Et la clef de la paix








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Les aventures du chevalier Théodore l’Ame Perdue

Anonyme

1043



  • Anonyme ? se demanda Hermione. Mais alors ce récit est inventé ?

    Elle ouvrit le livre, alors que les deux sorcières avaient commencé une discussion en riant très fort, la plus vieille d’entre elle, celle de l’aile gauche, ayant un rire particulièrement communicatif.

    Il y avait sur la première page un message d’un certain Buccelin que Hermione lut à haute voix.

    Ce livre est le récit exact et complet des aventures du chevalier Théodore l’Ame Perdue, les cinquante-sept premiers chapitres sont comme il aurait voulu qu’ils soient, mais les deux derniers chapitres sont tels que je les ai retrouvés sur ce qui restait de sa dépouille, en l’an 1043.

    Cette histoire est véridique, et ceux qui oseront en affirmer le contraire subiront la malédiction de Théodore, qui est resté preux chevalier jusqu’à ses derniers instants.



    Buccelin l’anonyme, ami de Théodore en son temps, 1043.



  • Comment est-il mort ? demanda Ron.

  • Je ne sais pas, je suppose que c’est à la fin, répondit Hermione.

    Elle regarda les dernières pages du livre, il y avait un sommaire.

  • Regardez ! « Chapitre cinquante-huit, pourquoi le chevalier Théodore part à la recherche des Clordes, Chapitre cinquante-neuf, comment les Clordes anéantissent le chevalier Théodore. ». C’est exactement ce que nous voulions, les Clordes…

  • Mais tout cela n’est qu’une histoire, non ? demanda Harry. Enfin c’est un conte, rien ne dit que les Clordes existent et qu’elles ont anéanti ce Théodore…

  • Ce doit être des créatures terribles, dit Ron. Vous croyez qu’elles ressemblent à quoi ? A mon avis, elles ont des longues capes et ressemblent un peu à des grosses grenouilles avec des dents…

  • Ron, ce n’est pas marrant, tu t’imagines qu’elles ont tué ce pauvre Théodore, il faut voir si l’on peut emprunter le livre, j’ai envie de le lire entièrement, cette histoire peut être intéressante, si le livre date vraiment de l’an mille quarante-sept, il doit contenir beaucoup d’information sur la communauté magique médiévale, c’est justement ce à quoi je m’intéresse en ce moment.

  • Et ben moi non, dit Ron sur un ton sincère.

    Hermione prit un air outré et marcha d’un pas résolu vers les deux sorcières, dont la plus vieille était encore en train de s’esclaffer.

  • Excusez-moi ?

  • Oui… dit la sorcière en se retournant.

    Elle riait tellement qu’elle en avait les larmes aux yeux. L’autre derrière s’était retournée car si elles se regardaient dans les yeux, on voyait qu’elles auraient toutes les deux explosé de rire, ce qui n’aurait pas paru très poli.

  • J’aimerais savoir s’il est possible d’emprunter ce livre, demanda Hermione.

  • Bien sûr, répondit la sorcière, pour cela vous devez vous abonner, ça coûte cinq Gallions pour pouvoir emprunter librement tous les livres, normalement c’est le droit d’entrer qui est à ce prix-là mais avec vos badges de Poudlard vous pouvez entrer gratuitement, cependant, les cinq Gallions vous sont quand même nécessaires pour pouvoir emprunter, et aussi pour pouvoir venir pendant les vacances…

  • Très bien, dit Hermione.

    Elle sortit de sa poche une bourse qui contenait quelques grosses pièces en or.

    Elle en donna exactement cinq à la seconde sorcière qui lui tendit la main.

  • Votre nom ? demanda-t-elle.

  • Hermione Granger, répondit Hermione.

  • Très bien, dit-elle après avoir écrit quelques mots sur un parchemin vierge, vous êtes inscrite, vous pourrez bien sûr emprunter tous les livres que vous voulez, et pas seulement dans cette partie de la bibliothèque.

