Rapport moral 3








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Lutte antidopage et prévention


M. Claude-Louis Gallien. Dans l’imaginaire du public, “le sport, c’est la santé”, et le sport de haut niveau se doit d’illustrer ce concept. Qu’en est-il en réalité ? Il faut d’abord réaffirmer que le sport est effectivement une activité très favorable à la santé, pour ne pas cautionner une vision pessimiste des choses qu’il semble être aujourd’hui “politiquement correct” de mettre en avant.

Cela étant, le sport est une activité qu’il ne convient pas de pratiquer dans n’importe quelles conditions. La multiplication des compétitions, le stress qui accompagne les enjeux, le surentraînement et le dopage font que le sport peut être perçu comme une activité susceptible d'entraîner des accidents ou des pathologies parfois très graves.

Il serait important, au niveau du mouvement sportif, d’étudier les conditions qui permettraient de préserver la santé des sportifs de haut niveau, en codifiant par exemple la participation de chacun aux divers niveaux des compétitions et aux diverses épreuves du calendrier. Dans quelques disciplines, il devrait être possible de tenir compte de l’existence de phases sensibles (adolescence) dans le développement des jeunes sportifs, pour gérer leurs charges d'entraînement et la fréquence de leur participation à des compétitions. Sans doute serait-il possible pour cela de redonner plus de sens et de force à la notion de club, et de faire preuve de moins de passivité (ou de complaisance) à l’égard « d’écuries » à responsabilité trop limitée.

Parce qu’on ne peut tolérer des pratiques qui sont illégitimes sur le plan de l’éthique, culturellement inacceptables et dangereuses pour la santé des athlètes, l’État et le mouvement sportif se sont engagés, en France, dans une action très volontariste visant à réduire les dysfonctionnements et les dérives les plus dangereuses. La loi de 1999, portant sur la santé des sportifs, s’appuie dans son principe :

  • Sur une logique de répression : contrôles-sanctions.

  • Sur une logique de prévention : médecine du sport, suivi médical et biologique, soutien social et réinsertion.

La logique de répression s’appuie, en principe, sur la multiplication des contrôles et la progression du nombre de contrôles inopinés. Elle se traduit par un pourcentage qui demeure très faible de détection des cas positifs.

En 2001 : 7 440 échantillons (France) ont été reçus par le laboratoire de Châtenay-Malabry à fins d’analyse, dont 979 échantillons prélevés hors compétition (13,2 %)

353 échantillons se sont révélés positifs (4,7 %), dont 25 échantillons prélevés hors compétition (2,6 %). Les principales substances interdites détectées dans ces échantillons sont les suivantes :

  • Cannabis = 25,3 %

  • Salbutamol + Terbutaline = 24,7 %

  • Anabolisants = 9 %

Le coût moyen des analyses est de l’ordre de 200 à 250 euros.

En 2001, les statuts du LNDD ont été modifiés (décret n° 2001-1 368) et les moyens affectés au laboratoire ont été renforcés.

La répression ne produit pas nécessairement tous les effets que l’on pouvait en attendre. Pour autant, cette logique (qui vise aussi les pourvoyeurs) est incontournable ; elle peut être rendue plus performante à tous les niveaux de la procédure.

On pourrait envisager, pour atteindre une plus grande cohérence et une meilleure efficacité, de confier l’ensemble de la procédure disciplinaire à une unique structure qui associerait par exemple l’autorité administrative indépendante qu’est le Conseil de Prévention et de Lutte contre le Dopage (CPLD) et un service spécifique du CNOSF. On pourrait aussi prévoir la possibilité pour les diverses instances chargées de l’instruction et de l’examen des dossiers de siéger en formation restreinte. Enfin, il apparaît clairement que les délais de procédure sont trop longs, ce qui entraîne des dysfonctionnements majeurs.

Au total, les contrôles doivent être maintenus et renforcés, mais il faut les considérer comme un instrument de dissuasion dans le cadre d’une politique générale de responsabilisation et de prévention.

La logique de prévention, si elle est accompagnée de moyens suffisants, soutenue par une volonté politique forte, et acceptée de façon consensuelle par l’ensemble du mouvement sportif (et surtout par les sportifs eux-mêmes) devrait, en revanche, permettre des avancées significatives. On peut identifier quelques domaines où des pistes seraient susceptibles d’être assez rapidement explorées :

Les équipes médicales qui ont la charge des sportifs de haut niveau devraient faire l’objet d’une définition précise, reconnaissant, identifiant et permettant de gérer les compétences et les responsabilités respectives des praticiens (médecins, kinésithérapeutes et autres) qui les composent. Comment remplir avec sérénité sa fonction lorsque la plus grande confusion reste de mise entre les différents “métiers” auxquels le médecin, par exemple, peut être confronté : médecin personnel, médecin de la prévention, médecin prescripteur, médecin de soin, médecin de suivi, médecin généraliste, médecin spécialiste et bien souvent pharmacien de surcroît ! La confusion des structures : club, fédération, haut niveau, expertise, et la concurrence des gourous, charlatans et autres magiciens vient encore compliquer le problème.

