Dans le droit contemporain








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date de publication08.08.2018
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Exposé pour le séminaire de Droit Pénal général approfondi.




LA CLASSIFICATION TRIPARTITE DES INFRACTIONS


DANS LE DROIT CONTEMPORAIN.

Toute infraction, sous réserve de quelques exceptions très marginales, constitue nécessairement, un crime, délit ou une contravention. Cette distinction essentielle, fondée sur la gravité du comportement incriminé, est consacrée d’entrée par l’article 111-1 du Code pénal.


Cette classification a été adoptée pour la première fois par le Code pénal de 1810, qui a posé le principe d’une hiérarchie des actes pénalement répréhensible, en distinguant les fautes très graves, les fautes moins graves et les fautes légères. A cette époque seule l’infraction était prise en considération, la personnalité du délinquant était méconnue, ou plutôt appréciée en tenant compte de l’acte commis. C’était l’infraction qui révélait la personnalité criminelle et l’étendue de l’asocialité de l’individu. Les crimes, en raison de leur gravité n’auraient laissé espérer aucune chance d’amendement chez leurs auteurs et auraient exigé des peines exemplaires et terrifiantes ; et les délit, au contraire auraient supposé une défaillance de gravité moyenne, susceptible de correction ; enfin les contraventions ne révélait aucune personnalité criminelle, n’auraient appelé qu’une simple abomination. La classification des infractions commandait donc le traitement pénal.

A l’état actuel, bon nombre d’institution pénales dépendent, pour leur application, de la sanction infligée et non de la peine encourue, et par conséquent de la classification tripartite établie par l’article 111-1 du Code pénal.

Le maintien de cette classification bicentenaire ne doit cependant pas occulter les modifications parfois plus apparentes que réelles apportées par la réforme du Code pénal.

Après avoir présenté ses intérêts et son contenu ( I ), on insistera sur les facteurs qui tendent aujourd’hui à en relativiser la portée ( II ).
I : Présentation de la classification tripartite des infractions :

Il convient de présenter le contenu de la classification tripartite(A), puis il faudra naturellement en rechercher les critères.

A : contenu de la classification tripartite des infractions :

Selon l’art 111-1 du Code pénal : les infractions sont classées, suivant leur gravité, en crimes (3), délits (2),et contraventions (1).

1 : détermination des contraventions :

Les contraventions sont des infractions pénales qui, en raison de leur moindre gravité, ont toujours été distingués des crimes et des délits. En effet, alors que ces derniers traduisent chez leur auteur un comportement antisocial confirmé, les contraventions s’analyse d’avantage en de simple manquement aux règles de police n’impliquant aucune perversité. Ainsi en matière contraventionnelle, l’incrimination d’un comportement et sa sanction sont essentiellement préventives. Les contraventions constituent une catégorie regroupant des actes nombreux pouvant nuire à des tiers ou à la collectivité toute entière. Il en existe dans de nombreux domaines comme en matière de circulation routière ou en droit de l’urbanisme.

Le critère de cette moindre gravité attaché aux contraventions doit donc être recherché dans les peines dont elles sont assorties. Les articles 131-12 et 131-13 du code pénal prévoient comme peine principale en matière contraventionnelle, l’amende dont le montant maximal est de 1500 euro, pour les contraventions de 5éme classe, pouvant être porté à 3000 euro en cas de récidive.

En raison de son caractère artificiel, certains auteurs ont proposé de substituer à la classification tripartite des infractions, une classification bipartite. En se fondant sur l’intention du délinquant, il a été proposé de distingué d’une part, les crimes et les délits supposant une intention ou une faute, d’autre part, les contraventions n’impliquant pas la caractérisation d’une faute. Allant encore plus loin, certains envisagent la possibilité de soumettre l’ensemble des contraventions à une procédure administrative simplifiée. En s’inspirant de l’exemple allemand qui soumettre les contraventions à un régime administratif et ne laisse subsister qu’une division bipartite entre crimes et délits.

Du point de vue du fond, on retrouve dans la partie réglementaire, les innovations résultant de la partie législative. C’est ainsi que la responsabilité pénale des personnes morales a été prévue pour un grand nombre de contravention.

