Georges Cuvier, Naturaliste français (Montbéliard 1769-Paris 1832). Extrait de l’Encyclopédie Larousse








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Georges Cuvier, Naturaliste français (Montbéliard 1769-Paris 1832). Extrait de l’Encyclopédie Larousse

En zoologie, Cuvier bâtit un édifice dont la solidité ne s'est jamais démentie. Dès 1795, il publie deux mémoires : dans le premier, il divise tous les animaux confondus jusque-là sous l'appellation « d'animaux à sang blanc » en six classes : les mollusques, les crustacés, les insectes, les vers, les échinodermes et les zoophytes. Le second mémoire concerne particulièrement les mollusques, qu'il répartit en trois ordres : les céphalopodes, les gastéropodes et les acéphales.  Dans le Règne animal (1817, 2e édition 1829), ouvrage fondamental dans lequel Cuvier se propose de donner un tableau d'ensemble du monde animal, il distingue quatre grands embranchements : les vertébrés (qui possèdent une colonne vertébrale), les mollusques (tels les poulpes, escargots, huîtres), les articulés (araignées, homards…) et les radiés (comme l'étoile de mer). Cette classification est aujourd'hui quelque peu dépassée, mais, à l'époque, elle marquait un progrès considérable. Quant à l'Histoire naturelle des poissons, publiée à partir de 1828 avec son disciple Valenciennes, elle décrit plus de cinq mille espèces, et elle est restée l'une des bases de la science ichtyologique moderne.

Personne n'avait encore étudié systématiquement les fossiles en les comparant aux animaux actuels comme allait le faire Cuvier. Mais, paradoxalement, lui dont le nom est indissolublement lié à l'essor de la paléontologie des vertébrés, est toujours resté convaincu de la fixité des espèces, alors que la science dont il est l'un des fondateurs a apporté des arguments décisifs en faveur de l'évolution.  Dès son arrivée à Paris, en 1795, Cuvier se plonge dans l'étude des nombreuses pièces osseuses de toutes provenances existant dans les resserres du Muséum. Au début, il se propose surtout d'effectuer des recherches d'anatomie comparée sur des espèces d'animaux connues. Le hasard va l'amener à s'intéresser aux étranges découvertes faites dans les carrières de gypse – appelé aussi « pierre à plâtre » – qui sont alors exploitées dans les collines au nord de Paris, celle de Montmartre en particulier. Dans des couches qui, on le sait aujourd'hui, remontent à l'éocène supérieur (− 35 à − 40 millions d'années), la taille met au jour des vestiges d'animaux bien différents de la faune actuelle.  La curiosité de Cuvier est éveillée. Avec une patience de détective, en utilisant la loi de la subordination des caractères et celle des corrélations anatomiques, il va reconstituer les squelettes d'animaux disparus et ressusciter ainsi toute une faune éteinte. Il lui suffit parfois d'un fragment d'os, d'une dent pour identifier un animal. L'aspect des molaires, par exemple, lui permet de savoir s'il a affaire à un carnivore ou à un herbivore et, dans ce dernier cas, de s'assurer, « jusqu'à un certain point », de l'ordre auquel l'animal appartient. Dans le gypse de Montmartre, il retrouve deux mammifères : l'un, auquel il donne le nom de paléothérium, est un périssodactyle (c'est-à-dire ayant des doigts d'inégale longueur) qui ressemble un peu à un tapir ; l'autre, l'anoplothérium, qui a des pattes munies de trois doigts, appartient aux porcins. La mise au jour ultérieure de squelettes presque complets de ces animaux viendra confirmer l'exactitude de ses reconstitutions.

   Les découvertes de vestiges de mammifères fossiles sont de plus en plus nombreuses et montrent que, à part quelques rares exceptions (chez les bœufs et les chevaux notamment), il s'agit toujours d'espèces disparues. Cette constatation amène Cuvier à échafauder sa théorie des révolutions du globe : « Qu'on se demande pourquoi l'on trouve tant de dépouilles d'animaux inconnus alors qu'on n'en trouve aucune dont on puisse dire qu'elle appartient aux espèces actuelles, et l'on verra combien il est probable qu'elles ont appartenu à des êtres détruits par quelque révolution du globe, à des êtres dont ceux qui existent aujourd'hui ont pris la place. » Les « révolutions du globe » en question auraient été des cataclysmes naturels, assèchement des mers ou déluges, et les animaux anéantis par elles auraient été remplacés par des espèces originaires d'autres régions. Cuvier illustre sa thèse d'un exemple précis : si la faune australienne actuelle était détruite par une catastrophe, des animaux venus d'ailleurs – en l'occurrence surtout d'Asie – occuperaient le continent vidé de toute vie, et les paléontologistes du futur trouveraient des vestiges de deux faunes n'ayant pas de liens entre elles. Il expose ses idées dans son ouvrage Recherches sur les ossements fossiles où l'on rétablit les caractères de plusieurs animaux dont les révolutions du globe ont détruit les espèces.

