Livre premier révolution et contre-révolution








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Out of the Night de Jean Valtine. Parmi ceux qui ont été le plus largement difrusé en 1945-1946, citons Reports on the Russians (Reportage sur les Russes) par William White, One who survived (Un survivant) par Alexander Barmine et I choose Freedom (J'ai choisi la liberté) par Victor Kravtchenko.

Le journaliste américain White a écrit ses Reports on Russians après un voyage précipité de six semaines en U.R.S.S. Du commen­cement à la fin, ce livre qui a d'abord paru sous une forme résumée dans le Reader's Digest; est une tirade contre le peuple soviétique, ses chefs et même son effort de guerre. Accueilli comme un « re­portage objectif de qualité » par des journaux autisoviétiques comme le social-démocratique New Leader et cité avec enthousiasme par la presse Hearst, Patterson et Mac Connick, le livre de White a été vigoureusement dénoncé par cette partie de la presse américaine qui est intéressée au maintien des bonnes relations entre les Nations Unies. Un groupe de journalistes américains qui ont travaillé en U.R.S.S. pendant la guerre, parmi lesquels Jolrn Hersey, Richard Lau­terbach, Ralph Parker et Edgar Snow ont signé une déclaration pu­blique dans laquelle ils ont stigmatisé le livre de White en disant que c'est « un reportage absolument partial et trompeur fait pour prolonger les plus vieux mythes et préjugés contre un grand allié dont les sacrifices dans cette guerre nous ont évité des pertes de vies humaines et des souffrances incalculables. » Ils ajoutaient que « White ignorait non seulement la langue, mais aussi de toute évidence, l'histoire et la culture de la Russie », que « la fondamentale malhonnêteté (de son livre ) repose sur l'absence totale de détails de premier plan, ou de fond» et qu'il a se rattatche à ces groupes ignorants et hostiles qui ici ou en Europe cherchent à exciter la défiance et la suspicion entre les Alliés ». Néanmoins, Reports on the Russians, soutenu par une campagne de publicité faite avec prodigalité, continue à toucher dea dizaines de milliers de lecteurs américains.

Le livre d'Alexander Barmine, One who survived, est censé être « l'histoire intime » de la politique et du gouvernement soviétique par un ex-diplomate soviétique », « spécialiste » des affaires sovié­tiques. Comme le précédent, ce livre attaquait avec virulence tout ce qui se rattache à l'U.R.S.S., déclarant que Staline était le chef d'une « contre-révolution triomphante » qui était devenue « une dicta­ture réactionnaire ». Lors de la découverte et de la liquidation de la Ve colonne en Russie, Alexander Barmine était le chargé d'affaires soviétique en Gréce ; il abandonna promptement son poste et refusa de revenir en U.R.S.S. Dans son livre, il rapporte qu'un certain nombre de conspira­reurs soviétiques qui furent exécutés avaient été parmi ses « amis inti­mes » et « collègues ». A propos du général Toukhatchewski, qui fut re­connu coupable d'avoir comploté avec le Haut-Commandement alle­mand contre l'U.R.S.S., Barmine déclare : « A Moscou, j'ai travaillé en étroite collaboration avec lui », et il ajoute que le général russe avait été a dans les dernières années son ami intime ». Barmine indique aussi qu'il a « accompli quelques travaux » sous la direction de Rosengoltz qui a reconnu en 1938 avoir été un agent à la solde de l'espionnage militaire allemand ; et que lui, Barmine, avait eu la visite à Paris de Léon Sédov Trotski, « à l'intelligence vive ». Son livre One who survived était précédé d'une introduction élogieuse de Max Eastman et fut énergiquement soutenu par d'autres adversaires de l'U.R.S.S. aux Etats-Unis. Comme le livre de White, il fut loué et annoncé avec un enthousiasme particulier par le New Leader qui compte parmi ses rédacteurs Eugène Lyons dont les écrits antiso­viétiques étaient périodiquement cités par les bureaux officiels du ministère de la propagande nazie ; William Chamberlin, dont les articles antisoviétiques étaient soulignés par la presse Hearst et ont l'interprétation des procès de Moscou parut dans l'organe de la pro­pagande japonaise, Contemporary Japan ; Sidney Hook, ancien par­tisan de Trotski ; John Dewey ancien président de la « Commis­sion d'enquête » aux débats de Mexico ; et Max Eastman, ancien collaborateur, ami intime et traducteur de Trotski.

