La Chine continentale d’aujourd’hui correspond à celle qui a été mise en place en 1949 par la République Populaire de Chine (rpc). Par ailleurs, tout un monde








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Chapitre IX



Les mutations du monde paysan de la Chine depuis 1949




Cette plus grande masse paysanne du monde a connu depuis les années 49-50, les plus grands bouleversements. Jusqu’à maintenant ces bouleversements se sont opérés en quatre étapes principales.

I. La réforme agraire



Elle est promulguée par la loi du 28 juin 1950. Cette réforme est inouïe par ses échelles et par sa fulgurance. Avec l’encadrement du PCC, on va en quelques mois confisquer, selon une classification faite par Mao Zedong, la moitié des terres cultivées, soit près de 50 millions d’hectares. Elles sont confisquées à ceux considérés comme les exploiteurs du peuple, c’est à dire les propriétaires fonciers et une partie des «paysans riches». En Union Soviétique cette attitude conduis à la nationalisation des terres, mais en Chine, elles sont redistribuées aux exploités (paysans sans terre, ouvriers agricoles). Ce changement a lieu du jour au lendemain. Cette réforme est réalisée au sein de chaque village où les cadres du Parti organisent des associations de paysans pauvres pour dénoncer les exploiteurs. Ils répartissent les biens et procède à l’exécution de 2 millions d’exploitants. La multitude paysanne a l’habitude de voir arriver des bandes qui viennent et puis qui disparaissent. Pour eux, les communistes sont une bande comme une autre. Pour les paysans, le pouvoir réel est détenu par les propriétaires fonciers, par conséquent, ils n’ont pas voulu prendre les terres que les communistes leur donnaient. C’est pourquoi des exécutions ont eu lieues.

Ainsi, la multitude de paysans pauvres s’est retrouvée avec des lopins de terres. On aboutit alors à une double contradiction : d’un côté la pulvérisation de l’exploitation agricole, qui sur le plan humain est remarquable, permet à la paysannerie de se nourrir ; et une idéologie avec un nouveau régime qui se recommande du communisme et dont la première action est de fabriquer des petites propriétés.

II. Les années du modèle soviétique



Dès 1953, début du premier plan quinquennal d’industrialisation, cette paysannerie est officiellement encouragée à s’organiser en coopératives. Ces dernières regroupent en moyenne une trentaine de familles qui vont mettre, pour les récoltes, leurs terres et leurs moyens de production en commun tout en restant chacun propriétaire. C’est pourquoi elles sont dites coopératives de type de travail. Les paysans y sont rémunérés par le travail qu’ils fournissent et par le loyer de leurs terres. L’entrée des familles dans les coopératives se fait sur volontariat. Au bout de deux ans, soit en 1955, il n’y a que 15% de la paysannerie qui accepte de faire partie d’une coopérative. A la fin de l’année 1955, Mao Zedong se fâche et ordonne l’obligation, de grès ou de force, d’entrer dans les coopératives. De plus, il oblige ces organisations à être transformées en coopératives dites de type socialiste. Il prend le modèle du kolkhoze soviétique où le paysan n’est rémunéré qu’en fonction de son travail. En un an, en 1956, 90% de la paysannerie Han adhère à ces coopératives socialistes.

III. Le Grand Bond en Avant



En 1958, Mao Zedong décide la création et le développement des communes populaires sur un slogan fondamental : La Chine doit désormais marcher sur ces deux jambes». Idée soit disante contraire au modèle soviétique. Il veut donc développer simultanément l’industrie et l’agriculture. Il faut pour les coopératives un système collectiviste global par lequel on va créer le terme de communes populaires. Ce sont des collectifs totaux qui fondent toutes les coopératives d’un canton, soit environ 50 000 personnes. Dans ces communes, plus de 70 hectares par semaine sont cultivés, ce qui contribue à un épuisement humain et à la famine dus à une désorganisation générale et des calamités naturelles.