Buffon avait le projet d’un « catalogue du cabinet du roi ». Finalement, l’ouvrage dont il publie les trois premiers volumes en 1749 s’appelle : Histoire naturelle, générale et particulière. Ce changement de titre marque une profonde mutation de son programme : on nous avait promis une histoire naturelle, c'est-à-dire un inventaire des êtres naturels connus, et l’ouvrage de Buffon nous en donne seulement la préface.

En effet, les trois premiers volumes ne contiennent pas la liste des animaux tant attendue. Au lieu de cela, le premier volume contient une introduction méthodologique générale (Premier Discours. De la manière d’étudier et de traiter l’histoire naturelle) et une théorie de la terre (la description de la physique terrestre, avec des hypothèses sur sa formation, sur l’origine des montagnes, sur le rôle des marées et des volcans…). Le second volume s’ouvre par une Histoire générale des animaux, où Buffon expose sa théorie de la génération et affirme l’unité du monde organique (on ne peut assigner aucune différence fixe entre l’animal et le végétal). Ce second tome se poursuit par un Discours sur la nature de l’homme, qui affirme la différence métaphysique de l’homme parmi les animaux et qui donne les premiers éléments de la physique de l’homme (l’enfance, la puberté, le vieillissement…). Enfin le troisième volume donne un texte important de description anthropologique : les Variétés dans l'espèce humaine qui constituent comme un tableau de variation de la forme de l’homme sous tous les climats. Il se termine par un texte où Daubenton donne la description des pièces du cabinet du roi relatives à l’espèce humaine.

On voit ainsi que l’Histoire naturelle de Buffon affirme l’ambition de donner un système général de la nature, autrement dit, une physique. Celle-ci sera qualifiée de matérialiste ou d’épicurienne : en effet, Buffon s’oppose de manière radicale aux « théologies de la nature » (physico-théologie) qui voient dans chaque être naturel une preuve de l’existence de Dieu et qui insistent dans toutes leurs observations sur la perfection et la beauté des créatures. Pour Buffon , Dieu est exclu de l’histoire naturelle et le naturaliste s’emploie au contraire à identifier les forces matérielles qui opèrent : attraction et impulsion dans la physique de la terre (avec intervention d’une comète au lieu du doigt de Dieu), forces « pénétrantes » dans la physique des corps vivants (ces forces expliquent comment une matière s’organise). Ainsi la nature se voit revêtue d’une puissance : elle doit seule rendre compte de tous les phénomènes naturels, elle constitue un espace autonome par rapport aux puissances surnaturelles (la divinité, dont l’intervention est admise en principe mais réduite à des interruptions ponctuelles et sans effet physique notable — les miracles).

Présentation des tomes I à III de l’Histoire naturelle de Georges BUFFON (1707-1788)
source : www.buffon.cnrs.fr

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Georges, baron Cuvier

Le rénovateur de l'anatomie comparée

Le fondateur de la paléontologie des vertébrés

Un farouche adversaire du transformisme

 

Dans tout animal qui n’a point dépassé le terme de ses développement, l’emploi plus fréquent et soutenu d’un organe quelconque fortifie peu à peu cet organe, le développe, l’agrandit et lui donne une puissance proportionnée à la durée de cet emploi ; tandis que le défaut constant d’usage de tel organe l’affaiblit insensiblement, le détériore, diminue progressivement ses facultés et finit par le faire disparaître. Tout ce que la nature a fait acquérir ou perdre aux individus par l’influence des circonstances où leur race se trouve depuis longtemps exposée, et, par conséquent, par l’influence prédominante de tel organe, ou par celle d’un défaut constant d’usage de telle partie, elle le conserve par la génération aux nouveaux individus qui en proviennent, pourvu que les changements acquis soient communs aux deux sexes, ou à ceux qui ont produits ces nouveaux individus.

