L'argumentation dans le discours








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Rhétorique

R. Amossy : l'argumentation dans le discours 2006

S. Bonnafous : Argumentation et discours politique, 2002

J. Gardes-Tamine : La rhétorique , 2011

G. Molinié : Dictionnaire de rhétorique , livre de poche.
Extrait :
Le point : Ici, l'arrière plan de la rhétorique est la violence du langage. Il y a incitation à prendre les armes, et à tuer. C'est un terme violemment péjoratif, et n'est pas nouveau dans cet emploi. Dans les discours des gds dictacteurs du XX e siècle, le mot rhétorique revient constamment, pr indiquer une violence atroce.
Nouvelobs + lemonde : La rhétorique renvoie à un fonctionnement rusé, hypocrite. L'arrière plan est celui de la manipulation verbale. On peut faire disparaître la réalité, proposer des mots qui vont la masquer, pour donner une autre apparence, et ainsi manipuler. C'est une grande dominance de la perception négative de la rhétorique. C'est une forme de violence policée mais ça en reste une tt de même.
→ La rhétorique est quelque chose de reconstruit, c'est une façon de mettre en valeur la forme au détriment du fond. Avec des mots bien construits, des arguments bien choisis, on peut faire oublier la réalité du fond.
Ce n'est pas la seule acception sémantique du mot rhétorique. Il y a un vrai retour en grâce de la rhétorique comme discipline universitaire, technique de discours, depuis une dizaine d'années en France. (20/30 ans pays anglo-saxons).
Libération : Obama à la maison blanche : Analyse du discours de Barack Obama. On distingue des notions typiquement rhétoriques : ethos, logos, pathos.
La rhétorique est l'art technique de la persuasion verbale. Ce sont des pratiques qui s'enseignent. C'est opposé au génie littéraire.

La notion de persuasion inclut qu'on se situe tjs dans un univers où il y a un locuteur et un percepteur, on est dans le cadre de la communication, à la base qui est orale. On essaye de poser des arguments de manière à influer sur quelqu'un d'autre.
L'origine de la rhétorique
L'histoire et la légende disent que la rhétorique a été inventé du temps de la chute du tyran au milieu du V e siècle avant JC , en Sicile. C'est la fin d'une période tyrannique, c'est l'émergence progressive de la démocratie, et d'un retour à des formes de justice pour la cité. Des gens qui avaient été spoliés de leur terre par la tyrannie, vont aller devant les tribunaux pour la 1ère fois. L'histoire raconte que c'est dans ces tribunaux pr réclamer la restitution de leur bien, qu'a été inventé la rhétorique. Le premier rhéteur qui a servi d'intermédiaire entre les plaignants et les accusés a été Corax. Il ne s'est pas contenté de défendre des clients devant le tribunal, il a aussi enseigné l'art de la rhétorique, et c'est son disciple qui a écrit le 1er manuel de rhétorique (il n'est connu que par les citations qui ont été faites ensuite). Ce disciple a eu lui même un disciple, Gorgias. L'intérêt de cette histoire sicilienne : la rhétorique est liée à l'émergence de la démocratie. La loi du plus fort sous le règne des tyrans est devenue une forme de discours civilisé. On transforme la violence effective en un espace de discours maîtrisé. De là la rhétorique s'exporte de Sicile vers Athènes, et gagne le monde grec.
L'essence même de la rhétorique, c'est la polémique. Il y a un contexte de polémique qui rend nécessaire la rhétorique. C'est la contradiction qui nourrit l'argumentation.
La période des sophistes :
Elle nous est connue par Platon, en s'élevant contre les notions de sophistiques.

Pourquoi Platon s'oppose aux sophistes ?

→ le fait d'être salarié de la personne que l'on défend engage une certaine conception du discours. Platon jugeait que ça n'était pas moral, que la rhétorique était au service d'intérêts particuliers. → donne des discours fluctuants, on peut défendre une chose et son contraire.
La bonne rhétorique pour Platon est le dialogue. C'est une forme d'argumentation mais très particulière. La maieutique (approche de l'âme). Dialogue socratique : essaye d'amener l'autre à la vérité. Il ne dit pas des arguments, mais il laisse l'autre à argumenter ; Il amène l'autre à se contredire lui même, et à reconnaître qu'il se trompe, ses impasses. On dégage les impossibilités au service de la philosophie.

