Rapport de stage effectué au lasaare (Laboratoire d’Analyse et de statistique Appliquée à la Recherche Economique) du 17 Avril au 06 Juillet 2005








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Université d’Auvergne - Faculté des sciences économiques

CERDI – Centre d’Etude et de Recherche sur le Développement International




Analyse de l’accès au financement des UPI et des ménages marocains : utilisation des données d’enquêtes

Rapport de stage effectué au LASAARE (Laboratoire d’Analyse et de statistique Appliquée à la Recherche Economique) du 17 Avril au 06 Juillet 2005


Directeur de stage : Mr MOURJI, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques, économiques et sociales de l’Université Hassan II- Ain chock, Directeur du mémoire

QUEYRIAUX GREGORY, deuxième année de Magistère de développement économique

Année scolaire 2004-2005

Remerciements
Je remercie tout d’abord, mon directeur de stage, Mr Fouzi MOURJI, pour la qualité de son encadrement et de ses conseils ainsi que pour sa grande disponibilité tout au long de mon stage.
Mes remerciements s’adressent ensuite à :
Mr. GHALLAB, chef de service à la direction de la statistique, pour m’avoir aidé à exploiter l’enquête sur les entreprises informelles.
Mr Bennani, chef de service à la direction de la statistique, pour m’avoir fourni les données de l’enquête sur les ménages.
Mr Ezzrari, de la direction de la statistique, pour sa contribution au traitement des données ainsi que pour ses conseils.
Mr Boutahar, Adjoint du responsable de la Direction des Etudes et des Relations Internationales de la Bank Al-Maghrib, pour m’avoir fourni les données concernant l’offre de crédits des banques.
Mr Elhamine, de la Bank Al-Maghrib, pour sa disponibilité et son aide dans l’obtention des données bancaires.



Enfin, je remercie tout particulièrement Souad et Hisham, pour avoir égayer ses longues heures passé au bureau ainsi que pour m’avoir permis, grâce à nos longues discussions, de mieux appréhender la société marocaine.

Table des matières
Introduction générale…………………………………...…………………… 06
Chapitre 1 : Les apports de la théorie économique à la compréhension du marché du crédit………………………………………………………………10
Section 1: Le financement des entreprises : l’apport de l’économie de l’information…......…12
1.1 Les théories de l’agence ………..……………...……..…………………………..….………….…12

1.2 L’adaptation des banques à l’asymétrie d’information………….....………………………...……13
Section 2 : Le rationnement du crédit : l’apport de la théorie économique........................…. 16
2.1 Définition du rationnement du crédit et revue des études antérieurs au Maroc..……………..….16

2.2 Le rationnement du crédit en milieu rural …………………………………………..………..….17
Chapitre 2 : Présentation de l’offre de crédits au Maroc ...………....….… 25
Section 1 : L’offre formelle……………………...………………………..……………..…...27
1.1 Présentation du secteur bancaire……..…………………………….. ………………………..…27

1.2 Comparaison internationale ...…...…………………………...………………………..…...……27

1.3 Répartition régionale des crédits bancaires ………….………….…………………...……….…28

1.4 Caractérisation de l’offre de crédit ……………………………………………………………....29
Section 2 : L’offre semi formelle……….………………………………………….…….….. 41
2.1 Présentation du secteur du micro crédit ……………………………………..………..….…....…41

2.2 Répartition régionale de l’offre de micro crédits …………………………….…………….……..41

2.3 Caractérisation de l’offre de micro crédit ……………………………..……...….……………….43

Chapitre 3 : Analyse de l’accès au financement des ménages marocains25
Section 1 : Présentation de l’enquête et traitements de la base de données………...………...25
1.1 Présentation de l’enquête ……………………………………………………………...…………..49

1.2 Traitement de la base de données………………………………….....………….……..…….……45
Section 2 : La caractérisation de l’accès au crédit des ménages : les enseignements de la statistique descriptive et de l’analyse bivariée...…………………...………………...……….50
2.1 Statistique descriptive……………………………………...……………………….......…………51 

2.2 Les enseignements de l’analyse bivariée ………………….…………………………......….……51 
Section 3 : Analyse économétrique………………….………..………………………………45
3.1 Présentation des variables retenues ……...…..………………………………..…….…………….51