La girafe vit dans des lieux où la terre, presque toujours aride et sans herbage, l’oblige à brouter le feuillage des arbres des arbres, et de s’efforcer continuellement d’y atteindre. Il en est résulté de cette habitude que les jambes de devant sont devenues plus longues que celles de derrière, et que son ou s’est tellement allongé que la girafe, sans se dresser sur ses jambes de derrière, élève sa tête et atteint à six mètres de hauteur.
Philosophie zoologique, J. B. Lamarck, 1809
Source : www.lamarck.net

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Caricature montrant Darwin, magazine Hornet, 1870

Si, au milieu des conditions changeantes de l’existence, les êtres organisés présentent des différences individuelles dans presque toutes les parties de leur structure, et ce point n’est pas contestable ; s’il se produit, entre les espèces, en raison de la progression géométrique de l’augmentation des individus, une lutte sérieuse pour l’existence à un certain âge, à une certaine saison, ou pendant une période quelconque de leur vie, et ce point n’est certainement pas contestable ; alors, en tenant compte de l’infinie complexité des rapports mutuels de tous les êtres organisés et de leurs rapports avec les conditions de leur existence, ce qui cause une diversité infinie et avantageuse des structures, des constitutions et des habitudes, il serait très extraordinaire qu’il ne se soit jamais produit des variations utiles à la prospérité de chaque individu, de la même façon qu’il s’est produit tant de variations utiles à l’homme. Mais, si des variations utiles à un être organisé quelconque se présentent quelquefois, assurément les individus qui en sont l’objet ont la meilleure chance de l’emporter dans la lutte pour l’existence ; puis, en vertu du principe si puissant de l’hérédité, ces individus tendent à laisser des descendants ayant le même caractère qu’eux. J’ai donné le nom de sélection naturelle à ce principe de conservation ou de persistance du plus apte. Ce principe conduit au perfectionnement de chaque créature, relativement aux conditions organiques et inorganiques de son existence ; et, en conséquence, dans la plupart des cas, à ce que l’on [ page 141 ]peut regarder comme un progrès de l’organisation. Néanmoins, les formes simples et inférieures persistent longtemps lorsqu’elles sont bien adaptées aux conditions peu complexes de leur existence.

En vertu du principe de l’hérédité des caractères aux âges correspondants, la sélection naturelle peut agir sur l’œuf, sur la graine ou sur le jeune individu, et les modifier aussi facilement qu’elle peut modifier l’adulte. Chez un grand nombre d’animaux, la sélection sexuelle vient en aide à la sélection ordinaire, en assurant aux mâles les plus vigoureux et les mieux adaptés le plus grand nombre de descendants. La sélection sexuelle développe aussi chez les mâles des caractères qui leur sont utiles dans leurs rivalités ou dans leurs luttes avec d’autres mâles, caractères qui peuvent se transmettre à un sexe seul ou aux deux sexes, suivant la forme d’hérédité prédominante chez l’espèce.

[…] On a quelquefois représenté sous la figure d’un grand arbre les affinités de tous les êtres de la même classe, et je crois que cette image est très juste sous bien des rapports. Les rameaux et les bourgeons représentent les espèces existantes ; les branches produites pendant les années précédentes représentent la longue succession des espèces éteintes. À chaque période de croissance, tous les rameaux essayent de pousser des branches de toutes parts, de dépasser et de tuer les rameaux et les branches envi[ page 143 ]ronnantes, de la même façon que les espèces et les groupes d’espèces ont, dans tous les temps, vaincu d’autres espèces dans la grande lutte pour l’existence. Les bifurcations du tronc, divisées en grosses branches, et celles-ci en branches moins grosses et plus nombreuses, n’étaient autrefois, alors que l’arbre était jeune, que des petits rameaux bourgeonnants ; or, cette relation entre les anciens bourgeons et les nouveaux au moyen des branches ramifiées représente bien la classification de toutes les espèces éteintes et vivantes en groupes subordonnés à d’autres groupes. Sur les nombreux rameaux qui prospéraient alors que l’arbre n’était qu’un arbrisseau, deux ou trois seulement, transformés aujourd’hui en grosses branches, ont survécu et portent les ramifications subséquentes ; de même ; sur les nombreuses espèces qui vivaient pendant les périodes géologiques écoulées depuis si longtemps, bien peu ont laissé des descendants vivants et modifiés. Dès la première croissance de l’arbre, plus d’une branche a dû périr et tomber ; or, ces branches tombées de grosseur différente peuvent représenter les ordres, les familles et les genres tout entiers, qui n’ont plus de représentants vivants, et que nous ne connaissons qu’à l’état fossile. De même que nous voyons çà et là sur l’arbre une branche mince, égarée, qui a surgi de quelque bifurcation inférieure, et qui, par suite d’heureuses circonstances, est encore vivante, et atteint le sommet de l’arbre, de même nous rencontrons accidentellement quelque animal, comme l’ornithorhynque ou le lépidosirène, qui, par ses affinités, rattache, sous quelques rapports, deux grands embranchements de l’organisation, et qui doit probablement à une situation isolée d’avoir échappé à une concurrence fatale. De même que les bourgeons produisent de nouveaux bourgeons, et que ceux-ci, s’ils sont vigoureux, forment des branches qui éliminent de tous côtés les branches plus faibles, de même je crois que la génération en a agi de la même façon pour le grand arbre de la vie, dont les branches mortes et brisées sont enfouies dans les couches de l’écorce terrestre, pendant que ses magnifiques ramifications, toujours vivantes, et sans cesse renouvelées, en couvrent la surface.

