La Chine continentale d’aujourd’hui correspond à celle qui a été mise en place en 1949 par la République Populaire de Chine (rpc). Par ailleurs, tout un monde








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chapitre VII



La démographie




La Chine est le pays le plus peuplé au monde, autour des années 81- 82, elle franchit le milliard d’habitants. Lors du recensement de l’été 1999, on compte 1,134 milliards d’habitants et à la fin de l’an 2000 1,226 milliards. Ce dernier chiffre semble être sous-estimé de quelque 30 millions.

I. Histoire de la démographie chinoise



Sous la dynastie Han, en l’an 2 de notre ère, les autorités chinoises procèdent au premier dénombrement qui donne environ 60 millions d’habitants (ce qui équivaut à la population de l’Empire Romain à la même époque).

A partir de cette date, il faut au moins treize siècles à la Chine pour doubler sa population une première fois, ainsi au XIIIème–IVème siècle, on dénombre 120 millions d’habitants. La croissance démographique est très lente, mais ce phénomène est planétaire à cause des nombreuses épidémies qui sévissent alors.

Puis, en cinq siècles, du XIIIème au XVIIème siècle, la population double pour la deuxième fois. En effet, elle passe à 250 millions. Au XVIIème siècle, tandis que l’humanité entière reste à une croissance lente, la Chine connaît un formidable décollage démographique entre le XVIIème et le XVIIIème siècle. Avec 300 millions, elle est deux fois plus peuplée que l’Inde. En ce temps là, la Chine est doté d’une agriculture telle, qu’elle est capable de nourrir au mieux son peuple (le paysan chinois est mieux nourri que celui français) grâce au génie agraire. La mortalité est inférieure à celle de l’Europe. De plus, c’est un temps de pays pour la civilisation chinoise, le niveau optimal entre les ressources et le peuple est donc atteint. Par ailleurs, les Chinois découvrent au XVIème siècle le vaccin pour la variole (en France il est seulement découvert au XVIIIème siècle). Tous ces éléments expliquent ce formidable décollage démographique.

Ensuite, le troisième doublement a lieu en un siècle et demi. En 1945, 1946 la Chine abrite entre 500 et 600 millions d’habitants.

Avec la RPC, la population double à nouveau. En moins de 40 ans, on passe au milliard.

II. Une démographie perturbée



Après cet historique, on peut se rendre compte que la Chine connaît un rythme de croissance exponentiel et s’il s’était poursuivi, il y aurait aujourd’hui 2 milliards d’habitants. Les 700 000 personnes «manquantes» sont le résultat d’un drame en six actes :
De 1949 à 1957 : La Chine connaît une fois de plus une marée démographique, sa population augmente de 150 000 habitants. Le nouveau régime mis en place contrôle tout et met en place des structures médicales. En 1949, la natalité est de 42‰ à 45‰ et le taux de fécondité est de 6 enfants par femme. La mortalité est alors de 26‰ et au début des années 50 elle tombe à 18‰, tandis que la natalité reste à 42‰. Cela s’explique par le dogme marxiste et léniniste, appliqué en Chine, qui considère que la contraception est un phénomène bourgeois set réactionnaire, par conséquent elle est interdite. Mao Zedong dira d’ailleurs à ce sujet : «La contraception est un moyen de tuer le peuple chinois sans faire couler le sang ». Cependant, en 1950 lors de la guerre de Corée, un million de soldats chinois sont envoyés sur le front de Corée et beaucoup ne sont jamais revenus.