3.2 Analyse des résultats………......…………………………………………..………..….………….51 
Chapitre 4 : Analyse de l’accès au financement des UPI marocaines......… 25
Section 1 : Présentation de l’enquête…………….......………………………………………..55
Section 2 : La caractérisation de l’accès au crédit des UPI : les enseignements de la statistique descriptive et de l’analyse bivariée……………………………...…………………………….56
2.1 Statistique descriptive……………………………………..………………………………………51 

2.2 L’analyse bivariée………………………………………….………….……….………………….52
Section 3 : Analyse économétrique…………………………………..……………...………..56
3.1 Présentation des variables retenues ……...…..…………………………..…..…..……….……….51

3.2 Analyse des résultats............................................................………………………………………51 
Conclusion générale…………….…………………..…………………………..…….…63
Introduction
Au cours des années 80, la situation de l’économie marocaine, en cessation de paiement1, oblige ce pays à adopter, comme beaucoup de pays en développement, un programme d’ajustement structurel (PAS) appuyé par les institutions de Bretton Woods.

Dans le cas du Maroc, le PAS a consisté en la mise en place de différentes réformes, notamment du secteur public. Ces réformes, visant à rétablir l’équilibre des finances publiques, ont conduit à la privatisation d’un grand nombre d’entreprises publiques accompagné d’une série de mesures « classiques » (gel des salaires dans la fonction publique, baisse des droits de douanes, réformes de la fiscalité…).

Ce programme visait aussi à améliorer la compétitivité de l’économie, notamment en réorientant la production vers l’exportation grâce à la dévaluation de la monnaie marocaine.
La réforme du marché des capitaux, menée à travers différentes étapes (désencadrement du crédit, introduction des mécanismes d’adjudication, suppression des taux administrés…), avait pour but, suite à la privatisation de nombreuses entreprises publiques, de favoriser le développement du secteur privé.

L’ensemble de ces réformes ont été influencé par les travaux de Shaw et Mckinnon qui, au début des années 70 ont montré les méfaits de la répression financière.
Malgré toutes ces réformes, le Maroc connaît un bilan économique mitigé. En effet, si le PAS a bien permis de rétablir les équilibres macro-économiques et financiers (le déficit public, par exemple, est passé de 12.8 % du PIB en 1983 à 3.4 % en 1990), les résultats en matière d’emploi sont moins performants puisqu’en 2002, le taux de chômage restait élevé (11.6 % en 2002) et cela, malgré des taux de croissance relativement élevés (5.2 % en 2003). La situation est particulièrement difficile pour les jeunes diplômés de 15-24 ans puisque le taux de chômage de cette frange atteint 61.4 % en 2002.

De la même manière, le taux de pauvreté a augmenté significativement, passant de 13.4 % en 1990/1991 à 19 % en 1998/1999. La pauvreté touche surtout les zones rurales puisque le taux de pauvreté atteint, dans ce milieu, 27.2 % en 1998/1999 contre 18 % 1990/1991.
On voit bien, d’après ce bilan, que les effets attendus de la libéralisation ne sont pas ceux escomptés par la littérature économique. On suppose que cela est du, à la subsistance des problèmes d’asymétrie d’information, notamment pour les micro-entreprises du secteur informel et les ménages.

D’ailleurs, les travaux2 effectués jusque là confirment que, si pour les entreprises formelles, les contraintes exogènes au fonctionnement du marché financier (intervention de l’Etat) ainsi qu’une partie des contraintes endogènes (problème d’asymétrie d’information) avaient disparu suite à libéralisation, en revanche, d’autres travaux3, concernant l’accès au crédit des micro-entreprises, ont mis en évidence de grandes difficultés pour celles-ci d’obtenir un financement.
Ainsi, la libéralisation financière, bien qu’ayant permis aux entreprises du secteur formel d’obtenir un meilleur accès au crédit, n’a pas amélioré la situation pour les micro-entreprises appartenant, le plus souvent, au secteur informel.

