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Arméniens, un siècle après le génocide

Le 02 Novembre 2015 par Vicken Cheterian

Dans le combat pour la justice mené par les survivants du génocide arménien de 1915, l’écriture a joué un rôle essentiel. Difficile, en effet, de représenter l’événement par la photographie ou le documentaire : non seulement les images manquent, mais surtout, comme le génocide a fait l’objet d’un déni, les tentatives visant à en rendre compte dans la culture populaire — au cinéma, par exemple — ont été censurées. Un siècle plus tard, les livres demeurent le principal moyen de se souvenir, et surtout d’essayer de comprendre les conditions dans lesquelles s’exerce la destructivité humaine. Les publications en langue française y contribuent fortement.

Hamit Bozarslan, Vincent Duclert et Raymond H. Kévorkian proposent un ouvrage unique, qui parcourt le cycle entier du débat historiographique (1). Kévorkian en signe la première partie, où le récit se place dans la perspective des victimes : la déchéance du statut de la communauté arménienne ottomane, les massacres commis sous le sultan Abdul Hamid II en 1894-1896, les nouvelles tueries perpétrées à Adana en 1909, après la révolution des Jeunes-Turcs, jusqu’à la radicalisation de ces derniers après les guerres des Balkans, la décision d’annihiler les Arméniens ottomans, puis les étapes du génocide lui-même. La deuxième partie, sous la plume de Bozarslan, passe du côté des auteurs du crime. Elle montre comment les Jeunes-Turcs mettent fin à la tradition ottomane qui, tout en accordant aux minorités un statut de citoyens de seconde zone, s’engageait néanmoins à les protéger. Enfin, Duclert propose un récit approfondi du génocide du point de vue de l’histoire globale, qui rappelle que, si les grandes puissances promirent bien souvent aux civils de les défendre, elles se montrèrent systématiquement incapables d’arrêter les crimes contre l’humanité — quand elles n’en furent pas à l’origine.

Kévorkian signe également un autre essai, en collaboration avec Yves Ternon (2). Tous deux y rassemblent des documents historiques — échanges diplomatiques, témoignages de première main et même photographies — qui contextualisent les événements. On a ainsi l’impression de détenir une réponse indirecte aux autorités turques, qui réclament des preuves que les déportations et les massacres ont bien été planifiés. Le lecteur dispose des éléments nécessaires pour parvenir à ses propres conclusions. L’âpre combat mené par les militants de la diaspora pour que le génocide soit reconnu a toutefois eu un prix : l’histoire et l’identité contemporaines arméniennes subissent un réductionnisme de plus en plus prononcé. Ainsi, Gaïdz Minassian (3), qui part du débat de 2012 sur les lois dites mémorielles en France, invite à redécouvrir l’histoire et l’héritage culturel d’avant le génocide, dans le cadre d’un projet émancipateur pour l’avenir.

C’est enfin un récit à la première personne que livre Pinar Selek, apportant le point de vue d’une intellectuelle turque qui « découvre » la question arménienne dans son pays (4). Elle entreprend un voyage au fil de sa propre biographie, où les souffrances d’une communauté entrent en résonance avec les siennes. Militante de gauche, cette sociologue représente la génération de l’après-coup d’Etat militaire de 1980, à la suite duquel jusqu’à cinq cent mille personnes furent emprisonnées. Elle explique les raisons de l’absence des Arméniens dans la sphère publique turque : leur stigmatisation par les autorités, qui les désignent comme l’ennemi, l’incapacité idéologique de la gauche à prendre leur cause en considération... Ce voyage, d’autres penseurs turcs l’ont entrepris ces dernières années, permettant l’ouverture d’un débat interne.

(1) Hamit Bozarslan, Vincent Duclert et Raymond H. Kévorkian, Comprendre le génocide des Arméniens. 1915 à nos jours, Tallandier, Paris, 2015, 496 pages, 21,50 euros.

(2) Raymond H. Kévorkian et Yves Ternon, Mémorial du génocide des Arméniens, Seuil, Paris, 2014, 498 pages, 30 euros.

(3) Gaïdz Minassian, Arméniens. Le temps de la délivrance, CNRS Editions, Paris, 2015, 530 pages, 25 euros.

(4) Pinar Selek, Parce qu’ils sont arméniens, Liana Levi, Paris, 2015, 96 pages, 10 euros.

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/10/CHETERIAN/53950

    1. UE/TURQUIE







Arrêtons tout cynisme dans les relations entre Bruxelles et Ankara

LE MONDE | 30.10.2015 à 12h36 | Par Anne-Marie Le Gloannec (Directrice de recherche au CERI, Sciences Po, Paris)

Fallait-il que la chancelière allemande se précipite à Ankara, le 18 octobre et que les Européens multiplient les ouvertures au président turc Recep Tayyip Erdogan alors que les négociations d’adhésion, entamées en 2005, étaient, pour le moins qu’on puisse dire, au point mort depuis quelques années ?