IV. La reconstruction



Cette période est aussi dite de réajustement, il faut sauver la face, c’est à dire conserver l’appellation des communes populaires. Dans la réalité, on revient aux coopératives socialistes qui sont la composante fondamentale et opérationnelle des communes populaires. Les paysans sont toujours rémunérés en fonction du travail fourni. Ce dispositif s’est perpétué jusqu’aux années 80. Les paysans mangent à leur faim mais dans un consensus de gaspillage : on établit d’une manière égalitaire la répartition du fruit du travail et cela au prix de médiocrités dans les prestations des paysans qui dans un tel système en font le moins possible. La situation est bloquée, Deng Xiaoping, en 1978, décide alors d’engager des réformes à tous les niveaux.

Dans le monde agricole, on décide, lors d’un congrès national de l’agriculture en 1981, de mettre en place des systèmes de responsabilité. Dans les collectifs, plus personne n’est responsable, ce qui motive la production et les paysans. Cela est très pertinent. Ce procédé a d’abord été testé dans différentes provinces, comme celle du Sichuan et de l’Anhui. On y expérimente des systèmes successifs de contrats passés entre les coopératives existantes et les familles paysannes, pour aboutir à une production donnée et à une répartition du fruit. Toutes ces expériences, étalées sur trois ans, aboutissent au système encore en vigueur aujourd’hui. Il est appelé le «grand contrat avec les familles paysannes». Il s’agit de redistribuer la terre au sein des coopératives, terre qui est divisée en plusieurs petites parcelles. Les terres restent cependant la propriété du collectif et la famille est libre d’exploiter les sols qu’on lui donne. Si le contrat est respecté, l’usufruit est sur quinze ans mais à la campagne, quinze ans c’est peu pour faire des investissements dans la terre. Aujourd’hui, il est de trente ans. Le contrat entre les familles et le collectif, c’est à dire le village11, doit être respecté. Ce contrat engage la famille sur trois niveaux :
Au niveau de l’Etat : Paiement annuel d’un impôt agricole faible et fournir un quotas de céréales fixé à l’avance.

Au niveau du canton : cotisation en espèce pour bénéficier de l’irrigation, de l’apport d’engrais et de petits matériaux.

– Au niveau du collectif du village : versement au collectif, propriétaire des terres, un loyer qui est en usufruit et une cotisation, fixée par le comité, à un fond d’accumulation (investissements) et de bien être (pour permettre la construction et l’entretient des écoles, des dispensaires, d’infirmeries,…).
Si la famille paysanne remplit ses clauses, elle est alors libre de faire ce qu’elle veut sur ces terres et d’en vendre la production sur le marché. Dans de telles conditions, les familles sont responsables des profits et des pertes.
L’agriculture connaît alors un décollage fantastique, avec toutefois un problème. En effet, à partir du moment où les paysans travaillent avec acharnement, on découvre une dizaine de million de bras inutiles. Cela se traduit par un chômage, qui est souvent masqué l’exode. En attendant, cette réforme donne immédiatement ses fruits.

On passe alors à une seconde mesure, on autorise le monde rural à créer des foyers spécialisés, des familles spéciales. A partir de 1983 – 1984, les «bras» en trop ont le droit de créer des nouvelles activités non agricoles. Le phénomène est alors fulgurant, 100 millions de paysans trouvent du travail dans ces productions spécialisées. Les familles les plus dynamiques recréent des commerces, des entreprises de transport, des restaurants, des élevages spécialisés, des ateliers d’industries légères,… et cela répond à tous les besoins.

V. La fin du XXème siècle à nos jours



Depuis les années 90, avec le délestage continu de l’agriculture et une migration de plus en plus importante vers les villes, on assiste à la transformation de dizaine de millions de paysans en ouvriers temporaires des villes. Ce sont pratiquement des migrations altérantes entre les villes et les campagnes selon l’embauche. Parallèlement, de nombreuses familles ont toujours à leurs charges des terres louées par le collectif, mais une partie de leurs mains d’œuvres est allée travailler ailleurs ; alors que d’autres familles ont un minimum de terres qui leur assurent une base alimentaire. Les terres en surplus, de plus en plus importantes, sont très souvent mises aux enchères, dans un premier temps en usufruit puis en privatisation. Les terres sont pratiquement toujours cultivées, non pas par la famille paysanne qui les a obtenus par enchère, mais par des ouvriers agricoles qui sont au service de la famille.

