La Chine continentale d’aujourd’hui correspond à celle qui a été mise en place en 1949 par la République Populaire de Chine (rpc). Par ailleurs, tout un monde








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Chapitre X



L’agriculture chinoise



I. les huits caractères fondamentaux de cette agriculture



Le premier caractère d’une telle agriculture est sa profondeur historique. La Chine réalise sa première révolution agricole au Vème siècle AE. C’est alors l’agriculture la plus avancée du monde et cela jusqu’au XVIIIème siècle. Les transformations qu’elle connaît depuis ces cinquante dernières années sont les plus importantes et les plus rapides de l’histoire mondiale.

Par ailleurs, les dimensions humaines qu’elle prend constituent un autre aspect fondamental. La Chine compte la plus grande population agricole du monde, plus de 50% (environ 600 millions) de Chinois sont encore engagés dans la production agricole (5% en France).

Les limites agricoles sont également spécifiques, le territoire chinois possède 12% de plaine et l’agriculture chinoise est fondamentalement de plaine. Le sol est plein alors que la population continue de croître. En France, on a deux actifs agricoles pour une moyenne de 40 hectares cultivés et ils sont subventionnés. En Chine, c’est deux actifs pour 1 hectare et ils ne sont pas subventionnés.

Ensuite, la civilisation chinoise a été et reste une agriculture céréalière. En effet, le 3/4 des terres cultivées portent des céréales (riz, blé, maïs, soja). Ce choix est très pertinent car un hectare de riz apporte à un homme cinq fois plus de calories qu’un hectare destiné à l’élevage. Seule une culture céréalière est capable de nourrir un maximum de personnes. Toutefois, cette situation est entrain de changer.

Dans ces conditions, c’est une agriculture condamnée à l’intensification sur place, et cela depuis des siècles. La population et les besoins augmentent sans qu’on puisse augmenter les surfaces. Une double réponse est alors apportée : grâce au génie rizicole, on donne plusieurs récoltes et les progrès agronomiques font exploser le riz à l’unité. On assiste donc à la multiplicité des récoltes et à la hausse des rendements. Le coût de la main d’œuvre n’est cependant pas comptabilisé, c’est le résultat qui compte… Les paysans utilisent pour cela des engrais humains, excréments, qui donnent 5 tonnes par mois pour un village. Pendant la RPC, on récoltait 2 tonnes de riz par hectare, aujourd’hui c’est de l’ordre de 5 tonnes. Pour le blé, c’est de 2 à 4 tonnes et pour le maïs de 1,5 tonnes à 5 tonnes. Ce sont les résultats de l’intensification.

Puis, un autre caractère important est la maîtrise de l’eau et avec le développement, ce problème est devenu catastrophique. Plus de la moitié des cultures doivent recevoir de l’eau par intervention humaine. Autrement dit, 60 millions d’hectare auxquels l’homme doit régulièrement apporté de l’eau, souvent par système d’irrigation. Cette agriculture s’inscrit dans les grands écosystèmes vus précédemment. L’agriculture chinoise intensive suppose l’irrigation, il faut donc des sources et des techniques. Aujourd’hui les problèmes de l’encadrement et du gaspillage se posent. Toute l’agriculture du Nord est irriguée par les pluies qui descendent de la nappe naturelle, or l’épuisement des nappes semble proche. L’irrigation est un facteur de l’intensification et de limitation.

De plus, les terroirs sont limités et les terres se réduisent. Depuis 1949, sur les fronts pionniers, on aurait défriché environ 25 millions d’hectares mais en même temps 40 millions d’hectares sont absorbés par l’urbanisation ou l’érosion. Depuis les années 80, du fait d’une urbanisation conquérante et indispensable, les surfaces diminuent encore plus. Urbanisation qui se développe souvent sur les meilleurs sols… C’est une limite qui s’accuse. Se pose encore le problème de l’intensification sur des terroirs réduits, qui permet néanmoins d’augmenter les récoltes. Officiellement, il y aurait 95 à 100 millions d’hectares cultivés et 150 millions d’hectares récoltés. Grâce à l’intensification, au lieu d’une récolte par an sur une culture, au Sud, on a trois récoltes.