L’importance de la médecine du sport dans une société où le sport lui-même, considéré dans toutes ses dimensions, représente une activité en plein développement devrait être prise en compte. La médecine du sport doit bénéficier d’une reconnaissance identitaire, fondée sur la réalité d’une véritable formation spécifique.

La proposition faite en particulier par le CNOSF (collège des fédérations olympiques) que les médecins du sport puissent à l’avenir être formés dans le cadre d’un DESC (Diplôme d’Études Spécialisées Complémentaires) semble devoir aboutir dans un avenir proche, on peut s’en féliciter.

Il conviendrait de rationaliser les modalités d’organisation du suivi médical et biologique des sportifs. Le décret 2002-648 du 29-4-2002 relatif à l’agrément des fédérations sportives et aux statuts types, inclut dans son titre IV, article 23 : Institution de commission médicale fédérale fixant le règlement médical. Il devrait fixer la nature et la périodicité des examens médicaux assurés dans le cadre de la surveillance médicale des fédérations sportives inscrits sur la liste des sportifs de haut niveau, ainsi que des licenciés inscrits dans les filières daces au sport de haut niveau.

Les modalités de son application constituent, en attente des décrets d’application, un sujet d’inquiétude pour l’ensemble du mouvement sportif.

Combien d’examens par ans ? De quelle nature ? Quel pourrait être le coût d’un tel suivi ? Peut-on compter qu’un financement sera vraiment assuré ? Pour les 4 000 à 6 000 athlètes de haut niveau ? Pour les 100 000 à 12 000 athlètes des filières ? Il faut rappeler que ce sont les fédérations qui devront déterminer le montant des frais à engager et les faire apparaître dans le cadre des conventions d’objectifs.

Il convient d’éviter toute précipitation et d’étudier très soigneusement ces questions avant de prendre des décisions qui risqueraient de rester lettre morte faute d’être applicables. Dans ce domaine aussi fondamental, la concertation entre l’Etat et le mouvement sportif est indispensable pour aboutir à un projet raisonnable et équilibré, qui permettrait, par exemple de mettre à la disposition des sportifs un carnet individuel de suivi permettant, à partir d’une base commune, de prendre en compte la spécificité des diverses disciplines.

Enfin, le consensus des sportifs eux-mêmes est un préalable à la mise en place de mesures qui les concerne directement. Il serait essentiel de créer très rapidement les structures permettant de développer une politique de soutien social aux sportifs de haut niveau, et de faciliter en cas de besoin la réinsertion professionnelle et/ou sociale des athlètes en fin de carrière. S’ils avaient conscience d’être pris en considération, et de ne pas être traités comme des “produits” jetables après emploi, les sportifs accepteraient sans doute plus volontiers de participer de façon consensuelle à la réussite d’un projet visant à prendre en compte l’éthique du sport et leur propre santé.

Un volet important dans les actions de responsabilisation et de prévention concerne l’éducation, la formation et l’information de tous ceux qui ont en charge les sportifs, qu’ils soient dirigeants de clubs ou de fédérations, enseignants, formateurs, éducateurs, techniciens du sport ou techniciens de la santé. La fondation Sport Santé a été créée pour répondre à ce besoin. En 2001, les 250 conférenciers membres du réseau ont effectué 1 600 interventions, rassemblant au total 40 000 auditeurs. C’est un beau résultat, compte tenu des moyens limités de la Fondation, mais il est insuffisant au regard des besoins.

Est-il utopique d’envisager de mettre en place une synergie entre tous les acteurs du sport français, de conduire ensemble un projet qui aurait un impact réel sur la société, de promouvoir ensemble un développement durable du phénomène sportif ?

Est-il inconcevable que l’on puisse aboutir à la définition d’une véritable médecine du travail sportif, fondée sur un contrat d’exercice explicite, en accord avec le code de la santé publique ? (Applaudissements.)

M. Denis Masseglia. Merci Claude.

Ne quittons pas le domaine des relations avec l’Etat et abordons un autre sujet essentiel, celui de la formation, des qualifications et des emplois sportifs, dont va nous parler André LECLERCQ.
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