    Elle ensorcela le bout de parchemin avec sa baguette magique et celui-ci se transforma en un avion en papier qui s’envola et descendit par le centre de la salle pour aller jusqu’au rez-de-chaussée.

  • Le livre est donc les aventures du Chevalier Théodore l’Ame Perdue, je le note, et vous pouvez bien sûr emprunter autant de livres que vous le voulez. La durée de l’emprunt est normalement de deux semaines au maximum, mais vous pouvez toujours nous faire une demande pour emprunter sur une plus grande durée, deux semaines vous suffiront ?

  • Oui, merci, ça ira très bien.

    Elle ajouta quelques mots sur un autre parchemin et l’envoya par la même méthode vers le rez-de-chaussée.

  • Je vous remercie, au revoir, dit Hermione.

    Ils redescendirent ainsi vers le rez-de-chaussée, mais sans emprunter le même escalier. En passant, ils avaient découvert un petit escalier qui descendait au deuxième étage, en plein milieu des livres de la rubrique « traditions et artisanat ». Il débouchait dans la partie qui intéressait le plus Harry, les livres de la catégorie « lutte contre les forces du Mal ».

  • Vous ne voulez pas qu’on visite un peu ? demanda Hermione. Regardez ! Ces livres doivent être super intéressants.

    Ils parcoururent rapidement les allées et à chaque fois Hermione se jetait sur les livres qu’elle voyait, et Harry et Ron devaient la forcer à les reposer afin de pouvoir continuer leur chemin.

    Enfin, ils arrivèrent, tout au fond du deuxième étage, près d’une entrée grillagée et gardée par deux sorciers qui semblaient être des Aurors. Il y avait une pancarte qui indiquait :

    Les pires atrocités de la Magie Noire

    Accès strictement interdit

    Cette pancarte refroidissait tout de suite énormément, la Magie Noire était suffisamment horrible en elle-même. Alors ces « pires atrocités » devaient être particulièrement horribles et justifiait bien la présence de ces deux Aurors.

    Harry s’imagina que forcément un livre devait parler d’Horcruxes, et il était en effet sage de ne pas exposer leur existence au grand public.

    Ils firent ainsi un tour rapide de cette immense bibliothèque, qui semblait extraordinairement complète, il y avait des livres qui traitaient de tous les domaines, dans toutes les langues, même si une grande majorité d’entre eux étaient écrits en anglais.

    Ils retournèrent ainsi à l’accueil, d’où l’on voyait l’immense Hall de la Paix par la grande entrée.

    L’horloge suspendue au plafond indiquait qu’il était déjà un peu plus de dix-neuf heures.

  • Nous rentrons à Poudlard, dit Hermione à la sorcière d’accueil.

  • Très bien, je préviens Nestor pour qu’il vienne vous accompagner.

    Elle prit un parchemin doré et n’inscrivit rien dessus. D’un coup de baguette magique, il se transforma en un petit avion qui s’envola vers le Hall de la Paix à une vitesse fulgurante.

  • Sinon, nous avons bien reçu votre inscription à la bibliothèque et votre emprunt. Et vous, messieurs, voulez-vous vous inscrire ? demanda-t-elle à Ron et Harry.

  • La prochaine fois, répondit Harry, on n’avait pas pensé à prendre de l’argent, et Hermione n’en avait pas suffisamment pour payer une inscription de plus.

  • Très bien, dans ce cas…

    Il y eut une petite explosion entre elle et tous les trois, et un nuage de paillettes dorées apparut, se dispersant rapidement.

  • Ah, Nestor a reçu le message, je disais donc qu’il va vous falloir attendre quelques instants le temps qu’il arrive…

    Ils retournèrent ainsi à Poudlard, et à dix-neuf heures trente, ils étaient de retour dans leur appartement, où ils retrouvèrent Ginny.