En Europe, les livres de White et Barmine furent utilisés par les nazis dans leur propagande contre l'U.R.S.S. La publication du livre de White fut saluée par un amide enthousiaste en première page du n° du 3o janvier 19455 du Westkaempfer (Le Combattant du front occidental), organe de la Reichswehr, dans lequel on assurait que ce livre démontrait la possibilité d'une division dans les rangs des Na­tions Unies. En mars 1945, les troupes américaines en Italie furent bombardées par des obus contenant des tracts où était reproduit un article que Barmine venait de publier dans le Reader's Digest intitulé « La nouvelle Conspiration communiste ».

Le livre de Victor Kravtchenko, I choose Preedom, qui a paru au début de 1946 est une violente diatribe contre le Gouvernement soviétique et sa politique intérieure et extérieure. Kravtchenko avait appartenu à la commission d'achat soviétique à Washington et il avait, abandonné son poste en mars 1944 au milieu de la guerre. Typiques des « révélations » de ce livre sont les assertions que le plan quinquennal et la collectivisation des campagnes avaient réduit la Russie à un état d'appauvrissement extrême et de souffrances gé­nérales, pire que celui qui existait aux temps du tzarisme ; et que l'Armée Rouge n'était guère plus qu'un agglomérat absurde et sans commandement de « borgnes, de bancals, de tuberculeux, de cardiaques et d'hommes souffrant d'ulcères à l’estomac, de cinquantenaires bar­bus, si fatigués par le travail qu'ils pouvaient à peine se traîner, et estimés pourtant bons pour le front ». Selon Kravtchenko, « les Al­lemands auraient pu prendre Moscou virtuellement sans combat ?... Pourquoi ont-ils battu en retraîte est un mystère que seuls les Alle­mands peuvent expliquer devant l'histoire ». Appelant à une nouvelle croisade contre l'U.R.S.S., Kravtchenko déclare : « La nouvelle étape vers la sécurité. mondiale ne repose pas sur une organisation mon­diale... mais dans la libération des masses russes de leurs tyrans». Le livre de Kravtchenko fut acclamé avec enthousiasme par des cri­tiques comme Chamberlin et Dorothy Thompson qui écrivirent que c'était un « rapport remarquable et révélateur» et «un document vital pour les relations américano-soviétiques ». Peu après sa parution, la presse Hearst le publia en feuilleton.

La fin de la deuxième guerre mondiale en Europe trouvait la voix des croisés antibolcheviques aussi glapissante qu'en 1918, mais bien moins puissanté quant à son influence sur les Américains et les autres peuples qui avaient âppris pas mal dé choses depuis la mort de Wilson.


104 Le gouvernement polonais de Londres se considérait comme l'héritier légitime du régime Pilsudski dont la politique traditionnelle reposait sur une opposition à la Russie soviétique. Comme Raymond Buell l'a écrit dans son livre Poland : the Key to Europe (La Po­logne, clé de l'Europe), «Pilsudski estimait que la Pologne devait avoir un vaste territoire. Pour des raisons historiques, il était plus facile de le rechercher aux dépens de la Russie plutôt que de l'Alle­magne ». La diplomatie polonaise d'avant guerre, sous la direction du colonel Beck, ancien officier du service d'espionnage antisovié­tique, n'était pas dirigée contre l'Allemagne nazie mais contre l'U.R.S.S. L'armée polonaise qui avait le pourcentage de cavalerie le plus élevé de toutes les armées du monde, était organisée en vue d'opérations dans les plaines ukrainiennes ; les industries polonaises étaient concen­trées â la frontière allemande et les fortifications militaires à la frontière soviétique. Depuis sa constitution, la Pologne dominée par la caste militaire et la noblesse des grandes propriétés foncières, était une pierre d'angle du cordon sanitaire antisoviétique, et le rendez-vous des agents internationaux qui complotaient de renverser le Gouver­nement soviétique. Borin Savinkov avait installé son quartier général en Pologne après sa fuite de Russie, et avec l'aide de Pilsudski, il avait formé une armée de 30000 hommes destinée à combattre l'U.R.S.S. Vers la fin de 1920, les conspirateurs du Torgprom con­clurent un accord avec le haut-Commandement polonais selon lequel la Pologne serait une des principales bases de départ de la nouvelle guerre d'intervention qu'ils complotaient contre l'U.R.S.S.

