La Chine continentale d’aujourd’hui correspond à celle qui a été mise en place en 1949 par la République Populaire de Chine (rpc). Par ailleurs, tout un monde








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Chapitre XI



La mutation commerciale et industrielle de la Chine depuis 1978




Quand la Chine s’ouvre, elle sort de trente années de stagnation, d’étatisme absolu et d’autarcie industrielle et commerciale. Dans le même temps, des confettis du monde chinois (Hongkong, Taiwan, Singapour) sont devenus des petits dragons et ils sont passés à un stade de développement considérable. Ce contraste a frappé Deng Xiaoping et ses collaborateurs, de ce fait, ils entament l’ouverture de la Chine à partir de 1979. Lors du 3ème plénum du 11ème comité central du PCC, qui se tient en décembre 1978, ils font un état des lieux de l’industrie et du commerce de la Chine. Ils estiment alors que pour conduire la Chine sur le marché international il faut faire une rupture dans le système hérité. Pour cela, deux grandes procédures vont être progressivement mises en place : Un redéploiement géographique, industriel et commercial ; puis un appel aux capitaux étrangers. Ces deux procédures constituent un premier volet de la mutation chinoise, le deuxième volet étant les mutations commerciales et touristiques, et les tentatives de réformes des entreprises d’Etat qui restaient dominantes.

I. Premier volet de la mutation



A. Le redéploiement géographique



A partir du début de l’année 79, on procède à des extensions spatiales successives. On commence par développé la façade littorale, considérée comme un élément géostratégique dans le processus d’ouverture. On crée alors une formule toute nouvelle en Chine, les zones économiques spéciales. Ce sont des espaces spécialement conçus et équipés pour recevoir des investissements étrangers. Ils doivent produire pour l’exportation. Les quatre premières sont : Xiamen, Shantou, Shenzhen et Zhuhai, qui représentent en total 7 000km² et 7 millions d’habitants. En 1984, elles sont suivies de l’île de Hainan. Sur cette immensité du littoral chinois, ces cinq zones sont toutes dans l’extrême sud et elles sont souvent coupées de l’intérieur. Elles correspondent toutes aux principaux foyers d’immigration chinoise. Toutefois, les occidentaux ne sont pas prêts à s’y risquer, de ce fait, ce sont les Chinois d’outre-mer qui ont été les pionniers.

Il faudra attendre le milieu des années 80, pour que les occidentaux commencent à investir. Ces zones économiques spéciales assurent près du quart des exportations chinoises. A partir de cette date, les investissements s’accélèrent. Shenzhen est de loin la plus considérable car elle est au bord de Hongkong. Elle est occupée par le déversement des industries de Hongkong, c’est une industrie de main d’œuvre peu chère. La délocalisation est très importante, c’est une ville champignon. Pendant longtemps, elle regroupait des 2/3 des investissements étrangers. En 1978, c’était une bourgade de 25 000 habitants, aujourd’hui elle compte plus de 2 millions dont des émigrés venus de toute part. C’est une copie conforme de Hongkong. A l’époque, un des slogans de l’ouverture était : «Shenzhen copie Hongkong, Canton copie Shenzhen et la Chine copie Canton».
Après ces zones économiques spéciales, à partir d’avril 1984, la Chine ouvre aux implantations étrangères, ses quatorze plus grands ports. On y crée des zones de développement économique et technique (ZDET). Ce sont des ports de zones économiques spéciales. Aujourd’hui, ils sont plus d’une cinquantaine sur ces quatorze ports et comptent 11 000 entreprises étrangères.
En 1985, on ouvre les grandes péninsules (Liaoning et Shandong) et les deltas du Changjiang, du Fujian et celui de la rivière des perles. Des zones économiques sont mises en place selon le même principe que les ZDET. Dans la foulée, on va ouvrir la totalité des provinces côtières avec des zones économiques ouvertes. Toutes les villes commencent alors à créer des zones pour attirer les investisseurs.
A partir des années 90, on ouvre la zone du Pudong à Shanghai. C’est à dire toute la rive droite du Huangpu qui draine Shanghai. On en fait une zone économique spéciale gigantesque (cinq fois la superficie de Paris). C’est le plus grand foyer d’économie transnationale de Chine.

A partir de tout ce dispositif, des vagues de développement commencent à pénétrer les espaces intérieurs selon trois axes privilégiés :
– L’axe du Changjiang à partir de Shanghai qui a atteint Wuhan et arrive progressivement au Sichuan avec l’implantation et le développement de ZDET dans toutes les grandes villes.