  • J’ai eu la même épreuve que vous la semaine dernière ! dit-elle, mais je n’ai pas très bien réussi, je suis reste coincée dans le tunnel des plantes… mais ils nous ont dit que c’était normal car on n’avait pas vu comment faire, Luna a été éblouissante, elle a terminé première très largement, j’ai fini cinquième, et vous, c’était comment ?

  • Très difficile, dit Hermione, on a eu une épreuve théorique surprise après la course dans la Forêt… c’était très long…

  • Mais bon on s’en est quand même pas mal sortis, coupa Harry, on a été les meilleurs tous les trois normalement.

  • Cool…

  • Il faut qu’on lise ce livre avant le repas, dit Hermione, je pense qu’on a le temps de lire les deux derniers chapitres.

    HARRY POTTER

    ET LA CLEF DE LA PAIX
    CHAPITRE 53 : LA LEGENDE DES CLORDES



      Chapitre cinquante-huit

      Pourquoi le chevalier Théodore part à la recherche des Clordes

      Alors que je poursuivais mon voyage en Ecosse, la plus intéressante de mes aventures se présentait à moi. Je parcourais les bois sur Folipante, pour emprunter un raccourci que mon expérience me suggérait de prendre.

      Et c’est alors, que je l’avais trouvée, sanglotant doucement, âgée d’une vingtaine d’années tout au plus.

    • Puis-je savoir ce qui vous met en ce trouble ? demandai-je.

    • C’est l’Inquisiteur de l’Ordre des Montagneux ! Il a ordonné que l’on sacrifiât Eléonore, ma dernière fille.

      Elle montra l’une des ses filles qui jouait en toute innocence à la rivière avec ses deux sœurs plus grandes.

    • Il veut calmer les Clordes, oh, aidez-moi, s’il vous plaît.

    • Malheureusement, je crains que ce ne soit qu’un piège, dis-je. Les Clordes n’existent pas.

    • Mais oui, je vous en supplie, elles existent, me répondit la demoiselle, en sanglotant. Si tout cela n’était pas vrai, l’Inquisiteur n’aurait pas tant insisté, c’est un homme bon, il agit pour notre bien ! Mais je suis sûr que vous pouvez faire quelque chose, Monsieur le Chevalier, et je ne veux pas contrarier l’Inquisiteur. Je le regrette maintenant, mais j’ai tenté de fuir lorsqu’il m’a annoncé cette triste nouvelle, et il a ordonné à sa cavalerie de me retrouver, il a dit qu’il me pendrait si je ne collaborais pas. Mais c’est un homme bon, il a peur que les Clordes ne se révoltent… mais pourquoi Eléonore ? Oh s’il vous plaît !

    • Je vais bien sûr faire tout ce que je peux pour vous porter secours, la noble tâche qui m’a été confiée est ma seule loi.

    • Que comptez-vous faire ? demanda la jeune fille, avec une flamme d’espoir dans ses yeux.

    • Nous allons d’abord faire ce qu’il demande et je vais me cacher pour les suivre et trouver où se cachent ces Clordes, et vous avez ma parole que ces satanées créatures recevront la rouste qu’elles méritent !

    • Mais monsieur le Chevalier, vous ne connaissez pas leur pouvoir, il ne faut pas les sous-estimer… dit-elle l’air terrifié.

    • Je ne les sous-estime pas, mais ce sont elles qui ne doivent pas me sous-estimer, je suis Théodore l’Ame Perdue !

      La jeune femme resta bouche bée, ce qui était prévisible, mais j’avais décidé de garder cet argument pour maintenant, afin d’être certain qu’elle disait la vérité, n’étant pas encore soumise à l’élan de joie que provoquerait ma rencontre.

    • Théodore l’Ame Perdue ! Je suis sauvée !

    • Bien sûr, vous avez certainement déjà dû entendre parler de mes exploits.

    • Oh oui, tout le monde en parle, ici, mais comment avez-vous vaincu le Chevalier de l’Ombre ?

