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Avez-vous un espace associatif ?

Oui, nous avons un local à Beyoğlu [quartier européen d’Istanbul, NDT] financé grâce aux cotisations de nos membres. Nous avons fait paraître des livres sur le Génocide arménien, particulièrement un livre sur les justes qui ont sauvé des Arméniens du génocide, ainsi qu’un livre qui parle des discriminations à l’école. Nous avons également organisé un atelier pour enfants qui a débouché sur un livre.

Ces ouvrages sont en turc, n’est-ce pas ? Où peut-on se les procurer ?

Oui, ils en sont en turc. Pour le moment il faut passer par l’association pour se les procurer. Il y a aussi le livre “1965” [première année de commémoration du Génocide arménien, NDT] qui rend compte des répercussions des différentes actions et commémorations en Turquie et dans les médias turcs. C’est un ouvrage édifiant, qui nous prouve que rien n’a changé, même bien des années plus tard.

Nor Zartonk se définit-il également comme un mouvement politique ?

Nous nous considérons comme un mouvement populaire. Nor Zartonk a pour vocation d’être aux côtés de tous ceux qui sont victimes de discriminations et de toutes les communautés opprimées, comme le montrent l’association et la radio Nor. Notre engagement politique va dans le même sens. C’est la raison pour laquelle nous sommes membres du Congrès démocratique des peuples. Un membre de Nor Zartonk siège aux plus hautes instances représentatives du HDK. Nous croyons à l’importance de la lutte contre le fascisme et pour la démocratie et participons aux actions de protestation contre les divers massacres et oppressions qui ont touché d’autres communautés, comme le massacre de Roboski par exemple [le 28 décembre 2011 l’armée turque a bombardé en pleine nuit un groupe de contrebandiers du village kurde de Roboski-Uludere dans la région de Şırnak, à la frontière irakienne, qui tentaient de passer par des cols de montagne, faisant 34 morts, NDT].

Vous étiez aussi présents lors de l’occupation du parc Gezi ?

Oui, dès le premier jour. Le parc Gezi à Taksim est l’un des seuls lieux fréquentés par les gens du quartier et jouxte des quartiers à dominante arménienne [Les quartiers de Pangaltı, Feriköy, Kurtuluş, Bomonti au nord de la place Taksim, étaient très majoritairement peuplés par des Grecs, des Arméniens et des Levantins, et le sont encore partiellement]. À titre personnel, j’ai des attaches fortes avec cet endroit car j’y ai passé une partie de mon enfance. Gezi était un combat contre la destruction de l’environnement, l’affairisme et la spéculation foncière qui touchent la ville. À l’époque, les interdictions en tous genres avaient commencé à pleuvoir. Il y a eu un avant et un après Gezi, et nous étions là dès le premier jour, avec notre langue et nos couleurs. Beaucoup de gens nous ont rejoints en voyant des messages, des slogans en arménien. Nous avons eu le soutien de nombreux Arméniens de Turquie, de la Diaspora et d’Arménie.

La présence de Nor Zartonk au moment de l’occupation de Gezi est venue rappeler que le parc était anciennement un cimetière arménien, n’est-ce pas ?

Oui, c’est assez vrai, mais dans un deuxième temps seulement. Dans un premier temps la situation était délicate. Les Arméniens de Turquie vivent dans une atmosphère de peur et qu’on le veuille ou non, nous étions parties prenantes de cela. Celui qui connaît un tant soit peu l’histoire de la Turquie peut difficilement prétendre ne pas avoir peur, mais nous n’abandonnons pas la lutte pour autant. Le Premier ministre de l’époque [Erdoğan, NDT] avait accusé les manifestants d’ignorer l’histoire, car il disait vouloir reconstruire la caserne des Canonniers. En réalité, tout ce qu’il voulait, c’était construire un centre commercial ayant vaguement l’allure d’une caserne. Nous avons fait une déclaration pour dire que ceux qui ignoraient l’histoire n’étaient pas toujours ceux qu’on pensait. En effet, à l’époque, l’endroit abritait un cimetière arménien qui avait été saisi par l’État, comme beaucoup d’autres lieux [Le cimetière Surp Agop – Saint Jacques – désaffecté depuis l’épidémie de choléra il y a plus d’un demi-siècle a été saisi en 1939 par la mairie de Beyoğlu au terme d’une procédure judiciaire de plusieurs années, NDT].