On outre, la volonté d’assurer une meilleure protection de la personne humaine a inspiré la création de nouvelles contraventions comme les menaces de violence ou encore la provocation non publique à la haine, la discrimination ou à la violence raciale. On peut noter aussi une volonté de modernisation puisque certaines contraventions devenues désuètes ou archaïques, tels le grappillage ou le non respect des bans de vendange, n’ont pas été reprises.

Du point de vue du forme, le livre VI du nouveau code pénal est divisé en 5 titres, respectivement consacrés aux dispositions générales, aux contraventions contre les personnes, aux contraventions contre les biens, aux contraventions contre la Nation, l’État, et la paix publique. Le principe de la légalité paraît mieux respecté puisque chaque contravention fait d’un article distinct regroupant les dispositions d’incriminations et les dispositions répressives, y compris celles relatives aux peines complémentaires, à la complicité, à la récidive ou à la responsabilité pénale des personnes morales.
2 : Détermination des délits :
Dans la classification des infractions, le délit est la catégorie intermédiaire entre crimes et les contraventions. Les infractions étant classées dans le code pénal suivant leur gravité (NCP, art. 111-1), les délits correspondent donc à des comportements donc mois sévèrement réprouvés que les crimes, tout en étant synonymes de délinquance, ce que ne sont pas les contraventions, qui s’analyse quant à elles comme de simple manquements à la discipline sociale. Il s’agit incontestablement des infractions les plus nombreuses, et ce d’autant plus que le nouveau code pénal a porté de 5 à 10 ans le maximum de la durée de la peine d’emprisonnement, ce qui a eu pour effet de correctionnaliser un certain nombre crimes.

Les délits partagent avec les crimes plusieurs principes communs, notamment celui de leurs détermination, qui est le fait de la loi et non pas de règlements(NCP, art.111-2). Mais ils sen détachent le plus souvent par quelques particularités marquantes, qui témoignent de la spécificité de la qualifications délictuelle. Ainsi de l’application de la loi pénale dans l’espace :contrairement aux crimes, c’est en principe sous réserve de réciprocité d’incrimination que la loi pénale française est applicable aux délits commis par des Français hors du territoire de la République (NCP, art. 113-7) , à moins que la victime ne soit également française (NCP, art. 113-7) ; de même, la poursuite ne peut être exercée qu’à la requête du ministre public et doit être précédée d’une plainte de la victime ou de ses ayants droit ou d’une dénonciation officielle par l’autorité du pays ou le fait a été commis (NCP, art. 113-8). Ainsi encore de la tentative, qui n’est punissable pour les délits que dans les cas prévus par la loi, alors qu’elle est toujours sanctionnée en matière criminelle (NCP, art. 121-4). Mais surtout sur l’élément moral que la différence est sensible : les crimes sont toujours intentionnels, les délits ne le sont que jusqu'à concurrence d’une exception contraire formellement exprimée, en termes, d’imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou les règlements (NCP, art. 121-3).

Sur le plan procédural, les délits sont pareillement soumis à des distinctions essentielles par rapport aux crimes, avec des règles de compétences ; de poursuites, d’instructions et de jugement qui sont marquées par certaines souplesse, d’autant lus que les juridictions appelées à en connaître sont par hypothèse les plus sollicitées, ce qui conduit à simplifier la démarche processuelle, au nom de la rapidité et de l’efficacité. comparution immédiate et juge unique sont deux exemples révélateurs.

3 : détermination des crimes :
Dans la classification des infractions, le crime correspond à la catégorie la plus grave (C .pén. art. 111-1). Il partage avec le délit une nature commune, pour renvoyer à des comportements qui relèvent de la délinquance proprement dite, contrairement à la contravention, qui se rattache davantage à l’indiscipline sociale. Mais, il s’en distingue par sa gravité extrême, ce qui en fait une infraction particulièrement redoutée, et ce qui explique que lui soient réservées les sanctions les plus contraignantes, dites, pour les peines applicables aux personnes physiques, de réclusion criminelle ou de détention criminelle, doublées éventuellement d’une peine d’amende ou d’une ou de plusieurs peines complémentaires (C. pén., art. 131-1 et 131-2). De par sa gravité, il est normal que le crime soit politiquement réservé aux infractions relevant d’une anti-socialité marquée. Le nouveau code pénal en témoigne, qui a correctionnalisé un nombre de crimes antérieurs, en élevant de 5 à 10 ans de maximum de la durée de la peine d’emprisonnement, avec pour conséquence de porter à 10 ans la durée minimale de la réclusion criminelle ou de la détention criminelle à temps (C. pén., art. 131-1, al. 2).