    • J’ai rassemblé mon courage, convaincu que le bien l’emporterait.

    • Mais vous n’avez pas eu peur de ce que l’on raconte sur lui ?

    • Non, je n’ai pas eu peur, je n’ai jamais peur, car je pense d’abord à libérer les opprimés, je n’ai pas le choix, je dois satisfaire à la mission qui m’incombe.

    • Promettez-moi que vous sauverez Eléonore.

    • Je vous le promets.

      De toute évidence, cette paysanne n’était qu’une Boudonne et elle ne pouvait pas savoir que c’était ma baguette magique qui m’avait permis de vaincre ce Chevalier ridicule, à la si mauvaise réputation.

      Cependant, le fait qu’elle était Boudonne m’intriguait. La légende que tout le monde connaissait postulait que seuls des sorciers pouvaient être sacrifiés.

      J’y avais réfléchi, et plusieurs explications me semblaient possibles.

      Il était possible que la jeune Eléonore fût une sorcière, bien que personne ne l’eût su du fait de son jeune âge. Mais rien pour l’instant ne m’aurait permis de confirmer cette hypothèse.

      J’avais aussi pensé que tout n’était qu’un plan de l’Inquisiteur qui voulait tromper les Clordes, malgré les légendes qui couraient sur leurs pouvoirs. Cela aurait été idiot de sa part, mais l’improbable bénéfice aurait été grand pour lui, puisqu’il lui aurait suffi de sacrifier des Boudons au lieu de sacrifier des sorciers.

      Mais cela ne reflétait que sa lâcheté, et j’étais bien décidé à le lui faire regretter, une fois que je me serais débarrassé de ces Clordes.

      L’Inquisiteur de l’Ordre des Montagneux était en fait un puissant sorcier qui commandait la province des montagnes d’Ecosse, sous les ordres du Ministre de la Magie.

      Il était aussi bien connu des sorciers que des Boudons et était très respecté du fait de l’importance de ses pouvoirs, qu’il faisait respecter par sa cavalerie, et tous les sorciers savaient qu’il n’aimait pas les Boudons.

      Ainsi, ma seconde hypothèse ne me paraissait pas illogique, et je décidai de défendre cette paysanne, au nom de ma profession qui ne me commandait pas de ne servir que les sorciers.

      J’étais en effet convaincu que les sorciers ne pouvaient pas laisser leurs problèmes aux Boudons, et ce n’était d’ailleurs pas la première fois que je venais en aide à des Boudons opprimés, comme vous l’avez vu à maintes reprises dans le début de mes aventures. Mais peu de sorciers pensaient ainsi, et beaucoup se croyaient supérieurs.

      L’Inquisiteur avait ordonné qu’Eléonore fût emmenée le lendemain dès l’aube de cette rencontre, et avait annoncé qu’elle serait sacrifiée le surlendemain, jour de la pleine Lune. Ainsi, j’arrivais juste à temps pour la sauver.

      Je passais donc la nuit avec cette paysanne qui me conduisait chez elle, non loin de cette forêt.

      Elle était prénommée Cunégonde et son mari n’était jamais revenu d’une excursion en forêt.

      Elle vivait donc avec difficultés, mais élevant avec amours ses trois filles, leur donnant une éducation respectable.

      Malgré ma promesse qu’Eléonore serait sauvée, Cunégonde ne pouvait s’empêcher d’être nerveuse, elle ne cessait de marmonner toute seule, elle ne pouvait pas rester assise sans se relever immédiatement et faire les cent pas.

      Je la consolais tout en m’occupant des trois filles qui jouaient près de la cheminée.

      Et durant la nuit, je savais qu’elle n’avait pas dormi, je l’avais vue regarder par la fenêtre, elle semblait contempler la Lune qui était presque un disque parfait.

      Finalement, le matin, je l’avais retrouvée endormie sur une chaise, dans la pièce principale de sa demeure.