A partir de 1953, les autorités chinoises mettent en place le premier plan quinquennal d’industrialisation et de développement. Un recensement est effectué en 1955 et qui fait découvrir près de 100 millions de Chinois en plus. Pour les gouvernements étrangers, c’est une bombe, le péril jaune est de nouveau d’actualité. Ce fait alarme aussi les autorités chinoises qui instituent alors la première campagne de contrôle des naissances. En 1956, la responsabilité scientifique est confiée à Ma Yinchu, mais il y a un problème dialectique car le dogme est toujours présent. Lénine avait dit : «Le socialisme se sont les soviets et l’électricité (progrès technique)». Toutefois, Ma Yinchu estime qu’un surplus de population empêche la mécanisation. Cependant, sa campagne va échouer. Echec renforcé par son arrestation lors de la campagne anti-droitier menée par Mao Zedong dès 1957. En effet, il pourchasse alors tous les intellectuels qui sont soupçonnés de subversion et les envoie au trou.
19581961 : Le Grand Bond en avant : Il va se traduire par une famine plus ou moins généralisée entre 1959 et 19761. Par conséquent, on assiste à une explosion de la mortalité, elle passe de 18‰ à 45‰, soit 30 millions de surmortalité pendant ces trois ans. Dans le même temps, la natalité tombe de 40‰ à 24‰. Ce dernier fait s’explique par des faits sociaux, quand on meurt de faim on n’a pas spécialement envie de se marier. De plus, les femmes sont touchées d’aménorrhée, à cause de la famine elles deviennent stériles. Le déficit humain se situe entre 20 et 30 millions par rapport à la normal, soit le nombre de pertes internationales lors de la Seconde Guerre Mondiale...
De 1962 à 1965 : A cette époque, la Chine connaît une explosion démographique. A partir de 1962, la situation économique est rétablie et la mortalité retombe à son niveau antérieur à la famine. Parallèlement, la natalité explose également, d’ailleurs, c’est la plus forte natalité de toute l’histoire de Chine. Ce phénomène est celui de l’espèce humaine, il faut récupérer les naissances différées pendant le cataclysme, phénomène qu’on appelle aussi baby boom ou revanche des berceaux. Dès 1962, la natalité explose au maximum biologique, soit 50‰ tandis que la mortalité retombe entre 10‰ et 12‰. On compte en moyenne 25 millions de bébés par an. Une nouvelle campagne des naissances est alors instaurée. Elle bénéficie des expériences positives et négatives de la précédente et elle dispose d’un début de structures scientifiques qui permet la diffusion des premiers préservatifs, de stérilets,… En 1964, la première pilule chinoise est fabriquée à Shanghai. On va «encourager» (pression sociale et encadrement politique) le retard de l’âge au mariage. Les paysannes se mariaient vers 16 ans. Si on recule l’âge du mariage, il y aura moins d’enfants. Désormais, il est de 23 ans pour les femmes et 26 ans pour les hommes. Ces derniers doivent maintenant rester au service de la patrie jusqu’à cet âge. Les communes populaires avec des structures politiques et sanitaires font pression sur les femmes pour qu’elle recule leur premier enfant. Dans les usines, le contrôle est strict, si un couple fricote, on les convoque pour leur conseiller d’attendre. Puis s’ils continuent, on leur met un avertissement, et ils continuent. On les convoque une troisième fois, l’homme est envoyé en Mandchourie et la femme à Canton…
1966 à 1970 : La Révolution Culturelle prolétarienne : Elle s’est traduite par un nouveau cataclysme qui touche fondamentalement les villes et qui laisse les campagnes libres de procréer. La natalité à la campagne remonte de 35‰ à 40‰, soit 200 millions de petits Chinois en plus.
19711980 : La Chine connaît alors une situation de stabilité et elle a de nouvelles perspectives suite à la rencontre en 1972 entre Mao Zedong et Nixon Richard. La troisième campagne de contrôle des natalités est lancée et elle est décisive. Elle va opérer la transition démographique de la Chine en un régime de mortalité déjà faible à un régime de moyenne puis faible fécondité. En 1971, le taux de natalité est de 35‰ et en 1980 il est de 18‰. Comment a t-on pu arriver à un taux si faible avec une civilisation fondamentalement nataliste ? Tout d’abord, grâce à la formule de Wang Xishao, qui est celle des naissances espacées, les mariages sont retardés et donc le nombre d’enfants est plus faible. Dès le début des années 80, cela se constate dans les villes où l’âge moyen pour se marier est entre 22 et 24 ans. De plus, c’est la généralisation des moyens contraceptifs : stérilets, avortements, stérilisation,… C’est un prix humain terrible car le peuple n’en veut pas.

