Rapport au president de la république








télécharger 436.74 Kb.
titreRapport au president de la république
page13/15
date de publication10.10.2017
taille436.74 Kb.
typeRapport
l.21-bal.com > comptabilité > Rapport
1   ...   7   8   9   10   11   12   13   14   15

IX. VALORISER LES COMPETENCES ET DEVELOPPPER LES FORMATIONS DES PROFESSIONNELS DE SANTE



Valoriser les métiers et les compétences des personnes travaillant auprès des personnes âgées dépendantes et singulièrement des patients atteints de la maladie d'Alzheimer est une priorité. Nombre de ces professionnels mettent en œuvre des compétences précises, une expertise qui mérite d’être reconnue et valorisée. Beaucoup d’entre eux trouvent satisfaction dans leur travail auprès de la personne âgée.

Mais, plus généralement, le travail auprès des personnes âgées, notamment en institution, pourtant riche de retours pour les soignants, reste trop peu attractif et insuffisamment connu. Il n’est pas assez valorisé par la Société. Le taux de renouvellement des personnels, notamment en EHPAD, est important et entrave toute politique de gestion des ressources humaines. Au sein de l’hôpital, la charge de travail y est souvent lourde, supérieure à celle de la médecine ou de la chirurgie, faute de personnel en nombre suffisant pour assurer un soin de qualité auprès de personnes âgées dont le degré de dépendance est élevé, voire très élevé. De plus, les troubles psychologiques et comportementaux d’une proportion toujours plus élevée des patients en soins de longue durée ou en EHPAD déroutent et angoissent les professionnels non préparés à l’abord particulier de ces patients âgés.
La valorisation de ces métiers repose donc bien sur un double enjeu : adapter la compétence de ces personnels à la spécificité de cette maladie et leur procurer des débouchés de carrière, notamment en organisant la mobilité entre le sanitaire et médico-social mais aussi mobiliser des effectifs suffisants et les fidéliser par une revalorisation des rémunérations. Former et revaloriser les rémunérations constituent bien les deux leviers d’une modification de l’existant.


R 25. Adapter les compétences des professionnels du soin et de l’accompagnement médico-social à la spécificité de cette maladie et organiser la mobilité entre le sanitaire et le social



Trois constats témoignent d’une certaine inadaptation des métiers existants à la spécificité de la maladie d’Alzheimer.


  • Une profusion des métiers d’intervention de niveau 5


Plus de 15 métiers différents entrent dans le champ de l’intervention et de l’aide aux personnes âgées ou handicapées. Les diplômes d’Aide-soignant (A.S), d’Aide médico-psychologique (AMP), d’auxiliaire de vie sociale (AVS), d’Agent d’accompagnement auprès des personnes âgées notamment permettent d’accéder à des métiers de niveau V dont les perspectives d’évolution restent restreintes. Un agent de service peut espérer devenir AMP ou aide-soignant et certains pourront devenir infirmier (niveau III), mais ils mettront plus de dix ans pour y parvenir, au gré des politiques de ressources humaines des structures qui les emploient, des plans de formation et de leurs financements. Les seuls métiers de niveau IV existant sont ceux de moniteur-éducateur et ceux de technicien de l’intervention sociale et familiale, qui n’interviennent qu’exceptionnellement en secteur personnes âgées pour les premiers et jamais pour les seconds.


  • Un décalage entre les besoins et les personnes formées


Prendre en charge la grande dépendance, les troubles comportementaux, les états d’agitation est une tâche difficile pour de jeunes professionnels peu formés à ces situations. Le « baptême du feu » conditionne bien souvent la poursuite de l’exercice professionnel dans cette voie. Prendre en charge des situations de crise requiert une formation dans le domaine des soins et techniques de soins, mais aussi des connaissances psychologiques et sociales qui leur font encore défaut, notamment sur l’environnement des personnes âgées. En l’absence d’enseignement transversal dans les différents diplômes sur les troubles cognitifs et comportementaux, la réponse aux besoins est insuffisante.