      Rien ne pouvait l’empêcher de paniquer, le soleil s’était déjà levé et l’Inquisiteur n’était toujours pas venu. Cette attente était insupportable pour elle et pour les filles qui ne comprenaient pas l’objet de cette agitation.

      Il avait été décidé qu’Eléonore ne serait informée qu’au dernier moment, et que Cunégonde l’accompagnerait jusqu’au bout du voyage.

      Ainsi, je m’étais caché dans le bois, restant à bonne distance de la maison, mais ayant une vue parfaite sur les alentours.

      Finalement, le bruit de chevaux qui approchaient au galop se fit entendre, de plus en plus proche, et une charrette tirée par deux chevaux, dont l’intérieur était masqué par des rideaux arriva, accompagnée de deux cavaliers armés.

      Cunégonde sortit, avec tout juste quelques bagages, et ses trois filles qui étaient apeurées par l’arrivée impressionnante de l’Inquisiteur.

      D’où j’étais, je ne pouvais pas entendre ce qu’il se disait, mais il était clair, que malgré ce que cet homme ordonnait à Cunégonde, celle-ci était en admiration devant lui.

      Finalement, le départ se fit, et je les suivis de loin, prenant soin de ne pas me faire voir car ils m’auraient fait pendre s’ils apprenaient mes plans.

      Avant cela, je croyais que les Clordes n’étaient véritablement qu’une légende inventée et déformée avec le temps. Mais je me suis rendu compte que cette histoire n’était pas une plaisanterie, et j’essayais de me remémorer ce que je savais d’elles.

      Il était difficile de savoir à quoi s’en tenir, toutes les versions de ces légendes étaient différentes, mais il y avait cependant quelques points communs en accord avec ce que j’avais appris dans cette histoire : les sorciers devaient livrer des leurs à chaque pleine Lune pour que les Clordes, une communauté de créature magiques dotées d’intelligence, vivant dans un endroit secret, restent en paix avec la communauté magique.

      Les principales variantes de ces légendes concernaient l’aspect des Clordes, la localisation de leur communauté et la nature de leurs pouvoirs.

      De nombreux sorciers affirmaient connaître cet emplacement, mais force était de constater que les recherches montraient que tout cela n’était que faux. C’était en réalité ce qui posait le plus de problèmes à cette légende, à laquelle une grande partie des sorciers ne croyaient pas.

      Mais elle avait cependant pris une ampleur telle qu’elle s’était répandue chez les Boudons, sous forme de versions plus ou moins déformées.

      En fait, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre quant aux pouvoirs de ces Clordes, mais mon courage et ma bravoure me rendraient vainqueur de cet affrontement.

      Le voyage fut très long et ils franchirent plusieurs montagnes, traversant des forêts, enjambant des cours d’eaux, passant à travers champs…

      Mais finalement, ils s’enfoncèrent au plus profond d’une sombre forêt.

      Dans la soirée, la protection de la caravane avait été assurée par une dizaine de cavaliers supplémentaires, qui étaient là pour assurer une protection efficace contre des Centaures qui vivaient en cette forêt, et qui avait pris un air menaçant en les regardant passer.

      En ce qui me concernait, je devais faire très attention de les éviter en empruntant un chemin parallèle et en utilisant plusieurs enchantements pour me cacher.

      Mais j’arrivais à suivre la caravane sans me faire voir.

      Ils continuèrent leur chemin pendant toute la nuit, puis durant la matinée du lendemain, traversant la forêt qui était de plus en plus épaisse, et qui laissait l’impression d’être sans cesse observé par des milliers d’yeux invisibles.

      Il y avait sans cesse des bruits, des créatures qui les attaquaient. Mais toujours la cavalerie, qui était en fait composée de sorciers, les repoussait, à l’abri du regard de Cunégonde qui était à l’intérieur de la charrette, en compagnie de ses filles et de l’Inquisiteur.

