La course aux armements








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Les alliés occidentaux, en revanche, misent davantage sur une « rééducation » (Umerziehung) du peuple allemand associée à une politique d’indulgence à l’égard des « suiveurs » (Mitläufer) et sympathisants du régime. Des scientifiques allemands sont ainsi récupérés par la JIOA afin de travailler pour les États-Unis (opération Paperclip), tandis qu’il est permis à d’anciens fonctionnaires ou militaires du IIIe Reich, s’ils n’ont pas été condamnés par la justice, d’exercer à nouveau leurs fonctions. Dès la fin de la guerre, l’OSS, embryon de la CIA, confie à l’ex-major-général de la Wehrmacht Reinhard Gehlen, chef de l’Abwehr pour le front est (Abteilung Fremde Heere Ost), le soin de créer un service de renseignements couvrant l’ensemble des territoires naguère occupés par l’Allemagne [7]. Pour justifier son budget – qui est en partie utilisé pour exfiltrer, en collaboration avec l’ODESSA, d’anciens collaborateurs ou des criminels de guerre nazis –, ce réseau d’espionnage nouvellement créé, précurseur du BND (Bundesnachrichtendienst) et baptisé Gehlen Org par la Défense américaine, transmet parfois des informations entièrement fabriquées et de plus en plus inquiétantes sur la puissance de l’Armée Rouge et sur la stratégie expansionniste de l’URSS. Dès 1947, les États-Unis en font un élément de leur propagande, alors qu’en réalité l’Union soviétique n’a pas encore commencé à se remettre du conflit mondial.
Il faut préciser toutefois que, même si Staline n’avait sans doute pas l’intention d’étendre la sphère de domination soviétique par les armes, l’URSS n’en vassalisa pas moins les pays qu’occupait l’Armée rouge par la mise en place progressive de « démocraties populaires » et entreprit plusieurs tentatives d’accroître par intimidation sa sphère d’influence en Iran (voir crise irano-soviétique), en Grèce et en Turquie; Comme le disait Staline, il savait ou ne pas aller trop loin si la résistance à ses ambitions se crispait.

La mise en place des blocs et la question des armes nucléaires

Au centre de la guerre froide se situent les questions nucléaires. Il semble que celles-ci, grâce à leur capacité de destruction inégalée, sont en grande partie responsables de l’absence de conflit à grande échelle entre les deux blocs, à partir du moment où les superpuissances ont admis que l’usage des armes nucléaires doit être restreint au maximum (admission faite au moment de la guerre de Corée). Ainsi la menace de conflit nucléaire aura désamorcé la crise des missiles de Cuba, ainsi que la crise du canal de Suez, limitant les conflits aux théâtres régionaux ou locaux.

Les deux blocs (1947-1953)

Alliances militaires

Alliances économiques : La formation des blocs s’explique en partie par l’arme nucléaire que les États-Unis possèdent, mais pas l’URSS (qui l’aura bientôt cependant: en 1949). Chaque État, selon son idéologie, se range donc sous la protection de l’une ou l’autre des superpuissances : c’est le « parapluie nucléaire ». Le ralliement des États se fait par une série de pactes : c’est la « pactomanie », expliquant la rapide mise en place des blocs durant la guerre froide. Un bloc se définit donc comme un ensemble de pays sous le parapluie nucléaire d’une superpuissance. Très vite, le monde se divise en deux blocs .

Le bloc de l’Ouest

La formation des démocraties populaires est ressentie par les pays occidentaux comme une menace. Ils réagissent politiquement : le 12 mars 1947, un an après le discours de Fulton, le président Harry Truman annonce sa politique de containment (endiguement) du communisme, aussi appelée la doctrine Truman, qui considère l’opposition ouest/est de manière manichéenne, comme un conflit entre deux systèmes antinomiques : démocratie contre totalitarisme. Le lien entre démocratie et économie capitaliste est faible. Lors de la guerre froide, beaucoup de dictatures d’extrême droite d’Amérique latine et d’Europe (Espagne, Portugal et Grèce) soutiennent les politiques américaines, qui sont vues comme un rempart face à la montée du communisme.
- Économiquement : à partir de 1947, les États-Unis mettent en œuvre le plan Marshall, aide économique pour la reconstruction de l’Europe, en tant que complément à la doctrine Truman militairement : les États-Unis et leurs alliés créent un important réseau d’alliances défensives : l’Organisation des États américains (1948), le traité de Bruxelles (1948), le Pacte atlantique (1949) doté en 1950 d’une structure militaire, l’OTAN (avec mise en place des cellules clandestines du stay-behind), l’ANZUS (1951), l’OTASE (1954) et le Pacte de Bagdad (1955). Les pays signataires s’engagent à s’aider mutuellement en cas d’agression. En 1947, les services de renseignements des États-Unis, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande signent l’accord UKUSA, dans le cadre duquel le système d’écoute planétaire Echelon sera mis en place dans les années 1970.
Le bloc de l’Est