  • Une insuffisance de passerelles et des perspectives d’évolution trop restreintes

En dépit d’un important travail de rapprochement des diplômes d’AS et d’AMP, puisque les titulaires du diplôme d’AMP bénéficient automatiquement de cinq des huit domaines du diplôme d’aide soignante, le cloisonnement entre le secteur social et sanitaire demeure.
Face au défi que lance cette maladie aux responsables et professionnels qui interviennent dans le domaine de la grande dépendance et des troubles cognitifs, il convient d’engager sans délai une professionnalisation de la prise en charge et une adaptation des métiers de l’aide et du soin aux personnes âgées.
Mesure 40. Création d’une spécialisation d’assistant de gérontologie pour les métiers de niveau 5, dans le cadre de formations d’adaptation à l’emploi.
Afin de ne pas multiplier les métiers du soin et de la prise en charge au niveau de la formation initiale, dont l’un des objectifs est de permettre la mobilité future des personnes, et donc de ne pas dispenser à ce stade des formations trop spécialisées, il est proposé d’inscrire une spécialisation en gérontologie dans le cadre de la formation continue et de la VAE.
Ce professionnel de santé, « assistant de gérontologie, accompagnerait les malades en situation de grande dépendance ou présentant des troubles cognitifs, par un suivi du plan de soin, d’aide et d’accompagnement proposé par l’équipe médicale et l’infirmière coordonnatrice. L’aide à la vie quotidienne, les techniques de soins spécifiques, la démarche de soins de soutien et d’accompagnement sont au cœur de son métier. Doté d’un rôle propre, il exercerait en EHPAD et en SLD ainsi que dans les SSIAD et les SPASAD.
Une double certification pourrait être envisagée à partir des diplômes d’AS et d’AMP, ou d’AS et d’AVS, avec une orientation spécifique Alzheimer/troubles du comportement, en orientant de façon spécifique les contenus des formations complémentaires, les uns vers le soin, les autres vers l’accompagnement social33.
Cette spécialisation donnerait droit, dans le secteur public, à une bonification indiciaire à hauteur du niveau 4 des métiers du travail social et, dans le secteur privé à des primes négociées avec les partenaires sociaux dans le cadre des conventions collectives. Dans le secteur médico-social à but non lucratif, financé en dernier ressort par des financements publics, cela devrait se traduire par un positionnement supérieur dans les conventions collectives. Les régions assureront le financement et l’ingénierie de la formation.
L’objectif est de concilier l’effort engagé dans la médicalisation des établissements et le développement du maintien à domicile en privilégiant le principe de la professionnalisation des métiers et de leur adaptation à la spécificité de cette maladie. La spécialisation en assistant de gérontologie répond à ces exigences aussi bien pour les EHPAD que pour le maintien à domicile. Le nombre de certificats de spécialisation à délivrer sera directement lié à la création de places à domicile et en EHPAD et au renforcement et à l’adaptation des structures existantes.
Mesure 41. Inscription d’une double compétence sanitaire et sociale dans certains métiers de niveau 4 du travail social.
Rendre attractif le secteur des personnes âgées pour les moniteurs éducateurs ou les techniciens en intervention sociale et familiale pourrait constituer un levier pour le décloisonnement du sanitaire et du social dans le secteur des personnes âgées. Clairement formés pour le travail de rééducation, les moniteurs éducateurs devraient bénéficier de formations d’adaptation en matière de soins. Ils pourraient intervenir en EPHAD ainsi qu’en SSIAD et SPASAD. En 2003 déjà, le rapport de la mission sur « la vie sociale des personnes âgées » recommandait la contribution des moniteurs éducateurs à la reconstruction de l’identité de la personne. Il en va de même pour les TISF, plus particulièrement tournés à ce jour vers l’aide à la gestion des familles avec de jeunes enfants. Cette formation d’adaptation n’appelle pas automatiquement de valorisation mais son attractivité repose sur la double compétence conférée à ces professionnels.
Mesure 42. Promotion des métiers de la réhabilitation cognitive et comportementale.
La réadaptation vise moins à rétablir les fonctions neuronales qu’à promouvoir l’intégration sociale des personnes malades, en agissant à la fois sur les aspects psycho-comportementaux de la maladie et sur les stratégies de compensation du handicap installé. Ce programme de réadaptation est applicable à tous les stades de la maladie, quel qu’en soit l’âge d’émergence et repose sur trois exigences : soutenir les capacités restantes et les valoriser ; traiter la personne dans son environnement ; enfin, prendre en compte le fait que le handicap affecte la famille entière34.
Il est proposé de créer un tronc commun en Sciences et Technique de Réadaptation (STR) pour les psychomotriciens et les ergothérapeutes, en ménageant un accès possible aux orthophonistes. Un module optionnel de réadaptation, dispensé en troisième année d’étude dans le cadre d’une option en sciences et technique de réhabilitation et constitué d’apports théoriques sur les neurosciences et de stages pratique permettra à ceux qui l’ont obtenu d’exercer auprès de personnes présentant des troubles cognitifs. Ce professionnel travaillera en milieu ambulatoire (SPASAD), sur prescription médicale, ou dans les différentes unités du parcours de vie et de soins de la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer (unités fermées, unités thérapeutiques de jour, unités spécifiques dans les SSR).
Il existe un peu plus de 6000 psychomotriciens et 5600 ergothérapeutes en France.
Mesures associées :
Elles concernent essentiellement des actions de formation continue des professionnels de santé


  • Formation des médecins des CM et des CMRR à l’épidémiologie clinique

Les médecins des consultations mémoire sont en première ligne dans les dispositifs d’annonce de la maladie d’Alzheimer et doivent être préparés à la recherche clinique et à une amélioration continue de la qualité des soins. : Sensibilité des examens cliniques, radiologiques et biologiques, facteurs de pronostic, facteurs étiologiques, étude des tests, diagnostic, essais thérapeutiques.