– L’axe de Mandchourie, de la péninsule jusqu’à Harbin qui bénéficie des investissements japonais.

– L’axe du Shanxi, un axe énergétique avec de gros investissements étrangers.
Des structures particulières ont aussi été mises en place au Xinjiang et au Tibet pour attirer les capitaux, mais c’est plus difficile. Cela se traduit par des développement inégaux. Le Xinjiang bénéficie tout de même de quelques investissements du Kazakhstan et le Tibet du Népal.

On assiste donc à une ambivalence géographique entre l’immense façade littoral et une formidable profondeur territoriale. Toute l’histoire de Chine est faite de la stratégie du jeux entre ces deux espaces. A partir des années 90, après avoir réglé les problèmes politiques, des villes continentales frontalières sont ouvertes pour favoriser les échanges économiques. Elles s’appellent des zones frontalières de coopération économique. Elles sont majoritairement au Heilongjiang, avec les Russes (60 bases) et la frontière du Xinjiang dont les échanges se font avec l’Asie Centrale (10 bases). Sur le front mongol, il y a 5 ou 6 bases. Les provinces méridionales comme le Yunnan et le Guangxi sont en plein développement avec le Laos, le Vietnam et la Birmanie (10 bases). Actuellement, on en compte soixante, réparties sur les frontières chinoise. Avec ces zones frontières, la Chine s’ouvre à des pays plus pauvres qu’elle, ce qui illustre son ambivalence.

B. Un appel aux investissements étrangers



Les premiers investissements étrangers ont eut lieu en 1970, par exemple, les Français ont crée la première unité de textile en Mandchourie. A partir de 1979, ces investissements sont de deux types : Les investissements directs qui se traduisent par la création d’entreprises sur le territoire chinois ; et les investissements indirects constitués par des prêts.


1. Les investissements directs


Auparavant, jusqu’à la fin des années 80, ils étaient uniquement destinés aux zones économiques spéciales et le processus était très long. Le coup d’envois est donné par Deng Xiaoping en 1992 lors d’une tournée en Chine où il proclame l’économie socialiste de marché. A partir de cette date, les investissements sont en accélération continue et ils sont en moyennes de 37 milliards de dollars américains chaque année. Depuis l’ouverture cela représente plus de 300 milliards de dollars.

La moitié des investissements viennent de Hongkong. Cependant, Hongkong ne sert que d’interface et dans les années 80, les investisseurs occidentaux préfèrent passer par cette ville pour investir en Chine. Une partie de ces 50% vient réellement de l’étranger mais n’est pas définissable. Ensuite, 10% est assuré par Taiwan et le Japon, 8% par les Etats-Unis et 6% par l’Union Européenne (dont 0,6% par la France).

Ces investissements sont pour 32% vers le Guangdong. Shanghai et le delta atteignent 31% à cause du phénomène du Pudong. Le Fujian bénéficie de 11% et la Mandchourie de 9%. On assiste progressivement à une translation vers le Centre et le Nord.

La répartition sectorielle des investissements est : 60% pour les activités manufacturières et 30% dans l’immobilier. Cela est au détriment des infrastructure, elles ne représentent que 8%. Le reste va aux entreprises commerciales et les grandes surfaces.

Ces unités de production ou de service à capitaux étrangers sont au nombre de 300 000 et comptent 15 millions de travailleurs chinois soit près de 8% de l’emploi national. Ils sont dans des postes créés de toutes pièces depuis les années 80. Elles fournissent le quart des produits du commerce extérieur de la Chine.
Pour ces capitaux étrangers, quelque soit la localité et le secteur, on investi en Chine selon trois formules principales :
 Les sociétés à capitaux mixtes : chinois et étrangers
Elles totalisent la moitié des investissements étrangers en Chine. Elles ont été créées en même temps que les zones économiques spéciales, ces deux phénomènes sont à l’origine inséparables. Elles sont régies par la loi de juillet 1979 et elles sont directement inspirées des sociétés mixtes du monde chinois. Se sont des sociétés à responsabilité limitée où la partie étrangère apporte les capitaux, les technologies et les matériaux et la partie chinoise fournie les terrains, les infrastructures et la main d’œuvre à des prix très faibles. Ces apports fait, le partage des pertes et des bénéfices sont au prorata de la valeur apportée par chaque partie. Un problème immédiat se pose : l’apport étranger est calculable mais pas celui chinois (le terrain est évalué à des prix exorbitants). Seuls les Chinois d’outre-mer peuvent tenir le rythme des négociations. Un bail de 20 à 50 ans est signé, après quoi, tout revient à la Chine. Ces sociétés sont dotées de tout un arsenal incitatif : réduction d’impôts, franchises aux importations, … Le prix de la main d’œuvre revient à vingt fois moins chère qu’en France. Toute la production est entièrement destinée à l’exportation.