Nous avons rappelé cela, en leur disant : "Vous nous avez pris notre cimetière, nous ne vous laisserons pas notre parc”. Et nous ne l’avons pas laissé. Le parc Gezi est encore là. Évidemment, c’est le résultat d’une mobilisation collective. Il faut ajouter que beaucoup d’Arméniens ont participé au mouvement d’occupation de Gezi. Des militants politiques, des gens ordinaires se sont unis parce qu’ils avaient quelque chose à dire et l’ont fait savoir. Pour de nombreuses personnes qui ne s’étaient jamais engagées, ça a été l’occasion et l’endroit pour se faire entendre.


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Lire aussi:

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"Mon esprit bouleversé - comme un pigeon inquiet", dernier article de Hrant Dink

Dossier du Collectif VAN : les spoliations des biens des minorités en Turquie

URL originale :

http://repairfuture.net/index.php/fr/genocide-armenien-reconnaissance-et-reparations-point-de-vue-de-turquie/un-monument-en-memoire-du-genocide-armenien-existe-deja-en-turquie-c-est-camp-armen

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=92363

CEDH/Génocide arménien : Une approche anti-universaliste




Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous invite à lire cet article de Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris publié sur le site l'Obs avec Rue89 le 29 octobre 2015.


L'Obs avec Rue89

Le génocide arménien mis KO par la Cour européenne des droits de l’homme

Par Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris.

Publié le 29/10/2015 à 21h55

La décision rendue par la grande chambre de la CEDH le 15 octobre 2015 dans l’affaire Perincek c. Suisse était très attendue.

Lorsque Dogu Perincek, le président général du Parti des travailleurs de Turquie, parti d’extrême gauche, à l’occasion de trois discours prononcés publiquement en Suisse, a explicitement nié le génocide arménien (« Les allégations de “génocide arménien” sont un mensonge international »), il a été condamné sur le fondement du fameux article 261 bis du code pénal suisse réprimant l’infraction de discrimination raciale.

Mais cela, c’était avant que la Cour européenne des droits de l’homme ne mette au tapis la décision des juridictions suisses.

Quel « cadeau » plus amer pouvait-elle faire à la communauté arménienne pour la commémoration du centenaire du génocide arménien ? Comment la Cour a-t-elle pu oublier à ce point l’attente suscitée par la décision à venir pour tout un peuple, la communauté internationale et les défenseurs des droits de l’homme en cette date anniversaire ?

L’affaire Perincek c. Suisse devait permettre à la haute juridiction de juger qui, de la liberté d’expression au regard des débats historiques ou de la lutte contre les discours d’incitation à la haine (négationnisme en l’occurrence), devait prévaloir et donc être protégée ?

Par dix voix contre sept, la liberté d’expression l’a remporté, sur des critères discutables, ce dont nous allons tenter de vous convaincre.

Une comparaison malvenue

Ce n’est pas sans surprise que l’on peut lire, en appréciant si les propos tenus par monsieur Perincek constituaient une forme d’incitation à la haine ou à l’intolérance à l’encontre des Arméniens, que la Cour considère :

« Dans les affaires portées devant l’ancienne Commission et devant la Cour concernant des propos relatifs à l’Holocauste, pour des raisons tenant à l’histoire et au contexte, ces propos ont invariablement été présumés pouvoir l’être (paragraphes 209 et 211 ci-dessus) [une incitation à la haine]. La Cour n’estime cependant pas qu’il puisse en aller de même dans le cas d’espèce, où le requérant s’est exprimé en Suisse au sujet d’événements survenus sur le territoire de l’Empire ottoman quelque 90 ans auparavant. »