Parce qu’ils participent ensemble à la cristallisation de la délinquance, les crimes et les délits connaissent de nombreuses règles communes. On retiendra notamment que leur détermination est en principe le fait du législateur lui-même, alors que la contravention ressorti à la compétence réglementaire (C. pén., art. 111-2 et 111-3). Ainsi de l’application de la loi pénale française dans l’espace qui, dans l’hypothèse d’un crime commis par un français hors du territoire de la République, n’est pas soumise à réciprocité, alors que pour les délits, les faits doivent être en principe punis par la législation du pays où ils ont été commis (NCP, art. 113-6), à moins que la victime ne soient également française (C. pén., art. 113-7). De même, aucune condition n’est mise à l’exercice de l’action publique lorsque l’infraction poursuivie, pour avoir été commise hors du territoire de la République, est un crime, alors que la poursuite des délits ne peut être exercée qu’à la requête du ministère public, en étant précédé d’une plainte de la victime ou de ses ayant droit ou d’une dénonciation officielle par l’autorité du pays où le fait a été commis (C. pén., art. 113-8). Cette sévérité se manifeste encore en matière de tentative, qui est toujours punissable pour les crimes, alors qu’elle ne l’est que dans les cas prévus par la loi pour les délits (C. pén., art. 121-4).

B : le critère de la classification :
La détermination du critère (1) de la classification, ainsi que l’analyse de ce critère (2), résulte essentiellement des modifications apporter par le nouveau code pénal.

1 : La détermination de critère :
la gravité de l’infraction critère de choix de la qualification par le législateur. L’art 1er du code pénal de 1810 faisant dépendre la qualification de l’infraction de la nature de la peine lui étant applicable. Il prévoyait en effet que l’infraction étant un crime, un délit ou une contravention selon que la peine prévue par la loi pour la sanctionner était criminelle, correctionnelle ou contraventionnelle. En pure logique, cette présentations était critiquable ou, du moins, incomplète. Ce n’est pas la nature de la peine applicable qui doit la gravité de l’infraction mais bien évidemment l’inverse. la gravité de l’infraction constitue donc le véritable critère de la classification entre les crimes, les délits et les contravention.

La gravité de la peine, critère de reconnaissance de du choix du législateur. Aujourd’hui comme hier, seul la nature de la peine sanctionnant l’infraction permet de reconnaître les crimes, les délits et les contraventions. La peine qui traduit la gravité de l’infraction, est en quelque sorte l’indicateur du choix du législateur.
2 : l’analyse du critère :
la distinction entre les crimes, les délits et les contraventions doit être effectuée en considérant uniquement les peines principales encourues par les personnes physiques. Les peine principales sont celles qui, propres à chaque catégorie d’infractions, c’est uniquement par référence a ces peines que doit être déterminer la qualification criminelle, correctionnelle ou contraventionnelle d’une infraction, il ne faut pas en revanche se référer aux infractions alternatives ou complémentaires qui ne peuvent être prévues que pour remplacer ou compléter les peines principales.

Peines principales criminelles : les seules peines principales criminelles prévues par l’art 131-1 du code pénal sont la réclusion criminelle, qui sanctionne les crimes politiques. La durée la durée de ces peines peut être privatives de liberté peut être perpétuelle ou limité par la loi à trente ans, vingt ans ou quinze ans.

Peines principales correctionnelles : parmi les nombreuses peines correctionnelles énumérées à l’art 131-3 du code pénal, seules constituent des peines principales : l’emprisonnement qui est une peine privative de liberté dont la durée maximum est fixé à dix ans par l’art 131-4, et l’amende, qui est une peine pécuniaire qui doit être supérieur ou égal 3750 euro.