Toute femme mariée est désormais dotée d’une fiche individuelle, présente dans leur entreprise, où sont notées les méthodes contraceptives qu’elle utilise et ses visites chez le gynécologue. Tout est assidûment vérifié par son unité de travail. Ces fiches sont appelées fiche individuelle de planification des naissances.
De 1980 à nos jours : En 1980, les communes populaires sont démantelées, ce qui entrain un relâchement au niveau des contrôles de naissances. De plus, le passage des classes pleines (les enfants issus du baby boom) l’âge de procréation, ce qui se traduit par deux fois plus de mariage que précédemment. Le nombre de femmes en âge de procréer passe de 80 millions en 1980 à 125 millions en 1993.

Par ailleurs, la politique de l’enfant unique est promulguée en janvier 1979, cela est inédit en Chine et dans le monde. A partir de cette date, les nouveaux ménages doivent s’en tenir à un seul enfant. Cette politique est assortie pour la première fois en Chine de modalités matérielles. Dès 1979, tout nouveau ménage doit signer un contrat d’enfant unique avec son unité de travail. Un premier problème se pose, il y a ceux qui veulent signer et ceux qui ne veulent pas… Si le contrat est respecté, la famille bénéficie d’avantages matériels donnés par l’unité de travail. Cependant, ce système n’est pas à caractère local. Pour les salariés, l’avantage est en monnaie et pour les paysans c’est une ration de grains. Si le contrat n’est pas respecté, toutes les primes doivent être rendues et le ménage prend une amende. De plus, le deuxième enfant n’a, théoriquement, droit à rien (soins médicaux et école). Il y a tout de même une exception si l’enfant est frappé d’invalidité.

Le dispositif contraceptif en Chine connaît alors un nouveau élan.

III. La contraception en Chine


A. Les dispositifs contraceptifs



La stérilisation est le premier moyen employé, il représente 51% avec 38% pour les femmes et 13% pour les hommes. Ensuite vient le stérilet avec 39%. Ainsi, ces deux moyens contraceptifs représentent à eux seuls 90%, alors qu’en France ils ne concernent que 20% de la population. Cela révèle le caractère même de cette contraception et de la société qui y fait face : elle est imposée…

Ensuite, les 10% restant se divise entre la pilule, le préservatif féminin et autres.

La pilule est utilisée par 5% de la population, alors qu’en France elle est de 40%. La prise de la pilule souligne par définition un volontarisme. Cependant, ces 5% ne révèle pas la réalité car dans les campagnes chinoises, personne ne la prend, de ce fait, elle est de 25 à 40% dans les grandes villes. Les femmes de ces dernières ont donc un comportement voisin du notre. Elle est désormais fabriquée en Chine, essentiellement à Shanghai.

Le préservatif masculin concerne 3% de la population. Ce sont des diaphragmes pour 6%, des capes pour 20 à 30% et des spermicides pour 6%. Le taux d’échec est de 10%. En France, 7% d’hommes utilisent ces moyens contraceptifs.

Les 2 autres pour-cent sont tout d’abord les préservatifs masculins. Au XVème siècle, le docteur Fallope (un Français d’origine italienne) est le premier à étudier le système génital féminin et à porter un intérêt à la contraception. Il a donc inventé la redingote (préservatif) faite de boyaux de cochons. Le terme savant est «condom». Les Chinois n’aiment pas trop ce moyen contraceptif mais une usine sino-britannique de condom, marque Latex, a été construite à Qingdao. Ensuite, le deuxième est le coïtus interruptus, c’est à dire la technique du retrait, aussi appeler le «saut du cavalier». C’est une contraception volontaire, elle n’est donc pas trop développée en Chine. Enfin l’avortement, qui est pratiqué quand il y a un échec de la contraception, augmente progressivement en Chine. Cela s’explique par le problème d’avoir un garçon ou une fille. Aujourd’hui, sur 100 conceptions, un tiers abouti à des avortement de grès ou de force (en France 1/5). En Chine, a six mois de grossesse et plus on peut toujours avorter. C’est ce qui a attiré l’attention des Droits de l’Homme et des Américains car les pays qui ont le plus besoin d’un contrôle des naissances sont les plus pauvres. L’ONU crée alors un organisme, Fonds des Nations Unies de la Population, qui est alimenté par des cotisations des pays membres. Quand la Chine entre à l’ONU, à partir de 1980, elle peut bénéficier d’une subvention annuelle de cet organisme de 50 milliards de dollars par an. Cependant, en 1985 – 1986, les Etats-Unis découvrent ces atroces conditions d’avortement, ils font recours aux Droits de l’Homme et retirent leurs participations. La Chine voit ses ressources diminuer, par conséquent les dispositifs de contraceptions également, ce qui entraîne une hausse des avortements…