On suppose que cela est en grande partie du, à la grande asymétrie d’information existant entre ces micro-entreprises et les prêteurs potentiels.
Aussi, en cette année mondiale de micro-crédit et devant les résultats en termes de pauvreté et d’emploi de la société marocaine, il nous est paru pertinent de nous intéresser aux problèmes de financement des agents économiques de ce pays, en particulier les micro-entreprises du secteur informel et les ménages.
Ce mémoire comporte quatre chapitres. Le premier d’entre eux est consacré à la présentation de la théorie économique se rapportant à notre sujet, notamment les théories de l’information ainsi que celles traitant du rationnement du crédit. Dans le second chapitre, nous allons présenter l’offre de crédit au niveau agrégée, c'est-à-dire à partir des données macroéconomiques recueillies auprès de la banque centrale marocaine et auprès des associations de micro-crédit. Enfin les deux derniers chapitres seront consacrés au traitement des données d’enquêtes recueillies auprès de la direction de la statistique marocaine.
CHAPITRE 1 : LES APPORTS DE LA THEORIE ECONOMIQUE A LA COMPREHENSION DU MARCHE DU CREDIT

Les relations commerciales entre les établissements de crédits (banques, sociétés de financement, IMF) et leurs clients (entreprises, ménages) reposent souvent sur une information partiellement ou totalement incomplète4.

Dans la suite du chapitre, nous expliquerons les relations entre les banques et les entreprises, et nous distinguerons les cas ou ces relations s’appliquent à d’autres types d’agents.
Ainsi les banques n’ont pas toute l’information nécessaire pour évaluer le degré de risque des projets soumis par leurs entreprises clientes. A l’inverse ces mêmes entreprises ne connaissent pas les procédures d’évaluations utilisées par les banques. La méconnaissance de l’information est donc autant le fait du principal, la banque ou de manière générale le prêteur, que de l’agent, l’entreprise ou le client.
De nombreux travaux ont tentés d’expliquer cette asymétrie d’information entre agents économiques. Il en est résulté deux théories devenues fondamentales par la suite : la théorie de la sélection adverse (ou anti-sélection) et la théorie de l’aléa morale (ou hasard moral). Ces théories appelés aussi théories de l’agence ont été fondés par G.Akerlof avec son célèbre article en 1970 : "The market for lemons: quality uncertainety and the market mechanism". Mais c’est J.Stiglitz qui a appliqué ces théories au rationnement du crédit dans les pays en voie de développement. Ces deux économistes ont reçu le prix Nobel en 2001 pour leurs recherches concernant ce sujet.

Dans une première section, nous exposerons les théories de l’agence dans le contexte de l’offre et de la demande de crédit, et nous verrons comment réagissent les agents économiques face à ces imperfections du marché.

La deuxième section sera consacrée au rationnement du crédit en milieu rural. Nous verrons qu’il existe un biais au détriment du milieu rural quant au développement financier dans les pays en développement.
Section 1: Le financement des entreprises : l’apport de l’économie de l’information :
1.1 Les théories de l’agence :


  1. La sélection adverse (ou anti-sélection)


On parle de sélection adverse lorsqu’il existe une information cachée pour l’une des deux parties. Ici, on considère que le principal (la banque) ne connaît pas le risque associé au projet de l’agent (l’entreprise).

Cette imperfection du marché devrait influencer le prix du bien, le taux d’intérêt n’étant plus un parfait signal, les banques devraient augmenter la part de la prime de risque contenue dans le taux d’intérêt.

Mais selon Stiglitz et Weiss5 (1981), cela peut avoir pour conséquence d’entraîner l’éviction de la part la moins risquée des emprunteurs potentiels. Ceux-ci ayant un rendement espéré plus faible, ils seront moins enclins à payer un taux d’intérêt plus élevé.

Dis autrement, au delà d’une certaine augmentation du taux d’intérêt, l’effet indirect de la sélection adverse, qui accroît le risque de défaillance des clients de la banque, est supérieur à l’effet direct qui augmente le rendement.

Ainsi seuls les projets à hauts rendements et à haut risques subsisteraient sur le marché et l’élévation du niveau de risque moyen des projets qui découlerait de cette situation, détériorerait le profit des banques.
Nous verrons plus loin qu’il existe des moyens pour les banques de faire face à cette situation.