Ces sociétés deviennent véritablement opérationnelles et attirantes pour l’occident. Il semblerait que 80 à 100 000 unités aient ainsi été créées dont la majorité sont originaires de Hongkong et Taiwan. Toutefois, les plus gros contrats ont été signés avec l’occident comme ceux de l’automobile. Aujourd’hui, environ 200 entreprises françaises sont présentes sur le territoire chinois comme Citroën, Renault. La majorité est au Guangdong et à Shanghai, puis en troisième lieu à Pékin. Il est à noter que dans ces entreprises, le droit du travail est totalement ignoré par la dictature du prolétariat.

 Les entreprises en coopération ou entreprises contractuelles
Elles totalisent 20 à 22% des investissements étrangers et sont entre 30 et 40 000 entreprises. Elles ne sont pas régies par une loi centrale et celle des pertes et profits miias selon un contrat au préalable. Elles sont souvent des entreprises filiales de sociétés qui existent à l’étranger. C’est le processus de la sous-traitance. Les domaines concernés sont la confection, l’industrie du jouet et de l’électronique de consommation. Hongkong investi aussi beaucoup dans l’hôtellerie par le biais de ces entreprises où les formules sont plus souples.

 Les entreprises à 100% étrangères
Elles arrivent bien plus tard mais concernent déjà le quart des entreprises et le phénomène continu car elles sont en plein développement. Il y a toujours un bail de 25 à 50 ans selon la nature du contrat. Hongkong est dominant mais les Etats-Unis et le Japon sont de plus en plus présent. Une partie de ces entreprises ont de investisseurs Chinois, les nouveaux riches qui passent par Hongkong pour réinvestir en Chine. C’est un phénomène spécifique qui en explique le développement massif.


2. Les investissements indirects


A partir de 1979, la Chine accueil les prêts. Actuellement, sa dette dépasse les 100 milliards de dollars américains, ce qui est peut au vu des échelles de la Chine.

Les prêts sont pour 50% des Japonais et vont à l’énergie, les chemins de fer, … Ensuite, 20% vient des organismes internationaux (banque mondiale, ONU,…) et 30% des pays développés.

II. Deuxième volet de la mutation



Cette mutation commerciale est la résultante de la précédente. C’est un des aspects les plus spectaculaires de la RPC. La valeur du commerce a été multipliée par douze entre 1979 et 1999. La valeur des importations s’est accrue en moyenne de 12% par an et de 15% par an pour les exportations. Cela se mesure aussi par la part de ce commerce extérieur chinois dans le PNB, en 1978, il était de 6%, aujourd’hui il est de 25%. Un autre indicateur est la part du commerce extérieur de la Chine dans l’ensemble du commerce international, en 1978, inférieur à 1%, aujourd’hui il dépasse les 7%. L’évolution sectorielle des exportations est aussi révélatrice de ce développement, en 1978, moins de 50% étaient des produits manufacturiers, la majorité était donc des matières premières. Aujourd’hui, c’est de l’ordre de 90% de produits manufacturiers. La mutation est complète.

Les partenaires actuels se divisent entre un peloton de tête de quatre pays : Japon (19%), Hongkong (16%), Etats-Unis (15%) et Union Européenne (15%). Suivis de quatre nouveaux venus : Corée du Sud (7%), Taiwan (6%, sous-estimé car le commerce entre Taiwan et le continent est toujours interdit, tout passe par Hongkong), ASED12 (6%) et Russie (3%). Ces pays assurent 80% du commerce international de la Chine et la balance commerciale est excédentaire pour la Chine. En 1997, il y avait 40 milliards de dollars d’excédents dont 17 milliards sur le commerce sino-américain.