B. La contraception dans les campagnes



Tout ce dispositif se heurte à d’énormes difficultés dans les campagnes.

Dans un premier temps, du fait de la décollectivatisation des campagnes dans les années 80 qui entraîne un relâchement des contrôles démographiques. Cela se traduit par des conflits et des traitements de plus en plus mauvais des maris envers leur femme si elle a une fille.

En avril 1984, le Comité Central du Parti Communiste Chinois (PCC) émet une directive : si la femme accouche d’abord d’une fille, elle a le droit d’avoir un second enfant avec quatre ans d’intervalles, sinon une amende doit être payée. Si le second enfant est un garçon c’est très bien, mais si c’est de nouveau une fille, c’est la catastrophe.

Dans les campagnes, les autorités se heurtent massivement à un problème culturel fondamental : pour tout paysan chinois, il faut nécessairement avoir au moins un garçon, c’est vital. Cela s’explique dans un premier temps par la culture, seul le fils aîné peut perpétuer le culte des ancêtres. Ensuite, d’un point de vue pratique, un garçon constitue une main d’œuvre obligatoire pour le travail des champs. C’est un phénomène cultural fondamental. Finalement, lorsque cette paysannerie n’aura plus la force de travailler la terre, elle n’a le droit ni à une pension ni à une retraite. Par conséquent, seul les hommes sont en mesure de faire vivre les vieux. Les femmes sont destinées à se marier et a aller vivre dans le foyer des beaux-parents, elle donc totalement perdue pour ses géniteurs. A ce propos, un dicton chinois dit : «Faire une fille s’est aussi intéressant que de verser de l’eau sur la terre»…

Dans de telles conditions, avoir une fille unique est vécu comme un drame. Mao Zedong déclare cependant, «la femme c’est la moitié du ciel», phrase qui émerveille les occidentaux.

IV. Les conséquences de la nouvelle politique


A. Une résistance géographique



En effet, la population chinoise est très réfractaire envers ces différentes politiques. Cette résistance est calculée suivant quatre attitudes principales : un mariage précoce, une naissance précoce, une naissance non planifiée et une absence plus ou moins importante de contraception. On peut ainsi distinguer trois zones géographiques :
Une zone de faible résistance : On a alors une obéissance à la politique du gouvernement. Cette attitude s’observe dans les grandes villes (Pékin, Tianjin, Shanghai) et dans les provinces littorales du Nord qui sont urbanisées et développées. Dans cet ensemble, deux provinces se distinguent, la Mongolie Intérieure et le Sichuan. Ce ne sont pas des régions développées mais elles sont sévèrement encadrées.
Une zone de moyenne résistance : Ce domaine est très hétérogène. Il concerne les provinces développées au Nord-Est et le Guangdong ; mais aussi les provinces centrales du Henan, Hubei, Hunan et Hebei qui sont plus pauvres et moins développées. Enfin, viennent les provinces plus pauvres et de forte tradition nataliste comme le Guangxi et le Yunnan.
Une zone de résistance considérable : Il s’agit du Xinjiang, du Ningxia, du Qinhai et du Gansu, les minorités musulmanes sont très présentes dans chacune d’elle. Puis, on a les provinces du Guizhou (minorités très natalistes), du Fujian et du Jiangxi où les liens familiaux de la société chinoise ont considérablement ressuscité

B. L’enfant unique et ses conséquences




Sous-enregistrement des naissances : Grâce à la solidarité villageoise, les enfants ne sont souvent pas déclarés. Ils sont alors camouflés, on les appelle les Hei Haizi (黑孩子), c’est à dire l’enfant de l’ombre. Ils sont clandestins et ne sont pas déclarés, se sont des parias, ils n’auront pas le droit d’aller à l’école et ne pourront pas aller chez le médecin. Plus tard, ils pourront être plus ou moins régularisés. Ils sont en moyenne 9millions par an.