A. Les bienfaits d’un tel processus



La libération de la paysannerie : Elle devient maître de son travail, de son temps, de ses revenus et plus ou moins de ses déplacements.
Le décollage formidable de la production agricole de la Chine : Ce décollage s’observe sur les céréales, avant la réforme, en 1978, la production était de 304 millions de tonnes. En 1984, elle est de 407 millions de tonnes et aujourd’hui de plus de 500 millions de tonnes. En ce qui concerne les cultures dites industrielles (plantes à huile comme le colza) c’est encore plus fulgurant, la production va doubler.
Développement de nouvelles activités non agricoles dans les campagnes : Actuellement, il y aurait au moins 30% de la population qui serait engagé dans ce type de productions.
Décollage du niveau de vie de la paysannerie chinoise : En 1978, le revenu monétaire moyen était de 200 yuans par an, aujourd’hui, c’est plus de 1 000 yuans par an.
Un nouvel habitat rural : Les équipements des ménages se développent, on peut alors citer les deux exemples emblématiques de la société actuelle chinoise : la télévision et la bicyclette. En 1978, chez les paysans, il y avait en moyenne une bicyclette pour trois familles, aujourd’hui le rapport est deux bicyclettes par famille. En 1978, il n’y avait aucun poste de télévision dans la société rurale, désormais, il y en a un par famille.
– Amélioration de l’alimentation : En 1978, un paysan consommait en moyenne 2 100 calories, aujourd’hui c’est de l’ordre de 2 600. La consommation de viandes (bovins, caprins, porcins) était d’à peine 5kg par an et maintenant elle est de plus de 10kg (80% de cochon, 10% d’ovins et le reste de bovins).

B. Les nouveaux problèmes



– La contradiction entre la politique de l’enfant unique, la décollectivatisation et la redistribution des terres. Autrement dit, d’un côté on prône l’enfant unique mais plus on a d’enfant plus on obtient de terres…
L’apparition, même de plus en plus rare, d’un développement inégal : Le slogan «Enrichissez-vous» sous-entendu le Parti fera le reste, de Deng Xiaoping, est à la base de toutes ces transformations. L’opposition entre le littoral et l’intérieur est toujours présente surtout en ce qui concerne les revenus monétaires.
Début d’une transformation de l’alimentation chinoise : Jusque là, le peuple chinois avait une nourriture de base céréalière. Un hectare de rizière apporte cinq fois plus de calories qu’un hectare consacré à l’élevage. Cependant, les Chinois commencent à manger de la viande.

Désengagement de l’Etat vis à vis des infrastructures agricoles : Ce phénomène est le résultat de l’abandon du collectivisme. Dans les années 70, environ 10% du budget de l’Etat était consacré aux infrastructures agricoles, maintenant c’est inférieur à 5%. Or l’agriculture chinoise ne peut pas fonctionner sans irrigation et cela demande d’importantes infrastructures et une gestion scientifique. Depuis les années 80, les surfaces irriguées ont moins d’un hectare, les inondations sont de plus en plus nombreuses et graves. L’Etat ne stock plus guère les récoltes et cela entraîne un gaspillage du fait du décollectivisme.
Libération de plus en plus massive de la main d’œuvre : 50% d’entre elle est retenue dans les activités nouvellement crées dans les campagnes et tout le reste constitue des migrants saisonniers qui reviennent périodiquement dans les villages. Aujourd’hui, ces migrants rencontrent de plus en plus des chômeurs industriels. Ces derniers se retrouvent en face de la main d’œuvre agricole venue en ville pour trouver du travail.
– Depuis 1980, on assiste à la floraison d’une nouvelle tyrannie dans les campagnes au détriment des paysans. Les cadres ont des pouvoirs locaux concrets et en profitent pour multiplier les taxes et les surtaxes afin de présurer le paysan qui désormais a un peu d’argent. Cela provoque des émeutes.


En septembre 2000, la Chine entre à l’OMC (organisation mondiale du commerce) mais cela va se traduire par une suppression des barrières douanières. Par conséquent, les céréales américaines et australiennes seront moins chères que le prix de revient des productions chinoises. Or, la production céréalière en Chine est encore le socle de 500 millions de paysans, de nouveaux problèmes vont arriver en matière d’agriculture.
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