  • Evaluation de la formation pour les personnels médicaux des centres mémoires

Ce module de formation, réalisé par l’INPES, a pour vocation d’apprendre aux soignants une relation de soin centré sur le patient. Validé par la HAS comme module valant pour l’évaluation des pratiques professionnelles dans le cadre de la formation médicale continue (FMC), les résultats de cette évaluation par l’INPES seront connus fin 2008, début 2009.

  • Diffusion de cette formation à l’ensemble des personnels médicaux libéraux dans le cadre de la FMC

Courant 2009, si l’évaluation de ce module s’avère positive, ce dernier sera diffusé à l’ensemble des personnels médicaux libéraux notamment aux infirmières et aides soignantes des SSIAD et des SPASAD.


  • Formation à la prévention de la perte d’autonomie

Dans le cadre d’une convention entre l’INPES et la CNSA, a été élaboré un kit de formation, de référence nationale, en direction des intervenants professionnels auprès des personnes âgées. Il est proposé d’ajouter à ce projet, déjà engagé pour 2008 et 2009, un module spécifique à la maladie d’Alzheimer. Il s’agit d’un dispositif complémentaire en direction des personnels non médicaux, essentiel pour sensibiliser l’ensemble du milieu des professionnels du grand âge à la bonne prise en charge de la maladie d’Alzheimer et à la prévention des états de crise et des complications.



  • Formation des pharmaciens aux techniques de communication et d’information sur la maladie d’Alzheimer.

Cette action pourrait être menée grâce à la contribution de l’Académie nationale de pharmacie et du comité d’éducation sanitaire et sociale de la pharmacie française (CESPHARM).
Pistes de réflexion
  • Elaboration d’un tronc commun pour les métiers de niveau 5 en formation initiale


Afin de donner plus de lisibilité aux métiers de l’aide et du soin à la personne, il convient d’engager une réflexion sur la réduction du nombre de diplômes de niveau V par la création d’un tronc commun entre les diplômes d’aide-soignant, d’auxiliaire de vie sociale et d’aide médico-psychologique. A partir de ce tronc commun, les professionnels pourront choisir une orientation, enfance, personnes handicapées ou gérontologie et troubles cognitifs mais en conservant la possibilité de changer de public. Ces métiers bénéficieront d’une double tutelle, sociale et sanitaire.


  • Organisation de cursus avec des formations complémentaires pour les infirmier(e)s diplômé(e)s d’Etat (IDE).

Les infirmiers qui travaillent en gériatrie engagent fréquemment, après quelques années d’exercice et parce qu’ils aiment la gériatrie, des formations complémentaires. Ils le font par recours à des diplômes universitaires qui renforcent leur expertise en gériatrie ou plus généralement en gérontologie. Il n’y a pas de reconnaissance financière de ces expertises et un IDE qui veut progresser dans la carrière doit, aujourd'hui, prendre le parti de renoncer à cette expertise pour s’engager dans une formation de cadre.
La reconnaissance de ces expertises (ou pratiques avancées) pourrait se faire prioritairement :
- pour des IDE travaillant auprès de patients atteints de maladie d'Alzheimer,

  • pour des IDE travaillant dans la filière gériatrique,

  • pour des IDE voulant acquérir une expertise en recherche. La participation d’un EHPAD à un programme de recherche pourrait être favorisée par la présence d’un IDE expert en recherche dans l’établissement,

  • et éventuellement pour les IDE qui se tourneraient vers le nouveau métier de « gestionnaires de cas ».


Des diplômes d’université seraient agréés conjointement par les ministères chargés des personnes âgées, de la santé et de l’université, sur la base d’un cahier des charges. Ce cursus complémentaire universitaire, facultatif, aurait pour avantage de contribuer au rapprochement indispensable des IFSI et des universités alors que se poursuit, entre les ministères chargés de l’enseignement supérieur et de la santé, la réflexion sur l’intégration des études en soins infirmiers dans le LMD (licence-master-doctorat) pour ceux ou celles qui le souhaitent.