Dans ce commerce, il y a des fournisseurs et des clients. Pour les fournisseurs les Japonais sont en tête (20%) suivis de l’Union Européenne (15%), des Etats-Unis (12%),de la Corée du Sud (8,5%) et de Hongkong (5%). Les meilleurs clients sont Hongkong (21% dont la majorité est réexportée), les Etats-Unis (20%), le Japon (16%), l’Union Européenne (16%) et la Corée du Sud (3,5%).

A. Le commerce du tourisme



L’évolution du tourisme s’inscrit dans le commerce international. La Chine se situe aujourd’hui dans un gisement touristique incomparable par la combinaison du temps et de l’espace. D’autant que la Chine n’a pas été pillée comme d’autres vielles civilisations. Depuis les années 80, c’est un développement de 30% en moyenne par an.


1. Des années 50 à la fin des années 70


Les autorités chinoises ont délivré en tout et pour tout 250 000 visas pendant cette période, soit environ 10 000 visas par an. C’est un tourisme confidentiel surtout constitué de pèlerinages religieux enterre sainte et rouge envers Mao Zedong. Il n’y a presque pas d’équipements, environ 200 hôtels pour étrangers. Les moyens de communications sont aussi très limités et pour des raisons matérielles, les accès sont très restreints. Le tourisme n’est pas considéré comme une activité communiste mais comme un élément parmi d’autre de la propagande.


2. De l’ouverture à nos jours


Le tourisme prend une tournure commerciale, aujourd’hui, environ 60 millions de touristes viennent en Chine chaque année. C’est le 5ème rang mondial. Cependant, c’est essentiellement un tourisme chinois, sur ces 60 millions, un peu plus de 50 millions viennent de Hongkong, Macao, Taiwan et la diaspora. La plupart d’entre eux découvrent leur terre d’origine. C’est un phénomène spécifique à la Chine et il prend des dimensions économiques humaines encore plus important. La Chine était fermée et maintenant elle est ouverte, ils peuvent donc découvrir leurs parents qui vivent dans des conditions matérielles lamentables. Parallèlement, les Chinois du continent voient des gens comme eux qui sont riches et qui ont réussi. Les conséquences sociales sont impressionnantes, ce sont les retrouvailles du monde chinois.

Les touristes étrangers, pas chinois, ne sont que 8 millions avec en tête les Japonais, ce qui s’explique par les proximités géographique, culturelle et historique. Ils sont en moyenne 1,5 million, suivis par les Américains, plus de 600 000. Leur pouvoir d’achat est tel qu’ils ne sont pas gênés pour assouvir leur curiosité. Parmi eux, il y a des chinois d’outre-mer qui ont pris la nationalité américaine et ne sont donc pas quantifiable. Ensuite, les Russes qui sont 500 000 à venir en Chine. Ils passent quotidiennement par le Heilongjiang pour les échanges commerciaux. Les Coréens du Sud sont 300 000 et viennent pour les mêmes raisons que les Japonais. Quand aux Européens, il y a 185 000 Anglais, 150 000 Français et 150 000 Allemands.

A la fin des années 70, le tourisme rapportait 270 millions de dollars et en 1999, c’était de l’ordre de 15 milliards de dollars, soit 4% du PIB. On prévoit d’atteindre 8% du PIB en 2010. Actuellement, la moitié des recettes vont à Pékin et au Guangdong et l’autre moitié à Xi’an, Hangzhou et Guilin.

Une telle évolution dans la rapidité et dans le volume a impliqué une formidable mutation des équipements et du personnel spécialisé. Plus de 6 000 hôtels sont construis qui génèrent tout un secteur commercial et alimentaire. En quelques années ces domaines ont connu un boom impressionnant qui a contribué à la création d’emplois et ainsi des villes chinoises ressuscitent. Le tourisme a aussi mis un coup de fouet aux moyens de transport qui sont alors développés.

Depuis les années 90, on voit des touristes chinois dans le monde, ce qui est le reflet de l’évolution de la société chinoise actuelle. Ce sont des Chinois des nouvelles classes moyennes et supérieures des villes qui ont eu accès à des revenus plus importants. Ils commencent à avoir les moyens de faire du tourisme. Actuellement, ils seraient de plus de 10 millions et les autorités chinoises en prévoient 100 millions en 2020. Parmi ces 10 millions, la moitié est un tourisme sino-chinois, c’est à dire des Chinois du continent qui se rendent à Hongkong et Macao pour les affaires, le tourisme et entretenir leurs concubines… Les autres 5 millions vont essentiellement dans les pays d’Asie. La première destination est la Thaïlande car il y a beaucoup de personnes d’origine chinoise et à cause de la proximité géographique. Ils sont enviroon700 000 Chinois à aller dans ce pays. Puis, 600 000 au Japon et 300 000 à Singapour. En dehors de l’Asie leur destination de prédilection est les Etats-Unis (400 000) et la France (100 000).