Pour finir, depuis l’ouverture de la Chine, le développement des OGN et son entrée dans l’instance internationale (OMC), il y a de nouveaux soucis. Ce qui compte désormais, se sont les rendements, c’est le seul objectif important pour la Chine. Les OGN augmentent ces rendements, tout le coton du Nord c’est OGN. De plus, l’entrée dans l’OMC va rendre les céréales (blé, maïs) américaine d’exportation beaucoup moins chère que la culture céréalière en Chine. Un délestage de l’agriculture céréalière est donc à prévoir, il faudra des reconversions à valeurs ajoutées plus fortes et aux échelles de la Chine cela va avoir des effets pervers. Le problème n’est pas nécessairement mauvais à long terme mais dans l’immédiat ?

II. La géographie de l’agriculture



Cette géographie s’inscrit dans celle des écosystèmes qui confèrent à la géographie agricole une belle complexité. Cette dernière procède de la profondeur historique et du génie agraire chinois. Deux points principaux sont à retenir, la différenciation fondamentale entre l’Est et l’Ouest et la dichotomie au sein de la partie orientale de la moitié Est entre le Nord et le Sud (de part et d’autre du fleuve Huai).

La dichotomie Ouest – Est fait que toute la moitié occidentale (grandes terres, désert, aridité et autres civilisations agricoles) ne porte guère que 10% des terres cultivées qui produisent 5% des récoltes. Celles-ci n’existent qu’en fonction de la maîtrise de l’eau, c’est une condition sine qua non. Par ailleurs, elle porte près de la moitié du gros bétail. Par conséquent, la moitié Est (la Chine des moussons, massivement peuplée de Han) est par définition la Chine agricole et porte 90% des terres cultivées. Ici, seul l’élevage des cochons est vraiment intégré (400 à 500 millions de cochons).

Ensuite, le Nord se distingue du Sud par ses cultures de blé, maïs, soja et coton ; alors qu’au Sud c’est l’univers de la rizière mais aussi d’autres cultures. Dans cette région les grands génies agraires que sont le thé et le mûrier apparaissent.

A. Le milieu aride de l’ouest



L’agriculture n’existe que là où l’on a su maîtriser l’eau, c’est le domaine des hautes terres, des déserts et de l’aridité.


1. La boucle du fleuve Jaune


Elle s’inscrit dans le désert mais le fleuve apporte de l’eau. Les hommes ont par conséquent développé une agriculture limitée grâce à une technique antique, celles des canaux de dérivations. Ils sont branchés sur le fleuve et apporte de l’eau en suivant un quadrillage. Les principaux réseaux sont ceux du périmètre du Hetao et dans le Ningxia. Grâce à cette irrigation on y fait une polyculture : blé, coton et cucurbitacées (melon, pastèque, …). Le réseau de Hetao a été mis en valeur par les Han sous la dynastie Qing. Il est repris par la RPC, sous forme de fermes d’états et y fait pousser du blé, de la betterave à sucre et du lin.

2. Le Xinjiang


C’est le domaine aride et hyper-aride, où il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de culture. Cependant, dans ce gigantisme désertique, les montagnes célestes sont de véritables châteaux d’eau. Lors de la fonte des neiges, des torrents dévalent les pentes et les hommes ont appris à les maîtriser. Deux types distincts s’observent alors :
Les oasis du Tarim : Elles sont cultivées par les Ouïgours qui captent les hautes crues selon des méthodes traditionnelles venues de la Perse. C’est le système dit des Karez, qui consiste à aller chercher les eaux souterraines. Le développement des oasis se traduit par une polyculture, on ne peut pas risquer d’avoir de mauvaises cultures. Si le désert dispose d’eau son sol est alors très riche. Les Ouïgours font tous types de céréales (blé, maïs, riz), fruits (abricots, raisins), des cucurbitacées et des plantes textiles (coton, chanvre). Néanmoins, les oasis sont démographiquement surchargés et la population connaît une pauvreté proportionnelle.
Au Nord, au contact de la Dzoungarie : A partir des années 50, l’agriculture irriguée est mise au point par des fermes d’Etat qui sont développées selon le même principe de captage des eaux descendues des massifs. Elles représentent environ 3 millions d’hectares. A l’origine se sont des fermes militaires «corps de construction et de production» de l’armée de libération populaire qui commencent à développer ces sols. Tout en produisant, elles veillent sur les minorités et sur les frontières. Ils ont des moyens techniques. Quand les années du modèle soviétique arrivent, elles deviennent des fermes pénitentiaires plus ou moins militairement encadrées. Des sortes de goulags qui se transforment ensuite en fermes d’Etat civiles avec une agriculture ponctuelle. Le but est de mettre en valeur des terres désertiques par des systèmes d’irrigation. Les fermes sont spécialisées dans le coton et les céréales. Le Xinjiang est le premier producteur de coton de Chine.