Peines principales contraventionnelles : l’amende est la seul peine principale contraventionnelle prévue par la l’art131-12 du code pénal son montant varie en fonction de la classe de la contravention. l’art 131-3 distingue en effet cinq classe de contraventions, prévoyait pour chacune d’elle l’amende applicables contraventions de la 5eme classe sont les plus sévèrement punies. Elles sont passible d’une amende fixée par le 5° de l’art 131-13 à 1500 euro, ce montant pouvant être porté à 3000 euro en cas de récidive.
II : La relativité de la classification :
La classification tripartite des infractions est loin de revêtir le caractère absolu des classification scientifiques. Il est évident que l’appartenance à l’une des trois catégories n’est pas définitive : elle peut être remise en cause a tout moment (A), par ailleurs elle est possible d’observer l’apparition des infractions hybrides (B).
A : la répartition des infractions entre les trois catégories :
1 :L’évolution permanente de la qualification des infractions :
La répartition des infractions à l’intérieur de chacune des catégories sans cesse : telle infraction considérée hier comme un crime est aujourd’hui un délit et sera peut être demain une contravention, ou inversement. Ces transformations constantes prennent le nom de criminalisation correctionnalisation ou contraventionnalisation. Lors de la réforme du code pénal, le législateur a ainsi procédé à de nombreux ajustements, plusieurs délits telles la production et la fabrication de stupéfiants, ont été criminalisés, d’autres comme la contrefaçon de timbres-poste ou les enregistrements dans une zone militaire interdite, ont été contraventionnalisées.
2 : correctionnalisation légale et correctionnalisations judiciaire :
les transformations les plus importantes ont cependant consisté en des correctionnalisations, entendues, en l’occurrence, non comme la transformation de contraventions en délits, mais comme la transformation de crimes en délits.

Cette correctionnalisation légale est souvent précédé d’une correctionnalisation judiciaire. En effet l’inadéquation des qualifications criminelles est parfois telle que, sans attendre l’intervention du législateur, les juridictions pénales traite comme des délits comme des infractions qui, au regard de la loi, constitue des crimes. Toutes deux mettent en évidence la relativité de la classification tripartite en faisant apparaître, d’une part le caractère très fluctuant des qualifications et, d’autre part , que le choix de la qualification n’est pas toujours déterminer par la gravité de l’infraction, comme le voudrait pourtant l’art 111-1 du code pénal.

a : la correctionnalisation judiciaire :


  • la correctionnalisation judiciaire est la pratique consistant pour les autorités chargés des poursuites et de l’instruction à appliquer des agissements constitutifs d’un crime au regard de la loi une qualification correctionnelle en déformant délibérément la réalité des faits.

Le procédé le plus simple consiste à négligé une circonstance aggravantes comme, par ex, en cas de violences ayant entraîné une mutilation punie de 10 ans d’emprisonnement (art. 222-9 du C.pén), la circonstance de réunion ou de préméditation, qui porte la peine à 15 ans de réclusion criminelle (art. 222-10 du C. pén). Il et également possible de passé sous silence l’un des élément constitutifs du crimes. Ainsi une tentative de meurtre sera qualifiée de violences volontaires délictuelles en occultant l’intention homicide de son auteur ou encore un viol sera qualifié d’agression sexuelle autre que le viol en dissimulant l’existence d’une pénétration sexuelle. Enfin, lorsqu’un même fait tombe sous le coup de plusieurs qualifications pénales en concours, la correctionnalisation consistera à éluder délibérément les qualifications criminelles.

Dans la mesure ou elle a pour conséquence d ‘éluder les règles d’ordre public relatives à la compétence des juridictions pénales, en soumettant au tribunal correctionnel des infractions relevant de la cour d’assises, la correctionnalisation judiciaire est une pratique illégale.

  • Raisons d’être de la correctionnalisations judiciaire :

En premier lieu, cette pratique est tout simplement indispensable au fonctionnement de la justice pénale. Les cours d’assises, non permanente composées pour partie de juges occasionnels, seraient en effet dans l’incapacité absolue de juger l’ensemble des infractions constituant des crimes au noms de la loi. Les décisions des cours d’assises pouvant être frappées d’appel, la procédure criminelle devient encore plus lourde et complexe en ce qui concerne sa phase de jugement, ce qui ne devrait pas inciter les juridictions à réduire le nombre des correctionnalisations.