Pour Platon, il y a deux éléments à dégager :

  • la rhétorique n'a qu'un statut secondaire, elle n'est qu'une technique au service de la vérité.

  • Son seul rôle, c'est de faire surgir les faux semblants, les erreurs, les contradictions.

Pour Platon, Le tribunal n'est que le lieu de faux semblants, et de mensonges.
Aristote, la rhétorique
Rédigée en 329/323 AV JC. Premier manuel de synthèse de la notion de rhétorique, qui se pose comme un manuel positif. Il assimile l'héritage de la Grèce et des Sophistes. Aristote va fonder la rhétorique sur le vraisemblable, il va accepter que la rhétorique ne puisse pas être fondée sur la vérité pure. En ce sens, la rhétorique n'est pas une science, mais une technique fondée sur le vraisemblable. Le vraisemblable n'est pas une notion mauvaise en soi, bien sûr le vraisemblable peut avoir des usages détournés, et il reconnaît que des sophistes abusent leurs auditoires.

La rhétorique en elle même est amorale, elle n'est ni bonne ni mauvaise, tout dépend l'usage qu'on en fait.
Livre 1 : il faut être capable de défendre la chose et son contraire. C'est le principe thèse/ antithèse. L'intérêt est de mieux construire ensuite sa propre thèse. Si on pense aussi aux arguments contraires, ça permet de mieux plaider , en étant très convaincant. Il amorce une nuance , en disant qu'on défend le mieux ce qui est le plus proche de la vérité.
Il va essayer de donner des bases raisonnables très rigoureuses à sa rhétorique. C'est une méthode d'argumentation qui s'appuie sur le vraisemblable de même que les sciences se fondent sur le vrai, mais les manières de penser restent les mêmes.
Les classements des discours
Il y a trois grandes dominances de discours.

  • discours délibératif

  • discours judiciaire

  • discours démonstratif/ épidictique.

Discours de Robert Badinter
Ici, il s'agit du genre délibératif. Il réfléchit sur ce qu'il convient de faire, de décider. Il réfléchit sur l'opposition utile/inutile opportun/ inopportun. Il relève essentiellement du domaine politique, au sens large. Il a pour rôle de pousser à la décision à et l'action. On peut dire aussi que globalement ce type de discours s'oriente vers l'avenir. Il s'agit de convaincre, et de voir dans l'avenir.

→ exemple : Rousseau, Montesquieu, Pascal (Pensées, Provinciales).
Badinter : 1er gouvernement de François Mitterrand. Il était ministre de la justice dans ce gouvernement, et a voté l'abolition de la peine de mort. Il était au départ un avocat de droit commun, il a véritablement exercé, il a plaidé très longtemps aux assisses, il a prononcé des plaidoiries pour sauver les accusés de la peine de mort.

→ Discours d'avocat autant qu'homme politique.
Le passage ici est la conclusion d'un très long discours, qui a duré environ 1h à l'Assemblée Nationale.
Pour qu'il y ait délibération, il faut qu'il y ait choix. « Le choix qui s'offre à vos consciences est donc clair ».

Il y a aboutissement à un vote, c'est un élément essentiel d'un discours délibératif. Il faut qu'il y ait un enjeu, et que celui qui parle ait choisi son camps. Il y a une mauvaise et une moins bonne possibilité, il y a en toujours une qui vaut la peine qu'on se batte pour elle.

D'entrée de jeu, il donne son orientation politique : il n'y a pas d'effet de suspens, on sait ce qu'il pense.
Comment il oriente le choix ?


  • La faillibilité du discours judiciaire

  • discrédite ceux qui sont pour la peine de mort.

  • Culpabilité des hommes : sont ils totalement coupables ?

  • Arguments éthiques qui concernent les adversaires , et lui même. « A cet âge de ma vie ». Il attire le regard sur son expérience.