  1. L’aléa moral (ou hasard moral)


L’aléa moral est une situation d’asymétrie d’information ou le principal ne peut observé le comportement de l’agent.
Dans le cas qui nous intéresse, la banque ne peut pas contrôler si son client agit de manière à pouvoir rembourser le prêt accordé. C’est le cas lorsque le client cherche à dissimuler le rendement réel du projet afin de ne pas rembourser l’emprunt et que la banque n’a aucun moyen de le connaître.

Contrairement à l’anti-sélection, qui est l’existence d’information caché pour l’une des parties, l’aléa moral est la dissimulation du comportement de l’un des deux acteurs, et n’apparaît qu’après l’octroi du prêt.

La logique économique voudrait que les banques augmentent leurs taux d’intérêt pour se prémunir contre l’aléa moral.

Stiglitz et Weiss ont, là aussi, montré que l’augmentation du taux d’intérêt par les banques ne serait pas une situation optimale pour elles. En effet, cette augmentation inciterait les emprunteurs à se porter vers des projets plus risqués (et plus rentable en cas de succès) que ceux prévus initialement, afin de pouvoir rembourser le supplément d’intérêt dus à la hausse de celui-ci.

Ainsi le niveau moyen de risque des projets financés par la banque va s’élever en même temps que le taux d’intérêt et au delà d’une certaine augmentation de ce dernier, l’effet indirect négatif dû au changement de comportement des emprunteurs (aléa moral) va être supérieur à l’effet direct positif du à la hausse des taux.

Afin d’éviter les phénomènes de sélection adverse et d’aléa moral et de ne pas augmenter le taux d’intérêt du crédit, ce qui on l’a vu entraînerait des effets néfastes pour elles, les banques ont développé des moyens d’adaptations à ces problèmes : les relations de clientèle de long terme, la supervision des emprunteurs (monitoring), la sélection des emprunteurs (screening), les garanties, le scoring et le rationnement du crédit.
1.2 L’adaptation des banques à l’asymétrie d’information :


  1. Les relations de clientèle de long terme


L’engagement sur le long terme des relations entre le prêteur et l’emprunteur permet de palier, en partie, l’asymétrie d’information entre la banque et ses clients. La connaissance de l’historique bancaire de ses clients permet à une banque d’évaluer leurs profils de risque.

Ainsi, les coûts de transaction (taux d’intérêt et prime de risque) d’une opération de crédit envers un client dont la relation avec la banque est suffisamment ancienne pour permettre à celle-ci d’établir son profil de risque, devraient être d’autant plus faible que le risque évalué est faible.
Cette méthode permet aux banques de se prémunir contre la sélection adverse mais pas contre l’aléa moral. Cependant, dés lors que le jeu est amené à se poursuivre, le comportement optimal des clients correspond à la situation optimale pour les banques. En effet dans ce cas les clients bénéficient, et bénéficieront du meilleur taux d’intérêt disponible sur le marché.

On aura compris que si le jeu ne devait pas se reproduire les clients auront tendance à agir contre l’intérêt de la banque.


  1. La supervision des emprunteurs (monitoring)


Cette méthode dissuade les clients de s’engager dans des comportements risqués pour le remboursement du crédit. Pour ce faire, les banques cloisonnent les contrats de crédits de manière à ce qu’il soit impossible pour les emprunteurs d’agir contre l’intérêt de la banque.

La supervision des emprunteurs permet donc de lutter contre l’aléa moral puisqu’elle limite le comportement des « agents » à celui qui est conforme à l’intérêt de la banque.

Ce moyen de surveillance comporte un coût pour la banque : celui de la surveillance du respect des clauses du contrat, sans laquelle la puissance juridique du contrat est inefficace.

Notons enfin que c’est une méthode appliquée par les institutions de micro finance même si l’application est un peu différente.

Il y a d’abord l’aide à la gestion de la micro entreprise car le plus souvent l’aléa moral de ce type d’entreprise ne résulte pas d’un comportement délibéré de celle-ci mais d’une méconnaissance de sa part des règles de gestion.