      Enfin, ils arrivèrent dans une zone beaucoup plus dégagée, où un grand nombre d’arbres étaient morts. L’endroit semblait invivable, comme si toute forme de vie avait disparue, il n’y avait plus cette sensation d’être observé, mais au contraire, on se sentait aspiré par une force maléfique, surpuissante.

      Il semblait même que l’air qu’ils respiraient n’était que du vide, que les sons qu’ils entendaient étaient lointains.

      Au loin, se dressait une arche en pierres dont ils s’approchaient lentement, comme s’ils allaient passer en dessous.

      Je les suivais toujours, et je vis qu’ils y étaient passés, mais ils avaient soudain disparu et je m’étais hâté de les rattraper.

      En réalité, il y avait un immense gouffre, qui faisait quasiment une dizaine de vallons de Quidditch. Il était empli de sortes de vapeurs pâles, dans lesquelles la lumière se perdait.

      C’était de ce gouffre que la force que l’on ressentait provenait, je me sentais de plus en plus mal en y approchant, mais je me disais que ce n’était rien au vu de l’importance de ma mission.

      L’arche était en fait une sorte d’entrée de ce gouffre, derrière elle, un chemin descendait pour aller se perdre dans le gouffre.

      J’y passais, me préparant à parer toute attaque.

      Au début, c’était une sorte de descente creusée dans le sol, mais elle descendait toujours, si bien que l’on ne voyait plus le ciel à cause de l’ombre et des vapeurs.

      Je me sentais mal, mais celui qui souffrait le plus était Folipante. Mon pauvre cheval qui m’avait accompagné moi tout au long de mes aventures ne pouvait plus continuer, et il s’était effondré dans un dernier effort pour me servir.

      Je ne pouvais malheureusement pas le laisser là, pour ne pas révéler ma présence, et le fait de devoir le faire disparaître, sans qu’il ait les obsèques qu’il méritait, me déchirait le cœur. Mais ma mission prenait le dessus.

      Je continuais donc à pied, n’apercevant plus la charrette de l’Inquisiteur, je savais que Cunégonde devait être très inquiète, nous n’avions plus communiqué depuis notre départ, et elle devait s’imaginer toutes sortes de choses pour l’avenir.

      Mais elle pouvait compter sur moi, et j’accélérai le pas pour me rapprocher d’elle, voulant me montrer à elle discrètement, afin de lui rappeler mon engagement.

      J’arrivai donc au plus profond du gouffre, et je me rendais invisible par divers enchantements, en approchant d’un grand portail noir, dont les portes étaient ouvertes, et qui était gardé par deux masses sombres, entre lesquelles je devais passer.

      Je m’imaginai tout de suite que c’était deux Clordes, elles semblaient très grandes, maléfiques, et j’essayais de percer la brume pour en distinguer les détails.

      J’étais surexcité à l’idée de les voir enfin et je savais maintenant qu’elles existaient, et qu’elles se trouvaient au plus profond des montagnes d’Ecosse.

      Je pouvais maintenant les distinguer, elles mesuraient presque trois mètres de haut, et étaient terrifiantes à voir, leur tête était arrondie, telle celle d’une pieuvre, mais de nombreuses veines en sortaient et y rentraient en faisant des boucles, remuant au rythme de leurs battements cardiaques. Leur peau semblait en décomposition, et des morceaux énormes s’en détachaient, prêts à tomber au sol. Leur peau était flasque et lorsqu’elles remuaient la tête, celle-ci se déformait en s’aplatissant et en rebondissant. Leur peau était presque transparente, et on y voyait au travers les organes internes, qui semblaient très particuliers.

      J’étais dégoûté en les voyant, et je retenais une exclamation d’horreur lorsque je sentais leur odeur, un mélange de pourriture et de cadavre en décomposition.

      Je les regardais encore cependant, leurs yeux étaient tout aussi bizarres, tels des gros œufs déformés, d’une couleur jaune pâle, et elles n’avaient ni oreilles ni nez.