3. Le Tibet


Dans cette région, l’agriculture se situe dans la vallée du Brahmapoutre supérieur. Les paysans captent les eaux des fontes et de crues tout en étant limités par la très haute altitude. Par conséquent, la culture se réduit à une seule céréale, celle de l’orge qui peut pousser à 4 000m. On peut aussi trouver des navets, des racines, des bulbes et quelques légumes. On rencontre également des fermes d’Etat dans cette province.

B. La Chine de l’Est



1. Le Nord de la Huai



Les pays du fleuve Jaune
Cette région est toujours l’officiel berceau de la civilisation chinoise. Ici, les sols ne sont arrosés que l’été et par conséquent, traditionnellement, c’est une culture d’été et cela depuis le néolithique. Autrement dit, des céréales traditionnelles qui sont le millet et le gaoliang (nom d’un sorgho chinois). Ces céréales rustiques ne sont pas exigeantes mais ne rendent pas beaucoup. Elles ont été depuis 40 ans remplacées presque en totalité par le maïs (importé des Etats-Unis) qui est parfaitement adapté à l’écosystème de la Chine du Nord. C’est la céréale de l’été. Il produit 5 tonnes à l’hectare. Actuellement il occupe 60% des surfaces cultivables des pays du Fleuve Jaune. Le gaoliang est conservé pour faire de l’alcool. C’est un succès agricole très important car les rendements sont cinq fois plus grands.

Avec le génie agraire chinois, le soja est introduit en Chine au Vème siècle AE. Le soja est de la famille des haricots c’est à dire une légumineuse qui à la capacité d’enrichir le sol. Il fixe l’azote dans les sols et sert ainsi d’engrais. C’est un grand bénéfice alimentaire, industriel et agricole. Il est complémentaire des céréales, on pratique donc la rotation.

Le chanvre traditionnel est progressivement remplacé par le coton.

Le millet, le soja et le gaoliang sont des cultures traditionnelles d’été. Pendant deux millénaires, le reste de l’année était inutilisé, mais quand la densité humaine chinoise augmente, on se retrouve dans la nécessité de trouver un moyen pour mettre les sols en valeur le reste de l’année. Ainsi, par la route des oasis, le blé arrive de la Méditerranée. Il atteint la Chine du Nord vers le IIIème siècle AE, sous la dynastie Han. Il répond au problème de la Chine mais il ne convient pas à l’écosystème de la Chine du Nord car au printemps c’est la sécheresse, on an une culture à contre-saison. Le génie chinois invente alors le Miangengfa (dry-farming), la jachère travaillée soit une méthode sans culture. On ne cultive pas volontairement les champs pendant trois ans mais on les travaille (labourage, arrosage, binage) sans les semer. Par conséquent, les sols emmagasinent de l’humidité, alors on sème et le blé pousse. Le problème c’est qu’on a des récoltes que tous les trois ans. On a donc un faible rendement au prix d’un labeur humain considérable, cependant, cela reste bénéfique pour la Chine car avant elle n’avait rien et le travail humain ne compte pas… Par la suite, la densité humaine augmente ainsi que la demande urbaine en blé. De ce fait, on va creuser des puits pour aller chercher de l’eau dans les souterrains, le blé est arrosé au printemps. Progressivement, les cultures sont entièrement irriguées et l’hiver devient un hiver de blé. Depuis la RPC on est passé de 1 tonne de récoltes à 5 tonnes.

Cette Chine du Nord est caractérisé par la trilogie : blé, maïs et coton. Les pays du fleuve Jaune représentent 1 millions de km², on distingue donc trois caractères principaux :
La grande plaine du fleuve Jaune : Elle est la plus représentative de la trilogie. On y voit des grandes terres de coton et de blé en hiver ; du soja et du maïs en été.