En deuxième lieu, la correctionnalisation judiciaire est un moyen parmi d’autres d’adapter la réaction sociale aux circonstances particulières de chaque affaires. Les infractions sont définies de manière relativement abstraites par le législateur et recouvrent une très grande diversité de situations qui ne méritent pas toutes avec la même intensité les foudres de la loi. Celui qui, sous la menace d’un pistolet factice, dérobe une marchandise dans un magasin se rend coupable d’un vol à main armée passible de 20 ans de réclusion criminelle selon la lettre de l’art 311-8 du code pénal. Mais compte tenu de la gravité réelle des faits, de la lourdeur et du coût de la procédure devant la cour d’assises, la qualification criminelle n’est manifestement pas adaptée : le procureur de la République oubliera le pistolet factice et poursuivra sous la qualification correctionnelle de vol avec violence.

Enfin, la correctionnalisation permet de mettre le droit pénal en harmonie avec l’évolution de la société sans attendre l’intervention du législateur. Ainsi les vols commis par un domestique ou un homme de service à gage ont cessé d’être poursuivis devant les cours d’assises. L est vrais qu’à l’inverse la correctionnalisation est parfois guidée par le souci d’assurer la répression la plus effective de certaines infractions pour lesquelles les jurés d’assises font preuve d’une excessive indulgence.

b : la correctionnalisation légale :


  • la sévérité originelle du code pénal du 1810 se manifestait notamment par la multitude d’infractions de nature criminelle qui y étaient prévues. Mais au fil des réformes intervenues pour la plus part depuis la seconde guerre mondiale, le nombre des crimes à considérablement diminué tandis que la catégorie des délits n’a cessé de grossir. Ont notamment été correctionnalisés dès avant la réforme du code pénal de 1992 : les violences volontaires ayant entraîné une simple incapacité de travail (loi du 13 mai 1863), l’avortement (loi du 27 mars 1923), la bigamie( loi du 17 fév. 1933), l’enlèvement de mineur sans fraude ni violence (ord. Du 23 déc. 1958), les agressions sexuelles autres que le viol (loi du 23 déc.1980).

  • les raisons d’être de la correctionnalisation légales : la plupart des correctionnalisations répondent bien entendu à la nécessité d’adapter la rigueur des peines à l’évolution des mentalités. On imagine pas aujourd’hui que l’auteur d’un faux en écriture privée soit puni d’une de 10 ans de réclusion criminelle ou qu’une peine de 20 ans de réclusion criminelle soit infligée à un cambrioleur.

Il faut bien voir cependant que, souvent cette adaptation des peines dans le sens d’une moindre rigueur a pour effet concret d’assurer une plus grande effectivité de la loi pénale. En effet lorsque la qualification criminelle ne se trouve plus justifiée par u degré de réprobation suscité par l’infraction dans le corps sociale, la répression de celle-ci devient illusoire : le parquet renonce le plus souvent à déclencher à l’encontre de son auteur la lourde procédure criminelle qui conduit à la cour d’assises et, s’ils sont saisis, les jurés qui composent cette juridiction auront tendance à prononcer un acquittement ou une peine dérisoire.

  • La correctionnalisation légale et la division tripartite : les correctionnalisations guidées par des préoccupations d’ordre procédurales minent bien entendu les fondements même de la distinction tripartite, surtout quand elles conduisent le législateur à réprimer plus sévèrement les délits que les crimes.

Une première réponse possible à cette situation insatisfaisante peut consister, plutôt que de correctionnaliser des crimes pour des raisons de pure procédure, à correctionnaliser la procédure criminelle pour atténuer ses inconvénients actuels. C’est un peu la voix qu’a emprunté le législateur en soumettant à une cour d’assises spéciale sans jurés, composé de sept magistrats professionnels, les crimes commis en matière militaire (art. 698-6 du C. pr. Pén), certains crimes portant atteinte aux intérêt fondamentaux de la nation (art. 702 du C. pr. Pén), les crimes liées à une entreprise terroriste( art. 706-25 du C. pr. pén), et enfin ceux commis en matière de trafic stupéfiant(art. 706-27 du C. pr. Pén).