L’URSS adopte une stratégie strictement parallèle. Elle réagit politiquement : en septembre 1947, en réponse à la doctrine Truman et au Plan Marshall, qui d’après eux vise « à l’asservissement économique et politique de l’Europe », les Soviétiques mettent en place le Kominform ou Comité d’information des partis communistes. Le but officiel de cet organisme est « l’échange des expériences et la coordination de l’activité des partis communistes ». Lors de la réunion constitutive, Jdanov, dans la même perspective manichéenne que Truman, formule la doctrine soviétique en matière de politique internationale : le monde est désormais divisé en deux camps hostiles, le camp anti-impérialiste et démocratique et le camp impérialiste et antidémocratique ; l’URSS est le leader du camp démocratique, alors que les États-Unis sont à la tête du camp impérialiste.
-Économiquement : en janvier 1949, suite à la création de l’OECE, l’URSS fonde le Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM, en anglais COMECON), qui est chargé de coordonner les économies des démocraties populaires et de planifier les échanges commerciaux entre elles militairement : en mai 1955, suite à l’admission de la RFA dans l’OTAN, l’URSS crée le pacte de Varsovie, qui officialise l’autorité soviétique sur les armées des démocraties populaires.
Bloc de l'Est
Les tentatives de négociation

À partir de 1947, plusieurs conférences internationales réunissent les grandes puissances afin de dégager un consensus sur les problèmes qui les divisent : le sort et le statut de l’Allemagne, les conflits internationaux, le désarmement général, etc. Bien qu’elles constituent une espèce d’armistice en pleine guerre froide, ces réunions se soldent par des échecs ou aboutissent à des résultats insignifiants.

Les premières crises (1948-1953)
La crise irano-soviétique

La crise irano-soviétique fut la toute première épreuve de force de ce qui allait devenir la guerre froide, et a pour objet l’Iran. À l’été 1941, l’URSS et la Grande-Bretagne, à la recherche d’une voie d’acheminement des armes et du ravitaillement à destination du front russe, s’étaient entendu pour en occuper chacune une moitié et déposer le chah Reza Pahlevi, coupable de trop de sympathie avec l’Axe.
Son fils, Mohamed Reza, qui lui a succédé, a conclu avec ces puissances un traité prévoyant le retrait de leurs troupes au plus tard le 2 mars 1946.
Très vite cependant, l’URSS soutient deux mouvements indépendantistes dans le Nord du Pays afin de constituer un glacis protecteur au sud comme elle l’a fait en Europe. Ceci conduit à des négociations iraniennes et des pressions occidentales qui conduisirent finalement l’Armée rouge à se retirer.
La première crise de Berlin (1948-1949)