Les pays du loess : Ce domaine est le moins arrosé et le plus attaqué par l’érosion, de ce fait le blé et le coton deviennent secondaires. Le maïs domine. Ici ou là on peut aussi trouver du gaoliang et du sésame.

Les collines du Shandong : Ici, le phénomène est une des exceptions de la civilisation agraire de la Chine. Les collines du Shandong, qui ailleurs seraient plus ou moins négligées, sont intensivement cultivées. Les pentes sont façonnées en escalier de terrasses et on trouve une formidable polyculture : céréales (blé, maïs, avant gaoliang), coton, soja, légumes, arbres fruitiers (traditionnellement pommiers et poiriers), arachides (première production de Chine grâce à la mousson), vigne à vin… Cependant, la surface démographique est impressionnante et ce dispositif est actuellement en déséquilibre.

La Chine du Nord – Est
Ce pays neuf est mis en valeur à partir du milieu du XIXème siècle par les migrants du Shandong et du Hebei. Ils transposent leurs agricultures, reconduction du millet, gaoliang, maïs et soja. Les terres sont vierges, fertiles et vastes mais possèdent des limites climatiques. Seule une culture d’été est possible, soit le gaoliang qui est remplacé par la suite par le maïs. Le soja revient également comme culture d’été. Le couple de l’été qui s’étend sur des immensités est donc : maïs et soja. En hiver, les hommes travaillent dans des chantiers urbains, dans l’artisanat, dans les mines de charbon et à la chasse. Sur un million de km² deux ensembles se distinguent :
Extrémité sud, le Liaoning : Cette région a été mise en valeur par les paysans du Shandong, le climat étant plus ou moins celui de la Chine du Nord, le système agricole est donc identique. C’est un autre Shandong pour l’agriculture.

Extrémité Nord, le Heilongjiang : C’est le domaine des fronts pionniers dans le cadre d’immenses fermes d’Etat. Ce sont des fermes agricoles et plus en plus des fermes d’élevage. Ces fermes reprennent le modèle soviétique et développe la betterave à sucre, le blé de printemps, le lin et le soja, le tout en été. Actuellement, on développe l’élevage des bovins, aussi bien pour le lait que pour la viande avec une intervention financière et technique des Danois et des Suédois.


2. Le Sud de la huai


C’est l’univers de la rizière qui découle en grande partie du génie chinois. Le riz est une céréale tropicale du sud de l’Inde et de l’Indochine. C’est plus qu’une culture, c’est un fait culturel. On procède à la riziculture intensive, autrement dit, on profite de la conjoncture de la mousson, du génie humain et du labeur de l’homme pour parvenir à des récoltes. Cela suppose une société, d’où un fait culturel. Au Sud de la Huai et jusqu’à Canton, près de 70% des terres cultivées sont des rizières et le rendement est passé en 50, 60 ans de 2,5 tonnes par hectares à 6 tonnes.

Un système typique est la rizière irriguée intensive qui par son fait culturel et cultural a permit à cette plante d’arriver jusqu’en Mandchourie. Cependant, cela nécessite l’intervention humaine pour amener de l’eau. Des dispositifs de distribution et de gestion de l’eau sont donc découverts. L’eau du ciel est insuffisante, c’est donc à l’homme de compléter en stockant l’eau, en irriguant et en en gérant la distribution. Tous ces processus doivent être fait sur l’échelle d’un continent. Grâce aux techniques de l’eau, de l’encadrement, de gestion et d’organisation c’est désormais possible. C’est un fait de civilisation au niveau de l’Etat, de la province, du district et de village. La riziculture intensive est une technique de repiquage. C’est au cours de la dynastie de Tang que le génie humain a mis cette technique en place. Les autres céréales sont semées directement dans les champs, pour le riz, il faut que se soient des millions de mains qui le fassent, sinon les rendements sont trop faibles. Avec le repiquage, on économise 100kg de graines par hectare. Le repiquage consiste, dans un premier temps, à semer à la main les graines dans une petite parcelle (pépinière) entièrement organisée et surveillée. Les excréments humains servent d’engrais. On a alors une grande intensité. Le riz est semé en avril – mai et pendant ce temps les pépinières restent vides, le riz étant dans les petits lopins de terre. Il reste pendant un mois, un mois et demi et pendant ce temps on récolte les cultures d’hiver (blé). Lorsque le riz, dans les pépinières, atteint 3 à 4 cm, on le repique dans les rizières labourées et on met en eau. Les pertes sont inexistantes et on économise un maximum de graines. La main d’œuvre est toutefois considérable et ne coûte presque rien. Les découvertes agronomiques permettent d’obtenir des riz plus tardifs. On a des doubles récoltes dans le sud. Les riz de saisons et de variétés différentes permettent des rendements plus importants.