Une seconde solution plus expédiente consiste à tirer les conséquences de l’épidémie de la correctionnalisation en relevant par une disposition générale le seuil maximum de l’emprisonnement correctionnel. C’est la solution retenue par les auteurs du nouveau code pénal qui ont porter ce seuil à 10 ans, la durée minimum de la peine de la réclusion encourue étant relevé à 15 ans. La hiérarchie entre les crimes et les délits est ainsi formellement rétablie. Cette remise en ordre permet au législateur de correctionnaliser des crimes ou d’éviter de criminaliser des délits sévères, sans porter atteinte à l’échelle des peines.
B : L’apparition des infractions hybrides au sein de la division tripartite :
A la frontière séparant deux catégories d’infractions se forme presque naturellement une catégorie hybride, qui permet d’assurer une transaction sans rupture. C’est ainsi que sein de la catégorie des contraventions la doctrine à relevé depuis longtemps l’existence de contraventions-délits. Avec la réforme du code pénal est en outre apparue, au sein de la catégorie des délits, ce que l’on pourrait nommer des délits-crimes, c’est à dire des délits punis des peines correctionnelles les plus élevées, dont le régime se rapproche de celui applicable aux crimes.
1 : les contraventions-délits :
les contraventions sont divisées en cinq classes définies par l’art 131-13 du code pénal. Or le régime des contraventions de la 5éme classe, qui correspondent aux contraventions les plus graves, se distingue nettement de celui des quatre premières et se rapproche de celui applicable aux délits. Il est vrai que, créée en 1959, cette classe de contravention a accueilli de nombreuses infractions qui constituaient avant cette date des délits. Le mécanisme des peines alternatives leur est applicable, comme aux délits( art. 131-14 et 131-40 du C. pén). Le nombre des peines complémentaires pouvant les sanctionner est plus important que pour les contraventions des quatre première classes(art. 131-17 et 131-42 du c. pén). Leur répression est aggravée en cas de récidive(art. 132-11 et 132-15 du C. pén). Les condamnations prononcées pour contravention de la 5éme classe peuvent être assorties du sursis. Y compris les condamnations à l’amende(art. 132-34 du C. pén).
2 : les délits-crimes :
Avant le réforme du code pénal, le maximum de l’emprisonnement correctionnel était fixé à 5 ans. Toute peine supérieur était donc en principe une peine de réduction criminelle et l’infraction qu’elle sanctionnait un crime. En portant à 10 ans le maximum de l’emprisonnement correctionnel le législateur a sensiblement étendu la catégorie des délits. Mais cette extension s’est accompagnée d’un ensemble de disposition éparses qui soumettent les délits punis d’une peine de 10 ans d’emprisonnement à un régime rigoureux proche de celui applicable aux crimes.

Ainsi, en matière de récidive, la commission d’un délit puni de dix ans d’emprisonnement est assimilée a celle d’un crime(art. 132-23 du C. pén). Par ailleurs, la période de sûreté automatique est applicable, lorsque la peine prononcée par la juridiction répressive est égal ou supérieur à 10 ans, ce qui revient à permettre au législateur de prévoir cette mesure, non seulement en matière criminelle mais également pour les délits passible de 10 zns d’emprisonnement(art. 132-23 du C. pén).

. CONCLUSION :
le droit pénal français en préservant cette classification tripartite au détriment de certains auteurs, qui songent pour une classification bipartite permet, en effet, de mettre clairement en lumière la hiérarchie des valeurs protégés en stigmatisant les infractions par une qualification particulière.

Bibliographie



Ouvrages généraux :

F. DESPORTES et F. LE GUNEHEC, Droit pénal général : Economica, 8ème éd. 2001 ;

R. MERLE et A. VITU, Traité de droit criminel, Cujas, 7è éd. 1997

J. PRADEL, Droit pénal général, Cujas, éd. 2002/2003

J.-H. ROBERT, droit pénal général, Puf 4ème éd. 1999
Ouvrage spécialisé :

W. JEANDIDIER, jurisclasseur pénal n°1, « la classification des infractions »
Revues :

J. MOULY, la classification tripartite dans la législation contemporaine, Revue sc. crim. 1982, p.3

J.-H. ROBERT, la classification tripartite des infractions dans le Nouveau Code Pénal, Revue droit pénal 1995, chron. n°1

Jurisprudence :

Crim. 9 nov. 1992, Droit pénal 1993 commentaire n° 91

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