En juillet 1945, à la conférence de Potsdam, les trois dirigeants des principales puissances alliées, Churchill (puis son successeur, le travailliste Attlee), Staline et Truman s’accordent sur le partage de l’Allemagne et de l’Autriche en quatre zones d’occupation : américaine, britannique, française et soviétique. De même, Berlin, l’ancienne capitale du Reich, est divisée en quatre secteurs d’occupation. Enclavée dans la zone soviétique, des voies d’accès aériennes, autoroutières et ferroviaires permettent de la raccorder aux zones occidentales.
Après le coup de Prague, en février 1948, les Occidentaux décident de transformer à brève échéance leur trizone en un État souverain ouest-allemand (conférence de Londres, en avril-juin 1948). La première phase du processus est la création du Deutsche Mark, qui devient le 20 juin la monnaie commune aux trois zones occidentales. Staline proteste contre cette division de fait de l’Allemagne et, le 23 juin 1948, il profite de l’isolement géographique de Berlin pour bloquer tous les accès terrestres et fluviaux des secteurs occidentaux. Plus de deux millions d’habitants et trente mille soldats alliés se retrouvent pris en otage derrière le rideau de fer.
Dans un premier temps, les Alliés envisagent de forcer le blocus, selon la proposition du général Clay. Mais ils ne veulent pas prendre le risque de provoquer un conflit armé dont ils auraient pris l’initiative. Ils ne peuvent pas non plus ne pas réagir, puisque cela aurait impliqué l’échec de la politique du containment.
Pour sauver la ville de l’asphyxie, Britanniques et Américains se décident finalement à mettre en place un pont aérien, c’est-à-dire d’assurer le ravitaillement (vivres, carburant, charbon) par avion. Durant les onze mois que dure le blocus, un transporteur atterrit en moyenne toutes les trente secondes à Berlin-Ouest, sur les aéroports de Tempelhof, Gatow et Tegel. Au total, deux millions et demi de tonnes de fret (dont le charbon constitue les deux tiers) sont acheminés par 275 000 vols. On estime que moins de 5 % des Berlinois de l’Ouest ont préféré se ravitailler auprès des autorités soviétiques. Le 12 mai 1949, conscient de son échec, Staline décide de lever le blocus.
Pendant la crise, les États-Unis déploient trois escadrilles de bombardiers stratégiques B-29 de l’USAF au Royaume-Uni pour signifier qu’ils sont prêts à riposter à une éventuelle invasion de l’Europe de l’Ouest. Cependant, ils n’envisagent à aucun moment de recourir à la menace d’un ultimatum atomique (ils disposent alors du monopole nucléaire) pour faire cesser le blocus de Berlin et contraindre l’URSS à se retirer également de tous les pays où elle avait refusé de « former des gouvernements intérimaires largement représentatifs de tous les éléments démocratiques de la population, qui s’engageraient à faire établir aussitôt que possible, par des élections libres, des gouvernements répondant à la volonté du peuple. ». En effet, l’Europe de l’Ouest est en pleine reconstruction et la puissance militaire conventionnelle du Bloc de l’Est est de loin supérieure à celle des Occidentaux. Par là, les États-Unis entérinent de facto le partage de l’Europe que Staline avait voulu voir dans les Accords de Yalta.
Le 23 mai 1949, la division de l’Allemagne devient officielle, par la promulgation de la Loi fondamentale (Grundgesetz), acte de naissance de la République fédérale d’Allemagne (RFA, Bundesrepublik Deutschland). Le 7 octobre, la zone soviétique à son tour se constitue en un État souverain, la République démocratique allemande (RDA, Deutsche Demokratische Republik). Les deux entités refusent de se reconnaître juridiquement. Désormais, l’Allemagne se trouve au cœur de la guerre froide
Cette crise diminuera le prestige de l'URSS dans le monde, d'une part a cause de ces images de Berlinois affamés résistant à sa politique de force et d'autre part l'humiliation militaire, et augmentera parallèlement celui des États-Unis aux yeux des Allemands de l'Ouest dont leur statut passent de celui d'occupant à celui de protecteur.

La guerre de Corée (1950-1953)