B. réforme structurelle des entreprises chinoises d’Etat



Lors du 3ème plénum du 11ème comité central du PPC, en 1978, ont fait un état des lieux. L’appareil industriel est presque entièrement étatique, administré par une énorme bureaucratie. On produisait pour produire, sans se soucier des coûts et des besoins. Toutes les provinces ont leurs propres programmes, supervisé par l’Etat, avec le souci de créer des réseaux industriels complets dans chaque province. Cet aspect bureaucratique se traduit par un cloisonnement d’une entreprise à l’autre, d’une branche à l’autre. L’entreprise d’Etat chinoise est en même temps une entreprise sociale qui prend en charge tous les aspects de la vie de ses employeurs. L’entreprise construit et gères les écoles, les logements, les crèches, les petits hôpitaux et organise les loisirs de son personnel. Résultat, en 1978, plus de la moitié de ces entreprises sont déficitaires et ne fonctionnent que par subventions d’Etat à fonds perdus.. Dans de telles conditions, c’est la stagnation totale, l’appareil est paralysé.

On décide donc de s’attaquer en premier temps au règne de la grande marmite. C’est le budget de l’Etat et quand une entreprise fait du déficit permanent, elle est automatiquement renflouée par la budget de l’Etat. Si elle fait des bénéfices, ceux-ci vont tous à l’Etat. Le personnel, depuis le directeur jusqu’à l’ouvrier, est sur d’avoir un salaire quoiqu’il arrive, c’est la bol de riz en fer, c’est à dire incassable.

On va donc essayer d’introduire le principe de la sanction économique dans la gestion de ces entreprises, en leur permettant de conserver une part des profits. Comme pour l’agriculture, on commence, à partir de 1980, par faire des expériences dans 6 000 entreprises d’Etat dans le Sichuan, en essayant d’introduire cette notion. Le résultat est une résistance massive, un blocage alors que parallèlement les capitaux étrangers se développent. Il faut attendre 1987 pour établir dans certaines entreprises des contrats de responsabilité entre le ministère concerné et la direction de l’entreprise. Les directeurs peuvent verser un impôt préalable à l’Etat et ainsi garder les bénéfices.

En novembre 1993, lors du 14ème congrès national du PCC, on rend officiel la relance de l’ouverture des réformes et on déclare que la Chine devient une économie socialiste de marché. Les mesures concrètes et nouvelles sont alors la diversification des types d’entreprises, la création d’un marché de capitaux (bourses à Shenzhen et Shanghai) et diverses dispositions sans échéanciers d’application.

En janvier 1994, on promulgue une loi sur les société avec une application immédiate d’un programme intitulé à la chinoise «10000 1000 100 10». Cela signifie que 10 000 entreprises verront leurs actifs réellement réévalués, 1 000 autres entreprises seront placées sous le contrôle d’un nouvel organisme intitulé «commission de gestion des actifs d’Etat». Puis 10 entreprises seront transformées immédiatement en sociétés par action et 10 entreprises seront dites «villes» (choisies comme villes pilotent dans lesquelles on va expérimenter une réforme globale de toutes des entreprises y compris les autorisations de licenciement et les liquidations).

Lors du 15ème congrès national du PCC, en septembre 1997, on met en place le processus de transformation des entreprises d’Etat en sociétés par action. Les entreprises seront constituées d’actifs productifs (secteur social) et d’actifs non-productifs. Ces derniers, transformés en filiation, vont être transférés à des municipalités avec une gestion privée. Les actifs productifs sont essentiellement en action d’Etat en faveur d’une nouvelle société qui va en même temps bénéficier d’autres actions d’entreprises, de personnes morales ou du personnel direct. Les conséquences directes sont la présence de trois fois plus de travailleurs et donc une grande vague de licenciement sévis. Ensuite, l’Etat ne rend possible ces changements que s’il reste majoritaire dans les grandes et moyennes entreprises soit 15 000 dont 500 conglomérats considérés comme stratégiques. Moyennant quoi cet Etat se désengage de tout le reste. Par conséquent, 100 000 entreprises où l’Etat ne sera plus majoritaire par action. Toutefois, cela implique un dégraissement des effectifs. Par ailleurs, in problème humain se pose, celui du sort des activités sociales. Elles sont plus ou moins reprises en comptent par les municipalités ou le privé, mais cela ne vaut pas le passé.