Environ 20% d’entre eux ne sont pas déclarés car ils sont nés avant l’âge légal du mariage. Les 80 autres pour-cent étant des enfants nés en surnombre du fils unique, certaines familles ont six enfants…
Surmortalité des filles : Les fillettes âgées de moins d’un an connaissent en Chine une mortalité double par rapport aux garçons. Cette disparition se fait selon quatre modalités principales :

L’échographie : Depuis quelques années, ce système d’avortement sélectif est en pleine expansion dans toutes les campagnes chinoises.

Infanticide : Les familles qui ne peuvent pas se payer ses soins médicaux pratiquent cet acte sur les filles nouveau-nées. On estime à 60 000 infanticides par an. Ce procédé existe depuis longtemps en Chine, comme en Inde, mais depuis la politique de l’enfant unique, il s’est développé.

La négligence : Les parents espèrent que la nature fera son travail, ils ne prennent alors pas soin d’elle afin que tout aille au plus vite.

L’abandon : Les fillettes naissent mais sont abandonnées et recueillies par des institutions, qui aujourd’hui ressemblent surtout à des mouroirs.
Un fort taux de masculinité : Les statistiques officielles indiquent qu’il y aurait, en Chine, un déficit de 500 000 filles par an. Cette surmortalité féminine entraîne un taux de masculinité, qui aujourd’hui, est un record sur l’ensemble de l’espèce humaine. Dans le monde entier, la moyenne est de 100 filles à la naissance pour 106 garçons, en Chine, on a 100 filles pour 117 garçons. Si ce phénomène persiste, en 2015, 70 à 80 millions d’hommes chinois n’auront aucune chance de trouver une femme ! C’est inédit dans l’humanité.
 Le fils unique : Dans les grandes villes de Chine, 90% des enfants de 10 ans sont des fils uniques. Ils sont alors appelés les Xiao Huangdi (小皇帝), les petits empereurs. Ils sont alors victimes de la «maladie des six amours», c’est une obésité qui provient des gâteries des deux parents et des quatre grands-parents.
Le vieillissement de la population : En 1990, les personnes âgées de plus de 65 ans représentent moins de 6% de la population. Les prévisions estiment qu’en 2020 ils seront plus de 12% et en 2040 plus de 20%. Ce drame vient du fait que la Chine a réalisé en à peine 50 ans ce que l’Europe a fait en 150 ans… Ces changements se sont fait en six actes.

V. Les mutations de la population



Le plus grand architecte chinois, Qi Xin, le 19 juin 200 donne une interview dans le monde et il dit : «Les Chinois sont très curieux sur le plan culturel, ils ne sont ni conservateurs, ni nationalistes, ils vont d’un extrême à l’autre : ou ils cassent tout ou ils respectent tout. Ce que je regrette c’est la fadeur des nouvelles réalisations, le refus d’une architecture jugée trop moderne… L’ancien Pékin n’existe plus, il n’en reste que des fragments qui sont rasés pour des raisons de spéculations. Il n’y a pas en Chine de modèle strictement urbain or beaucoup de villes chinoises sont devenues des métropoles impossible à maîtriser dans leurs anciennes formes rurales. Le modèle urbain depuis 50 ans est l’ignorance de l’existence.»

A. L’urbanisation



Au niveau géographique, une coupure globale est apparue, c’est à dire, la fracture urbaine de la Chine entre les villes du littoral et le reste du territoire. Les villes du littoral ont été pénétrées par les différentes puissances le l’époque et elles ont su imposer un urbanisme strictement occidental mais coupé du fait urbain chinois. Au plan quantitatif, la Chine a toujours été caractérisée par une proportion d’urbanisation extrêmement faible par rapport à la population rurale. Avant la mise en place de RPC, elle était de 10% pour passer à seulement 15% dans les années 70. Cependant, depuis les années 80 cette proportion à doublée, elle est de 30%.