Guerre de CoréeLa guerre de Corée a pour contexte la victoire de Mao Zedong sur le nationaliste Tchang Kaï-chek en Chine (1er octobre) 1949. Les États-Unis sont prêts à tout pour éviter qu’un nouveau pays d’Asie tombe dans le communisme.
Après la défaite japonaise en août 1945, la Corée fut coupée en deux au niveau du 38e parallèle : au Sud, la République de Corée, proaméricaine, dirigée par Syngman Rhee, au Nord, la République populaire de Corée, prosoviétique, dirigée par Kim Il Sung.
En 1948 et en 1949, les armées soviétiques et américaines quittèrent leurs zones d’occupation respectives, de part et d’autre du 38e parallèle.
Le 12 janvier 1950, le secrétaire d’État américain Dean Acheson déclara devant des journalistes que le périmètre de défense des États-Unis comprenait les îles Aléoutiennes, les îles Ryūkyū, le Japon et les Philippines. En d’autres termes, la Corée n’en faisait apparemment pas partie.
Le 25 juin 1950, l’armée nord-coréenne franchit le 38e parallèle, avec l’accord de Staline, encouragé peut-être par les déclarations américaines.
Le 27 juin, les Nations unies condamnèrent l’agression nord-coréenne et décidèrent de venir en aide à la Corée du Sud. Depuis février 1950, afin de protester contre la présence de Taiwan et non de la Chine populaire, l’URSS boycottait les séances du Conseil de sécurité et n’avait donc pas pu opposer son veto à cette résolution. Le général Mac Arthur, le vainqueur du Pacifique, fut nommé commandant en chef des forces de l’ONU, formées en majeure partie de contingents américains.
Fin septembre 1950, MacArthur atteignit la frontière chinoise.
En octobre, devant l’intervention de 850 000 « volontaires du peuple chinois », en fait des troupes régulières, il dut se replier sur le 38e parallèle, où le front finit par se stabiliser en mars 1951.
Pour remporter la victoire, MacArthur proposa alors un plan démentiel à Truman : bombardement de la Mandchourie, blocus naval des côtes chinoises, débarquement des forces du général Tchang Kaï-chek en Chine du Sud et, le cas échéant, emploi de l’arme atomique. Truman, qui était convaincu qu’une telle initiative provoquerait une intervention soviétique, limogea Mac Arthur et le remplaça par le général Ridgway.
Le 27 juillet 1953, après la mort de Staline et deux ans de pourparlers, l’armistice fut signé à Panmunjeom mais il ne sera suivi d’aucun traité de paix.

« Guerre » idéologique : la chasse aux sorcières
En Union soviétique et dans le bloc de l’Est

Progressivement, les leaders des partis non-communistes sont écartés, soit par discréditation ou intimidation, soit par des procès politiques suivis d’emprisonnement voire d’exécution.
Le bloc fut le théâtre de nombreux procès politiques dans tous les pays sympathisants contre des personnes accusé d’être « titistes » (terme qui vient de Tito, chef de la Yougoslavie), accusés de dévier de la politique de Moscou, de nationalisme ou de sionisme, ou travailler pour l'Occident.
De très nombreuses personnes furent emprisonnés ou exécutées, l’immense majorité tout simplement car ils gênaient les régimes alors en place alors que plusieurs d’entre eux étaient d’authentiques communistes comme László Rajk qui en Hongrie fut l’une des premières victimes avec 19 autres hommes de ces grandes purges en 1949.

Aux États-Unis
Aux États-Unis, entre 1950 et 1954, le sénateur républicain du Wisconsin, Joseph McCarthy, mena une véritable chasse aux « Rouges ». McCarthy était membre de la Commission d’enquête sénatoriale sur les Activités anti-américaines (House Un-American Activities Committee ou HUAC). Il fit mettre en accusation pêle-mêle tous ceux qu’il soupçonnait d’être des membres du parti communiste, des « compagnons de route » ou de simples sympathisants : des fonctionnaires, des artistes, des intellectuels, des savants et des hommes politiques.
Le secrétaire d’État Dean Acheson fut suspecté d’être « mou dans la lutte contre le communisme » (soft on communism) et George Marshall, l’ancien secrétaire d’État, accusé d’avoir lâché Tchang Kaï-chek en 1946. Ethel et Julius Rosenberg, un couple de juifs américains, furent arrêtés, condamnés à mort et exécutés : ils auraient fourni des informations sur la bombe nucléaire aux Soviétiques. Cette affaire suscita une vive émotion en Europe, et tout particulièrement en France, où l’on dénonça le climat d’hystérie collective qui avait entouré le procès. Cependant, il semblerait aujourd’hui que, selon les archives du KGB, les Rosenberg, du moins l’époux, soient coupables, ils seront les seuls espions exécutés après étre passé en justice en Occident durant la guerre froide.
Finalement, en 1954, McCarthy dépassa les bornes et mit en doute la loyauté de l’armée. Il fut alors l’objet d’un blâme de la part de ses collègues du Sénat : c’était la fin du maccarthysme.
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