A la fin des années 90, il a officielement 16 millions de travailleurs licenciés de ce secteur d’Etat, et il y en a encore 30 millions en surnombre. Or ce chômage industriel qui s’accélère rencontre sur le marché du travail les paysans en exode.

La notion de chômage était tabou dans un Etat ouvrier, par conséquence, il n’y avait pas de mot spécifique. Avant, on les disait Daiye (待业), en attente d’un travail. Aujourd’hui, les Daiye sont les personnes qui viennent de finir leurs études et cherchent un emploi. Aujourd’hui, le mot de chômeur à plusieurs prononciation :
Shiye (实业), qui a perdu son travail

Xiagong (下工), descendre du poste de travail. Ce sont des travailleurs qui ont perdu leur emplois mais continue de recevoir tout ou une partie de leur salaire. Si après trois ans ils n’ont toujours pas retrouvé d’emplois ils deviennent des Shiye.

Fenliu, préretraite. Concerne les personnes de plus de 45 ans et plus qui n’ont plus de travail.

C’est un vocabulaire idéologique, on essaye de marquer le processus de liquidation en le tronquant de vocabulaires différents.
Depuis 1978, la structure de l’Etat a beaucoup évolué sur trois niveaux :

Les entreprises d’Etat : Elles produisaient 90% de la valeur de la production industrielle en 1970. A la fin des années 90, ce n’est plus que 26% avec 40% de l’emploi.

Les entreprises collectives : En 1978, 10 à 20% de la valeur de production et aujourd’hui 38%. Elles sont de différents types : Petites entreprises créées et gérées par le municipalités urbaines ; petites entreprises rurales faites par un héritage des communes populaires et des entreprises crées par les bourgades.

Les entreprises créées par des privés, souvent des cadres du PCC.

Les entreprises à capitaux étrangers.

Tout cela se traduit par une nouvelle configuration du travail industriel en Chine, configuration en mouvement et qui présente pour le moment trois aspects :
– Une population massivement rurale pourvoyeuse de main d’œuvre à très bon marché. Elle trouve à s’employer dans des secteurs industriels et urbains où règnent des conditions d’exploitations dignes des pires époques du XIXème siècle.

– Une population des villes dotées de nombreux secteurs d’activités en particulier industriels dans les entreprises d’Etat et qui est entrain de perdre sa situation privilégiée créée par le PCC. On se retrouve donc avec

– Une autre population citadine qui commence à accéder à l’emploi mais en concurrence avec l’exode rural.

On se retrouve donc avec un télescopage de deux extrêmes, une classe ouvrière licenciée «post-moderne» et une nouvelle classe ouvrière venue des campagnes travaillant dans des conditions horribles. Tout ça est lourd de turbulences de toutes sortes, qui se traduit par des manifestations ouvrières massives de plus en plus importante. Spécialement en Chine du Nord- Est qui est le fief de l’ancienne industrie lourde et où de smillions de travailleurs sont jetés, mais ils commencent à s’organiser.
A tous ces problèmes, s’ajoute l’entrée de la Chine dans l’organisation mondiale du commerce (OMC) où Taiwan y figure depuis longtemps. Elle y est admise en juillet 2000 et effective en novembre 2001. L’OMC est destiné a ouvrir entièrement la Chine à l’économie monde. Avant de s’ouvrir à cette économie, la Chine doit abattre ses frontières intérieures qui semblent solides. Ces frontières sont celles des provinces, des entraves de toutes sortes sont présentes d’une province à l’autre. Ces provinces sont d’une taille telle qu’elle fonctionne comme un Etat à proprement dit. Par exemple, le Henan et l’Anhui sont des grands producteurs de tabac, de même pour le Yunnan et le Guizhou. Cependant, il interdit d’y vendre des cigarettes du Henan et de l’Anhui, alors qu’on trouve des cigarettes américaines. Un autre exemple, celui de la bière, la bière Yanjing coûte 0,2 $ à Pékin, où elle est produite, et 2$ dans le Sichuan. Il en est de même pour les secteurs bancaires, les services,…. Tout se passe comme si l’économie chinoise tout en s’ouvrant à l’extérieur s’était morcelée de l’intérieur.
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