Cour de Cassation Chambre commerciale








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Cour de Cassation - Chambre commerciale
Audience publique du 4 octobre 1994
Daniel, Claude, André B., président de société SFDB
Rejet
Décision attaquée :  ordonnance du président du tribunal de grande instance de Nanterre 1993-01-14

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Sources :
Références au greffe :

  • pourvoi 93-12955


également : pourvoi n° 93-12949 ; n° 93-12950 ; n° 93-12951 ; n° 93-12952 ; n° 93-12953 ; n° 93-12954 ; n° 93-11353, n° 93-11793
Références de publication :

http://www.legifrance.gouv.fr
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La décision :

REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, FINANCIERE ET ECONOMIQUE, a rendu l'arrêt suivant :
Sur le pourvoi formé par M. B., président du société SFDB, demeurant…, agissant tant au nom de la société financière Daniel Boulogne, société anonyme, ayant son siège 18, rue Truffaut à Paris (17e), qu'en son nom personnel ; en cassation d'une ordonnance n° 9 rendue le 14 janvier 1993 par le président du tribunal de grande instance de Nanterre qui a autorisé des agents de la Direction générale des Impôts à effectuer des visites et saisies qu'ils estimaient leur faire grief ;
Les demandeurs invoquent, à l'appui de leur pourvoi, les trois moyens de cassation annexés au présent arrêt ;
LA COUR, en l'audience publique du 1er juin 1994, où étaient présents : M. Bézard, président, Mme Geerssen, conseiller référendaire rapporteur, MM. Nicot, Leclercq, Gomez, Léonnet, Poullain, Canivet, conseillers, MM. Lacan, Huglo, conseillers référendaires, M. Curti, avocat général, Mme Arnoux, greffier de chambre ;
Sur le rapport de Mme le conseiller référendaire Geerssen, les observations de la SCP Vier et Barthélémy, avocat de M. Boulogne et de la société financière Boulogne, de Me Foussard, avocat de la Direction générale des Impôts, les conclusions de M. Curti, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Attendu que, par ordonnance n° 9 du 14 janvier 1993, le président du tribunal de grande instance de Nanterre a autorisé des agents de la Direction générale des Impôts, en vertu de l'article L. 16 B du livre des procédures fiscales, à effectuer une visite et une saisie de documents au 9, boulevard du Château à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), domicile de M. B. et de Mlle A. en vue de rechercher la preuve de la fraude fiscale des sociétés du groupe Boulogne ;
Sur la recevabilité, contestée par la défense, du mémoire en ce qu'il est présenté au nom des autres sociétés du groupe Boulogne :
Attendu que le Directeur général des Impôts soulève l'irrecevabilité des moyens émanant des autres sociétés que la société financière Daniel Boulogne (SFDB) du groupe Daniel Boulogne;
Attendu que seuls M. B. et la société anonyme SFDB se sont pourvus en cassation, que les autres sociétés du groupe Daniel Boulogne sont donc irrecevables à produire un mémoire sur le pourvoi ; que la fin de non-recevoir est bien fondée ;
Sur le premier moyen :
Attendu que M. B. et la SFDB font grief à l'ordonnance d'avoir autorisé la visite et saisie litigieuse, alors, selon le pourvoi, d'une part, qu'aux termes de l'article 2 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, aucune décision de justice impliquant une appréciation sur un comportement humain ne peut avoir pour fondement un traitement automatisé d'informations donnant une définition du profil ou de la personnalité de l'intéressé ; qu'en ordonnant au vu d'informations issues de tels documents les visites et saisies litigieuses qui indirectement visaient la personne de M. B., le juge a violé l'article 2 précité de la loi du 6 janvier 1978 ; et alors, d'autre part, que le juge statuant en vertu de l'article L. 16 B du livre des procédures fiscales ne peut se référer qu'aux documents produits par l'administration requérante et détenus par elle de façon licite ; que par ailleurs en vertu de l'article 3 de la loi du 6 janvier 1978, toute personne a le droit de connaître et de contester les informations et les raisonnements utilisés dans les traitements automatisés dont les résultats lui sont opposés ; qu'en ordonnant les visites et saisies litigieuses, au vu des documents établis à partir des "fiches de résultats de l'interrogation de banques de données dont il n'a pas constaté qu'elles avaient été communiquées à la personne de M. B. et aux société du groupe Daniel Boulogne, le juge, qui n'a pas justifié du caractère apparemment licite des éléments pris en considération, n'a pas mis la Cour de Cassation en mesure d'exercer son contrôle sur la légalité des mesures ordonnées, privant ainsi sa décision de toute base légale au regard des dispositions précitées ;