D’autre part, c’est l’utilisation des crédits sous forme de groupes solidaires6 qui permet à la banque de déléguer la supervision des « contrats de prêts » aux membres des différents groupes. Ainsi, il s’exerce une pression entre ses membres pour éviter qu’un des emprunteurs ne fasse défaillance délibérément.


  1. La sélection des emprunteurs (screening)


La sélection des emprunteurs consiste à rassembler le maximum d’information sur le client. Il s’agit le plus souvent de pièce comptable (bilans, compte de résultat...). Grâce à cela, la banque va s’imprégner de la façon dont le gestionnaire dirige son entreprise et de l’environnement économique dans lequel l’entreprise évolue. La banque pourra ainsi établir au mieux le profil de risque du client et offrir un crédit à des conditions optimales.
Les institutions de micro finance qui s’adressent généralement à des unités de production appartenant au secteur informel, sont généralement dans l’impossibilité de recueillir les informations utiles. Aussi, l’utilisation des crédit de groupes solidaires lui permet de diminuer les risques liés aux phénomènes de sélection adverse grâce à la co-responsabilité de chacun des membres du groupes (on suppose que l’information entre les différents membres du groupe est parfaitement connu)7.
Cette méthode permet de lutter contre la sélection adverse car cette opération s’effectue avant l’octroi du crédit.


  1. Les garanties


Lors de l’octroi d’un crédit, les banques exigent généralement de leurs clients le dépôt en garantie d’actifs que la banque pourra revendre si le client venait à faire défaut. Ces actifs peuvent être des actifs immobiliers (bâtiment, véhicule...) ou mobiliers (part dans le capital de l’entreprise). Ces garanties vont permettre aux banques de classer les demandeurs de crédits. Cette méthode de différenciation des clients augmente les coûts de transaction bancaire car cela oblige le préteur à adapter les contrats en fonction du degré de garantie apporté par l’emprunteur.
Le dépôt de garantie permet de lutter contre les comportements d’aléa moraux des clients.


  1. Le crédit scoring


Le crédit scoring consiste à évaluer statistiquement le risque des emprunteurs en fonction des résultats de remboursement et des caractéristiques des prêts remboursés dans le passé. Cette analyse du risque permet aux banques d’attribuer une probabilité de remboursement du crédit. Il en découle un classement rapide des clients qui permet aux banques d’améliorer la qualité de son service. Cette méthode se développe aussi dans le secteur de la micro finance8.

Cette méthode est facilité par l’existence de bureaux de crédits9 (privés ou publics) couramment appelé agences de notation. Ces bureaux permettent un échange de l’information entre les banques au niveau nationale. De plus l’existence de ces agences se traduit souvent par des économies d’échelles pour les banques.
Cette méthode du scoring permet de lutter contre les phénomènes de sélection adverse et d’aléa moral lorsqu’il existe des bureaux de crédits. En effet, l’échange d’information entre banques va désinciter les emprunteurs à se comporter de manière risqué sous peine de ne plus avoir accès au crédit dans le futur et ce, aussi bien de la banque dont il a abusé, que des autres banques du pays.


  1. Le rationnement du crédit


Le rationnement du crédit est une méthode très employée dans les pays en développement du fait notamment de la faiblesse du cadre juridique qui caractérise souvent ces pays et empêche la mise en œuvre des outils exposés ci-dessus.

L’objet de ce mémoire étant justement de mettre en évidence l’existence d’une demande insatisfaite de crédit, dit autrement d’un rationnement du crédit. Nous allons voir dans la section suivante les raisons théoriques de l’existence d’un rationnement du crédit dans les pays en développement et pourquoi il semble s’appliquer particulièrement en milieu rural.
Notons pour conclure cette section que dans certains cas, les banques, bien que soumise à des phénomènes de sélection adverse et de hasard moral, peuvent avoir intérêt à augmenter leurs taux même si cela accroît le risque de remboursement par les emprunteurs.