      Le plus particulier était en fait la forme du reste du corps, celui-ci semblait bien réel pour toute sa partie haute, mais on aurait dit qu’il n’était plus qu’un hologramme sur sa partie basse. On distinguait en fait une grosse masse cachée sous des lambeaux de tissu sale.

      Les Clordes n’avaient pas de bras ni de jambes et flottaient à quelques centimètres au-dessus du sol.

      J’étais tout près d’elles, et je crus un instant qu’elles pourraient me repérer même sans me voir, mais je réussissais à passer quand même, sans qu’elles n’aient bougé.

      Une fois de l’autre côté du portail, on y voyait beaucoup plus clair, mais le ciel était invisible, la couche de brume semblait créer un couvercle hermétique qui nous emprisonnait dans ce gouffre à l’atmosphère si maléfique.

      Partout, il y avait des sortes de gros rochers qui semblaient être des maisons, les trous constituant des entrées. Toutes étaient très hautes et comprenaient de nombreux étages auxquels on accédait par des ponts en cordes et en bois qui traversaient le gouffre de part en part, montant, descendant, se croisant.

      Par endroits, il y en avait certains plus grands que d’autres, ils devaient probablement arriver jusqu’au niveau du sol de la forêt.

      Les Clordes étaient là en nombre impressionnant, elles sortaient sans cesse de leurs maisons, empruntant les chemins aériens, entrant dans d’autres maisons.

      Elles avaient des activités particulières, et il y avait des sortes de grosses cuves arrondies en métal noir qui émettaient des lumières de couleurs différentes, très claires, qui ressemblaient à du feu. D’autres faisaient apparaître des sortes de fils blancs et épais qu’elles enroulaient au sol pour créer des sortes de stalactites dont certains atteignaient finalement quelques mètres de haut.

      J’étais resté ainsi pendant quelques minutes à les observer, me reculant contre la paroi du gouffre pour ne pas me faire repérer.

      Je pouvais apercevoir où s’était arrêtée la charrette de l’Inquisiteur, et celui-ci était descendu, avec Cunégonde et ses filles qui étaient toutes les quatre en sanglots, terrifiées par ce qu’elles voyaient autour d’elles.

      L’Inquisiteur s’adressait à l’aide de sa baguette magique à une Clorde qui n’était pas comme les autres et qui semblait être une sorte de chef. Elle était plus petite, de couleur beaucoup plus sombre et rouge, des yeux qui tombaient quasiment de la tête. Les lambeaux de tissu qu’elle portait étaient d’une couleur dorée.

      Je pus voir que les Clordes avaient en fait une large bouche. Celle-ci s’ouvrait lorsqu’elles penchaient leur tête en arrière, laissant apparaître un trou béant, comme si leur tête était tranchée.

      Plusieurs autres Clordes s’étaient rassemblées pour les observer, comme si le fait de sacrifier un sorcier était un évènement important.

      Finalement, je m’approchai, profitant des stalactites qu’avaient fait apparaître les Clordes pour me cacher. Je pus attirer l’attention de Cunégonde qui comprit que j’étais là.

      Je savais que j’avais réussi puisqu’elle avait soudain eu l’air profondément soulagée. Elle devait certainement s’inquiéter de mon absence.

      Je restais caché encore longtemps, l’Inquisiteur et le chef des Clordes discutaient encore. Mais vint le moment fatidique, l’Inquisiteur devait repartir, avec Cunégonde et les deux autres filles qui ne seraient pas sacrifiées.

      La petite Eléonore ne comprenait pas que sa mère la laisse, et elle ne savait pas que j’allais la sauver. La scène était déchirante, mais il le fallait car cela me permettrait de pouvoir vaincre les Clordes.

      Cunégonde ne voulait pas laisser Eléonore pleurer, elle ne voulait pas que sa fille croie qu’elle l’abandonnait au milieu de ces créatures qui allaient la sacrifier, c’était ce qui était le plus difficile, et ce qui était le plus naturel de la part d’une mère.
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