L’enjeu immédiat : obtenir du gouvernement turc, au mieux et au plus vite, qu’il « coopère » à la gestion des passages frontaliers, telle que l’Union européenne (UE) la conçoit, et contenir les arrivées d’immigrants, notamment syriens, dont l’Europe ne sait plus comment les recevoir décemment, sans parler, pour certains pays, de les intégrer à long terme.

Depuis des années, l’UE n’a eu de cesse que de s’entourer de pays dits « amis » et de repousser à leurs frontières externes le contrôle des migrants et réfugiés pénétrant sur leurs territoires pour gagner l’Europe. Et dans l’affolement qui suivit l’offre généreuse d’accueillir les réfugiés syriens en Allemagne, la chancelière allemande et, avec elle, le président de la Commission et une bonne partie des chefs d’Etat et de gouvernement, ont ignoré ce qui leur a paru primordial durant toutes ces dernières années : le mépris des droits de l’homme, le non-respect de la règle de droit et l’autoritarisme grandissant de l’ancien premier ministre devenu président de la République, M. Erdogan.

La Turquie, pays sûr ?

Car, outre l’octroi de 3 milliards d’euros destinés à mettre en œuvre le plan...


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/30/arretons-tout-cynisme-dans-les-relations-entre-bruxelles-et-ankara_4800175_3232.html#8Y0dDF4WtuZVYqyg.99


    1. TURQUIE

En Turquie, le triomphe d’Erdogan

Le Monde.fr | 02.11.2015 à 01h25 • Mis à jour le 02.11.2015 à 06h56 | Par Marie Jégo (Istanbul, correspondante)

Contre toute attente, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) a remporté les élections législatives de dimanche 1er novembre en Turquie, regagnant la majorité parlementaire perdue lors du précédent scrutin du 7 juin. Les principaux instituts de sondage, prompts à prédire à l’AKP un score médiocre (entre 37 et 43 %) se sont fourvoyés.

Gratifiée de 49,3 % des suffrages, la formation du président Recep Tayyip Erdogan enverra 316 députés au parlement (sur 550), assez pour gouverner seule, trop peu, en revanche, pour modifier la Constitution dans le sens du régime présidentiel fort voulu par le chef de l’Etat.

Ce résultat est un triomphe pour M. Erdogan, dont le parti récupère, en un tournemain, les 3 millions de voix qui lui avaient échappé en juin. « Aujourd’hui est un jour de victoire pour la démocratie », a déclaré le premier ministre sortant et chef de l’AKP, Ahmet Davutoglu, depuis sa ville natale de Konya au centre de l’Anatolie, où il s’est recueilli sur le tombeau du poète soufi Jalal Ud Din Rumi (1207-1273), adepte de la tolérance. « Aujourd’hui, il n’y a pas de perdants, que des gagnants », a-t-il précisé à l’adresse de ses rivaux.

Le parti kurde se maintient in extremis

Selon des résultats quasiment définitifs, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) arrive en deuxième position avec 25,4 % des voix, un résultat semblable à celui de juin (25 %). Les deux grands perdants du scrutin sont le Parti de l’action nationaliste (MHP, droite nationaliste) et le parti de la Démocratie des peuples (HDP, gauche pro kurde) qui cèdent respectivement 4 et 3 points par rapport à leur score de juin. Doté de 10,4 % des suffrages, le HDP a franchi in extremis le seuil nécessaire pour être représenté au parlement avec 56 députés.

Son score a été inférieur à celui de juin dans toutes les villes du sud-est à majorité kurde, à l’exception d’une seule ville, Sirnak. Dénonçant « une élection ni équitable, ni juste », le co-président du parti pro kurde Selahattin Demirtas a rappelé qu’il avait préféré renoncer aux rassemblements électoraux après le double attentat suicide perpétré contre des manifestants pacifiques, dont beaucoup de militants du HDP, à Ankara le 10 octobre (102 morts).

Alors que la campagne électorale était inexistante dans la rue, l’AKP a tiré parti de sa position au pouvoir en multipliant les apparitions à la télévision. Rien qu’en octobre, M. Erdogan a bénéficié de 29 heures de temps d’antenne sur la chaîne TRT, et de 30 heures pour son parti, contre cinq heures pour le CHP, une heure et dix minutes pour le MHP, dix-huit minutes pour le HDP.