Le service de l'espionnage polonais établit d'étroites relations de travail avec tous les éléments antisoviétiques, y compris l'organisation clandestine trotkiste-Boukharinienne. En 1938, le pacte de Munich révéla au grand jour le visage antisoviétique des dirigeants polo­nais. Lorsque les mazis formulèrent leur ultimatum à la Tchécoslova­quie et que les Tchèques se préparèrent à résister, le gouvernement polonais mobilisa son armée et la plaça précisément sur le chemin de toute assistance que l'U.R.S.S. aurait pu donner aux Tchèques. En récompense, Hitler permit aux Polonais de s'emparer du district de Teschen, au moment dn partage de la Tchécoslovaquie. En 1939, à la veille de l'attaque nazie contre la Pologne, les militaires polonais refusèrent encore de réviser leur politique antisoviétique qui les con­duisait au suicide ; ils repoussèrent la proposition d'un accord mili­taire avec l'U.R.S.S. et n'acceptèrent pas que l'Armée Rouge traversât les frontières polonaises pour se porter au devant de la Wehrmacht. Les couséquences de cette politique furent désastreuses pour la Po­logne et presque immédiatement après l'invasion nazie, le gouverne­rnement polonais s'enfuit à l'étranger en emportant avec lui les réserves d'or de la Pologne. D'abord en France, et ensuite en Angleterre, les réprésentants de ce gouvernement constituèrent le gouvernement po­lonais en exil, et continuèrent les intrigues antisoviétiques qui avaient conduit leur pays à la ruine. Ils étaient aidés dans ces intrigues par des éléments puissanfs des milieux économiques, politiques et reli­gieux qui considéraient la victoire de l'U.R.S.S. dans la guerre contre l'Allemagne nazie, comme une menace pour leurs propres intéréts.

105 Le procès du seizième accusé, Anton Paidak, fut ajourné à cause de son état de santé. Lorsque ces 16 Polonais avaient été arrêtés par les autorités soviétiques, le secrétaire d'Etat américain Stettinius et le ministre des Affaires étrangères britannique Eden, avaient vigou­reusement protesté en déclarant que ces hommes étaient d'impor­tants « leaders démocratiques » polonais. Après le procès, Stettinius et Eden gardèrent un silence discret.


106 Le gouvernement soviétique avait rompus les relations diploma­tiques avec le gouvernement polonais de Londres, le 25 avril 1943, à cause de l'activité clandestine antisoviétique qu'il déployait. Depuis sa constitution, ce gouvernement polonais de Londres avait bénéficié de la protection et de l'argent du gouvernement britannique. Aprés la reconnaissance du gouvernement de Varsovie, il fut admis que l'on offrirait à quelques uns des émigrés polonais la naturalisation anglaise et qu'on leur donnerait des emplois de police dans les colonies anglaises. En apprennant la décision des Alliés de reconnaître le gouvernement de Varsovie, le général Anders et ses collaborateurs firent une déclaration publique dans laquelle ils affirmaient que les troupes polonaises émigrées sous leurs ordres n'accepteraient jamais la décision des Alliés, qu'ils resteraient « fidéles au gouvernement » de Londres et qu'ils ne reviéndraient dans leur pays natal que «les armes à la main ». Pourtant vers la fin de 1945, un grand npmbre de soldats de l'armée Anders abandonnaient la cause de leurs chefs réactionnaires et répondant à l'appel du gouvernement de Varsovie, retournaient en Pologne pour participer à sa reconstruction.


107 La guerre anglo-américaine en Extrême-Orient contre le troi­sième partenaire de l'Axe, l'Empire japonais, se poursuivit. Ici, aussi, l'U.R.S.S. montra sa puissance et l'identité de ses intérêts avec la cause de la démocratie.

Alors que l'Armée Rouge anéantissait la Wehrmacht nazie à l'Ouest, l'Armée Rouge d'Extrême-Orient immobilisait sur la fron­tiêre mandchoue une importants armée japonaise, formée, a-t-on dit, de plus d'un demi million des meilleures troupes motorisées aux ordres de Tokio. Le 9 août 1945, l'U.R.S.S. déclarait la guerre au Japon, remplissant ainsi l'engagement souscrit à Yalta en janvier 1945, d'entrer en guerre en Extrême-Orient dans les trois mois qui sui­vraient la défaite de l'Allemagne nazie.

A la suite de la ,déclaration de guerre soviétiqué et la destruction ­par la bombe atomique américaine de deux centres industriels japonais. le gouvernement japonais capitula et demanda la paix. Le 2 sep­tembre, le Japon reconnut sa défaite et signa l'acte de reddition sans conditions. A l'Est comme â l'Ouest, la guerre était terminée.

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