L’Origine des espèces, chapitre IV, Charles Darwin (1859)

Le créationnisme est une doctrine selon laquelle l'homme et toutes les espèces animales sont les fruits de la création de l'Univers par Dieu. Le créationnisme est une des croyances fondamentales du judaïsme, du christianisme et de l'islam.

Le créationnisme biblique : La plupart des créationnistes sont persuadés que la Terre et la vie sont apparus subitement, il y a environ 6000 ans et ont été créés par Dieu comme le décrit la Genèse dont ils font une lecture très littérale. Les formes les plus répandues et les mieux structurées du créationnisme "biblique" se trouvent chez des protestants fondamentalistes (Pentecôtistes, Adventistes du Septième Jour, Baptistes...) et les Témoins de Jéhovah. Aux États-Unis, depuis les années 1920, il existe une vive opposition entre les partisans de la création biblique et ceux de l'évolutionnisme, en particulier sur la question de l'enseignement du créationnisme en parallèle à la théorie de l'évolution, voire à sa place. Sauf devant un auditoire crédule et ignorant ce qu'est une démarche scientifique, il est cependant difficile aux créationnistes bibliques de défendre de telles hypothèses face aux découvertes de la science et, notamment, la théorie de l'évolution issue des travaux de Charles Darwin.

L'Intelligent Design : Pour résoudre la contradiction entre la science et la Bible, les partisans d'un créationnisme "doux", appelé "l'Intelligent Design" (Dessein intelligent), avancent aujourd'hui des théories plus subtiles, mais de manière très offensive. Sans nier l'évolution, ils défendent, "preuves à l'appui", la théorie selon laquelle le monde et l'homme ont été désirés, programmés par un créateur. Pour eux, il ne peut y avoir de hasard ni de sélection naturelle. Derrière l'apparition de la vie et celle de l'homme, but ultime de la création, il y aurait une volonté, forcément divine. Disposant de leurs propres instituts de recherche et très actifs sur Internet, les partisans de l'"Intelligent design" parviennent à semer le doute parmi les étudiants et les professeurs par une présentation fallacieuse des faits, teintée d'un semblant d'approche logique et scientifique. Dans certaines villes des Etats-Unis, des parents d'élèves sont parvenus à faire mettre dans les programmes scolaires "l'Intelligent Design" et la théorie de l'évolution sur le même plan.

Le créationnisme islamique : Certains musulmans, dans le sillage du Dr Bucaille ("La Bible, le Coran et la Science") et du prédicateur Turc Harun Yahya ("Les miracles du Coran") veulent faire du Coran un livre de science contenant les preuves de la création de l'Univers par Allah. Harun Yahya, qui dispose d'importants moyens financiers dont on ignore la provenance, va plus loin en propageant des thèses à mi-chemin entre le créationnisme biblique et "l'Intelligent Design". Il ne nie pas l'âge de la Terre (4,6 milliards d'années), mais réfute la théorie de l'évolution en la présentant comme une imposture. Ces théories rencontrent beaucoup de succès auprès des fondamentalistes et d'une large population de jeunes musulmans peu avertis.


Le créationnisme extraterrestre : Portée par la secte de Raël et s'appuyant sur la seule capacité de persuasion de son Gourou, Claude Vorilhon, cette forme de créationnisme prétend que des extra-terrestres, les Elohim, sont à l'origine de la race humaine sur Terre.

Source : http://atheisme.free.fr/index.html

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