Cet univers se différencie en deux grands ensemble :

Le bassin du Changjiang
Le climat est tempéré et tropical ce qui se traduit directement sur l’agriculture ; En été, on cultive du riz et en hiver du blé et du colza. L’interpénétration riz/blé est rendue possible par le repiquage. Des cultures emblématiques apparaissent aussi comme le mûrier et le thé. Ce bassin de 2 millions de km² se divise en trois domaines :
En aval, le delta du fleuve : C’est par excellence le milieu du riz d’été et du colza/blé en hiver. Le sud du delta, dans le bassin du lac Tai, est le berceau mondial du ver à soie. Ce dernier, se cultive en été, en même temps que le riz. Sur le littoral, on a également de grandes productions de cotons

Plaines et collines du moyen Hubei, Hunan et Jiangxi : Ce sont des plaines lacustres où 75% des sols est utilisé pour le riz. Le blé d’hiver est remplacé par un engrais vert : l’astragale de Chine (légumineuse qui enrichie le sol). Une autre plante est associée à la rizière, la ramie, une plante textile indigène dont les fibres sont très solides. Les collines aux alentours sont parsemées de théiers. On retrouve deux types, un pour le breuvage (camélia sinensis) et un pour faire de l’huile alimentaire en utilisant les fruits (huile de camélia). Ce sont des grands crus du thé chinois.

En amont, le Sichuan : «le jardin de l’Asie», tout ce qui pousse en Chine pousse au Sichuan. Les cultures sont tropicales. Grâce à un écosystème extraordinaire, les collines sont intégralement aménagées. De la base jusqu’à mi-pente, on trouve des terrasses de rizières, on a de ce fait du riz en été et du blé, colza et légumes en hiver mais en terrasses aménagées. A la mi-pente, se sont des fermes individuelles, il n’y a pas de village et les pépinières. Les paysans élèvent des cochons, font pousser des arbres fruitiers (surtout orange) et d’autres végétations arbustives comme le bambou. Plus en hauteur, on ne trouve plus de terrasses mais des céréales sèches (maïs, gaoliang) et des féculents (pomme de terre, patate douce). Jadis, les sommets étaient le domaine des forêts mixtes mais suite à l’érosion et la densité démographique, elles ont disparues. Il y a rupture d’équilibre. Le Sichuan offre une grande richesse gastronomique car l’agriculture est très florissante.

