Chapitre 1 – Un enjeu anthropologique 1 – 1 Le malaise créé par les idéologies séculières








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Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM)

15ème Assemblée Plénière du 26 juillet au 2 août 2010 à Accra (Ghana)

Conférence du samedi 31 juillet 2010

Caritas in Veritate, la famille et la théorie du genre

Monseigneur Tony ANATRELLA

Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM)

15ème Assemblée Plénière du 26 juillet au 2 août 2010 à Accra (Ghana)

Caritas in Veritate, la famille et la théorie du genre

Conférence du samedi 31 juillet 2010

Monseigneur Tony ANATRELLA1

« L’humanité toute entière est aliénée quand elle met sa confiance en des projets purement humains, en des idéologies et en de fausses utopies ». Caritas in Veritate n. 53.

La dernière encyclique du Pape Benoît XVI, Caritas in Veritate, publiée le mardi 7 juillet 2010, étudie les conditions du développement humain intégral, c’est-à-dire de toutes les dimensions de la personne, dans le contexte de la mondialisation que nous connaissons aujourd’hui. Le Saint-Père s’inscrit dans la tradition de la doctrine sociale de l’Église telle qu’elle s’est approfondie au cours des deux derniers siècles. Il fait ainsi largement mention du Concile Vatican II, en particulier la Constitution Gaudium et Spes et l’encyclique de Paul VI Populorum Progressio de 1967 au sujet du développement de l’homme. Il note les progrès qui ont pu se faire dans la période écoulée, mais également les problèmes qui se sont amplifiés en matière économique, religieuse et anthropologique. C’est pourquoi nous allons nous intéresser à ce dernier point, la question anthropologique, qui sert de fil rouge à la réflexion de la dernière encyclique du Pape.

En effet, au-delà de l’enjeu économique de la crise actuelle, se présente également un enjeu sur le sens de l’homme qui est donc moral et spirituel. Caritas in Veritate entend aborder la conception de l’homme qui s’est édifiée ces cinquante dernières années à partir des sciences humaines. L’approche de ces dernières qui, sous le couvert de la science, se présente comme une idéologie qui laisse entendre que l’homme n’est que le résultat de la culture et qu’il se construit indépendamment d’une nature humaine et de lois universelles inhérentes à sa condition. La théorie du genre est le signe le plus problématique des idées actuelles sur l’homme. Nous devons d’abord comprendre ce phénomène dans une perspective historique.

Chapitre 1 – Un enjeu anthropologique

1 – 1 Le malaise créé par les idéologies séculières


Depuis le dix-huitième siècle, l’Europe de l’Ouest n’a cessé de construire et de déconstruire des conceptions de l’homme divergentes avec l’anthropologie religieuse là où, pendant des millénaires, la dimension religieuse était intrinsèquement liée au sens de l’homme, notamment en extension au christianisme. La plupart des cultures sont issues de la religion qui leur a servi de base pour se développer. Le christianisme a introduit une nouveauté originale qui est celle de la distinction du pouvoir entre le politique et le religieux, même si parfois l’Église a dû assurer des missions de suppléance. Le pouvoir politique s’est souvent méfié du pouvoir représenté par l’Église jusqu’à chercher à le neutraliser, voire à le minimiser et à le détruire. L’Église a toujours soutenu sa liberté de parole et d’action, et son autonomie à l’égard du pouvoir politique qu’elle entend respecter et faire respecter lorsqu’il est au service du bien commun et que les lois civiles honorent la loi naturelle. En revanche, il y a parfois des lois qui sont contraires à la morale objective et ne peuvent pas être retenues. C’est pourquoi, Jean-Paul II2 en appelait à l’objection de conscience (n. 73 E.V.) lorsque la loi est immorale notamment en matière de contraception, d’avortement, d’euthanasie et de la falsification du mariage et de la filiation avec des personnes de même sexe. Le caractère moral d’une loi ne se trouve pas dans « des majorités d’opinion provisoires et fluctuantes, mais seulement dans la reconnaissance d’une loi morale objective qui, en tant que loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme, est une référence normative pour la loi civile elle-même » (n. 72 E.V.). Sinon poursuit Jean-Paul II : « C’est tout le système démocratique qui serait ébranlé dans ses fondements, réduit à un simple mécanisme de régulation empirique d’intérêts divers et opposés »3. Dans les pays occidentaux, nous sommes justement dans cette déstabilisation morale et anthropologique qui déséquilibre le lien social. Elle se réalise dans la dérégulation financière au nom du libéralisme et de l’économie de marché, et dans la dérégulation morale et anthropologique en laissant croire que les normes se créent uniquement dans le consensus. Ainsi s’installe un relativisme et un négationnisme des repères objectifs d’une anthropologie. Comment ne pas voir que l’on crée ici une nouvelle forme de violence ? Elle s’exprime à commencer chez les plus jeunes qui ont des difficultés à accéder aux dimensions objectives et symboliques de la relation aux autres et à la société. Chacun s’installe dans le désir d’inventer ses propres codes dans la volonté de les imposer aux autres. Nous ne sommes plus dans la recherche de normes transcendantes, dans le sens où elles ne dépendent pas du sujet, mais du libre arbitre de l’interprétation aléatoire. Une anthropologie qui a le sens du développement humain s’inscrit dans la perspective du bien commun qui rend compte de la dimension politique et de la dimension religieuse de l’existence.

La doctrine sociale de l’Église a toujours voulu différencier le pouvoir politique du pouvoir religieux. Le Christ a été le premier à le formaliser pendant que saint Paul puis saint Augustin et saint Thomas d’Aquin ont cherché à le systématiser. Mais la sécularisation étendue à toutes les réalités, qui a commencé avec la philosophie de la Réforme protestante centrée sur l’individu et l’interprétation subjective de l’Écriture, a progressivement favorisé la dissociation du sujet avec le sens du bien commun et de la dimension universelle de la loi morale au nom du libre arbitre. Le sujet devenait ainsi le magistère de l’interprétation des textes de la parole de Dieu et de sa propre existence.

De la séparation des pouvoirs, nous sommes passés en Occident à un pouvoir politique qui se suffit à lui-même et se justifie au gré des opinions des citoyens, puis, dans la période contemporaine, à l’opinion médiatique. La loi morale, instance suprême de régulation de toutes les lois, a été sécularisée et remplacée par la loi civile qui, du fait d’être décidée démocratiquement, voire dans le consensus, lui donnerait une valeur morale. Ce mouvement a débouché sur de nombreux totalitarismes que nous avons connus en Europe et dont les idéologies – de véritables virus intellectuels – ont pollué d’autres continents et mentalités. Le phénomène se poursuit à travers les idéologies du constructivisme et de la théorie du genre (dont certaines idées sont d’origine française) qui, après avoir été recyclées aux États-Unis et au Canada, reviennent en Europe, sous la dénomination de la french theory, et deviennent une norme internationale. Elle est ainsi portée par les agences Onusiennes, les ONGs, le Parlement européen de Strasbourg et la Commission de Bruxelles. Des idéologies qui prennent le relai des religions séculières que furent le marxisme et le nazisme dont l’une s’inscrivait dans la logique du renversement des pouvoirs de la Révolution française de 1789 et l’autre, toujours en France, dans la haine génocidaire de la Terreur de 1793. Une idéologie remplace ainsi une autre idéologie, obstinément négationniste des réalités humaines en affirmant que l’homme se crée lui-même.
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