Ainsi lorsque la surveillance de ces banques commerciales par la banque centrale est inefficace et que l’Etat garantie, « de jure » ou « de facto », le remboursement des dépôts en cas de banqueroute du système bancaire, les banques sont incitées à distribuer des crédits risqués à des taux d’intérêt élevés. En cas de conjoncture favorable (c’est à dire si les projets initialement risqué ont permis aux emprunteurs de rembourser les banques), les banques obtiendront un surprofit, alors qu’en cas de faillite, c’est l’Etat qui en supportera le coût social.

Section 2 : Le rationnement du crédit : l’apport de la théorie économique
2.1 Définition du rationnement du crédit et revue des études antérieurs au Maroc :


  1. Définition du rationnement du crédit :


En règle générale lorsque la quantité demandée d’un bien excède la quantité offerte, la théorie néoclassique et les règles de concurrences font que le prix de ce bien augmente jusqu'à ce que la demande égalise l’offre. Cela est du au fait que sur le marché des biens dit « normaux », l’offre (la demande) est fonction croissante (décroissante) des prix. Ceci est également vrai sur le marché du crédit tant que les hypothèses de concurrence pure et parfaite sont respectées, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des pays en développement.

Ainsi, l’absence d’une des hypothèses, celle d’une information parfaite disponible pour tous les agents économiques, et les caractéristiques du crédit, notamment le décalage temporelle entre le déboursement de l’emprunt par la banque et le remboursement par le client, peuvent faire apparaître l’existence d’un rationnement du crédit par les institutions financières. Ainsi, le taux d’intérêt ne permet plus à la demande d’égaliser l’offre.

Bien qu’il existe d’autres formes de contrôle du risque (cf. SECTION I ; 2)), les particularités liées au pays en développement font qu’elles sont souvent difficiles à mettre en œuvre.

En générale, le rationnement du crédit s’accompagne de l’émergence d’un marché informel du crédit (prêteur sur gage).
On notera que le dirigisme de l’Etat peut avoir pour conséquence de rationner le crédit. C’est le cas lorsqu’un pays à un encadrement du crédit ou que les taux d’intérêts sont plafonnés. Nous n’approfondirons pas ce point car le Maroc évolue dans un système bancaire libéralisé depuis 1993.

  1. Revue des études antérieures au Maroc :


En 1999, Joumady10 montre que la libéralisation a permis de diminuer les contraintes de crédits sur les entreprises. En effet, d’une part la libéralisation a levé les contraintes exogènes (plafonnement des taux, sélectivité du crédit...) et d’autre part, elle a contribué à diminuer l’asymétrie d’information sur le marché des capitaux. Son étude empirique porte sur des entreprises manufacturières marocaines appartenant au secteur formel.
Les autres études sur le rationnement du crédit au Maroc, se sont penchées sur le financement des micros entreprises situées en milieu urbain.

Ainsi en 1998 d’après les résultats d’une étude fondée sur une enquête auprès de 647 micros entreprises (ME), Mourji11 montre que seules 4,1% de ces entreprises ont bénéficié d’un crédit pour financer la création de leurs activités. Cette étude montre aussi que pour se financer la plupart des ME (91 %) se finance par fonds propres car souvent l’offre de crédit informel type prêteurs sur gage est trop coûteuse. Dans 82,5 % des cas, la demande de crédits est refusée par la banque à cause d’un manque de garantie. C’est aussi cette raison qui fait que 33,46 % des micro entreprises ne font pas la démarche nécessaire afin d’obtenir un crédit.
Si ces résultats peuvent nous laisser penser à l’existence d’un fort rationnement du crédit, l’article de Bellemare (2000) montre que les micro entreprises préfèrent se financer par fonds propre (ou grâce aux prêts des membres de la famille) car le coût d’accès est moins important que celui du crédit bancaire (ni intérêts, ni garanties). Ainsi, ce n’est pas parce qu’une entreprise n’est pas financé par le crédit bancaire, qu’il existe un rationnement de celui-ci.
2.2 Le rationnement du crédit en milieu rural :
La théorie économique a montré que l’accès au crédit en milieu rural dans les pays en développement est restreint pour deux raisons. D’une part l’activité économique principale du milieu rural est l’agriculture, et d’autre part les caractéristiques propres au milieu rural sont un frein au développement financier. Nous allons développer ces deux points.
Dans les pays en voie de développement, le revenu des agriculteurs dépend, d’une part des aléas climatiques, et d’autres part des prix souvent volatiles, des produits agricoles. Ainsi leurs revenus sont très irréguliers du fait du cycle de production agricole, et incertains pour les deux raisons citées ci dessus.