La Chine méridionale
Elle correspond aux provinces du Zhejiang, du Fujian, du Guangdong, du Guangxi, du Yunnan, du Guizhou et de Hainan. La conjonction climatique de la chaleur et de la pluie entraîne la culture du double riz. Le génie chinois a su sélectionner à partir du XIIème, XIIIème siècle un riz hâtif, repiqué en mars – avril et récolté en été, suivi d’un riz d’été (juillet – novembre) plus abondante. Cependant c’est au prix d’un travail et d’une maîtrise de l’eau d’autant plus considérable qui traditionnellement correspondent aux très fortes densités humaines. On y rencontre les plus vigoureuses oppositions topographiques : plaines en confettis et univers colinéaire considérable. On a quatre grandes oppositions :
L’agriculture des plaines et vallées : Elle est très réduite mais bénéficie de conditions climatiques favorables et d’une énorme densité de population. Région du double riz avec une deuxième récolte issu d’un second repiquage de novembre à mars. Il y a également une troisième culture de légumes, de tabac et de légumineuses. Elle est réduite dans l’espace mais d’une intensité importante. Il y a une grande exception, le delta de la rivière des perles (12 000km²) qui jusque sous les Tang était une région complètement amphibie. Elle a été entièrement aménagée et son milieu maîtrisé pour être finalement mise en valeur grâce au double riz ; et en hiver la culture des légumes, des légumineuses et de la canne à sucre. On y associe également le mûrier avec des étangs de piscicultures intensives. Cependant, depuis les années 80, l’urbanisation de la région bouleverse toute cette organisation.
Le domaine colinéaire : Il est soit déforesté et gravement érodé, soit voué à des plantations sur les basses pentes de théiers et de plus en plus de fruits. Ce sont les théiers du Zhejiang et du Fujian dont les crus sont les plus fameux et les plus réputés. Ce sont des écosystèmes anthropiques qui se sont noyés entre le climat, la densité humaine et les courants commerciaux. Les densités humaines ont généré des plaines surchargées qui ont fourni une main d’œuvre importante et bon marché aux plantations de théiers. Le développement de la culture des fruits (agrumes, citrons, oranges, mandarines et ananas) date des années 80 et se situe autant sur le marché national qu’international.
Les reliefs karstiques : C’est le Guizhou, le Yunnan et le Guangxi septentrional. Ce sont des régions qui connaissent des difficultés d’ordre morphologiques et climatiques. A cause des pluies abondantes, la culture du double riz devient difficile. On retrouve donc la culture du riz l’été et des cultures spécifiques en hiver : légumineuses, fèves, tabac du Yunnan.
Hainan : C’est la seule province insulaire et entièrement tropicale de Chine. Il y fait encore plus chaud et la pluie y est encore plus abondante. Dans les meilleures plaines du nord de l’île, on peut faire jusqu’à trois récoltes de riz (culture du double riz plus une récolte supplémentaire en hiver). Les conditions humaines et techniques sont d’autant plus importantes. L’agriculture de plantations tropicales occupe plus de 500 000 hectares dont la moitié est réservée à l’hévéa, la canne à sucre, le palmier à l’huile, le cocotier, le poivrier, le caféier, le cacao, le latex… C’est une gamme de culture tropicale spécifique développé surtout dans le cadre des fermes d’Etat. Ces dernières étaient dans un premier temps des fermes militaires que l’on organisait en fermes d’Etat, réservée aux réfugiés chinois d ‘Asie du Sud-Est. La plupart de ces cultures de plantations viennent d’Asie du Sud-Est, l’hévéa et le caféier ont été introduis à Hainan au XXème siècle par un émigré hananais patriote. Le cacao a été introduit de l’Afrique en 1930, la canne à sucre a été introduite en 1939 dans le cadre de l’occupation japonaise ; enfin, le palmier à été introduit par un Chinois de Singapour.

III. Les grands emblèmes du génie agraire chinois


A. Le soja



C’est une légumineuse de la famille des haricots. A l’origine, elle était une plante indigène de Mandchourie et n’était pas cultivée. Puis, les Mandchous l’offrent en tribu à l’empereur chinois au VIIème siècle, par la suite, le génie chinois en a fait une culture fondamentale de l’agronomie et une plante à tout faire. Le terme de soja vient du toungouse «Suy» (le grand haricot) et il devient Dadou (大豆) en langue chinoise. Il fait une hauteur d’environ 10 à 15 cm. Toutefois, dans l’invention de ses utilisations, le soja est chinois.

Dans un premier temps, il a provoqué une véritable révolution agronomique. Les Chinois ont trouvé que cette plante a des racines qui vivent en symbiose avec le rizhobiome. La plante apporte des éléments à la bactérie qui extrait l’azote de l’air puis la communique au soja. Jusqu’à cette découverte, on faisait en Chine du Nord que des céréales et avec l’arrivée de la légumineuse, le sol s’enrichis et les récoltes sont meilleures.