La reprise des affrontements avec le PKK

Entre le 7 juin et le 1er novembre, le HDP a perdu un million de voix, celles des conservateurs. Les rigoristes religieux et les chefs de clans qui s’étaient laissés séduire par le discours novateur et pacifiste du HDP en juin, ont décidé, cinq mois plus tard, de revenir vers l’AKP, pour lequel ils avaient toujours voté par le passé.

La reprise des affrontements entre les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie) et les forces turques, n’est sans doute pas étrangère à ce choix. En revendiquant l’assassinat de deux policiers turcs à Ceylanpinar (frontière turco-syrienne), le 22 juillet, le PKK a mis le feu aux poudres. Au moment où le HDP gagnait en légitimité, fort de son bon score (13 %) aux législatives de juin, la rébellion kurde tombait dans le piège tendu par l’AKP, celui du recours à la violence. La rhétorique du tandem au pouvoir – le président Erdogan et son premier ministre, Ahmet Davutoglu –, prompt à présenter le HDP comme une succursale du PKK, a fait le reste.

Un discours de menaces et de terreur

Deuxième bon point pour M. Erdogan : la chasse lancée sur les terres des nationalistes du MHP s’est révélée payante. En déclarant « la guerre jusqu’au bout » contre les rebelles kurdes, en bombardant leurs positions en Turquie et dans le nord de l’Irak, le président turc s’est acquis la sympathie de la droite nationaliste, farouchement opposée à toute concession envers la minorité kurde. Son discours de chef à poigne, capable de mener une guerre « synchronisée » contre l’organisation Etat islamique (EI) et contre le PKK, a flatté l’imaginaire de la droite nationaliste.

Enfin, le retour en grâce des islamo-conservateurs prouve que les discours de menace distillés par le président et son premier ministre ont été compris. Après l’attentat de Daglica perpétré le 6 septembre par le PKK contre un convoi de soldats turcs (16 morts), les locaux du quotidien Hürriyet ont été attaqués à deux reprises par une foule déchaînée, emmenée par le député de l’AKP Abdurahim Boynukalin. La foule reprochait au journal d’avoir rapporté que Recep Tayyip Erdogan avait déclaré : « Ça ne se serait pas passé ainsi si vous m’aviez donné 400 députés ».

Entre le 8 et le 9 septembre, des équipées punitives ont eu lieu de nuit dans plusieurs villes de Turquie contre les bureaux du HDP. Dans la foulée, des centaines de commerces tenus par des Kurdes ont été ravagés, parfois même incendiés. Dans le quartier stambouliote de Besiktas, des manifestants scandaient : « Nous ne voulons pas d’opérations militaires [contre les rebelles du PKK], nous voulons des massacres ».

Récemment, lors d’une tournée électorale à Van (Est), le premier ministre, Ahmet Davutoglu, a mis en garde contre « le retour des Renault 12 blanches », le type de voitures utilisées par les escadrons de la mort à la fin des années 1990 pour enlever et faire disparaître les Kurdes soupçonnés de sympathies envers le PKK. « Les forces du mal savent que si l’AKP faiblit, les bandes terroristes regagneront en puissance, et le processus de règlement du problème kurde va se terminer. Et les crimes non élucidés recommenceront… », a-t -il menacé. Son message a été entendu.

Marie Jégo (Istanbul, correspondante)
Journaliste au Monde

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/11/02/turquie-m-erdogan-retrouve-sa-majorite-absolue-au-parlement_4801062_3214.html

Economie, question kurde, Constitution… les chantiers de la nouvelle majorité turque

LE MONDE | 02.11.2015 à 11h05 | Par Marie Jégo (Istanbul, correspondante)

Une fois les premiers vertiges de la victoire passés, le Parti de la justice et du développement (AKP) se retrouve confronté à un défi majeur : comment ramener la paix et la prospérité dans une Turquie affaiblie économiquement, divisée et déstabilisée par le conflit kurde et la guerre en Syrie ?

Dans son traditionnel discours depuis le balcon du quartier général du parti à Ankara, le premier ministre Ahmet Davutoglu a promis de préserver le pays « de toute sorte de polarisation, de confrontation et de tension ».

La violence et l’instabilité politique qui ont suivi les législatives du 7 juin avaient contribué à faire de la livre turque (TL) une des monnaies les plus faibles et les plus instables de la planète, au même rang que le real, la devise brésilienne.

Avant même que les résultats ne soient annoncés, la devise turque avait commencé à s’apprécier. Dimanche, jour du vote, elle a gagné 2 % par rapport au dollar, retrouvant son niveau de mars 2014. Lundi matin, la Bourse d’Istanbul a ouvert en hausse de plus de 5 %.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/11/02/economie-question-kurde-constitution-les-chantiers-de-la-nouvelle-majorite-turque_4801306_3214.html
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«Notre résistance contre le régime fasciste est en train de se mettre en place.»








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