Une autre remarque met en évidence que c’est une accélération récente très importante que la Chine n’avait jamais connue. Cependant, son pourcentage reste encore faible par rapport au reste du monde, en occident, c’est plus de 80% d’urbanisation et dans le tiers-monde, c’est entre 40 et 50%. Statistiquement, la Chine est un des pays les moins urbanisés ce qui s’explique. En effet, sous la RPC, on met en place les Hukou qui interdisent aux ruraux d’aller dans les villes et par ailleurs, les urbains font de moins en moins d’enfants.
On peut toutefois se demander qu’est-ce qu’on considère comme urbanisé et à partir de quel seuil estime t-on qu’un habitat est urbain par rapport à rural ? En France, le seuil d’urbanisation est de 2 000 habitants, s’il y en a moins, c’est rural (attention, c’est un seuil seulement quantitatif). En Hongrie, le seuil est à 3 000 habitants, en Islande il est à 200 habitants. Les réalités géographiques sont alors prises en comptes.

En Chine, c’est plus compliqué, lors de la mise en place de la RPC et lors du premier recensement, on donne, en 1955, une définition. Le seuil est à 2 000 habitants avec un paramètre quantitatif. S’il y a plus de 2 000 habitants, on peut considérer que c’est un centre urbain à condition que plus de la moitié de la population ne soit pas constituée de paysans.

Puis, la situation démographique et urbaine de la Chine évolue, on donne alors une deuxième définition en 1963. Le seuil est placé à 3 000 habitants avec pas plus de 30% de paysans. Finalement, après les recensements de 1990 et de 2000, on simplifie les choses en considérant comme urbain les populations détentrices du Hukou urbain.

Les urbains sont présents dans les villes proprement dites mais aussi dans des districts ruraux paysans. Cela s’explique par l’annexion de certaines villes de domaines ruraux. Ainsi, des paysans se sont vus transférer leur Hukou rural en Hukou urbain. C’est le premier cas où tout est qualifié urbain mais humainement paysan…

A l’inverse, aujourd’hui, il y a des centaines de dizaines de milliers de paysans qui émigrent vers les villes. Ils sont des ouvriers du bâtiment qui n’ont pas pu obtenir de Hukou urbain et par conséquent lors des recensements ils sont toujours des paysans.

B. La population urbaine sous la République populaire



Quatre temps forts se sont développés à l’occasion de la mise en place du Hukou, d’un freinage massif, d’une limitation autoritaire de l’urbanisation et des méandres idéologiques.
Le premier plan quinquennal 19531957 : Le gouvernement suit alors plus ou moins le modèle soviétique et donne par conséquent la priorité à l’industrialisation lourde et urbaine dans une centaine de villes.

Avant l’industrialisation, pour répondre au besoin de main d’œuvre, des millions de paysans sans Hukou sont recrutés. Il faut alors les loger et les entreprises elles-mêmes s’en occupent. C’est la première fois que des grands ensembles de logements ouvriers apparaissent dans le paysage urbain chinois. Ils se développent à la périphérie du tissu urbain traditionnel. Pour Pékin et Shanghai, on tente d’appliquer le modèle soviétique, c’est à dire, développer des villes satellites dispersées autour d’un noyau industriel nouveau et cela sous la direction de la municipalité des villes concernées. Dans les années 60, cette translation est interrompue pour reprendre dans les années 80.

Le tissu urbain proprement dit est plutôt anarchique, il y a aussi bien des ruraux que des urbains avec des voiries qui permettent rarement la circulation automobile. Les premières interventions dans le tissu urbain traditionnel lui-même vont donc consistées à éventrer ce vieux tissu par de grandes artères accessibles à la circulation. Elles sont en même temps des sortes de voies triomphales qui incrustent l’installation d’un nouveau régime, en effet, autour des principales artères, les bâtiments importants sont construits. Ces derniers correspondent aux nouveaux pouvoirs. Sur le plan architectural, ils ont un contenu soviétique avec des formes nationales. Ils abritent, sous des toits en pagodes, les nouveaux bureaucrates mao-staliniens …
Le Grand Bond en Avant 19581961 : Dans la mesure où Mao Zedong décide alors d’abandonner en apparence le modèle soviétique, cette période correspond à trois aspects principaux :