Mais attendu que les dispositions de l'article L. 16 B du livre des procédures fiscales assurent la conciliation du principe de liberté individuelle et des nécessités de la lutte contre la fraude fiscale ; que si le juge doit vérifier l'origine apparemment licite des pièces fournies par l'administration requérante il n'est pas interdit, par l'article 2 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, de faire état d'informations diffusées par des systèmes informatiques rassemblant des données qui n'ont pas été traitées de manière à donner une définition du profil de la personnalité de l'intéressé ; qu'ainsi en se fondant sur un tableau récapitulatif des sociétés du groupe Boulogne établi par les services fiscaux à partir des fiches de résultat de l'interrogation des banques de données Euridile et Infogreffe, de l'annuaire téléphonique, de la brochure publicitaire éditée par ce groupe et des dossiers fiscaux des sociétés, le président du tribunal n'a méconnu ni les dispositions des articles 2 et 3 de la loi précitée, ni celles de l'article L 16 B du livre des procédures fiscales ; que le moyen n'est fondé en aucune de ses branches ;
Sur le deuxième moyen :
Attendu que M. B. et la SFDB font aussi grief à l'ordonnance d'avoir autorisé les visites et saisies litigieuses, alors, selon le pourvoi, que le juge doit vérifier concrètement le bien fondé d'une demande d'autorisation de visites et saisies fondées sur l'omission de passation d'écritures ou de délivrance de factures fictives ; qu'en se bornant à relever en l'espèce, des "distorsions" entre la comptabilité des sociétés Prisme et celle de ses sous-traitants et l'absence de justification de services facturés par la société Net service à ladite société Prisme, sans caractériser davantage les faits susceptibles de fonder de présomptions que les sociétés en cours de contrôle et toutes les sociétés du groupe Daniel Boulogne ayant le même principe de fonctionnement se soustraient à l'établissement et au paiement de l'impôt sur les sociétés et de la taxe sur la valeur ajoutée, le juge a privé sa décision de toute base légale au regard de l'article L. 16 B du livre des procédures fiscales ;
Mais attendu que le moyen tend à contester la valeur des éléments retenus par le juge comme moyens de preuve du bien fondé des agissements ; que de tels moyens sont inopérants pour critiquer l'ordonnance dans laquelle le juge a recherché par l'appréciation des éléments fournis par l'administration s'il existait des présomptions d'agissements visés par la loi justifiant la recherche de la preuve de ces agissements au moyen d'une visite en tous lieux même privés et d'une saisie de documents s'y rapportant ; que le moyen n'est pas fondé ;
Sur le troisième moyen :
Attendu que M. B. et la SFDB font enfin grief à l'ordonnance d'avoir autorisé la visite et saisie litigieuses, alors, selon le pourvoi, que les agents habilités à procéder à des visites et saisies domiciliaires en matière fiscale ne peuvent opérer que dans leur circonscription de rattachement ; qu'en l'espèce, en désignant l'inspecteur M. de la brigade d'intervention interrégionale d'Orléans et les inspecteurs D. et L., de la brigade d'intervention interrégionale de Lille, incompétents hors de leur circonscription respective pour procéder à des visites dans les Hauts-de-Seine, le juge a violé l'article L. 16 B I du livre des procédures fiscales ;
Mais attendu que l'indication que les agents en cause sont en résidence à Orléans et Lille n'affecte pas leur appartenance à la Direction nationale des enquêtes fiscales d'où ils tirent la compétence pour opérer sur l'ensemble du territoire ;
PAR CES MOTIFS :
Déclare IRRECEVABLES les sociétés du groupe Boulogne ;
REJETTE le pourvoi ;
Condamne les demandeurs aux dépens et aux frais d'exécution du présent arrêt ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par M. le président en son audience publique du quatre octobre mil neuf cent quatre-vingt-quatorze.

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