C’est d’abord une plante alimentaire qui est très riche en protéine (38%) et donc très importante pour un peuple qui mange guère de viande rouge. Mais c’est aussi une plante à tout faire :

Soja


Industries diverses

Industries agro-alimentaires

Feuilles gousses


Cellulo , poupées

100 kg de grains = 18 l d’huile

Farine

Broyage filtrage

Engrais verts, pâtures



Peinture, vernis




Huile, margarine




Daifu

lait

Bovins




Savons, détergeants

72kg de tourteaux

Vermicelles




Sauce, levure




Explosifs

Viande, lait, oeuf

Bétail

Steak

Viande, lait

Le tourteau est une aliment inégalable, un formidable engrais et idéal pour le bétail

B. Du théier à la théière



Le théier est un arbre indigène de la Chine centrale et méridionale. Il est de la famille des camélias, celui de Chine se nomme le Camélia Sinensis. Il a été découvert comme plante médicinale et l’est resté pendant 3 000 ans. Puis, au VIIIème siècle, il devient un légume de la gastronomie chinoise. C’est sous la dynastie Tang qu’il est utilisé comme breuvage. Il conquiert très vite le Japon, la Mongolie, le Tibet (IXème siècle), en Arabie (Xème), Russie (XVème) et l’occident au XVIIème siècle. Ce sont les navigateurs hollandais et portugais qui vont introduire ce breuvage en Europe occidentale. Pendant deux siècles et demi, la Chine a le monopôle international de la vente de thé. Le secret du thé est surveillé et conservé en Chine. Cependant, en 1840, c’est la guerre de l’opium et de thé. En effet, les Britanniques envois un Ecossais, monsieur Fortiung, en 1849 au Fujian. Il s’introduit sur les plantations et recrute huit spécialistes chinois du thé. Il rentre avec eux et 20 000 plantes en Inde. En 1866, les plantations Ceylan naissent et les Britanniques prennent le monopôle. En Chine, cela se traduit par un effondrement total et particulièrement pour la province du Fujian.

Des routes particulières se sont mises en place qui correspondent à une géographie linguistique :
Du Fujian : Dans le dialecte Minnan, le thé se dit Tay. La route est maritime et de ce fait, certaines populations nomme le thé par une dérivation de ce terme. Il s’agit des Cinghalais, des Malaysiens, des Tamouls et de certains peuples d’Europe occidentale.
Du Guangdong : Le thé se dit Sha, c’est aussi une route maritime. Les peuples vietnamiens, hindis, arabes, éthiopiens, portugais,… ont une nomination dérivée de cette prononciation.
De Pékin : Ici, le thé se dit Cha. La route est continentale et va vers la Corée, la Russie, l’Iran, la Turquie,… Les peuples de ces pays emplois un dérivé de Cha.

L’Inde détient toujours la production la plus importante de thé, soit 1 million de tonne de thé sec ; la Chine arrive en deuxième position avec 600 000 tonnes.

Un hectare de théier demande 1 000 journées de travail (dont 600 jours de cueillette et 400 jours pour le conditionnement de la récolte) pour produire 20 quintaux de thé sec, ce qui suppose l’entretient annuel des plantations. La saveur du thé se distingue par la saison où il a été récolté. Le thé d’avant la saison des pluies, mai – juin, est nettement plus agréable que celui des saisons suivantes. Des types de thés sont inventés par les Chinois et on peut distinguer six grandes catégories :
Le thé vert (绿茶) : il est le plus produis et le plus consommé à travers le monde. Les feuilles, une fois récoltées, sont séchées au soleil ou sur des plaques chauffantes. Le thé garde ainsi toutes ses vitamines. Les grands crus sont : Thé de Longjing (Puits du dragon) à Hangzhou et le thé Tunqi dans l’Anhui.
Le thé rouge (红茶) : Aussi appelé thé noir. C’est un thé qui avant le séchage subit naturellement un processus de fermentation. Il est très gastronomique. Voici quelques grands crus : Thé Qimen de l’Anhui et le thé Pu’er du Yunnan.
Le thé parfumé (花茶) : Thés verts ou rouges mais auxquels on incorpore des fleurs séchées. Le plus connu est le Longjing au jasmin.
Le thé Wulong (舞龙) Il est produit à Taiwan et dans le Fujian, c’est un thé semi fermenté, le cœur reste vert, seul le contour est fermenté.
Le thé compressé (Yacha ou Tuocha) : Aussi appelé thés en briques. On passe les feuilles à la vapeur puis on les sèche et on les compresse. C’est un conditionnement mis en place pour faciliter le transport.
Le thé blanc (百茶) : C’est le thé de l’empereur, de l’aristocratie. Il est uniquement constitué par des bourgeons ou des feuilles qui viennent juste de se former. Ce nom de thé peut aussi désigner le thé des pauvres, l’eau chaude toute simple.