Aussi, pour exercer leurs activités, ils auraient besoin de deux types de crédit : l’un à court terme pour l’achat des intrants qui serait remboursé après la récolte, et l’autre à long terme qui leurs permettrait d’investir en matériel agricole ou en terrain.

Mais malgré que ces crédits soient destinés à la production, il y a très peu d’offre en milieu rural ou alors à des taux d’intérêt élevés. Les sources traditionnelles de crédit en milieu rural sont les suivantes :

Les banques d’Etat dont l’objet est de délivrer des crédits en milieu rural et notamment au secteur agricole. Mais bien souvent, elles ne subsiste que grâce aux subventions étatiques. De nombreux exemples de faillites, notamment en Afrique de l’ouest, ont montré que ces institutions n’étaient pas viables sur le long terme.

Les banques commerciales privées sont généralement rares en milieu rural car l’asymétrie d’information entre l’emprunteur et le prêteur que nous avons vu dans la section précédente, est ici encore plus importante du fait de la très grande incertitude liée à la production agricole. De plus, pour une banque commerciale dont le but est de faire du profit, la desserte du marché rural, composé le plus souvent de petits emprunteurs, très dispersé géographiquement, n’est pas le meilleur moyen de remplir cet objectif.
Très courant dans les pays en développement, les petits préteurs privés (usuriers), permettent à une partie des agriculteurs d’obtenir un crédit. Mais généralement peu d’agriculteurs au sein d’un même village y ont accès du fait de la covariance des risques (en cas de sécheresse, par exemple tout le village sera touché).
Les agriculteurs font souvent appel à la famille ou aux amis pour obtenir un crédit. Mais la encore les sommes sont souvent limitées car cela suppose un niveau de richesse élevé de leur part.
Dans les PVD, le milieu rural est un terrain moins propice que le milieu urbain pour le développement du marché du crédit. En effet, le développement des institutions complémentaire censé permettre l’existence de ce marché est trop faible en zone rurale.

Les coûts de transports sont plus importants en milieu rural (du fait de la faiblesse des infrastructures routières), empêchant l’offre de crédit d’aller satisfaire la demande.

De même, la faiblesse ou l’inexistence des moyens de communications (téléphone, Internet...) dans un environnement dispersé, renforce l’isolement du milieu rural en terme de crédit.

Comme on l’a vu dans la section I, les banques demandent souvent des garanties afin d’accorder un crédit. Le faible développement et respect des droits de propriétés en milieu rural ne permettent pas, pour les emprunteurs potentiels ruraux de proposer des garanties fiables à la banque. De plus pour les agriculteurs, même lorsqu’ils possèdent le droit de propriété de leur terre, il est très risqué pour eux de le mettre en garantie car c’est souvent le seul bien qu’ils possèdent.

La faiblesse du marché de l’assurance sur les récoltes renforce le risque pour les banques de prêter aux agriculteurs. Le développement de ce marché permettrait aux agriculteurs de proposer des garanties aux banques qui on l’a vu ci dessus est un des principales problèmes dans l’obtention du crédit.
D’autres facteurs d’ordre structurel comme l’importance de l’analphabétisme en zone rural accentuent les difficultés pour le développement du marché du crédit.

En résumé, l’incertitude liée à la production agricole ainsi que le non développement des outils permettant de la réduire (assurance sur les récoltes) décourage l’offre formelle de crédit aux agriculteurs. A cela s’ajoute, le sous développement des institutions nécessaires à l’efficience d’un marché du crédit (infrastructures routières, faibles moyens de communications...).

On peut aussi noter que ces deux raisons influent sur l’accès au crédit des actifs non agricoles car leur revenu dépend indirectement des revenus agricoles.
Dans le chapitre suivant, nous allons voir comment se caractérise l’offre de financement, formelle ou semi formelle, à travers le Maroc.

CHAPITRE 2 : PRESENTATION DE L’OFFRE DE CREDITS AU MAROC
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