– On poursuit le remodelage du vieux tissu urbain des grandes villes et dans le contexte du Grand Bond en Avant il faut que cela soit fait en 2 ou 3 ans. Le meilleur exemple est Pékin où Tiananmen et tout ce qui est dans les alentours est inauguré en 1958, on les appelle les «dix grandes réalisations». C’est le gigantisme, la performance et sur le plan architectural c’est d’un académisme pompeux…

– Ensuite, c’est la décentralisation qui consiste à essayer de porter l’industrie à travers les campagnes et en particulier dans les derniers échelons urbains, c’est à dire les bourgades, les cantons et les districts.

– Puis, les grandes villes doivent, à l’inverse, connaître l’agriculture. c’est un élément idéologique fondamental mais qui a aussi un but stratégique, celle de la rupture avec l’Union Soviétique. Il faut que les grandes villes soient capables de pourvoir à leur propre alimentation. Cela se traduit par un étalement plus ou moins considérable des territoires des municipalités urbaines, les grandes en premier puis les moyennes. Par exemple, après trois extensions successives, la municipalité de Pékin compte désormais 16 000km².
La Révolution Culturelle 19661976 : La ville est alors carrément diabolisée et la campagne est sanctifiée… d’où la déportation de la jeunesse urbaine à la campagne. Par conséquent, tous les organismes s’occupant d’urbanisme en Chien sont mis en vielle ou supprimés. Les villes se dégradent alors et de ce fait, on généralise les procédés de préfabrication. C’est dix ans de stagnation et de dégradation, avec deux exceptions :

– Le moment de la grande découverte de pétrole en Mandchourie : L’importance est telle que sur les plans de production qu’on se met à construire des villes du pétrole, qui elles n’étaient pas diabolisées, elles sont même des villes modèles du prolétariat.

– Le temps, en Chine, de la troisième ligne de défense. Les dirigeants chinois se sentent menacés par la bombe atomique et des milliers d’entreprises d’armements sont implantées au Sichuan, au Guangxi et au Guizhou. Il faut alors de la main d’œuvre d’où la nécessité de construire des villes.
Des années 80 jusqu’à nos jours : Cette période se caractérise par l’envolée urbaine suite au doublement de la population. Deng Xiaoping prend sur le fait urbain le contre-pied des politiques antérieures. On déclare que le phénomène urbain est, au contraire, un fondement du développement et la conservation le système des Hukou est une contradiction gigantesque. Pour ce faire, deux axes principaux sont mis en œuvre pour la nouvelle politique urbaine et qui sont aux deux extrémités de la hiérarchie urbaine :

Au sommet : Le développement prioritaire, en faisant appel aux capitaux étrangers, est donné aux quatorze plus grands ports maritimes de la Chine. Ils deviennent des ports ouverts qui dépendent souvent de villes millionnaires. On crée aussi, en 1979, des zones économiques spéciales, grâce aux capitaux étrangers, au nombre de cinq et réparties dans le Fujian, le Guangdong et Hainan. Elles sont urbanisées et destinées à produire des produits d’exportations. On considère ces ports anciens ou nouveaux comme des réceptacles des capitaux étrangers qui vont devenir des facteurs d’entraînements pour le reste du phénomène urbain.

A la base : On crée l’équipement et on met en place le développement des Zhen pour amortir l’exode rural grâce à de nouvelles activités, ce qui entraîne de nouveaux emplois. Cela se traduit par un nouvel urbanisme entièrement copié sur Hongkong et sur l’occident. Les dimensions sont toujours plus grandes et de plus en plus anarchiques en raison d’une féroce spéculation.
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La Chine continentale d’aujourd’hui correspond à celle qui a été mise en place en 1949 par la République Populaire de Chine (rpc). Par ailleurs, tout un monde iconNous présentons ici une première analyse de la Loi Touraine n°2016-41...
«fourre tout», la loi qui vient d’être publiée fin janvier aggrave considérablement la loi Bachelot (hpst), notamment avec la «territorialisation...








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