Les premiers consommateurs de thé sont les Azerbaïdjanais avec 4kg par an, puis les Irlandais avec 3,5kg et les Anglais avec de 2 à 3kg. Les Japonais et les Chinois ne dépassent pas le kilo, les Français, moins de 100gr.

C. Du mûrier au corsage



Le mûrier est, à l’origine, un grand arbre et il existe plusieurs variétés, mais seul le mûrier blanc donne de la soie. Le nom scientifique de cet arbre est morus alba, en chinois Sang Shu (桑树). En plus de cet arbre, il faut un papillon spécial, le bombyx du mûrier, bombyx mori, Sang Can (桑蚕). Ce papillon pond des œufs qui donnent naissance à des chenilles (can e 蚕蛾). Elles croquent les feuilles du mûrier pour aboutir à l’élaboration de cocons (can jian 蚕茧). Le cocon va donner la soie (si 丝).

On ne sait pas vraiment comment le génie chinois a découvert ce processus. Il semblerait que cela remonte du néolithique. Les papillons copulent pendant deux jours et deux nuits, puis la femelle pond 500 à 600 œufs dix jours plus tard. Avant que la femelle ne meurt, elle répand ses œufs un peu partout. L’éclosion a lieu au printemps suivant, les vers dévorent alors les feuilles des mûriers jours et nuit pendant un mois. Puis, ils deviennent de grosses chenilles de 8cm. Elles s’arrêtent brutalement de manger et commencent à fabriquer leurs cocons dans lequel elles s’enferment. En deux jours, elles font en moyenne 1 à 2km de fil de soie. Les chenilles deviennent des chrysalides qui sont très fragiles et de ce fait, les cocons sont très solides. Au bout de 20 jours, les cocons éclatent et les papillons s’envolent…

Pendant deux millénaires, les cocons sont ramassés directement sur les mûriers pour faire de la soie. La demande s’est développée et la cueillette ne suffit plus. En effet, la taille des mûriers, la perte des œufs et les cocons éclatés empêche un rendement maximum. De ce fait, à partir de la dynastie Tang, le génie chinois frappe en apprenant à maîtriser totalement le processus qui conduit du mûrier au corsage. A tel point, que depuis longtemps, il n’y a plus de bombyx de mûrier à l’état sauvage, ils ont été entièrement domestiqués.

Dans un premier temps, on transforme le mûrier en buisson. Le rendement est alors considérablement plus important et plus facile à conduire. Puis, on les transfère du Nord au delta du Changjiang car les sols y sont plus fertiles.

Ensuite, la deuxième mesure entreprise concerne la fabrication des œufs. Les bombyx sont enfermés dans des locaux spécifiques et leurs reproductions sont entièrement contrôlées par l’homme. Après que les femelles aient pondu, on garde les œufs à une température n’excède pas 10°C. Les œufs sont alors plus élastiques ce qui facilite leur vente car ils sont moins cassables.

Enfin, l’élevage des vers à soie est aussi maîtrisé. Les magnaneries (can shi 蚕食) sont mises au point (locaux spécifiques) où les vers dévorent les feuilles. La température est contrôlée pour qu’elle reste entre 15 et 25°C. Cette température est la meilleure condition pour l’éclosion à condition de fournir jour et nuit des feuilles de mûrier. Cette organisation dure pendant un mois, quand les chenilles s’arrêtent enfin de manger. Puis, elles fabriquent leurs cocons qui devraient être brisé par les papillons une vingtaine de jours plus tard. Toutefois, avant qu’ils éclatent, on ébouillante les cocons afin de les vider. Puis, les cocons sont triés et lavés pour ensuite les passer sur un tapis roulant d’où le fil de soie sort. Une fois les bobines pleines, on les envoie dans des ateliers de décreusage du fils. Pour finir, le tout va dans des industries de textile et de la confection qui mettront en place de magnifiques corsages.

On obtient ainsi une équation :


60 000 vers pondus par 100 bombyx




1ha de mûriers

13t de feuilles




600kg de cocons + 1t d’excréments pour les poissons




37kg de soie souple

50kg de soie grège (brute)




350 à 400 corsages

ou

800 à 1 000 culottes



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