. Il en est de même pour le secteur secondaire qui ne renferme que 4% des pauvres avec cependant une contribution de 18% au PIB.

Les performances économiques, sur la période allant de 1995 à 2001, n'ont pas suffi à garantir une réduction significative de la pauvreté. La faiblesse de l'investissement, l'atonie de l'agriculture et de l'industrie explique le contenu modeste en emploi de la croissance économique et sa faible propagation vers les populations les plus pauvres Sur la base d'une ligne de pauvreté correspondant à une consommation de 2400 calories par personne et par jour, la première enquête budget consommation (ESAM-I) a permis d'évaluer la proportion des ménages en dessous du seuil de pauvreté à 57,9% en 1994. Les premiers résultats du questionnaire unifié des indicateurs de développement (QUID) évaluent cette proportion à 53,9% en 2001. Malgré tous ces efforts déployés pour améliorer l’accès aux services sociaux de base, la structure des dépenses publiques montre que le Sénégal est encore loin des objectifs de l’initiative 20/20 auxquels il a souscrit ainsi que des OMD qui ne seront jamais atteints.

Les fruits de la croissance sont faibles et de surcroit inégalement répartis entre le monde rural et urbain, entre le secteur public et privé, entre les femmes et les hommes, entre les générations, entre les différents quartiers des villes, entre les secteurs productifs et ceux non productifs. Il faudrait revoir les circuits de production, de distribution des richesses et passer en revue les politiques sociales du Sénégal. Il semble que les choix opérés jusqu’à présent en matière de politique sociale n’ont pas permis d’améliorer significativement l’accessibilité aux services sociaux de base.

La répartition des revenus est marquée par de fortes inégalités. En effet, le Sénégal se place parmi les pays où les différences dans les conditions de vie sont les plus marquées (World Développment Indicators, 1998). Le cœfficient de Gini qui mesure le degré d’inégalité dans la répartition des revenus a une valeur de 0,51 en 1992 (Diagne 1997). Ainsi, 40% des ménages les plus pauvres reçoivent à peine 17% des revenus tandis que les 10% les plus riches en reçoivent 44%. Le Sénégal se place parmi les pays où les différences dans les conditions de vie sont les plus marquées. Un autre indicateur qui témoigne des fortes inégalités sociales est l’accès des différents groupes de ménages au service de l’éducation Diagne et al (1999) ont montré, à partir des données de l’Enquête Sur les Priorités (ESP), qu’en 1992 les taux de scolarisation sont d’autant plus faibles que les ménages sont pauvres. C’est ainsi qu’on passe d’un taux de scolarisation primaire de 26% pour les ménages les plus défavorisés (quintile 1) à 101% pour les ménages les plus riches (quintile 5). Les mêmes calculs effectués pour les données de l’ESAM I en 1995 font apparaître des taux bruts de scolarisation de 40% pour le quintile le plus pauvre et de 99% pour le quintile le plus riche, ce qui traduit une amélioration. L’écart entre les ménages riches et les ménages défavorisés se creuse au fur et à mesure que le niveau d’enseignement s’élève.

La forte inégalité dans la répartition du revenu s’est accompagnée d’une paupérisation croissante de la population. L’incidence de la pauvreté mesure la proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté tel que celui-ci a été défini. Ce seuil de pauvreté a été évalué par l’ESP par 111F CFA par jour et par équivalent adulte en 1992, et par l’ESAM à 392Fen 1995. Alors que selon le seuil de pauvreté défini par l’ESP, le Sénégal comptait 33% de ménages pauvres en 1992, selon celui défini par l’ESAM, la pauvreté touchait 58% des ménages en 1995. Ce dernier taux signifie que sur les 778 000 environ de ménages que comptait le Sénégal en 1995, 450 000 vivaient au-dessous du seuil de pauvreté. Entre les deux enquêtes, la pauvreté s’est amplifiée. Nous allons en revenir en détail.

Si des pays comme la Corée du Sud, et le Botswana ont réalisé d’énormes progrès sociaux entre 1960 et 2010, c’est surtout grâce à de forts taux de croissance économique qui leur ont permis d’améliorer considérablement les conditions de vie de leur population. D’ailleurs, ils figurent parmi les 13 économies recensées par la Commission sur la croissance et le développement des Nations unies ayant réalisé une croissance économique moyenne de 7% durant un quart de siècle. Pour comprendre pourquoi l’économie sénégalaise n’a pas réalisé une telle prouesse, il faut identifier les facteurs explicatifs de la croissance de l’économie sénégalaise

Selon Mouhamadou Bamba DIOP si « la Corée du Sud, la Malaisie, Maurice et le Botswana ont réalisé d’énormes progrès économique et sociaux entre 1960 et 2010, c’est surtout grâce à de forts taux de croissance économique qui leur ont permis d’améliorer considérablement les conditions de vie de leur population. D’ailleurs, ils figurent parmi les 13 économies recensées par la Commission sur la croissance et le développement des Nations unies ayant réalisé une croissance économique moyenne de 7% durant un quart de siècle. Pour comprendre pourquoi l’économie sénégalaise n’a pas réalisé une telle prouesse, il faut identifier les facteurs explicatifs de la croissance de l’économie sénégalaise »6 ? L’auteur insiste beaucoup sur la productivité globale des facteurs de production quand il démontre que globalement, le succès économique d’une Nation dépend largement de l’amélioration soutenue de la productivité. Les gains de productivité contribuent également à l’élévation du niveau de vie des populations et à la participation au processus vertueux de l'accumulation du capital et de la croissance économique. C’est pourquoi, la compréhension de sa décomposition constitue un élément d’analyse extrêmement important. La productivité au Sénégal entre 1980 et 2009 indique que la période post-dévaluation a été beaucoup plus productive, laissant entrevoir que les réformes issues du changement de parité ont eu quelques effets positifs notamment dans le secteur tertiaire. Par contre, le secteur primaire n’a pas eu le même succès et a même enregistré une contribution négative à la productivité. Toutefois, cette tendance baissière s’est nettement atténuée durant la période 1995-2009.
Contribution sectorielle à la productivité




Primaire

Secondaire

Tertiaire

Total

1980-2009

-3,1%

4,6%

11,3%

12,8%

1980-1994

-2,5%

1,2%

-4,8%

-6,2%

1995-2009

-1,8%

3,0%

16,4%

17,6%
  1   2   3   4   5   6   7   8   9

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