On ne doute pas sur ce qu'il pense, toute son argumentation est orientée entièrement vers la démonstration d'une thèse.

Il combat deux arguments de ses adversaires qui sont :

  • la justice est infaillible

  • il y a des hommes totalement coupables.

→ Ici, il développe essentiellement la faillibilité de la justice. Il emploie des termes frappants. « cette sorte de loterie judiciaire », pour pousser le raisonnement, et frapper les esprits avec des formules qui seront retenues.

Il y a un choix, mais il est parfois plus théorique que réel.
Le genre démonstratif/ épidictique :

C'est le discours qui a pour but de faire l'éloge/ le blâme, de quelqu'un , qq chose, une idée. C'est un texte qui se situe plutôt dans le présent, et dont les buts ultimes sont plus difficiles à cerner. C'est souvent un sous-genre dans les discours politiques ; Il existe cependant des discours qui sont que épidictiques, comme l'éloge funèbre ou les pamphlets
Discours de Bar Le Duc, De Gaulle
En 1946, De Gaulle n'a plus de responsabilité officielle. Il a démissionné en janvier 1946. A partir du printemps 1946, il va faire une série de discours.

Il cherche à plusieurs moments à faire un portrait à charge de l'Allemagne, et l'éloge de la France. Pour montrer que les institutions qu'il prône sont pour mettre en valeur la France contre l'Allemagne.
Il réunit les deux guerres mondiales en une seule, sur une durée de 30 ans. Il fait une hyperbole, exagération. Il amplifie dans le but de montrer que la France a été attaquée pendant longtemps. Il s'agit d'entretenir le sentiment anti-allemand encore présent en 1946, il cherche à faire peur pour dire dans un 2eme temps qu'il a les institutions qu'il faut pour protéger.

→ « peuple de Lorraine » : dimension épique. Il donne une grandeur épique. Mais aussi « Malheur, une fois de plus, aux fils et aux filles des hommes ! » → manière prophétique qui vient de la dimension religieuse et biblique.

« L 'Allemagne demeure l'Allemagne » : tautologie , c'est un constat.

Il fait comme si on était dans une sorte d'épopée, un récit fabuleux, avec emploi excessif de majuscules, exclamation, nom à sens large. Il force les traits et se rapproche de la caricature.
Discours judiciaire
Discours qui s'inspire du fonctionnement du tribunal. Son modèle est celui du procès.

Il porte sur le vrai/ faux. Il cherche à accuser, ou à défendre, toujours comme si on s'adressait à un juge. Le lecteur est en position de juger, mais il s'agit bien de convaincre, et non pas de proposer des arguments à égalité. On part toujours d'un point de vue.

→ Traité sur la tolérance, Voltaire : en faveur de la tolérance religieuse, il s'appuie sur l'affaire Calas, innocent écartelé, qui sera réhabilité.
2e cours
Il y a trois dominantes de lecture : judiciaire, démonstratif (épidictique), délibératif
Chateaubriand : Discours sur l'intervention en Espagne.

→ affaire qui commence en 1820, un contexte politique difficile, moment où le roi d'Espagne doit faire face à un soulèvement populaire conduit par les libéraux qui demandent une démocratie parlementaire. Ferdinand VII va faire appel aux monarchies européennes, dont la France. En France, c'est Louis XVIII qui règne, dans le contexte de la Restauration. On va juste envoyer des troupes dans les Pyrénées, ce qui va se transformer en véritable aide pour l'Espagne.

Chateaubriand était à ce moment là ministre des affaires étrangères. L'intervention militaire française a des oppositions, et Chateaubriand rencontre des oppositions, et doit justifier l'intervention en Espagne.
C'est juste une petite parenthèse du vrai discours.

Il fait un parallèle avec l'usage anglais : les anglais ont communiqué.

Chateaubriand dit que les anglais peuvent dire la vérité à la chambre des représentants, car ils n'ont pas de vrai régime démocratique, alors qu'en France la situation est plus délicate, il faut dc se méfier.
Discours judiciaire : Ici ça n'est pas une plaidoirie au tribunal.