R 26. Augmenter l’attractivité des métiers de prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer



Cette valorisation des métiers de prise en charge des malades d’Alzheimer est impérative. Elle passe bien sûr par un regard différent de la société sur la personne atteinte de cette maladie, comme nous l’avons vu dans la deuxième partie consacrée à l’éthique.
Elle passe aussi par l’exercice d’un management qui reconnaisse les compétences de ces professionnels. La considération des responsables d’établissement à l’égard de la gériatrie est un élément essentiel de la valorisation de ces tâches : en développant des projets mobilisateurs, en mettant en valeur ce secteur d’activité, en y mettant des cadres motivés, en y investissant en formation comme en matériel, l’image et l’attractivité de ce secteur s’en trouvent améliorées. La participation des personnels à l’élaboration du projet de vie en soins de longue durée et en établissement pour personnes âgées dépendantes et leur mobilisation dans l’organisation du travail, l’aménagement des locaux, le choix des équipements et leur implication dans le dialogue avec les familles contribuent à augmenter sensiblement le sentiment de satisfaction face au travail accompli. A ce titre, les médecins ont un rôle primordial dans le management des équipes gériatriques : beaucoup d’entre eux, et notamment les gériatres, associent les soignants aux staffs médicaux. Cette participation est un atout pour la qualité de la prise en charge et valorise les soignants.
Mais cette valorisation suppose surtout d’actionner ces trois leviers de progrès : élever le niveau de professionnalisation des personnels, recruter en nombre suffisant pour permettre un taux adapté d’encadrement des malades les plus dépendants et augmenter les rémunérations. L’insuffisance numérique n’est pas en effet l’unique réponse à ce questionnement sur l’attractivité des métiers. La réponse qualitative est certainement tout aussi importante à travailler.
Enfin, cette revalorisation passe aussi par l’association des personnels soignants à la recherche et notamment à la recherche clinique.
Mesure 43. Prise en compte de la technicité des compétences dans les rémunérations.
Dans un contexte budgétaire difficile, il semble toutefois important de souligner que l’on ne peut espérer attirer et fidéliser des personnels au service de la personne âgée si une revalorisation salariale n’est pas engagée. Un effort collectif s’impose.
Cet effort doit viser en priorité les aides soignantes et les aides médico-psychologiques, principaux acteurs de la filière gériatrique, et qui assurent la plus grande part de la prise en charge. Leur implication, leur savoir-faire et leurs comportements sont essentiels pour un accompagnement de qualité des patients atteints de maladie d'Alzheimer. Cet effort doit également veiller à ce qu’un travail équivalent soit accompagné d’un salaire équivalent quel que soit le secteur d’activités considéré.
Pistes de réflexion

Au regard de cette rémunération, jugée insuffisante, les pistes suivantes peuvent être explorées :

  • les perspectives d’évolution professionnelle des AS et AMP, dans leur fonction, en particulier en seconde partie de carrière pour lutter contre le phénomène d’usure professionnelle,

  • l’ouverture d’une partie du diplôme d’IDE à la VAE. 


Mesure 44. Association des soignants à la recherche clinique.
Afin de reconnaître et de valoriser l’apport des soignants au progrès médical et dans la prise en charge globale des personnes malades, il est proposé de travailler sur des modalités d’association des soignants à la recherche et notamment à la recherche clinique sur la maladie d'Alzheimer. Il en va de même pour la recherche en soins infirmiers ou en sciences humaines, en sciences comportementales et en éthique.

1   ...   7   8   9   10   11   12   13   14   15

similaire:

Rapport au president de la république iconRapport rapport au Président de la République relatif à l’ordonnance...

Rapport au president de la république iconLe rapport a été confié à Jacques Attali par le président de la République...
«Pour une économie positive» : téléchargez le rapport du groupe de réflexion présidé par

Rapport au president de la république iconRapport au Président de la République Comment dire «Vive l'Europe»
...

Rapport au president de la république iconRapport de la commission des lois, de l’administration
La décision de poursuite puis la mise en accusation du Président de la République et des membres du gouvernement est votée à la majorité...

Rapport au president de la république iconLes grandes lignes du calendrier du cycle électoral 2011-2013 en rdc
«Le scrutin pour l’élection du Président de la République est convoquée par la Commission Electorale Nationale Indépendante, quatre-vingt...

Rapport au president de la république iconLe Président de la République

Rapport au president de la république iconAllocution de m. Le président de la république

Rapport au president de la république iconDiscours du president de la republique

Rapport au president de la république iconDiscours de m. Le président de la république

Rapport au president de la république iconDiscours de m. Le président de la république








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com