La comparaison malvenue avec l’Holocauste ne s’arrête malheureusement pas là. La Cour la réitère :

« Cela est particulièrement pertinent s’agissant de l’Holocauste. Pour la Cour, en criminaliser la négation ne se justifie pas tant parce qu’il constitue un fait historique clairement établi que parce que, au vu du contexte historique dans les Etats […], sa négation, même habillée en recherche historique impartiale, traduit invariablement une idéologie antidémocratique et antisémite. »

A contrario, la négation du génocide arménien ne traduirait donc pas invariablement une idéologie raciste, quand bien même la personne tenant de tels propos se réclamerait ouvertement de Talaat Pacha, considéré comme l’un des ordonnateurs du génocide arménien. En tout état de cause, il semble inapproprié de comparer la gravité, l’impact des différents génocides ou bien encore les souffrances générées par eux.

Quelle est l’unité de mesure retenue par la Cour ? Quelle est l’échelle de comparaison pertinente ? Poser ces questions souligne le caractère absurde et injustifiable de la motivation de la Cour européenne des droits de l’homme.

La Cour accorderait-elle un régime exclusif à l’Holocauste, créant ainsi l’apparence d’une hiérarchie des génocides ?
Une approche anti-universaliste

Il peut sembler obsolète de s’attacher à un critère géographique quant à la mesure de l’impact de tels propos dans un monde où l’information circule à la vitesse de la lumière.

Pourtant, la Cour n’hésite pas à considérer en l’espèce que les propos ayant été tenus sur le territoire suisse, Etat où le climat sociopolitique n’est, selon elle, pas enflammé par les débats sur le génocide arménien, leur impact n’est que limité.

Outre le fait que cette appréciation fait totalement abstraction de l’ère de communication dans laquelle nous évoluons, celle-ci remet surtout en cause le principe fondamental de la « portée universelle et erga omnes des droits de l’homme, qui constitue la quintessence de leur acception contemporaine », comme l’ont si bien souligné les sept juges dissidents.

N’est-il pas du devoir de chaque Etat d’assurer le respect des droits de l’homme vis-à-vis de ses semblables sans aucune distinction géographique ?

Si l’on allait au bout du raisonnement adopté par la majorité, la négation du génocide rwandais, par exemple, serait protégée par la liberté d’expression dès lors que les propos seraient tenus sur le continent européen… On imagine que demain, les négationnistes du génocide rwandais [Nota CVAN : Génocide des Tutsi du Rwanda] s’en donneront peut-être à cœur joie lorsqu’il s’agira de commenter les procès à venir sur le territoire français...


Lire la suite sur le site L'Obs avec Rue89

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Lire aussi:

Dossier du Collectif VAN : Affaire Perinçek http://www.collectifvan.org/article.php?r=3&id=77468

URL originale :

http://rue89.nouvelobs.com/blog/oh-my-code/2015/10/29/le-genocide-armenien-mis-ko-par-la-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-235069

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=92360

Collectif VAN : l'éphéméride du 2 novembre

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - La rubrique Ephéméride est à retrouver quotidiennement sur le site du Collectif VAN. Elle recense la liste d’événements survenus à une date donnée, à différentes époques de l’Histoire, sur les thématiques que l’association suit au quotidien. L’éphéméride du Collectif VAN repose sur des informations en ligne sur de nombreux sites (les sources sont spécifiées sous chaque entrée). Vous pouvez retrouver tous les éphémérides du Collectif VAN dans la Rubrique Actions VAN, en cliquant sur ces liens:

Les éphémérides du Collectif VAN (1ère partie)
http://www.collectifvan.org/article.php?r=3&id=51673

Les éphémérides du Collectif VAN (2ème partie)
http://collectifvan.org/article.php?r=3&id=55304

Ça s’est passé un 2 novembre (les événements sont classés du plus ancien au plus récent) :
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