Il se sent obligé de répondre car il se sent accusé, et doit donc se défendre. Le discours judiciaire a pour principe d'être tourné vers le passé pour rechercher le vrai/faux et débattre d'une culpabilité dans une histoire passée. Le discours judiciaire inclut de la narration, du récit : on ré-explique ce qu'il s'est passé.

« Cette vérité une fois posée » : il considère son discours comme étant réussi. Il y a une portée métalinguistique du discours : explication d'autodéfense proposée par Chateaubriand.
Le rôle des preuves dans l'argumentation
Le travail du discours oratoire et de l'orateur est divisé en 5 étapes dans l'évolution du travail : (on ne s'intéresse qu'aux trois premières).

  • Tout ce qui relève de la recherche des idées, leur développement : INVENTION → le choix des arguments justes, sans parfois bcp de création personnelle. On doit choisir , examiner les arguments justes dans des manuels de rhétorique qui proposent des séries d'arguments déjà faits. Il n'y a pas vraiment d'effort d'imagination, ms plutôt choisir l'argument juste. Ces recueils s'appellent des « recueils de lieux communs ».

  • LA DISPOSITION : → ce qui concerne la construction du discours, l'organisation des différentes parties, le plan, les transitions, la mise en forme des arguments. (Avec des extraits de discours, il n'est pas vraiment possible de voir la réelle disposition).

  • L'ELOCUTION → de l'ordre du style. Le choix des procédés, l'arrangement, le choix d'effet de style, effet de dialogue, le ton, la couleur donnée au discours : indignation, pitié..etc. Ca correspond relativement à la stylistique actuelle.

  • LA MEMOIRE : → la capacité de l'orateur à passer d'un texte complètement écrit à un texte oral. Problème concret qui se pose à l'orateur dans sa confrontation avec le public. Est lié à

  • L'ACTION : → associée à la voix, la gestuelle. Le travail du comédien. Quelles sont les manières de capter l'attention du public ? Aujourd'hui la mémoire et l'action sont tout le travail sur les techniques de communication.


TYPES DE PREUVES
L'ETHOS DU LOCUTEUR ET L'IMAGE DE L'AUDITOIRE
Arguments subjectifs
Ce sont des preuves techniques dans lesquelles on va s'attacher à prendre en compte ce qui relève de la subjectivité, la manière de penser de l'orateur, et de la subjectivité du public.

Ces notions de subjectivité sont des notions qu'on trouve déjà dans la Rhétorique antique. Aristote se rend compte qu'il faut s'adapter à son auditoire et entrer dans sa manière de penser.

Se développe une classification des types de publics. Les limites du champ d'argumentation c'est qu'on est du côté du probable et non de la vérité. Il faut de la prudence pour l'orateur, il doit savoir à qui il s'adresse. Il y a un apprentissage du public qui est nécessaire.

Perelman : traité d'argumentation qui remet au goût du jour ces notions. Il fait une véritable théorie de l'adhésion. Persuasion : s'adresse à l'imagination, l'âme → pure subjectivité. Convaincre : s'adresse à la raison. Pour Perelman, une véritable rhétorique doit mêler les deux aspects, et qu'il n'y a jamais de persuasion sans conviction. On ne peut pas se contenter de la conviction pure sino on est dans un rationalisme qui ne convaincra personne.
Page 2 poly, ligne 60 : La critique qu'on a faite de manière sévère à la rhétorique d'être floue, de ne pas avoir les qualités du raisonnement scientifique, il en prend acte : il accepte le constat, mais pour lui ça n'est pas une critique en soi, il faut chercher à se rapprocher d'un raisonnement formel. Il prend à contresens les critiques faites à la rhétorique.
Adhésion = convaincre + persuader.
Page 1 : L'orateur peut faire appel à des arguments même si lui même ne les trouve pas convaincants. Il doit les choisir en fonction de leur efficacité vis à vis de l'auditoire. Ce qui compte c'est de distinguer l'adaptation aux caractères des divers auditoires. L'orateur se doit d'être sincère. Le choix des preuves ne doit pas être laissé à son propre goût, mais constamment avec le souci du public.
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